27/06/2011 à 17h04

Dix romans chinois pour cet été, la sélection !

Bertrand Mialaret | Mychinesebooks.com

Comme l’an dernier à pareille époque, voici un choix de dix romans chinois pour l’été. Les lecteurs ont apprécié les critères de sélection : il doit s’agir de livres de poche, récents et faciles à trouver en librairie, d’auteurs et d’ouvrages mentionnés sur Rue89.

Nous nous sommes limités à deux romans « épais », ceux qui font fuir certains lecteurs qui pourtant devraient, à notre avis, tenter l’aventure...

Des romans policiers, de Shanghai en Mandchourie


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    Qiu Xiaolong, « Les courants fourbes du lac Tai » (Points, avril 2011, 310 pages, 7 euros). Notre auteur de polars préféré publie son dernier ouvrage en livre de poche.

Un polar « écologique » auquel on peut préférer du même auteur « La danseuse de Mao » (Points, avril 2009, 310 pages, 7 euros) et surtout, plus ancien, « Mort d’une héroïne rouge ».

  • He Jiahong, « Crimes de sang » (L’aube poche, avril 2011, 540 pages, 13 euros). L’auteur, un personnage fort intéressant, est professeur de droit à Pékin et l’auteur de cinq romans policiers. Une intrigue policière bien menée en Mandchourie et qui vient d’être rééditée en livre de poche

Pour ceux qui n’en ont pas lu mais qui ont aimé les adaptations cinématographiques, il faut sans tarder découvrir les romans d’art martiaux « wuxia », la version chinoise des romans de cape et d’épée.

  • Wang Dulu, « Tigres et Dragons » (J’ai Lu, mai 2009, 540 pages, 8 euros). Deux volumes de l’écrivain sont publiés en poche.

« La littérature n’est pas faite pour les timorés »


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C’est ce que nous a dit il y a quelques mois à Paris, Yiyun Li, une romancière sino-américaine, dont le premier roman sur la vie d’une petite ville pendant la Révolution Culturelle, vient d’être édité en poche. « Un beau jour de printemps » (10-18, 440 pages, 8,90 euros).

Pour les âmes romantiques, trois romans d’amour d’une grande romancière de Shanghai, publiés très récemment en poche chez Philippe Picquier. Des textes courts, faciles à lire : « Amour dans une petite ville », « Amour dans une vallée enchantée », « Amour sur une colline dénudée ».

  • Mais on peut préférer le chef d’œuvre de Wang Anyi « Le chant des regrets éternels » (P. Picquier, 780 pages, 12 euros).
  • Une longue nouvelle, un texte magnifique de Bi Feiyu, « L’Opéra de la lune » sur la vieillesse d’une actrice (mai 2009, 12 pages, 6 euros).
  • Eileen Chang, une romancière de grand talent que la jeunesse chinoise redécouvre avec passion. L’une des nouvelles du recueil a inspiré le film célèbre de Ang Lee « Lust caution : amour, luxure et trahison » (10-18, octobre 2009, 175 pages, 7,40 euros).

Le poids de l’histoire, en évitant les tares des romans « historiques »


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    Chi Li, « Préméditation » (Actes Sud, janvier 2011, 140 pages, 7 euros). Cette romancière de Wuhan n’a écrit qu’un roman où une famille de paysans traverse les soixante dernières années de l’histoire de la Chine, mais c’est le propriétaire terrien qui est le personnage principal et héros positif.

  • Alison Wong, « Les amants papillon » (Points, février 2011, 350 pages, 7 euros). On nous décrit ici les conflits et les amours entre immigrants chinois et « kiwis » dans la Nouvelle-Zélande du début du vingtième siècle

Enfin deux grands romans dont on a beaucoup parlé, qu’on ne peut plus lâcher dès qu’on les a ouverts et qui sont placés très haut sur la liste de nos livres préférés :

Les traducteurs nous pardonneront de ne pas les avoir cités, mais la qualité de ces ouvrages leur doit infiniment.
Si l’un de vos auteurs favoris n’a pas été mentionné, faites-nous le savoir, surtout s’il correspond aux critères de sélection que nous avons mis en avant.


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  • 9 réactions
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  • Cosmographe
    Cosmographe
    Atomiste
    • Posté à 17h36 le 27/06/2011
    • Internaute 144335
      Atomiste

    Je me permets d’ajouter à cette liste :
    • « Jin Ping Mei » : Le grand classique de la littérature érotique chinoise (dans La Pléiade - 2 volumes ! - mais existe aussi en poche - Folio, je crois) ;
    • « Au bord de l’eau » : un roman picaresque chinois du XIVe (dans La Pléiade – 2 volumes aussi !) ;
    • « Le supplice du santal » de Mo Yan : le chapitre consacré au dépeçage d’un condamné vivant (et qui doit le rester plusieurs jours) en 500 « pièces » me hante encore…
    • …
    • Et aussi, et ce n’est pas pour fayoter, mais le bouquin de P. Haski (certes, il n’est pas chinois, encore que ses yeux légèrement bridés…) « Chine, les damnés du sida » (bien que datant un peu – 2005, je crois) est très intéressant et bien documenté (de rien M. Haski, vous ne me devez rien, c’est sincère : -)

  • eurasien
    eurasien
    franco-taiwanais
    • Posté à 22h30 le 27/06/2011
    • Internaute 10685
      franco-taiwanais

    Je n’ai pour l’instant lu que deux romans chinois (les taiwanais ne comptent pas, n’est-ce pas ?) et j’ai beaucoup apprécié :
    Le secret de Big Papa Wu, de Diane Wei Liang (10-18), très bon polar qui se passe à Pékin
    Cité de la Poussière Rouge, de Xiaolong Qiu (Liana Levi), celui-ci n’est pas un polar, mais raconte les histoires croisées des habitants d’un ensemble de maisons traditionnelles de Shanghai sur une quarantaine d’années

    Et puis un livre qui n’est pas un roman qui mérite absolument d’être lu, même s’il est dur à lire, car souvent bouleversant :
    Chinoises, de Xinran (Picquier poche) qui présente les histoires de 12 Chinoises

    • Bertrand Mialaret
      Bertrand Mialaret répond à eurasien
      Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
      • Posté à 10h20 le 28/06/2011
      • Internaute 16700
        Mychinesebooks.com

      Ces livres, excellents, ont été cités dans les chroniques des années précédentes.
      C’est vrai que j’ai fait une place très très maigre à l’excellente littérature de Taiwan, c’est surtout du à l’actualité des publications. D’autant qu’on a la chance d’avoir une excellente collection de Lettres Taiwanaises chez Actes Sud dirigée par Isabelle Rabut et Angel Pino ; de même aux Etats Unis une bonne collection de l’université de Columbia.
      Il est intéressant de voir l’attitude ambigüe des officiels chinois du secteur littéraire sur le sujet. Par exemple au musée de la littérature de Pèkin, on vous explique bien sur que Taiwan est une province de la Chine mais les lettres de Taiwan sont (étaient ?).confinées presque honteusement dans un tout petit coin !

  • Arthur-J
    Arthur-J
    Déserteur
    • Posté à 00h56 le 28/06/2011
    • Internaute 116150
      Déserteur

    Et « les survivants » de Wuhe, parus dans la collection lettres taiwanaises chez Acte sud. L’histoire d’un voyage initiatique sur fond de révolte aborigène sous la colonisation japonaise.
    Mais c’est vrai que Taiwan n’est pas la Chine... A quand la création d’une page taiwantown

    • eurasien
      eurasien répond à Arthur-J
      franco-taiwanais
      • Posté à 09h39 le 28/06/2011
      • Internaute 10685
        franco-taiwanais

      Je crois que Chinatown peut englober Taiwan sans problème sauf pour les indépendantistes purs et durs.
      J’en profite pour digresser sur le sujet de Taiwan à l’époque colonial et les révoltes aborigènes pour signaler la sortie prochaine du film Seediq Bale : Lien, sortie en septembre à Taiwan et peu après, j’espère, en France.

      • Arthur-J
        Arthur-J répond à eurasien
        Déserteur
        • Posté à 13h13 le 28/06/2011
        • Internaute 116150
          Déserteur

        Cela m’etonnerait fort, malheureusement que ce film sorte en France. Comme on attend toujours la sortie de « Formosa Betrayed » film traitant du massacre du 28 février 47 à Taiwan opéré par les troupes du KMT, pourtant distribué depuis plus d’un an aux Etats Unis. Taiwan, son actualité et son histoire, ainsi que tout ce qui se rapporte d’ailleurs à cette île (hormis son cinéma d’auteur) n’interesse personne ici. La plupart des journalistes (P Haski en étant une notable exception) ignorent tout de ce qui s’y passe et en restent aux clichés véhiculés au moment de la guerre froide. Alors raconter aux français une histoire d’aborigènes en révolte contre l’occupant japonais, vous n’y pensez pas. Beaucoup confondent Taiwan et la Thailande, ignorent encore plus qu’il y ait une population autochtone et que l’île ait été occupée par les japonais pendant plusieurs décennies !

  • Anonyme

    Bon eh bien j’ai craqué sur celui-ci...

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    ...j’espère ne pas être déçu : -).

    Merci à Bertrand Mialaret dont je suis avec grand plaisir les articles depuis celui sur le travail graphique de Gao-Xingjian :

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