
La « Chinafrique » change la donne sur le continent africain
» Chinafrique » : le mot restera, par analogie avec notre célèbre » Françafrique » . Les journalistes Michel Beuret et Serge Michel, bien aidés par les photographies de Paolo Woods, ont sillonné treize pays africains à la rencontre des Chinois qui, ces dernières années, ont massivement investi le continent et changé la donne géopolitique.
La montée en puissance de la présence de Pékin en Afrique a suscité pas mal de fantasmes ces dernières années, et ce livre permet de remettre quelques éléments à leur place. Les auteurs racontent des histoires de Chinois en Afrique, tant celles qui relèvent de la stratégie d'Etat, en quête d'accès aux matières premières qui manquent à la Chine, que les itinéraires personnels de ces hommes partis dans des pays dont ils ignoraient l'existence, dont ils n'apprécient guère les mœurs et encore moins la nourriture, mais où ils trouvent fortune ou au moins les moyens de leur survie.
Pour autant, pas de rouleau compresseur invincible. Les auteurs envisagent même qu' » un échec de la Chine en Afrique n'est pas exclu » .
» Pour nous qui avons parcouru l'Afrique chinoise en tous sens, le seul véritable échec de la Chine, s'il faut en voir un, c'est peut-être qu'elle se banalise en Afrique après avoir incarné un partenaire providentiel et fraternel, capable de tous les miracles. A certains égards, elle commence à ressembler aux autres acteurs, avec ses cohortes de gardes de sécurité, ses chantiers qui s'enlisent et ses scandales de corruption. »
Les relations amoureuses de l'Afrique avec ses prétendants
Au-delà des anecdotes, parfois savoureuses, l'aspect le plus passionnant de ce livre tient peut-être à ce qu'il dit des autres partenaires de l'Afrique, à commencer par la France.
» Tout se passe comme si Paris, enfermé dans sa vision paternaliste et condescendante d'ancien colon, n'a pas été capable de voir que l'Afrique était en train de changer, de s'enrichir grâce au prix des matières premières, et se retire au moment précis où Pékin s'engage. »
Dans un autre travail, complémentaire de celui-ci, un documentaire réalisé par Laurent Védrine, » Kinshasa-Beijing Story » , tourné en mars dernier en République démocratique du Congo, Marie-Louise Bibish Mumbu, écrivain et dramaturge congolaise, parle joliment des relations amoureuses de l'Afrique avec ses prétendants, l'Occident et la Chine. Pour voir un extrait (avec l'aimable autorisation de Laurent Védrine et de la Générale de Production), cliquez ci-dessous.
En écho à ces propos de Marie-Louise Bibish Mumbu, l'apparition de quartiers africains dans certaines grandes métropoles chinoises est le pendant de cette déferlante chinoise sur le continent noir. On lira avec intérêt le regard d'un média chinois (traduit en anglais) sur la « ville chocolat », nom par lequel les chauffeurs de taxi de Canton désignent le quartier africain de leur ville : les Africains y expriment leur admiration pour la vie en Chine, par comparaison avec leurs pays d'origine.
Laurent Védrine s'était donné pour ambition « de dévoiler un moment charnière dans l'histoire du continent : le basculement d'une relation sclérosée nord-sud à une relation “sud-sud‘, pleine de promesses économiques mais aussi pleine de dangers’. C'est également le propos des auteurs de ‘Chinafrique’, qui montrent bien à quel point les entreprises chinoises ont investi des domaines dont les anciennes puissances coloniales se sont retirées, et en particulier le secteur des infrastructures dont le continent a tant besoin, mais aussi ses risques : un nouvel endettement, une nouvelle dépendance, voire même une relation néocoloniale pas très différente des autres.

Le plus étonnant, ce sont finalement les parcours individuels qui tracent ce portrait de groupe des quelques centaines de milliers de Chinois désormais installés sur le continent. Du Nigeria au Soudan en passant par l'Angola et le Sénégal, on y croise des entrepreneurs audacieux (comme le promoteur immobilier au Nigeria qui offre la photo de couverture du livre et qui figure en tête de cet article) et des ouvriers acharnés au travail (voir l'autre photo ci-dessus) ou encore cette barmaid de Niamey dont le réseau couvre autant les rebelles touaregs que les allés du pouvoir nigérien…
L'irruption de la Chine change assurément la donne géopolitique, économique et humaine en Afrique. Il était temps que des travaux un peu plus fouillés soient consacrés à ce phénomène d'ampleur historique : la naissance de la ‘Chinafrique’, pour le meilleur, ou pour le pire.
► Chinafrique De Michel Beuret, Serge Michel, avec les photographies de Paolo Woods - éd. Grasset - 19,50€.
► Kinshasa Beijing Story Réalisateur : Laurent Védrine - Production : la Générale de Production - Jérémy Pouilloux - Diffusion : CFI/Planète/RTBF courant 2008.
- 17429 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque
















































43
(Pour réagir, connectez-vous)
De ibouse28
11H37 | 17/06/2008 |
» » » »…Tout se passe comme si Paris, enfermé dans sa vision paternaliste et condescendante d'ancien colon, n'a pas été capable de voir que l'Afrique était en train de changer, de s'enrichir grâce au prix des matières premières, et se retire au moment précis où Pékin s'engage… » » » » »
La France ne se retire pas, absolument pas. Le franc CFA, imposé aux Africains, nourrit le citoyen français et appauvrit le paysan africain. Tous les Etats africains, qui utilisent cette monnaie coloniale, paient chaque année un IMPOT sur la fortune(65%) auprès du trésor public français. N'est-ce pas un CRIME contre l'humanité ?
Chaque Etat africain, utilisant cette monnaie de la HONTE, est un contribuable pour l'Etat français. Et pourtant, les Africains n'ont pas la nationalité française, et non pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. C'est un véritable esclavage moderne.
Le problème central de l'Afrique, c'est cette monnaie coloniale imposée par le colonisateur français. C'est du jamais vu un pays indépendant utiliser la monnaie de son ancien colonisateur. Il faut brûler le fran CFA et imposer une monnaie commune à l'Afrique.
à ibouse28
De TARPON
13H42 | 17/06/2008 |
Souhaitons que la chine favorise l'immigration des populations africaines vers elle et les reconvertisse au yen ,le plus tot possible.
à TARPON
De destribat
anti-corruption | 23H17 | 17/06/2008 |
Encore une connerie signée TARPON. Pourquoi vois-tu à tout pris l'immigration comme seul salut pour les Africains ?
Un développement des pays Africains est le seul remède contre l'immigration. Mais les 5 à 7% de croissance de la majorité des pays Africains ne te laissent pas envisager des lendemains meilleurs.
à TARPON
De Rabah AIT MOUHOUB
09H36 | 18/06/2008 |
Faudrait au moins que vous sachiez que la monnaie Chinoise n'est pas le yen avant de faire de l'ironie à deux balles.
à Rabah AIT MOUHOUB
De TARPON
17H51 | 18/06/2008 |
non,c'est le dinar
à ibouse28
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 19H44 | 17/06/2008 |
@ Ibouse28 : « Il faut brûler le fran CFA et imposer une monnaie commune à l'Afrique » QUI VA IMPOSER ? Pour des raisons historiques (voir le lien), l'Afrique ne peut pas donner naissance à une autorité crédible et efficace. Que ce soit la Chine ou l'Occident qui soit l'élément externe, le salut de l'Afrique passe toujours par les termes d'échange avec son partenaire et un pouvoir d'arbitrage pour les faire respecter. Ceux qui le nient sont ignorants ou de mauvaise foi.
http://nouvellesociete.org/414.html
Pierre JC Allard
De ysengrimus
11H41 | 17/06/2008 |
Il va y avoir des heurt entre la France et la Chine en Afrique. La France pourrait faire face à un « pousse toi de là que je m'y mette » historique, que personne ne réprouvera vraiment…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/30/cfa-continuite-coloniale-fran…
Paul Laurendeau
à ysengrimus
De ibouse28
12H20 | 17/06/2008 |
Il n » y aura aucun heurt. La France, qui a capitulé partout dans ce monde, excepté en Afrique, n'a jamais eu les moyens de ses ambitions.
Si la France n'est pas soutenue par une Grande Puissance(Usa - Chine), elle capitule en Afrique. Lorsque Bush a lâché Chirac, les français ont fui la Côte d'Ivoire.
à ibouse28
De Zorbanet
14H16 | 17/06/2008 |
Non seulement je suis bien d'accord, mais j'ajouterai que la politique française en afrique n'est plus dictée par les intérêts nationaux depuis belle lurette.
Elle ne sert désormais qu'à entretenir des intérêts particuliers qu'il soient du domaine du business privé ou de la politique.
En d'autre terme welcome to world of bakchich.
Et c'est là toute la différence avec l'attitude chinoise qui sans négliger la culture bakchich agit néanmoins dans l'intérêt des pays !
En d'autre terme, pourquoi l'Afrique aurait elle le moindre intérêt à considérer la France ?
à ysengrimus
De Haina
16H39 | 17/06/2008 |
etudions les tensions « Soudan-Tchad » et nous en saurons un rayon sur les tensions « Chine-France ».
De Michael A.
apprenti-chercheur (futur chômeur) | 11H47 | 17/06/2008 |
J'ai appris que les jobs sur les grands chantiers chinois en Afrique étaient occupés par des chinois… Cette main d'oeuvre serait ainsi entièrement importée.
Eut égard aux histoires cachées derrière le scandale du darfour (par exemple), je me pose des questions sur la politique chinoise en Afrique… une position très « nord » dans une relation soit-disant « sud/ sud » ?
bien à vous.
à Michael A.
De destribat
anti-corruption | 13H34 | 17/06/2008 |
Un technicien dans un chantier Gabonais coutent moins cher qu'un ingénieur Chinois. Voici les raisons pour lesquelles la chine vient avec sa main-d'œuvre.
Pour compléter cet article, je vous propose excellent document de France-Inter (Interception) : Gabon tapis rouge pour le chinois.
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/index.php ? id=52487
De said sellali
cadre à nantes | 11H55 | 17/06/2008 |
La france et les occidentaux en général ont pensé de façon risible que l'Afrique noire- au sud du sahara car le Maghreb vogue vers l'émergence sereinement- resterait éternellement sous-développé et pauvre. C'est pourquoi ils se sont retirés.Voilà, l'erreur fatale car justement l'Afrique Noire se réveille comme jamais avec un taux de croissance supérieur à 5,5% depuis 4 ans. 28 pays africains sur 53 auront ainsi un taux de croissance supérieur à 7,5% en 2008. Il faut cesser le pitoyable misérabilisme à la gleneagle et traiter les noirs africains en égal et faire du BUSINESS avec eux. Les chinois ne nous attendent, tout comme les émiratis dont bizaremment personne ne parlent.Peu importe semble t-il que ces même émiratis taillent des croupières à Bolloré au Sénégal ou investissent massivement en RDC, au Burkina et au Congo brazza. C'est tabou d'en parler. Tout comme les investissements libyens .
à said sellali
De destribat
anti-corruption | 14H27 | 17/06/2008 |
Said, je suis tout à fait d'acord avec vous.
L'Afrique répond à cette France par un nouveau type de coopération Afrique-Afrique et cela fait des victimes dans le pré-carré français. Pour compléter vos propos voici d'autres exemples. En 2007, La Côte d'Ivoire a confié à une compagnie Tunisienne, SOROUBAT, le prolongement de l'autoroute du Nord (180 km). Ce Projet est financé par la Banque islamique de développement, le Fonds saoudien de développement, le Fonds de l'Opep et l'Etat ivoirien.
Inimaginable il y encore 5 ans, la plupart des routes dans ce pays étaient confiées à Colas ou Jean Lefebvre (Groupe Vinci).
La Sotra, compagnie de transport en commun Abidjanais n'achète presque plus de bus Renault. Les dernières acquisitions sont du groupes Tata (Indien), des autobus Iranien et Allemand et depuis cette année se lance dans la production de ses propres bus avec la coopération de IVECO (Groupe FIAT). Cette Même société, la Sotra, vient de créer sa première filiale internationale en Guinée pour moderniser les transports de Conakry la capitale.
Nos entreprises n'ont pas su anticiper les changements qui s'amorçaient en Afrique. Nous avons toujours comptés sur l'état pour essayer d'avoir, de garder des contrats en Afrique. Nous n'avons jamais eu de plan à long terme pour une politique gagnant-gagnant. Comment se fait-il que pendant que les compagnies françaises ferment les portes, d'autres Européennes et chinoises en particulier viennent s'y installer ? Est-ce seulement un problème de compétitivité de nos entreprises ?
à said sellali
De San De
16H55 | 17/06/2008 |
L'Afrique du nord emerge sereinement ? Heureusement que je connait cet espace très très très bien, sinon, j'aurai ete tenté de le croire… enfin bon…
à said sellali
De TARPON
19H27 | 17/06/2008 |
Peut etre tout simplement que la France n'a plus rien à cirer de l'afrique et du maghreb.
De Annacelia
11H57 | 17/06/2008 |
Bonjour les Riverains,
L'article est judicieux mais je pense qu'il faut attendre une dizaine si ce n'est une vingtaine d'années avant de faire un bilan. La France est en Afrique depuis plus d'un siècle et la comparaison entre la Franceafrique et la Chineafrique me paraît prématurée. J'ai eu à observer pendant plusieurs années (5 ans) l'attitude des expatriés chinois au Togo, et à ma connaissance, ils ne se sont jamais mélangés à la population togolaise ; ils ont leur quartier hermétiquement fermé. Ils ont la particularité de résider plus en mileu rural qu'en milieu urbain (je parle pour le cas du Togo uniquement).J'ai bien vu quelques métissages issus du brassage chinois-togolais mais ils sont très peu nombreux et rejetés par la communauté chinoise donc ces enfants n'acquièrent pas la double culture à laquelle ils ont droit et surtout besoin pour leur équilibre. Enfin, ils ne partagent rien notamment sur le plan culturel(exposition, conférences, divers échanges culturels) et n'apportent, en fin de compte rien qui pourrait faire avancer, développer l'Afrique. Ils viennent surtout pour leur propre compte, l'Africain étant peu estimé par ces expatriés. Le comportement français a été totalement différent. Il serait intéressant de faire l'inventaire des comportements des différents expatriés contemporains en Afrique et leur impact sur le développement tant culturel, social qu'industriel : Américains, Chinois, Libanais, Européens de l'Est….
Cordialement
Annacelia
à Annacelia
De LienRag
13H00 | 17/06/2008 |
En quoi le comportement des français est-il différent ?
A part quelques activités culturelles du CCF destinées à la jet-set locale…
à Annacelia
De Socrate Tchatcha
viouuuu du vent | 13H16 | 17/06/2008 |
« L'éléphant se réveille et le monde tremble » La chine, ce gros éléphant qui dormait ne l'est plus… Vous parlez de métissage comme si les français installés en Afrique se mélangeaient aux autochtones. Dans tous les cas cités, ni l'un ni l'autre ne présentent des avantages au développement économique culturel et politique de l'Afrique. Ce qu'il faut à l'Afrique, c'est une Révolution ! Rompre avec ce système d'asservissement en passant à la guillotine les pions placés (Ces pions dressés dans des écoles militaires, CIA, Sciences Pô et autre) à la tête des Etats africains ! ! !
De deecurl
| 12H07 | 17/06/2008 |
le magazine GEO a conscacré un article à ce sujet il y a deux mois je crois (j'ai reconnu les très bonnes photos du reportage)
je suis ravie que rue89 mette le doigt dessus.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 13H06 | 17/06/2008 |
en algérie ils construises a tour de bras et après avoir patienté un certain temps dans des boutiques vides ils commerçes jusqu'a quand mystères
De amilcar
peureux célèbre | 13H07 | 17/06/2008 |
commencer l'article en disant que le nom chinafrique restera me semble paradoxal, il y a fort à parier au contraire qu'il ne restera pas, parce que les relations entre la chine et les divers pays africains, sont des relations pragmatiques, négociées, face à face, dégagées des délires racistes et colonialistes, ce qui fait que le mot chinafrique n'existera jamais c'est que la chine n'a pas voulu imposer la grandeur de sa civilisation, la chine n'a pas découvert d'êtres inférieurs, la différence c'est que la chine ne prétend pas apporter la lumière à l'afrique, les chinois n'importent que cette terrible nouveauté de négocier cartes sur table d'égal à égal, on ignore pour l'instant si ce seront des contrats gagnants-gagnant comme c'est la mode gnan-gnan en europe mais ç'aura été des contrats donnant-donnant, réciproques, équilibrés et perfectibles, qui ne sont pas faussés par une idéologie nauséabonde.
à amilcar
De TARPON
13H45 | 17/06/2008 |
egal à egal ,tu rigoles.Le Chinois mene la danse et l'africain suit le rythme ,comm d'habitude.
à amilcar
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 13H47 | 17/06/2008 |
si vous lisiez le livre, vous ne pourriez pas écrire qu'il s'agit de relations d'égal à égal… Pour ma part, je parie sur l'avenir du concept de Chinafrique !
à Pierre Haski
De hormheb
neant | 20H40 | 19/06/2008 |
Pierre,
J'ai du mal a comprendre « …je parie sur l'avenir du concept de Chinafrique » ? ce que concept de « chinafrique ». vous ne l'avez pas defini. A moins que cela m'a echappe. Et j'ai bien peur que l'analogie que vous soulignez avec la « francafrique » cree la confusion dans l'esprit des francais (les africains dit francophones savent bien ce que ce concept veut dire), et surtout ouvre la porte a toute sorte de speculations. Jusqu'a preuve de contraire je n'ai pas encore vu un regine africain renverse par coup d'etat par pekin et remplace par une clique plus clemente a son egard (pourtant il y a des pays qui ont refuse qques contrats juteux et srategiques a la Chine). je ne suis pas au courant de potentats africains ayant contribue financierement a l'election d'hommes politiques en Chine. Quel entrepreneur chinois doit sa prosperite financiere a tel ou tel dictateur ou president africain francophone ou pas ?
C'est surprenant de voir tout ce tapage, a connotation tres negative finalement, en France sur la montee croissante de l'influence economique et financiere de la Chine en Afrique. Surtout cela est presente comme au minimum une alerte, un risque pour l'Afrique ; et au maximum un grave danger. et tout ca par « devoir » du citoyen francais vis-a-vis de l'Afrique.
Malheureusement c'est rester dans la vision tres racialiste du continent africain que les africanistes francais ont inculque a des dizaines de generations entieres de francais des l'ecole primaire.
1/ La france elle-meme voit la Chine comme une opportunite extraordinaire pour sa competitivite. Tous les operateurs alternatifs NTIC francais, sans exceptions, utilisent des equipments chinois. Ca leur a permis de tenir. La france se bat pour augmenetr ses parts de marche en Chine dans ts les domaines.
pourquoi pour l'Afrique la chine serait un pb et pas une opportunite ? De facto c'est une opportunite !
2/ On se focalise sur la montee de l'influence chinoise. On oublie qu'en fait, c'est aussi et avant tout une question d'offre et demande. l'offre francaise, quand elle existe, est simplement moins attractive. comme je disais a qq'un sur ce site, on oublie que la France a totalement rate les 25 dernieres annees qui ont vu ceux des pays du fameux G7+1 qui ont su prendre le virage des NTIC a temps, et su anticiper l'entree dans la cours des grands des pays dit emergeants, tirer leur epingle du jeu et renforcer leur influence economique et culturelle. J'ai cite les US et la Chine et le Japon. Seul l'Allemagne s'en est tire en Europe. voir le rapport Camdessus.
Donc un pays dont la vision se perd entre celle de louis XIV, Napoleon et De Gaulle, et qui depuis 25 ans au moins a un mal fou a articule une vision du monde : place de la France en Europe, dans le reste du monde, et partant de la quelle politique interne a conduire pour amener les francais a adherer a cette vision-la. Un tel pays ne peut pas leader le reste du monde.
Tous les economistes francais sont d'accords que n'eut ete l'Euro, la France aurait devalue son ex-monnaie au moins 3 fois ces 10 dernieres annees pour eviter la banqueroute !
Donc la decheance de la France en Afrique est une consequence directe de sa propre decheance interne.
Et d'ailleurs on peut clairement affirmer que n'eut ete l'offre chinoise de nombreux pays de la zone francophone surtout seraient dans un etat de pauvrete et d'insurection permanente. je suis pret a debattre sur ce point precis-la tant l'impact de l'offre chinoise est direct dans le secteur informel et contribue qque part a faire vivre les laissez-pour-compte. De la francafrique justement !
Pour ne pas etre tres long, vous gagnerez a reoriente le debat sur la montee de la Chine dans la zone d'influence francaise comme un corollaire de la decheance interne de la France. Ou au moins poser la question. ca permettra d'ouvrir les esprits et de sortir du paradigme racialiste dans lequel les africanistes francais ont enferme la classe diregeante francaise et par ricochet le peuple depuis qques siecles aujourd'hui.
De Congolais
Journaliste à Kinshasa | 13H19 | 17/06/2008 |
En république démocratique du Congo, nous vivons en plein dans l'établissement ou encore l'officialisation de la Chinafrique avec l'échange minerais contre infrastructures (routes, hôpitaux, écoles,…). Les chinois sont de plus en plus visibles dans la capitale Kinshasa mis aussi dans la province cuprifère du Katanga.
Espérance et inquiétude en même temps au sein de la population congolaise et africaine en même temps. Après plusieurs années de colonisation, de Françafrique et autres, nous laissons la place à la Chinafrique, en espérant que ce nouveau partenariat sera plus productif et bénéfique pour le continent.
http://www.flickr.com/photos/congoblog/2585101638/
Cédric Kalonji
http://www.congoblog.net
à Congolais
De TARPON
18H20 | 17/06/2008 |
POur ceux qui ne le savent pas,la RDC etait jusqu'au debut des annees 60 une colonie belge ,pas française.La question que je me pose est la suivante : plutot que de laisser la place (vous etes independants depuis 1960) a un autre « partenaire » ,pourquoi ne prenez pas vous memes cette place ? A defaut d'etre plus « productif »,pourquoi ne prenez vous pas votre destin en main ? Vous ne manquez pas de cadres,d'elites formés dans les meilleures universites belges,alors ?
à TARPON
De hormheb
neant | 19H13 | 19/06/2008 |
Tarpon,
Essaie d'elever le debat. Tes ecrits illustrent bien une des raisons pour laquelle la France est en perdition sur cette region du monde. Une vision tres racialiste qui a empoisonne toute conception saine de rapport gagnant-gagnant avec ce continent.
Tu ferais mieux aussi de travailler pour que la France sorte de l'abime dans laquelle elle s'enfonce depuis 20 ans aujourd'hui et qui l'a conduit a RATER completement toute cette periode-la (les 25 dernieres annees) de l'emergence des nouvelles technologies et de l'entree des pays dits emergents dans le commerce mondial. tous les economistes francais sont d'accord que n'eut ete l'euro, la France aurait devaluee son ex-monnaie au moins 3 fois pour pouvoir eviter la banqueroute totale.
Donc occupes-toi deja de ce qui se passe chez toi. ca aidera enormement car la decheance de la France en Afrique est avant tout une consequence directe de sa propre decheance interne. Un pays qui se cherche lui-meme (recherche de vision pour conduire son proprepeuple, de sa place en Europe et dans le monde) ne peut pas leader les autres et surtout pas une region comme l'Afrique, une chaussure « hyper » grande (au regard de la taille et des ambitions des nouvelles generations africaines) a ses petits pieds actuels. Il faut integrer ca et vivre avec pour les 20 prochaines annees au moins !
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 13H38 | 17/06/2008 |
histoire d'illustrer un peu ça vue que l'algérie c'est en afrique aussi
http://www.youtube.com/watch ? v=JRb_CLiyzdo
De N.MARECHAL
22H18 | 19/06/2008 |
Nous, grands pays colonisateurs (Portugais, Anglais et Français) avons en premier lieu pillé les richesses de ces pays « faibles » et avons imposé nos règles pour enrichir durablement nos propres pays.
La création d'une administration locale n'avait pour but que de contrôler les pays sous domination ainsi que leur population.
Par la suite effectivement, la scolarisation, la médecine et d'autres règles seront profitables à ces pays. Malgré tout, nous serons toujours redevables de nos actions.
L'indépendance avec un grand « I » est une valeur factuelle encadrée par tant d'avenants qu'un pays colonisé ne retrouve jamais sa liberté.
L'approche chinoise est totalement différente et surtout elle est plus simple. Ils viennent faire du business et n'imposent pas leur façon de vivre aux indigènes (les gens du pays).
Probablement qu'ils n'apporteront rien aux africains, ou peut-être qu'ils apporteront une nouvelle conception du savoir-faire chinois. Pour le meilleur et/ou pour le pire.