
La Chine est-elle encore communiste ? Oui, répond Pékin
Il y a soixante ans, le 1er octobre 1949, Mao proclamait la naissance de la République populaire de Chine, une date commémorée en grande pompe jeudi a Pékin. Mais la Chine de 2009 est-elle toujours communiste ? Nous avions amorcé un début de réponse dans cet article en novembre 2007. (De nos archives)
Il y a quelques jours, un internaute me demandait pourquoi je m'évertuais à qualifier la Chine de communiste alors que, de toute évidence, son économie était désormais capitaliste. Réponse lundi, avec l'ouverture à Pékin du XVIIe congrès du parti… communiste chinois (PCC), seul détenteur du pouvoir en Chine depuis 1949.
Etrange moment, cela dit, qu'un congrès du PCC : la capitale chinoise se pare de rouge pour accueillir les 2200 délégués, les discours prennent des accents révolutionnaires, aux antipodes des soirées de gala pour la revue « Fortune » qui se tiennent dans le même bâtiment, le Palais du peuple de la place Tiananmen. Et, surtout, le même rituel immuable d'opacité dans la désignation des dirigeants. Question au coeur du XVIIe congrès : qui émergera pour remplacer Hu Jintao dans quatre ans ?
Le PCC, fiction ou réalité ?
La question de notre internaute reste néanmoins valable : que reste-t-il du communisme en Chine ? S'agit-il seulement d'une fiction pour maintenir le pouvoir du parti unique et l'asseoir sur une légitimité historique, dans la continuité de Mao Zedong qui repose toujours au centre de la place Tiananmen ? D'un rituel qui sert de ciment en l'absence d'idéologie de remplacement ? Ou y a-t-il encore des fondamentaux du communisme dans le fonctionnement de la République populaire ?
En marge du précédent congrès, la télévision chinoise avait expliqué très sérieusement qu'on s'était trompé parce que Marx avait dit qu'il fallait passer par la phase du capitalisme avant de devenir communiste, alors que Mao avait tenté de passer directement du féodalisme au communisme.
Plus sérieusement, qu'en est-il aujourd'hui ? Economiquement, la messe est dite : nous sommes en économie mixte, avec un capitalisme d'Etat encore très puissant (banques, assurances, énergie, transport, télécoms) qui fait bon ménage avec un secteur privé florissant, le tout irrigué et marié à des investissements étrangers massifs.
Tout ce qui pouvait ressembler à une préfiguration du communisme, avec la propriété collective des moyens de production, la vie en communauté dans l'entreprise ou dans les communes populaires, a été systématiquement démantelé et privatisé au cours des deux décennies de réformes et de libéralisation.
Socialement, c'est pire encore puisque les réformes sont allées plus loin encore dans le démantèlement du système étatique que tout ce dont avaient pu rêver les idéologues néolibéraux. Santé et éducation payantes, pas de couverture médicale ou de retraite pour des centaines de millions de paysans, etc. Un sociologue membre du Parti communiste qui me citait en exemple le modèle américain à tout bout de champs, a éclaté de rire à mes objections : « C'est vrai, vous les Européens, vous êtes les derniers vrais socialistes »…
73 millions de membres, l'élite
Reste le champs politique. Le parti reigne en maître, et tous ceux qui avaient prédit son effondrement après le massacre de Tiananmen en juin 1989 en ont été pour leurs frais. Dix-sept ans plus tard, les effectifs dépassent les 73 millions de membres, en augmentation constante, surtout parmi les étudiants et l'élite.
Les contestations sont certes très répandues, mais rien qui ne menace, à ce stade, le pouvoir d'un parti qui garantit 10% de croissance économique par an, et une bonne de dose de « rêve américain à la chinoise » à ceux qui n'en recueillent pas encore les fruits.
Mais quelle est la nature de ce parti ? C'est d'abord un appareil de pouvoir, qui double à tous les échelons de la vie sociale, et même dans les entreprises privées, les structures administratives classiques. Ainsi, dans une ville ou une province, le Secrétaire du Parti est l'homme fort, pas le maire ou le gouverneur. On reconnait un PDG puissant au fait qu'il est également le Secrétaire du Parti de son entreprise…
Mais cette machine de pouvoir est désormais vidée de tout sens idéologique. Le PCC est le gestionnaire de la « China Inc. », à la fois tremplin de carrière pour tout jeune arriviste, et gardien de la stabilité pour tous ceux qui ont aujourd'hui quelque chose à perdre dans un changement de pouvoir, et ça fait désormais du monde.
Reste la manière dont son désignés les dirigeants, qui n'est communiste que dans sa définition stalinienne (voir l'amusante photo ci-dessus, prise dans un restaurant de province). Hu Jintao a ainsi accédé au poste suprême après avoir été désigné par Deng Xiaoping, le « petit timonier », dans la foulée de la répression de 1989 et du limogeage de Zhao Ziyang, alors chef du PCC. Deng avait désigné Jiang Zemin pour incarner la « troisième génération » (après Mao et Deng), et Hu Jintao la « quatrième génération » (voir « les Archives de Tiananmen », présenté par J-P Beja, ed. Le Félin). Le fait que Deng n'avait aucune fonction officielle lorsqu'il a fait ce choix n'a rien changé au respect absolu de ses instructions, longtemps après sa mort.
En route vers la cinquième génération
Qui incarnera la « cinquième génération », après Hu Jintao et son premier ministre Wen Jiabao, qui devront céder la place dans quatre ans ? Les jeux sont ouverts, mais, à la suite d'un processus de décision de la plus grande opacité, les paris sont ouverts en faveur de deux jeunes quinquas de l'appareil, Xi Jinping et Li Keqiang, qui devraient faire leur entrée au sein du Comité permanent du Bureau politique du PCC, un organisme de neuf membres qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Ces deux hommes, fruit de compromis savants entre les factions du parti, pourraient ainsi devenir dans quatre ans président et premier ministre. Les Chinois en seront informés en temps voulu. (Depuis l'écriture de cet article, c'est Xi Jinping qui a gagné - Mise a jour du 1er oct. 2009)
Ainsi va la vie politique dans ce pays qu'on continue à appeler communiste d'abord parce qu'il le revendique, et par commodité, faute de meilleur mot. Mais au-delà de l'étiquette, force est de constater que les réformes politiques sont restées en panne dans un pays capable de réformer son économie de manière aussi radicale en aussi peu de temps. Question : est-ce tenable ?
► Article publié initialiement le 16/11/2007
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à Saheyus
De le panda gourmand de chine
Chef cuisinier en Chine | 13H48 | 01/10/2009 |
Bravo, pour votre premier paragraphe, meme s il est vrai que je n avais pas vu la notion de liberte dans ce contexte, je reste toujours un peu bea d entendre le mot esclave qui conote ces 400 ans de souffrances des esclaves Africains.
Je n ai pas de sources a citer pour les 10 pourcents d augmentation du salaire minimum, c est juste une constatation de la hausse des salaires demandes par salaries que j emploie pour mon entreprise, mais egalement des amis que j ai autour de moi, je suis totalement d accord qu il en va de soi en fonction de l inflation.Mais ces dix pourcents s ils sont faux approchent du chiffre exact
à le panda gourmand de chine
De Saheyus
Rêveur invétéré | 16H28 | 01/10/2009 |
Oui, le mot esclavagisme est un peu fort, c'est vrai. Le monde a connu bien pire que la situation globale en France ou même en Chine.
Je lui préfère le terme d'exploitation, c'est plus juste.
Pour vos 10%, le truc c'est que vous vivez en ville (je suppose), et travaillez dans un domaine assez particulier. J'ai peur que l'augmentation ne soit bien inférieure pour les secteurs dont j'ai parlé : énergie, exportation, paysannerie… ce qui couvre une très grosse part des travailleurs Chinois.
Du moins, j'ai toujours entendu dire qu'il y avait une très grosse différence d'augmentation du train de vie entre les villes (notamment sur la côté) et la campagne. Je n'ai pas vu de chiffre là-dessus, mais je pourrais vous passer des articles, dont certains de Rue89.
Mais même si le train de vie des parties les plus exploitées de la population augmente, ce que j'aimerais savoir, c'est la répartition par décile.
Ainsi, en France, le niveau de vie des plus pauvres (smicards notamment) n'a jamais cessé d'augmenter, un tant soit peu. Seulement, le niveau de vie des plus riches augmente beaucoup beaucoup plus vite, ce qui signifie que l'écart se creuse, surtout depuis quelques années.
Et le PCC a beau se dire « communiste », son mode de répartition des richesses concurrence ceux des pires pays capitalistes.
Il existe un indice pour mesurer la répartition des richesses, le coefficient Gini. Et la Chine est très mal placée.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_%C3%A9galit%C3%A9_de_rev…
89ème sur 124… (les États-Unis sont 74ème)
à Saheyus
De chengyang
16H42 | 01/10/2009 |
Ce coeff Gini est une blague ! l'Albanie sort 13ème du classement, le Rwanda 16ème…
à chengyang
De Saheyus
Rêveur invétéré | 16H58 | 01/10/2009 |
D'abord, le coefficient Gini mesure les inégalités de revenus, pas la richesse. Ainsi, un pays très pauvre peut être très inégalitaire.
Ensuite, les chiffres du Rwanda datent de 1983…
à Saheyus
De chengyang
17H20 | 01/10/2009 |
Oui, cela signifie que la Chine serait sortie 1ère du classement en 1976. Votre modèle théorique, c'est donc la Chine de Mao ; demandez donc aux Chinois ce qu'ils en pensent, vous ne serez pas déçu…
à chengyang
De Saheyus
Rêveur invétéré | 17H46 | 01/10/2009 |
« Oui, cela signifie que la Chine serait sortie 1ère du classement en 1976. »
Je n'en suis pas du tout convaincu.
Pour votre question, à mon avis, tout dépend à quel décile je demanderai cela.
à le panda gourmand de chine
De chengyang
12H25 | 01/10/2009 |
Bravo pour vos commentaires.
Manifestement il y a ici 2 catégories de personnes : celles qui connaissent la réalité sociale et économique de ce pays (sans pour autant en nier les problèmes et les difficultés) et ceux qui pataugent dans leur fantasmes et imaginent une Chine qui n'existe plus depuis belle lurette !
à le panda gourmand de chine
De DBL8
Retraité | 13H17 | 01/10/2009 |
Des cuisiniers qui travaillent 9X5= 45 h par semaine ?
Vous nous prenez pour des neu-neux ?
Même en France il font plus !
à DBL8
De le panda gourmand de chine
Chef cuisinier en Chine | 13H21 | 01/10/2009 |
Non, c est tout a fait vrai, et je vais meme vous dire que c est meme mieux paye ici, pour le meme poste occupe, mais j avoue avoir de la chance. Le savoir faire a la Francaise a un prix
à le panda gourmand de chine
De DBL8
Retraité | 13H23 | 01/10/2009 |
Pour vous peut-être, mais les commis, combien d'heures font-ils par jours ?
à DBL8
De le panda gourmand de chine
Chef cuisinier en Chine | 14H39 | 01/10/2009 |
Pareil, mais sans les responsabillites mais environ 15 a 20 % de mon salaire
à galactic_cluster
De Ruski
Chef Op. | 18H05 | 01/10/2009 |
Comme Bernard Henri Levi critiquant « Underground » d'Emir Kusturica sans avoir vu le film, les commentateurs professionnels et amateurs glosent sur Marx en le critiquant pour ne pas avoir à le lire et à fortiori le comprendre.
La Chine n'est pas communiste, parce que « Le communisme est l'énigme résolue de l'Histoire. Le mouvement entier de l'Histoire est l'acte de procréation de ce système » (Karl Marx). La Chine est Socialiste Marxiste, avec sa propre spécificité, elle applique les principes économiques marxistes : nationalisation des secteurs stratégiques de l'économie, les secteurs non stratégiques étant laissés à l'entreprise privé. Et si elle n'est pas, ou très peu affectée par la crise, c'est justement par ce qu'elle a toujours refusé de s'engager dans la finance folle du libéralisme, malgré les injonctions américaines. Mais, c'est surtout parce que l'état est fort et contrôle la banque centrale qui obéit aux ordres de son gouvernement, qui dispose de réserves de changes gigantesques, 2200 milliards de dollars, grâce à son économie riche et prospère de type socialiste marxiste.
Il est certain, que les thuriféraires du capitalisme qui nous rabâchent depuis des lunes que le socialisme communiste marxiste génère la misère, ne peuvent pas voir la vérité en face et préfèrent débiter des logorrhées et du verbiage pour affirmer péremptoirement des inepties.
Pour finir, une déclaration du vice ministre de l'éducation chinois. « Le socialisme n'est pas incompatible avec l'économie de marché et le capitalisme est compatible avec l'économie planifiée » jolie petit bijou de dialectique marxiste.
à Ruski
De chengyang
19H59 | 01/10/2009 |
La déclaration que vous citez est aussi un petit bijou de pensée chinoise tout court… N'oubliez pas l'influence du taoïsme (je pense à sa dialectique du yin et du yang) sur la civilisation chinoise.
« Le capitalisme est compatible avec l'économie planifiée » : Il me semble que l'on aurait pu aussi tenir ce discours en France à l'époque de l'économie administrée et du plan !
à chengyang
De Ruski
Chef Op. | 20H34 | 01/10/2009 |
Vos remarques sont tout à fait exactes.
De
01H51 | 15/10/2007 |
communiste sur fond de capitaliste outrancier, le drapeau rouge n'est qu'un pale symbole du communisme, mais plutot la couleur du sang des syndicalistes emprisonnés et ouvriers-forçats de ce pays ! ! ! … http://enjeux-internationaux.org/articles/num3/soutiers.htm rebelle
De Bakima Baliele
02H02 | 15/10/2007 |
La Chine est comme une voiture qui clignote a gauche, mais vire a droite(rire). L'Occident qui criquait les « chinoiseries » au debut des annees 70 s'est rendu compte que les « communistes » par discours et « capitalistes » dans la pratique, avaient de longues dents. Devenue l'atelier du monde, la Chine polulaire n'accorde en realite pas d'attention a l'adjectif communiniste. Elle sait qu'en Occident, ce qui compte c'est d'amasser d'abord le bien materiel et l'argent. La morale, la religion, les ideologies ne compte que pour du beurre. Quand les Etats Unis, terre par exellence du liberlaisme economique cherchent a ce que Cuba, leur voisin communiste renonce au communisme, avant toute negociation, cela fait sourire. A la Chine, aucune puissance regionale ou mondiale ne demanderait ca. Elle s'en fou chez elle des droits de l'homme et du citoyen. Who cares ? Nobody ! En plus, le pays de Mao possede d'enormes reserves en bons de tresor americain. La Chine, non seulement a un droit de veto au Conseil de securite de l'Onu, elle est devenue un partenaire et acteur economique incontournable dans les echanges internationaux. La globalisation chaque jour un peu plus des economies du monde ne peut que renforcer la place de ce grand pays-continent. Ce qui est loin d'etre le cas de Cuba. Moins encore de l'Iran, par exemple. la Chine croit et saiot que l'heure est arrivee pour elle de jouer, de facon « decomplexee » son role de leader naturel du 21 siecle. Elle ne se peroccupe plus de demander la permission des pays developpes quand elle investit en Afrique, quelques fois dans des pays avec lesquels l'Union Eurepeenne, les USA et le FMI et la BM ne sont pas en programme. Comme le Soudan, par exemple. En Asie, avec la Birmanie.
Bakima Baliele, Washington, DC
à Bakima Baliele
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 03H28 | 15/10/2007 |
Un article de Rue 89 où il est question de bombe atomique chinoise parle de bombe financière.
La Chine aurait 2000 millards de dollars.
S'ils mettaient ça sur le marché ce serait bien pire que l'affaire américaine des crédits immobiliers.
à Servais-Jean
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 07H43 | 01/10/2009 |
la vraie bombe, c'est que la Chine est sur le point de limiter radicalement ses exportations de terres rares, dont elle possède a peu près toutes les réserves mondiales, et qui sont indispensables à notre économie de haute technologie comme à notre technologie verte :
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/tempete-sur-les-terre…
http://www.edito-matieres-premieres.fr/0983/economie/chine-terres-rares….
difficile de dire si cet « hyper-protectionnisme » qui risque bien de tout changer pour nous est communiste ou capitaliste… mais est-ce vraiment ça l'important ?
De
03H04 | 15/10/2007 |
Décalage entre un mot qui a perdu son sens et la réalité, un peu comme les paroles de La Marseillaise peuvent être en décalages avec la réalité actuelle de la France. Mais le gouvernement chinois peut-il sincèrement refuser d'assumer cet héritage qui a forgé le pays, même si c'est dans la douleur ? Pas encore.
La cohésion du pays est maintenu pour le moment par le gouvernement, où des structures et des institutions bien établis existent. Visiblement cela fait la force actuelle de la Chine et lui procure une grande capacité d'action. Le pays ne vit pas dans l'immobilisme ou dans la peur. La Chine évolue vite (et pas seulement au niveau économique) et les reformes sont possibles. Au niveau de la santé par exemple « Le ministre chinois de la santé Chen Su a déclaré vouloir construire un système de service de santé qui couvrira l'ensemble de la population chinoise d'ici 2010. »(Source : Xinhua). Des paroles en l'air ou une prise de conscience comme il peut y en avoir face aux problèmes de la pollution ? A mon sens prise de conscience et nécessité d'agir.
Depuis quelques années les villageois de ma région, dans le sud du pays, sont exemptés de taxes, et depuis cette année une quantité de riz non négligeable est redistribuée aux personnes âgées, tandis que l« école primaire est devenue pratiquement gratuite (18 euro par semestre pour l“achat de fournitures). Si ces mesures restent encore insuffisantes, comment peut on parler d'un pays où aucunes réformes est réalisées, et où rien n'est fait pour sa population ?
Pendul
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 03H13 | 15/10/2007 |
A CA de 4 h 04
Si ce que vous dites est en train d'arriver alors cela veut dire que les dirigeants progressivement s'acheminent vers un socialisme qui est peut-être LA solution chinoise au bien être du peuple.
Je souhaite bonne chance à la Chine et merci pour vos précisions.
De Saheyus
Rêveur invétéré | 11H04 | 01/10/2009 |
Je vote pour « paroles en l'air ».
Rendez-vous en 2010.
Honnêtement je ne suis pas impressionné par l'exemption de taxe pour des personnes qui vivent probablement dans la misère, ni par la gratuité de l'école primaire (reste plus qu'à faire pareil pour le secondaire et les études supérieures), ni par une distribution de riz qui n'est jamais qu'une aide à la survie.
C'est mieux que rien, mais pour un régime qui se prétend « communiste », c'est complètement minable.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 03H00 | 15/10/2007 |
Merci pour cet article qui me conforte dans ce que je pense de la Chine
Est-ce tenable ?
Oui et pour longtemps encore parcequ'il y a moins de 10% de la population qui profitent du système chinois,le reste en est encore au moyen âge et si par bonheur un membre de la famille peut aller travailler en ville et envoyer un peu d'argent, cela leur suffit.
Pour que la France en soit où elle en est actuellement, et ce n'est pas le Pérou, combien de temps avons nous dù attendre, 100,200 ans ?
A ce sujet je me permet de copier ci-dessous une partie de commentaire que je vous ai envoyé il y a peu de temps et qui traite de ce sujet :
A Tienanmen les étudiants ont été calmés par la force, mais les dirigeants chinois ont compris que ce n'était pas la bonne méthode.
La bonne méthode pour durer dans un tel régime c'est de satisfaire ceux qui ont assez de culture pour s'organiser, donc de permettre à certains, intellectuels ou malins, de s'enrichir ou au minimum avoir une vie correcte dans l'administration ou autres organismes contrôlés par l'état, en quelque sorte créer une élite.
Ils devraient donner la recette aux Birmans.
Comme quoi de la Chine on en revient toujours.
De
03H08 | 15/10/2007 |
Décalage entre un mot qui a perdu son sens et la réalité, un peu comme les paroles de La Marseillaise peuvent être en décalages avec la réalité actuelle de la France. Mais le gouvernement chinois peut-il sincèrement refuser d'assumer cet héritage qui a forgé le pays, même si c'est dans la douleur ? Pas encore.
La cohésion du pays est maintenu pour le moment par le gouvernement, où des structures et des institutions bien établis existent. Visiblement cela fait la force actuelle de la Chine et lui procure une grande capacité d'action. Le pays ne vit pas dans l'immobilisme ou dans la peur. La Chine évolue vite (et pas seulement au niveau économique) et les reformes sont possibles. Au niveau de la santé par exemple « Le ministre chinois de la santé Chen Su a déclaré vouloir construire un système de service de santé qui couvrira l'ensemble de la population chinoise d'ici 2010. »(Source : Xinhua). Des paroles en l'air ou une prise de conscience comme il peut y en avoir face aux problèmes de la pollution ? A mon sens prise de conscience et nécessité d'agir.
Depuis quelques années les villageois de ma région, dans le sud du pays, sont exemptés de taxes, et depuis cette année une quantité de riz non négligeable est redistribuée aux personnes âgées, tandis que l« école primaire est devenue pratiquement gratuite (18 euro par semestre pour l“achat de fournitures). Si ces mesures restent encore insuffisantes, comment peut on parler d'un pays où aucunes réformes est réalisées, et où rien n'est fait pour sa population ?
Pendul
De San De
13H46 | 16/10/2007 |
Si la cohesion de la Chine ne tiens que par les institutions rouillés de l'Etat, ça veut dire que la Chine n'est qu'une coquille vide, un tas d'institutions et d'administration…
Un pays solide et fort est un pays ou la cohesion est faite par la nation, et le consenssus social et identitaire, l'Etat n'étant que l'organisation et la materialisation de cette cohesion.
Une « cohesion » ou plutot « unité » assuré par une machine administrative, c'est aussi cela, une dictature.
Moi, je crois en la cohesion de la Chine Han, la nation Han, pour le Xinjiang et le Tibet, j'en suis moins sûr… (surtout pour cette dernière), mais ce n'est pas si grave, ce qui compte, c'est que la Chine devienne un pays ou il fait bon vivre quoi que l'on face (dans le respect des valeurs positives de cette civilisation), que l'on ne soit plus jetté en prison parcequ'on a refusé de payer au noir un chef de la police pour avoir l'impunité ou parcequ'on a découvert une catastrophe humaine ou ecologique lié a un scandale de corruption entre un milliardaire et un haut fonctionnaire du parti… ou que l'on ne harcele pas la famille d'un celebre avocat, y compris ses enfants à l'école… les ressources en eau du Tibet, ou les mines du Xinjiang, ça se discute, ça se marchande…
La RPC sous la coupe du PCC me semble prendre la route inverse. Pourquoi se reformeraient ils vers plus de libertés et de respect vis à vis des chinois, ils ont gagné tout ce qu'ils ont en étant de plus en plus dur…
En attendant, de sources chinoises, les salaires n'augmentent pas, au contraire des prix et des cadences de travail…
De chengyang
09H21 | 01/10/2009 |
L'exemple à la fin de votre commentaire (exemption de taxe, faibles droits d'inscriptions à l'école, aide aux personnes âgées…) montre toute la difficulté qu'il y a à parler de la Chine.
Au niveau local, il y a tellement de situations particulières qu'il est quasiment impossible de faire des généralisations concernant ce pays immense : d'un « sheng » à un autre, d'un « xian » à un autre ou d'un « xiang » à un autre, la qualité des dirigeants locaux est tellement variable et les politiques locales sont tellement variées qu'il a presque un abus de language à parler d'une seule et unique Chine populaire.
Je pense que, paradoxalement, le défilé du 1er octobre de cette année est plutôt une manifestation de la faiblesse de l'Etat central : en effet, cette manifestation de puissance est avant tout d'un message à destination interne, dans lequel l'Etat central veut montrer ses muscles à la multitude des pouvoirs locaux qui composent la Chine et qui, la plupart du temps, n'en font qu'à leur tête.
http://en.wikipedia.org/wiki/Administrative_divisions_of_China
De
05H37 | 15/10/2007 |
Communiste en interne
Ultra-capitaliste en externe
Voila le secret de la réussite ! ! ! : -(
De M. de Wolmar
explorateur | 06H43 | 01/10/2009 |
Communiste en interne ?
Lisez Marx et Lénine pour comprendre l'absurdité de votre remarque.
De mattzz
08H34 | 01/10/2009 |
Le secret de la réussite chinoise, il est surtout dans une population abondante qui constitue une main d'œuvre bon marché, dans la renonciation aux libertés individuelles, à la cohésion sociale et à l'environnement, avec à la clé un pouvoir à la fois politique, économique et militaire qui lui permet de plus en plus de s'imposer au reste du monde.
Mais qu'on se rassure, le jour où Bruxelles sera une dictature et où on acceptera tous les privations de liberté et les salaires chinois, nous aussi on sera numéros 1 ! : -)
De
06H48 | 15/10/2007 |
ce vernis idéologique est sans doute le capitalisme le plus sauvage. Les société modernes n'ont vraiment aucuns scrupules.
tiens justement, un article de ce même lagardère
http://www.peuples.net/article-13058809.html
De
07H23 | 15/10/2007 |
Je vois pas où est la réussite de la Chine…
Communiste dans son fonctionnnement étatique, elle étouffe les libertés individuelles de son peuple sous motif de collectivisme..
Capitalisme dans son fonctionnnement privé, elle supprime les protections et les droits de son peuple sous motif de maximalisation du profit…
La chine qui à une croissance de 10% connait aujourd'hui le chômage….et l'exclusioin sociale.
On pourrait en rire si la crise environnementale ne nous concernait pas.
Sacré Confucius il les a bien matté : Chaque sa plâce, chacun son rôle et on ferme sa gueule !