22/10/2007 à 11h06

Ces neuf hommes cravatés qui dirigent la Chine communiste

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Le nouveau leadership chinois présenté lundi à Pékin (Xinhua)


Rituel immuable au congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui s’achève sur l’Internationale, drapeau rouge au vent. Et sur un nouveau leadership, présenté lundi, qui devra assurer le passage de témoin générationnel dans cinq ans. Revue de détail des neuf hommes en costume-cravate —où est passée la « moitié du ciel ? — qui dirigent la nouvelle superpuissance émergente.

Dans l’ordre hiérarchique que fournit l’agence officielle Xinhua, mais qui est différent de l’ordre d’apparition sur cette photo de famille, les neuf hommes qui conduisent les affaires de la Chine sont : Hu Jintao, Wu Bangguo, Wen Jiabao, Jia Qinglin, Li Changchun, Xi Jinping, Li Keqiang, He Guoqiang et Zhou Yongkang.

C’est sans doute, après la Corée du nord, l’un des systèmes politiques les plus opaques au monde. Des mois durant, des discussions de coulisse au sein du premier cercle du pouvoir, y compris avec les grands anciens comme Jiang Zemin, pour doser les clans, vérifier les carrières, équilibrer les régions. Bref, la recette pour pérenniser le pouvoir du PCC dans une société et un monde qui changent.

Les sortant





Personne n’avait ainsi prévu le départ du vice-président Zeng Qinghong, l’un des hommes forts de l’équipe sortante, et qui disparait du Comité Central et a fortiori du Comité permanent du Bureau politique, le vrai coeur du pouvoir chinois. Il passe à la trappe de l’histoire avec deux autres membres du Comité permanent, dont le redoutable Luo Gan, chargé de la sécurité, et Wu Guangzhen. Autre dirigeant de poids qui disparait : Wu Yi, seule femme du Bureau Politique (mais pas de son comité permanent), qui a mené bon nombre de discussions commerciales difficiles ces dernières années, notamment avec les Américains. Elle a été atteinte par la limite d’age.

Le départ de Zeng Qinghong, fils d’un dirigeant révolutionnaire historique, est un mystère que les “pékinologues” tenteront d’éclaircir avec le temps. Il y a quelques mois encore, on lui prétait l’ambition de prendre la tête du Parti et de séparer ce poste de celui de président de la République populaire qui serait resté à Hu Jintao. Actuellement, le même homme occupe ces deux postes, ainsi que celui, tout aussi important, de Président de la Commission militaire centrale (CMC) du Parti. Y a-t-il eu bras de fer, perdu par Zeng ? Nul ne le sait à ce stade.

Les entrant


Quatre nouveaux venus font leur entrée au Comité permanent, dont le probable successeur de Hu Jintao, 64 ans, qui ne pourra pas aller au-delà de son deuxième mandat. Il s’agit de Xi Jinping, de dix ans plus jeune, chef du Parti à Shanghaï, la métropole économique qui vient de subir un véritable coup de balai anticorruption après la découverte d’une gigantesque arnaque aux fonds de sécurité sociale. C’est le retour d’un “Shanghaïen” au premier plan, après une période moins faste succédant à celle du duo du président Jiang Zemin et du premier ministre Zhu Rongji, tous deux anciens maires de Shanghaï. C’est lui remplace de fait Zeng Qinghong dans la conduite des affaires du parti.


Si Xi Jinping apparait comme un homme de compromis entre tous les clans du Parti, le favori de Hu Jintao semblait être Li Keqiang (photo ci-contre), l’actuel chef du parti dans la province du Liaoning, un quinquagénaire proche du président. Il devrait accéder au poste de premier ministre dans quatre ans, lors du passage de témoin à la “cinquième génération” de dirigeants communistes. Un lot de consolation considérable pour celui qui avait toutes les raisons de se voir un jour “numéro un”. On notera dans son parcours un passage comme gouverneur de la province du Henan à l’époque du scandale de la contamination de milliers de paysans dans la vente de leur sang, comme quoi, en Chine, une telle affaire ne bouleverse pas les carrières (il rejoint d’ailleurs au BP Li Changchun, dont les responsabilités dans cette affaire sont lourdees)...



Des deux autres nouveaux membres du leadership suprême —He Guoqiang et Zhou Yongkang—, on notera qu’il faut toujours un responsable de la sécurité : ce sera cette fois Zhou Yongkang, l’actuel ministre de la sécurité qui hérite du portefeuille de Luo Gan. A 63 ans, cet homme est donc un spécialiste, et c’est sur lui que repose largement le maintien de la sacrosainte “stabilité sociale” sur laquelle repose le pouvoir du PCC.

Car sur le fond, rien de changé à l’issue de ce XVII° congrès du PCC, qui renforce apparemment Hu Jintao sans pour autant lui donner les pleins pouvoirs. La ligne reste identique, c’est-à-dire poursuite d’un capitalisme économique débridé qui ne dit pas son nom, accompagné d’une tentative de rétablir l’équilibre social mis à mal par ces deux décennies d’enrichissement à marche forcée, et, surtout, un immobilisme politique qui ne surprendra finalement personne. Le mot démocratie est apparu de très nombreuses fois dans le discours du Secrétaire général du Parti, mais c’est sans doute le signe, dans le langage codé de la “pékinologie”, qu’elle n’est pas pour tout de suite.

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  • Anonyme

    Cet article montre que le monde entier n’a pas la même perception de l’alternance politique. Je préfère la notre, mais force est de reconnaitre qu’ils sont fidèles à leurs règles (limite d’âge, équilibre entre divers facteurs, etc...).

    Arrêtons de vouloir imposer notre universalisme aux autres quand on sait que dans nos propres partis politiques, dans nosmédias ils se passent des choses que nous refulons au plus profond de ce qui choque tellement ce n’est pas bon à aborder.

    Que les peuples se développent à leur vitesse avec l’espérience des autres et vers leur direction.

    C’est la meilleure façon de défendre les exceptions culturelles.

    • ZAD
      ZAD
      • Posté à 16h49 le 22/10/2007
      • Internaute 19443

      Bonjour CA de 13h19
      (à quand l’obligation de s’inscrire pour éviter les CA de tel heure ou tel heure car cela devient ridicule....)

      Je suis d’accord avec vous, cet article montre que les chinois n’ont pas la même conception de l’alternance politique que nous, puisque chez eux il n’y en a pas, tout simplement. C’est toujours le même parti (ou plutôt mafia) qui est au pouvoir.

      Comme le souligne l’article il n’y a aucun pays au monde ou la désignation de ses dirigeants est plus obscure. Je pense simplement qu’1 milliards 400 millions de personnes ont peut-être le droit de choisir leurs dirigeants. Qu’il faudrait leur donner la possibilité d’avoir un droit de regard sur leur avenir et celui de leur pays, non ?

      Imaginez que lors des prochaines élections et bien qu’on ne puisse pas voter, tout simplement, et que Sarko (avec deux ou trois potes) choisisse lui même celui qui va lui succéder. Que feriez-vous ?

      Comme je l’ai déjà dis dans un précédent article, je crois en l’exception chinoise, et je souhaite que celle-ci puisse un jour être mise en avant. Mais je ne crois pas en l’exception communiste qui n’en a d’ailleurs plus que le nom.
      Pour avoir écrit ces mots, en chine je risque la prison voir plus, trouvez-vous cela normal d’un parti qui se dit du peuple ?

      • Anonyme répond à ZAD

        de kano lee
        1 la mafia est uniquement sicilienne
        2 1400000000 de personnes ont choisie il ne serai pas juste de choisir pour eux comme on l a fait en irak
        3 l election de sarko a effectivement été décider par qqe amis liberation rothscild,tf1 bouygues,figaro dassault,le monde europe1 lagardere tous grands financiers et marchands de canons qui ont besoin de lui et son guignol kouch pour une bonne guerre en iran
        4 pire l exception capitaliste
        5 pour avoir ecrit ca tu passe pour un ignorant

         
        • Pierre Haski
          Pierre Haski
          Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
          • Posté à 22h37 le 22/10/2007
            éditeur
          • Journaliste 9
            Cofondateur

          1400000000 de personne ont choisi ? Ah bon, j’ai dû rater un épisode. Quand ? Comment ? Ils ont tellement choisi que des amis chinois m’ont demandé « qui c’est ce Xi Jinping qui sera peut-être notre prochain président ? »...

          • romeotan
            romeotan répond à Pierre Haski
            4 juin 1989 : je n'oublie pas.
            • Posté à 23h57 le 22/10/2007
            • Internaute 17545
              4 juin 1989 : je n'oublie pas.

            Vous pourrez leur dire qu’il est le mari d’une grande chanteuse chinoise, que son père était une des étoiles de mao, et qu’au niveau corruption on n’entend pas trop parler de lui.. sinon peut-être que dans le Zhejiang on en sait plus sur lui.

          • Anonyme répond à Pierre Haski

            Si 1400000000 personnes ne peuvent choisir que pensez vous donc y faire ? ? ?
            Envoyer Kouchner ?

            Du calme avec vos visions si peu démocratiques que vous voulez en compter à ce pays continent et ses habitants et son histoire bien plus longue que la notre ? !

            Il est en général plus facile de se débarasser (en paroles) du pouvoir des autres et se contenter du notre ...
            Avons nous de quoi être fiers ?

          • Anonyme répond à Pierre Haski

            Si 1400000000 personnes ne peuvent choisir que pensez vous donc y faire ? ? ?
            Envoyer Kouchner ?

            Du calme avec vos visions si peu démocratiques que vous voulez en compter à ce pays continent et ses habitants et son histoire bien plus longue que la notre ? !

            Il est en général plus facile de se débarasser (en paroles) du pouvoir des autres et se contenter du notre ...
            Avons nous de quoi être fiers ?

        • Anonyme

          Deuis quand la mafia est seulement sicilienne ? Et les mafias russes, chinoises ou japonaises ? Et c’est juste les plus connues, on en a aussi en Corse ou sur la cote d’azur.

          • ZAD
            ZAD
            • Posté à 15h25 le 23/10/2007
            • Internaute 19443

            Bonjour et merci à tout le monde pour avoir répondu a ma place. On ne sera jamais trop pour combattre l’ignorance...

            « L’intelligence artificielle n’a aucune chance face à la stupidité naturelle. » A méditer.

        • Anonyme

          1) La mafia est internationale
          2) 1 313 973 713 en 2006 pour être plus exact. Je ne pense pas que le peuple Chinois puisse choisir quoique ce soit démocratiquement vu qu’il n’a aucune possibilité d’avoir une opposition
          3) Même si Sarkozy a les amis cités ci dessus, son élection n’as pas été décidée par eux mais bien par le peuple Français.

          5) Il est plus facile de voir la paille dans l’oeil de son voisin que la poutre dans le sien

        7 autres commentaires
  • Anonyme

    Hum très interessant.
    Que dire de plus. Un pays de 1 millairds d’habitants dirigé par 9 personnes...

    • Anonyme

      1 milliard ET 400 millions.

      Non la Chine n’est pas à notre échelle.

      • Anonyme

        Ca ne veut strictement rien dire. D’ailleurs la différence n’est pas si grande que ça : on est 64 millions pour 1 dirigeant. Serions nous 2,4 fois plus démocratique qu’eux ? Ou bien doit-on aussi tenir compte de la taille des dirigeants ?

         
        • Anonyme

          Il s’agit là de neuf personnes dont ni vous ni moi ne savons pourquoi et comment elles sont là à diriger le destin de 1,4 milliard d’êtres humains.

          Et puis c’est pour souligner que plus on est de fous, et moins on a de riz.
          (c’est naze, je sais et je sors, désolé...)

        1 autres commentaires
    • Anonyme

      Si la Chine est réellement dirigée par 9 personnes, c’est toujours mieux que d’autres pays qui ne sont dirigés que par une seule personne !

      Exemples au hasard : le Maroc, la Tunisie, la France, la Russie, les Etat-Unis, le Turkmenistan, le Zimbabwé.. !

  • Anonyme

    Cet article de P Haski est le plus détaillé publié sur la question à ce jour.

    Poutant, il est assez sommaire mis à part le lien avec le henan lieu du scandale du sang contaminé en chine.

    C’est dire à quel point on ne comprend pas du tout comment fonctionne réellement l’appareil d’état chinois.

    Mais au moins on a appris que la démocratie n’est pas d’actualité en Chine.

  • Anonyme

    tres bon papier. on te croirait encore sur place.

  • Anonyme

    Pourquoi ont-ils tous une cravatte rouge sauf un ?
    Serait-ce la politique d’ouverture chinoise ?

    • Anonyme

      trés important en chine : la cravate doit être assortie au caleçon..
      rr

  • Anonyme

    Ne pouvant intervenir sur d’autre articles concernant la Chine (commentaires fermés), je me permets de le faire ici.
    Concernant le tableau de Yue et les questions sur les rires/sourires. Il est à rappeler qu’en Chine, et en Asie en général, le rire est aussi une réaction face à la gêne.
    Pour la question des milliardaires, de l’argent de la Chine, de la qualité de vie partagée ou non. Aucune apologie du système chinois ici mais force est de constater que malgrè les écarts (quel pays n’en a pas)de richesse, la Chine a avancé en bien. Moins de pauvres qu’avant, c’est une réalité. Certains parlaient de « rêve occidental ». Oui et non car ici en Chine, montrer qu’on a de l’argent n’est pas nouveau et l’intéret pour ce dernier non plus. Certains étudiants apprenant le français passent par l’étape du « mais » et « en plus », par exemple : « cet appartement et grand mais il est cher » ou « cet appartement est grand et en plus il n’est pas cher ». Il n’est alors pas rare de voir des étudiants faire ce genre de phrase : « cet appartement est grand et en plus il est cher ». Et oui ! Une phrase chinoise dit « ce qui est cher est bien ». Il est de bon ton de montrer, de dire combien on a dépensé pour tel achat. De même, il est aussi de bon ton de ne pas enlever le prix sur un cadeau d’anniversaire.
    Encore une fois, loin de moi la défense du système ou du parti mais je suis un peu las de lire « ah oui mais les écart de richesse ». S’il y avait autant de misère qu’auparavant on pourrait lire partout que cette misère est un drame mais si le pays s’enrichit et donc sa population, on lit ces histoires d’écarts. Le fait est qu’il y a moins de pauvres qu’avant. Tout n’est pas rose en Chine, oui et alors ? Citez donc un pays ou tout va bien, ou tout un chacun gagne un minimum vital.

    • Melta Mulgon
      Melta Mulgon
      grouillot dans le grand capital
      • Posté à 15h59 le 22/10/2007
      • Internaute 14437
        grouillot dans le grand capital

      J’ai vu la remise des prix dans l’autobus a Beijing. Les pékinois autour de moi étaient plus intéressé par les pub que par cette annonce : pendant ce temps, le biz continu... Ils étaient plus surpris en voyant un étranger s’intéresse a ça et poser des questions.

      Plutôt que la cravate, c’est le manque de femme qui m’a le plus surpris.

      Quand a : « il est aussi de bon ton de ne pas enlever le prix sur un cadeau d’anniversaire ».
      Mes amis chinois me disent : « seulement si le cadeau est cher » ; -)

      LaBiz
      MM
      Lien

    • Anonyme

      Dix-neuf personnes bloquées dans des mines inondées en Chine
      le 28/10/2007 à 19h15 par AFP

      Au moins 19 personnes étaient portées disparues après l’inondation de deux mines dans des régions distinctes, à l’est et au nord de la Chine, ont rapporté dimanche les médias chinois.

      Au moins dix mineurs étaient bloqués par une inondation dans une petite mine de la province de Jiangxi, dans l’est du pays, dimanche matin, a rapporté l’agence Chine nouvelle.

      Les responsables locaux tentent de vérifier le nombre des disparus. Un nombre plus important de mineurs pourraient être restés bloqués dans le puits, a indiqué l’agence citant des responsables.

      Dans la province de Shaanxi, dans le nord de la Chine, les secours essayaient de localiser neuf mineurs portés disparus depuis l’inondation de la mine vendredi, a rapporté encore Chine nouvelle.

      Alors que l’espoir demeure de les retrouver vivants, les employés de la mine privée Yaotou tentaient de pomper l’eau hors du puits pour dégager leurs collègues.

      Les mines chinoises sont parmi les plus dangereuses du monde et ignorent souvent les règles de sécurité pour mieux répondre à la demande de charbon en forte progression.

      Plus de 4.700 mineurs sont morts l’an dernier en Chine, selon les statistiques officielles. Mais des organisations de travailleurs indépendantes affirment que beaucoup d’accidents ne sont pas rendus publics et estiment le nombre de décès à près de 20.000 par an.

      L’Argentine après la crise de 2003 connait depuis une croissance impressionante en toute démocratie.

    • Anonyme

      Dix-neuf personnes bloquées dans des mines inondées en Chine
      le 28/10/2007 à 19h15 par AFP

      Au moins 19 personnes étaient portées disparues après l’inondation de deux mines dans des régions distinctes, à l’est et au nord de la Chine, ont rapporté dimanche les médias chinois.

      Au moins dix mineurs étaient bloqués par une inondation dans une petite mine de la province de Jiangxi, dans l’est du pays, dimanche matin, a rapporté l’agence Chine nouvelle.

      Les responsables locaux tentent de vérifier le nombre des disparus. Un nombre plus important de mineurs pourraient être restés bloqués dans le puits, a indiqué l’agence citant des responsables.

      Dans la province de Shaanxi, dans le nord de la Chine, les secours essayaient de localiser neuf mineurs portés disparus depuis l’inondation de la mine vendredi, a rapporté encore Chine nouvelle.

      Alors que l’espoir demeure de les retrouver vivants, les employés de la mine privée Yaotou tentaient de pomper l’eau hors du puits pour dégager leurs collègues.

      Les mines chinoises sont parmi les plus dangereuses du monde et ignorent souvent les règles de sécurité pour mieux répondre à la demande de charbon en forte progression.

      Plus de 4.700 mineurs sont morts l’an dernier en Chine, selon les statistiques officielles. Mais des organisations de travailleurs indépendantes affirment que beaucoup d’accidents ne sont pas rendus publics et estiment le nombre de décès à près de 20.000 par an.

  • Anonyme

    Les cravates ? pourquoi rouges sauf une ? Parce qu’aucune obligation de ce côté là. C’est la Chine mais faut pas abuser quand même sur la question des libertés ou non. :)

  • Anonyme

    La femme du camarade chinois a du déteindre par inadvertance la cravate de son mari ! Ah la contrefaçon d’ariel, ça laisse des traces !

  • Anonyme

    Article intéressant mais comme très souvent dans les journaux ou sur le net, la photo qui accompagne l’article n’est pas commentée. Or celle-ci est une composition extraordinaire et peut sûrement donner lieu à des interprétations très détaillées pour les spécialistes de la Chine (dont je ne suis pas).
    L’arrière plan figure des montagnes au-dessus des nuages avec la muraille de Chine qui y serpente. Au premier plan, les photographes mitraillent ces 9 hommes cravatés prisonniers entre un parterre de fleurs violettes et jaunes et ces fausses montagnes.
    Ma question au journaliste est la suivante : qui est le personnage à la gauche de Hu Jiantao, qui croise les mains et qui a une cravate bleue alors que les autres ont le doigt sur la couture du pantalon et une cravate rouge ?

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 17h46 le 22/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Merci de cet excellent commentaire, le décor est en effet incroyable (j’étais présent lors de la présentation du précédent bureau politique il y a quatre ans, et c’est époustouflant, cette muraille qui écrase tout).
      L’homme à la cravate bleue, ce dangereux déviationniste, est Wen Jiabao, le premier ministre. Là aussi, on pourrait spéculer à l’infini sur cette manière de marquer « sa » différence. Mais peut-être n’a-t-il simplement pas reçu la directive du Secrétaire général sur le code vestimentaire du jour...

  • china hao shanghai ok
    • Posté à 18h28 le 22/10/2007
    • Internaute 20136

    bonsoir,
    je suis aussi tres impressionne par les fleurs...
    mais il me semble que wen jiao bao est le 4e a partir de la gauche...le deviationniste...pourrait etre wu bang guo...mais a verifier.

  • asozial
    asozial
    Bobo Hipster from Gentrified (...)
    • Posté à 19h01 le 22/10/2007
    • Internaute 2273
      Bobo Hipster from Gentrified (...)

    merci de nous apporter ce genre d’informations

    • Anonyme répond à asozial

      OUI merci c’est trés important...vraiment
      rr

  • romeotan
    romeotan
    4 juin 1989 : je n'oublie pas.
    • Posté à 19h48 le 22/10/2007
    • Internaute 17545
      4 juin 1989 : je n'oublie pas.

    Tout dabord merci pour cet article. Mais j’ai beau relire j’aimerai avoir quelques précisions. Vous écrivez :
    « c’est-à-dire poursuite d’un capitalisme économique débridé qui ne dit pas son nom, accompagné d’une tentative de rétablir l’équilibre social mis à mal par ces deux décennies d’enrichissement à marche forcée, »

    Qu’est-ce qui vous amène à parler ici d’une poursuite du capitalisme débridé, qu’ont-ils annoncé précisement pour en conclure cela ?

    De même, qu’est-ce qui vous amène à parler de rétablir un « équilibre social », que disent-ils faire pour cela ?

    Merci pour votre réponse

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à romeotan
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 22h46 le 22/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Ils ont tout simplement reconduit la politique suivie ces dernières années par le tandem Hu-Wen, basée sur ce capitalisme à la chinoise, et une tentative de rééquilibrage social (notamment au profit des paysans, les grands oubliés de la transformation économique. Ces dernières années, l’impôt paysan a ainsi été supprimé, et certains frais scolaires annulés).

      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à Pierre Haski
        43
        • Posté à 04h00 le 23/10/2007
        • Internaute 4591
          43

        Merci pour ce trés bon reportage qui éclaire enfin ma lanterne.
        En effet sur la Chine, dans les journaux, il y avait tout et son contraire, alors que cet article nous donne simplement les informations que nous attendions avec impatience.

  • Anonyme

    cet alignement de costumes-cravates identiques.

    On dirait un vrai parti communiste comme à la « bonne » époque

    Lien

  • ZYXXYO
    ZYXXYO
    Ingénieur Informaticien
    • Posté à 21h58 le 22/10/2007
    • Internaute 13909
      Ingénieur Informaticien

    L’article est intéressant et à la mérite de parler d’hommes que l’ont connait très peu en France, qui ont la responsabilité de diriger un pays qui est plus qu’un pays, un sous continent et le quart de l’humanité.

    Cependant j’aurai espéré que l’article parle également des décisions prises au cours de ce congré, le peu que que je sais est qu’ils ont mis au premier rang l’éducation et le développement des sciences et la dimunition des inégalités.
    Ceci est remarquable et est à mon sens une excellente politique, en France la science et l’éducation sont relégués à des rôles mineurs (cf. rôle du CNRS, moyens des universités, etc...).

    Enfin il serait intéressant de parler des 70 millions de membres (et oui) du parti communiste chinois, quel est leur influence dans le vote de ces 9 dirigeants ?

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à ZYXXYO
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 22h44 le 22/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Je ne me suis pas attardé sur les décisions car c’est vraiment la poursuite des choix du congrès précédent, c’est-à-dire tenter un relatif rééquilibrage social pour empêcher que la corde casse, sans pour autant mettre en péril la machine économique lancée à 10%.
      S’agissant des 70 millions de membres du PCC, ne vous faites pas d’illusions, ils ne jouent aucun rôle dans ces choix de personnes. Ce sont des manoeuvres d’appareil. Je me souviens d’avoir demandé un jour à une charmante membre du parti, journaliste, si elle avait le sentiment de prendre part aux grandes décisions du pays en étant membre du parti. Sa réponse, avec un large sourire : « ah, je n’avais jamais pensé à ça »...

  • Anonyme

    Plutôt que la présence des cravates, mieux aurait été de noter l’absence de femmes !

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 22h39 le 22/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      c’est noté dans le premier paragraphe de l’article (« la moitié du ciel », expression chinoise désignant les femmes), et dans le départ de la seule femme de l’ancien bureau politique, Wu Yi.

  • Anonyme

    Pour rappel inutile, la mafia est autant sicilienne que calabraise, napolitaine ou romaine. En France, elle est paraît il principalement grenobloise. Pour ce qui est d’un pays où tout un chacun gagne le minimum vital, la Norvège était en 2005 première au classement de l’Indice de Développement Humain (France, 12ème). Il ya certainement des mafieux qui soudoient les mendiants en Norvège, mais votent ils ?

  • Servais-Jean
    • Posté à 03h48 le 23/10/2007
    • Internaute 4591
      43

    Il semble que suite à la place Tienanmen les dirigeants chinois, ayant compris leurs erreurs, ont effectué un virage vers (comme ils le disent eux-mêmes) un socialisme à la chinoise.

    En effet ils laissent les « élites » s’enrichir,ils laissent les débrouillards faire des affaires... Bien sûr ils ne tolèrent pas d’opposition mais ils commencent à aider le peuple en favorisant l’accés à l’école, aux soins médicaux, à l’aide alimentaire....

    Tel que je comprends leur évolution,ils semblent s’acheminer effectivement vers un socialisme qui n’a plus rien à voir avec le communisme qu’on a connu.

    La démocratie n’est certainement pas pour tout de suite et en plus organiser des élections avec 1400 millions de personnes !

    Mais ils y arriveront, ils n’ont pas d’autres solutions connues. A moins qu’ils en inventent une, ils sont capables de tout ces chinois.

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      Peut être un systeme qui centralise tout..avec 9 personnes qui le dirige, et leur pottes dans les provinces, et les autres qui ferment leurs gueules..Ils sont capables de tout ces chinois.
      rr

  • Anonyme

    Le personnage à gauche est bien l’actuel premier ministre, reconduit, Wen Jiabao.
    Le cadeau « seulement s’il est cher » oui mais il est aussi de bon ton qu’il soit cher :).
    Pour l’absence de femmes, il n’y en a pas dans le bureau des 9 mais à d’autres postes. La place des femmes en Chine n’est pas pire qu’en France. D’ailleurs bien bien moins de « salaire pour femmes » à poste équivalent, par exemple, en Chine.
    Jean Servais, on écrit Tian An Men (tian 天 ciel ; an 安paisible, calme ; men 门 porte).
    RR, vous avez l’air de sacrément bien connaître la Chine dites-moi ?

  • Anonyme

    je m’interroge sur la maniere dont les citoyens chinois percoivent vraiment le congres. matraquage mediatique intense mais en definitive, ce que me frappe dans les ’reflexions’ en local - a defaut de commentaires/analyses - c’est l’incertitude qui plane encore dans l’opinion publique sur les veritables objectifs de tao ge.
    question a pierre haski sur le suppose caractere ’gauchiste’ de hu.

  • china hao shanghai ok
    • Posté à 16h46 le 23/10/2007
    • Internaute 20136

    je ’confirme’ - la cravate, c’est bien wu bang guo.

  • Anonyme

    Moi qui m’intéresse à la Chine et à son actualité,il y a une question que je me pose depuis un certain temps : quelle proportion de mes contemporains s’y intéresse également. Le site de Rue 89 répond en partie à ma question. Il suffit de voir le nombre de connections que suscite chaque article. Au moment où j’écris, par exemple, je peux voir que les démélés du PS à Clermont Ferrant intéressent presque deux fois plus de lecteurs (pour un article mis en ligne un peu après) et que les affaires conjugales du Pinocchio élyséen en intéresse quatre fois plus (pour un article certes mis en ligne un peu avant). Quant à ceux qui ont lu cet article, une partie des intervenants nous livrent de savantes réflexions sur les cravates. J’en viens à regretter les débats passionnés (quoique pas toujours passionnants) qui avaient cours sur le blog Chine de Libération.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 23h28 le 23/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Merci pour cette bouffée de nostalgie pour le bon vieux blog de Libé. Mais pour être franc je ne regrette pas trop les joutes avec mes détracteurs de l’époque. Mais comme vous, je regrette que les sujets de politique internationale qui ne concernent pas directement la France (genre Kouchner et l’Iran...) ne suscitent pas le même engouement débattogène que certaines affaires bien franco-françaises. Et en particulier s’agissant de la Chine, il est évident que la nature des hommes qui dirigeront ce pays dans l’avenir nous concerne aussi. Merci de nous soutenir dans ce noble combat pour intéresser les Français aux affaires chinoises !

      • Anonyme répond à Pierre Haski

        Je suis allée pour la première fois en Chine cette année, et pour la première fois avec un groupe.
        Ayant une bonne connaissance de son histoire, avec un ou eux participants, nous nous sommes échappés régulièrement des visites, pour prendre contact avec les gens.
        A préciser, que nous avons circuité du sud au nord en passant par l’arrière pays ( montagnes notamment), et le Chine est composée de provinces autonomes, si sous le drapeau chinois.
        Nous avons été extrêmement bien accueillis par tous, que ce soit les citadins ou les campagnards qui ont pourtant une vie bien différente.
        Tous ont le même désir de progrès, non pas pour devenir milliardaires, mais pour un mieux vivre, ils le précisent bien.
        Plusieurs fois entendus : « Nous ne sommes plus communistes, mais socialistes en réalité. »
        Il faut le traduire avec le mode pensée chinoise, évidemment parfois difficile à capter pour des occidentaux, qui oublient qu’ils sont héritiers d’une civilisation qui a quelques siècles de plus que les nôtres.

        L’impression générale que nous avons tiré, est qu’ils sont bien plus avancés dans le progrès qu’ils adaptent à leur pays, qu’on ne le soupçonne, que leur acceptation du prix à payer parfois, est dans la lignée du futur à atteindre pour l’ensemble des populations.

        Nous n’avons pas fini d’être surpris par ce pays.
        Il faudra néanmoins, faire l’effort de nous « délocaliser » les méninges.... pour suivre.

        ps : j’ignore comment on fait pour prendre un pseudo sur ce site. ;)

    • Anonyme

      Le commentaire sur la cravate était évidemment une boutade ! Ce n’est en aucun cas un signe de mépris pour la chine.

      J’aurais pu faire la même sur une affiche du gouvernement suisse s’il y avait eu un seul membre en costume noir et tous les autres en blanc. Alors que j’aurais long à dire sur leur dernières élections...

      Je ne voulais pas altérer la qualité des débats sur ce blog !

      En conclusion : J’aurais du laisser le prix sur la blague car elle va me couter cher !

      Oups je récidive...

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