18/06/2010 à 10h44

Grèves et salaires en hausse : le « Made in China » à un tournant

Harold Thibault | Aujourd'hui la Chine


Des ouvrières dans une usine Foxconn, le 26 mai (Bobby Yip/Reuters).


(De Pékin) Chez Honda, Foxconn ou Toyota, une nouvelle génération de travailleurs migrants demande une vie meilleure. Un mouvement de fond et une remise en cause du miracle économique chinois qui mettent gouvernement central et intérêts locaux au pied du mur.

La visite était symbolique : le premier ministre chinois, en chemise à manches courtes, aux côtés d’ouvriers sur le chantier de construction d’une nouvelle ligne de métro à Pékin, alors que le pays est en vacances.

Après des grèves dans plusieurs usines fabriquant des pièces pour Honda et une vague de suicides dans les dortoirs d’un complexe de plusieurs centaines de milliers d’ouvriers de Foxconn, fournisseur des géants mondiaux de l’électronique, l’Etat-parti chinois se montre soucieux de la condition des travailleurs migrants.

Les responsables gouvernementaux et la société toute entière doivent « traiter les jeunes travailleurs migrants comme leurs propres enfants », a déclaré le 14 juin Wen Jiabao, qui s’est également laissé photographier dans un orphelinat :

« Il faut respecter la contribution des travailleurs migrants à l’enrichissement du pays et à la construction de gratte-ciel dans nos villes ».

Karaoké, sport et lecture pour les travailleurs migrants

Le Premier ministre a appelé son gouvernement à alléger le fardeau des « mingongs », partis de leurs régions rurales pour travailler dans les usines ou sur les chantiers de l’atelier du monde : mariage, logement, prise en charge des enfants, adaptation aux grandes villes.

Wen Jiabao propose que l’administration, au niveau local, et les entreprises, qui emploient ces migrants, organisent pour eux des activités de divertissement, sport ou karaoké, pour qu’ils ne perdent pas le moral pendant leur temps libre et conseille aux ouvriers de lire pour ne pas s’ennuyer.

Le sort des petites mains qui font le « miracle économique chinois », un miracle qui pour elles ressemble aux « Temps modernes » de Chaplin, préoccupe les dirigeants du Parti communiste.

Les grèves et manifestations perturbent « l’harmonie », c’est à dire la stabilité, qui les obsède. Historiquement, les débrayages ont contribué à déstabiliser le pouvoir en place, qu’il s’agisse du « mouvement du 30 mai » contre l’impérialisme occidental en 1925 ou, plus concrètement pour le Parti, de la participation des ouvriers aux manifestations de Tiananmen.

Suite à plusieurs grèves dans les usines de la province du Guangdong ces dernières semaines, les dirigeants chinois sont face à un dilemme : épouser les revendications des travailleurs, et montrer ainsi que le Parti est du côté du petit peuple, au risque de s’aliéner le soutien d’entrepreneurs dont bon nombre ont réussi en s’appuyant sur une main d’oeuvre très bon marché et corvéable ; ou condamner ces mouvements sociaux, sur le fondement de la stabilité.


affiche anti-grève (DR)

(Affiche de la police chinoise en direction des ouvriers chinois, révélée par le site Danwei.org :

« Le prix de la lutte : 15 jours de détention + 500 RMB (55 euros) d’amende + 3 000 RMB (330 euros) de frais médicaux + des conséquences psychologiques.

La police vous rappelle respectueusement : avant de vous mettre en grève, pensez soigneusement au prix de la lutte - la police ».)

Le « Made in China » « à un tournant crucial »

Jeudi 17 juin, un éditorial du Quotidien du Peuple relève que le « Made in China » est à un tournant crucial. Tang Jun, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales, écrit dans le journal du parti communiste chinois :

« Augmenter le niveau des revenus de la strate ouvrière et ajuster le fossé entre riches et pauvres ne doit pas seulement être une réponse d’urgence afin de protéger la stabilité ; cela doit également être une transformation sociale pour s’adapter à la transformation du mode de développement économique ».

Au niveau local toutefois, la situation pourrait se révéler plus complexe, comme l’écrit Yu Jianrong, chercheur associé au China Media Project à Hong Kong :

« Pour se battre pour une vie digne, les travailleurs en Chine doivent recourir à toutes sortes de moyens afin de protéger leurs propres droits et intérêts légaux.

Aux yeux de nombre d’officiels locaux, ces actions de défense des droits sont des “incidents de masse” qui menacent la stabilité sociale.

Ils vont employer tous les moyens nécessaires pour empêcher ces actions de défense des droits et s’assurer du “maintien de la stabilité”.

Collusion entre patrons et cadres du Parti

D’autant que les cadres locaux n’ont pas toujours à l’esprit que le seul bien-être des travailleurs, malgré leur appartenance au Parti communiste.

Les migrants étant généralement issus de provinces éloignées des régions côtières qui les emploient, les officiels locaux n’ont que très peu de contacts avec eux, encore moins d’intérêt à les défendre, malgré le discours tenu à Pékin.

Ils sont au contraire dépendants des entrepreneurs locaux, qui s’acquittent des impôts locaux et participent ainsi au développement de la région. Certains sont personnellement impliqués dans le monde des affaires.

Dans ce contexte, et alors que les clients des fournisseurs chinois font pression pour réduire les coûts, améliorer les conditions de vie des ouvriers n’est pas la première des priorités. Or, si la première génération de travailleurs migrants faisait preuve d’une certaine résignation, ce n’est pas nécessairement le cas aujourd’hui.

Dans les années 90, écrit dans le magazine Caixin Andy Xie, ancien économiste en chef pour l’Asie de Morgan Stanley, les travailleurs chinois étaient plus dociles que nulle part ailleurs du fait d’une “capacité culturelle à ravaler son amertume” et d’obligations familiales.

Génération “baling hou”

Les grandes usines dortoir accueillent une nouvelle catégorie de travailleurs, issue de la génération dite “baling hou”, ou “années 80”, née dans la Chine d’après les réformes économiques. La première à être née à une période plus prospère, pour laquelle se nourrir n’est pas un souci.

Enfants uniques, ils ont été cajolés par leurs familles, qui elles-mêmes ont vu leur niveau de vie augmenter : l’éducation et les services de santé se sont améliorés, de même que la qualité des logements. Les contraintes découlant de la piété filiale perdurent mais se font moins pressantes. Ces travaillers songent aussi à leurs ambitions personnelles. Andy Xie ajoute :

“Les événements récents dans les usines de Foxconn et Honda sont des symboles de cette nouvelle Chine.

La main d’œuvre n’est plus aussi abondante et servile qu’avant, et la façon dont les gouvernements et entreprises gèrent ces situations montrent leur ignorance de cette nouvelle réalité.

Ils pensent toujours qu’il s’agit d’incidents isolés et que, par la pression et la corruption (par exemple par de petites augmentations de salaires pour chacun et en licenciant par la suite les leaders rebelles) ils peuvent ramener la situation à la normale.”

Repenser le modèle chinois

Les augmentations de salaire ne sont pas négligeables. Une usine de Honda à Zhongshan a proposé une hausse de 24% à ses employés après un débrayage. Foxconn a promis une augmentation de 66% du salaire de base dans son gigantesque complexe de Shenzhen.

Suite à un bref mouvement de grève, le management d’une usine travaillant pour Toyota à Tianjin a dû accepter de renégocier les salaires.

La chaîne de fast-food américaine KFC s’est quant à elle résolue à signer une convention collective par laquelle elle augmente le salaire mensuel de base de ses employés de Shenyang, dans le nord de la Chine, où il passera de 700 yuans (83 euros) à 900 yuans (106 euros).

A terme, il en faudra pourtant plus pour satisfaire cette nouvelle classe ouvrière. Les usines devront s’adapter, se rapprocher des grandes poches de population du centre du pays et offrir aux ouvriers la possibilité de se loger dans les villes avec leurs familles plutôt que dans des dortoirs inhumains. Les travailleurs exigeront un salaire décent sans devoir systématiquement faire des heures supplémentaires.

Le gouvernement devra s’interroger sur le modèle de développement qui a fait, en trois décennies, le miracle chinois. Au risque de diminuer la compétitivité du “Made in China”.

En partenariat avec Aujourd’hui la Chine


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  • Malavita
    Malavita
    Pfff...
    • Posté à 10h56 le 18/06/2010
    • Internaute 116342
      Pfff...

    Que les ouvriers chinois demandent une meilleure considération n’a rien de surprenant et c’est une évolution normale de la société.

    Mais je suis sure que les multinationales de la Triade ont une solution de repli à une éventuelle augmentation des coûts de production et à la possible instabilité de la Chine.

    Ouvriers indiens ou africains, cela risque d’être votre tour pour le meilleur ou le pire...

    • ShredBluZ
      ShredBluZ répond à Malavita
      Ingénieur Agronome
      • Posté à 11h04 le 18/06/2010
      • Internaute 50286
        Ingénieur Agronome

      Et ce jusqu’à ce que, à son tour, cette nouvelle main d’oeuvre quasi-gratuite se rebelle, ou que l’instabilité politique rende difficile la délocalisation ... on n’en est pas encore là, pour ma part je pense que cela continuera jusqu’à ce qu’on se mette à payer le prix réel du pétrole. C’est vieux comme le monde et c’est loin d’être fini.

    • boboland
      boboland répond à Malavita
      ex-o'placard
      • Posté à 11h57 le 19/06/2010
      • Internaute 104841
        ex-o'placard

      c’est court mais bien vu...
      Montrer du doigt la Chine et ses basses rémunérations est de l’enfumage pour se donner -en occident- bonne conscience..
      Il y a une vingtaine d’année, on parlait beaucoup des enfants pakistanais ou infiens ou africains qui avec leurs petits doigts fabriquaient pour quelques piéces des ballons de foot vendus par nos MARQUES leader ( Nike ou Adidas ou autre) ; ce fut un tollé contre ces marques de sport qui pour se la jouer clean ont délocalisé .......en Chine.
      Là bas ces MARQUES -socialement, humainement Korrectes- recherchaient en Chine des petits doigts et des petits salaires.
      Et là du coup, la méchante, l’exploiteuse ce n’étaient plus les MARQUES occidentales c’était la Chine. Un tour de passe passe.
      Et si maintenant les mini salaires chinois augmentent, que vont faire nos MARQUES ? elles vont aller se délocaliser encore plus loin, là où ça reste moins cher (vietnam, birmanie, coree de nord..)

      Historiquement ce n’est pas l’ émergente Chine qui est venue submerger nos marchés , c’est l’occident qui est parti là bas chercher les salaires les plus bas, les coûts de production les plus bas (pour un max de bénef’)

      • christobal0094
        christobal0094 répond à boboland
        citoyen du monde
        • Posté à 14h51 le 20/06/2010
        • Internaute 77671
          citoyen du monde

        Un excellent post.

        c’est exactement ce que je constate en Asie : competition sur le mieux disant salarial.

        de Taiwan 50.000 entreprises ont ete se faire fabriquer en Chine.

        le concept meme de tout le monde sera riche est une imposture de premiere classe :
        - les pauvres deviennent plus pauvres
        - les richesses se concentrent sur des groupes internationnaux
        - une escroquerie economique basee sur le modele liberal et competition
        - aucun souci de repartition

        Bah, comme en france.

      • Azza
        Azza répond à boboland
        Ingénieur en informatique (...)
        • Posté à 14h31 le 22/06/2010
        • Internaute 25467
          Ingénieur en informatique (...)

        Ce n’est jamais que la continuation du bon vieux systeme esclavagiste : aller faire produire a moins cher dans des zones ou les droits humains sont hors de portee des lois etablissant le droit commun.

        Entre le 16ieme et le 19ieme siecle, la production mondiale de sucre etait majoritairement assuree par une main d’oeuvre maintenue servile a Saint Domingue (devenue plus tard Haiti/Republique Dominicaine).

        Aujourd’hui, c’est le gouvernement chinois qui assure le boulot de garde chiourme....

        C’est plus ou moins toujours les memes qui encaissent le benef.

  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 10h58 le 18/06/2010
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    Quelques chiffres extraits d’une petite brochure à lire sur Infoquioskes.net : « INCIDENTS DE CLASSE EN CHINE
    Les travailleurs chinois contre le capital mondial au XXIe siècle »

    Texte issu du mouvement « conseilliste » mais en dehors du schéma idéologique des auteurs auquel on peut ne pas adhérer en partie ou en totalité c’est assez instructif !

    Accidents du travail :
    500000 en 2007, dont 98340 morts (soit 300 morts par jour).
    1616 accidents dans les mines de charbons, causant la mort de 2631 travailleurs (2009). En 2007, le taux de mortalité était de cinq mineurs par million de tonnes de charbons extraites dans les grandes mines, 9,1 dans les petites ; ce taux était de 0,5 en Inde.
    Dans les deux premiers mois de 2009, 500 dirigeants d’entreprises auraient été tués dans des conflits touchant des salaires impayés, réduits, ou lors d’un durcissement des conditions d’exploitation.
    Conflits du travail :
    En 2008, on en aurait compté dans tout le pays 237000, en augmentation de 98% par rapport à l’année précédente. De septembre 2008 à mars 2009, leur nombre s’élèverait à 546000 rien que dans les provinces centrales et du Sud-Est (Guangzhou, Fujian et Jiangsu), où ils auraient été multipliés par dix.
    En janvier 2008 on estimait que dans le Guangdong, éclatait chaque jour au moins une grève impliquant plus de 1000 travailleurs. »

    Un petit extrait pour éviter de faire du « verbeux » !

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 10h59 le 18/06/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Le NAIRU chinois en péril !

    Lien

  • Sakae Osugi
    Sakae Osugi
    abstentionniste réfractaire
    • Posté à 11h21 le 18/06/2010
    • Internaute 101522
      abstentionniste réfractaire

    T’inquiètes...ils vont rêgler ça à la manière Tien An Men de ce bon vieux Li peng....

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 11h21 le 18/06/2010
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Les millions de Mikongs (c’est le nom que leur donne les Chinois urbains) sont des paysans chinois qui viennent travailler dans les mines, sur les chantiers. Ils sont logés dans des bidonvilles à la périphérie des grandes villes. Ils sont payés au lance pierre et n’ont pas le droit de se syndiquer. Celui qui se manifeste est renvoyé dans sa campagne à grands coups de pieds aux fesses ou en prison où l’on torture allègrement et en toute impunité. C’est bien que les salarié(e)s chinois fassent grève mais c’est d’une révolution qu’ils ont besoin. En France aussi d’ailleurs car je crains que la manif du 24 juin ne suffise pas à faire reculer le gouvernement, à moins de mettre des sombreros... ! !

    Lien

    • CAUSTICUM
      CAUSTICUM répond à Phil2922
      désabusé de plus en plus ...
      • Posté à 11h58 le 18/06/2010
      • Internaute 29966
        désabusé de plus en plus ...

      Mikongs ou Mingongs ?

      • Arthur-J
        Arthur-J répond à CAUSTICUM
        Déserteur
        • Posté à 12h41 le 18/06/2010
        • Internaute 116150
          Déserteur

        Min gong : qui est la contraction de « nong min » qui veut dire paysan et de « gong ren » qui veut dire ouvrier. Donc littéralement « paysan ouvrier ».

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 11h29 le 18/06/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    l’emergence d’une classe moyenne avide de consommer « à l’occidentale » et l’existence d’un proletariat exploité, est ce bien cela la stabilité ?

    • alexandre32
      alexandre32 répond à jyeden
      clochard céleste
      • Posté à 11h36 le 18/06/2010
      • Internaute 100183
        clochard céleste

      Non non, la stabilité, c’est quelques nababs, entrepreneurs et investisseurs, vivants dans uns enclave paradisiaque, s’enrichissant du travail de millions d’esclaves, parqués dans des camps, abrutis par leur taches et à qui on a supprimé tout espoir.
      Malheureusement pour eux, l’homme rêve parfois, et espère toujours.

      • Goulidet-
        Goulidet- répond à alexandre32
        plutot molle
        • Posté à 17h49 le 18/06/2010
        • Internaute 112026
          plutot molle

        Vous devriez venir en chine pour voir. ca vous eviterait de dire des aneries pareilles.

         
        • Abdu
          Abdu répond à Goulidet-
          OSNI
          • Posté à 15h37 le 19/06/2010
          • Internaute 92397
            OSNI

          Ils ne parlent pas de la Chine, mais de la stabilité...

        1 autres commentaires
  • Albedo
    • Posté à 11h40 le 18/06/2010
    • Internaute 7121

    Ca diminuera leur compétitivité à l’export mais créera de la demande intérieure. Ce n’est donc pas nécessairement dramatique.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 11h58 le 18/06/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Grèves et salaires en hausse : le “ Made in China ” à un tournant »

    ► Font suer ces Chinois..
    ...et ma perceuse électrique à 6 euros pièce ?
    ...et les jouets pour mes gamins à 2 euros la voiture qui fait bip bip ?
    ...et mes tee shirt à 1 euro pièce ? ... ah non... ouf...., mes tee shirt, c’est made in Sri Lanka...

    Quoi que.. le Stri Lanka, j’sais pas où c’est, moi.. c’est pas en Chine au moins ?

    • CAUSTICUM
      CAUSTICUM répond à Pierrrrre
      désabusé de plus en plus ...
      • Posté à 12h06 le 18/06/2010
      • Internaute 29966
        désabusé de plus en plus ...

      Fini la consommation à des prix de misère ; va falloir demander une augmentation à votre employeur, sinon : jardinage, quelques poules (gallinacés je précise), pétanque et mots croisés

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h59 le 18/06/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Oui hé ben ne rêvons pas trop . D’ici à ce que tous les chinois réclament 6 semaines de vacances , les 35 heures, le repas de Noël amélioré à la cantine, le remboursement de la carte orange , le pont du 8 mai , l’été sur la cote , l’ hiver au ski et la retraite à 62 ans en 2008 en croisière Notre Temps karaoké cotillons , y a de la marge..

    L’économie française à le temps de s’écrouler dix fois et les agences de notations nous mettre un zéro pointé ZZZZZ avec bonnet d’âne à genoux au coin...

    Il va falloir trouver autre chose ..

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à Numerosix
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 13h11 le 18/06/2010
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      C’est là que la gauche occidentale n’a pas compris comment contrer les effets néfastes de la mondialisation => en aidant les ouvriers chinois à obtenir des conditions de travail et de rémunération acceptables ! !

  • San De-
    • Posté à 12h06 le 18/06/2010
    • Internaute 19339

    Ceux qui ont été augmenté seront licencier et leurs remplaçants travailleront comme avant... dans un Etat comme la rpc, il y a toujours chez les chefs une solution miracle pour veiller à la stabilité du système : l’usage de la force !

    • CAUSTICUM
      CAUSTICUM répond à San De-
      désabusé de plus en plus ...
      • Posté à 12h18 le 18/06/2010
      • Internaute 29966
        désabusé de plus en plus ...

      Ils seront mettre au chômage ! tant qu’à y être, vous auriez pu avoir écrire ainsi

      Désolé, mais c’est épidermique ; je ne supporte plus cette confusion désormais systématique et généralisée, entre le passé composé et l’infinitif.

      Sur le fond, vous avez sans doute raison, vu l’immense armée de main d’oeuvre disponible, mais la Chine a aussi besoin d’une classe moyenne éduquée, pour son développement ; donc tout n’est pas si simple.

      • San De-
        San De- répond à CAUSTICUM
        • Posté à 12h26 le 18/06/2010
        • Internaute 19339

        En théorie ça marche, mais en pratique l’équivalent de la « classe moyenne citadine » est d’une gabegie intellectuelle, culturelle et morale très... impressionnante ! Consumérisme parce que le parti le veux, mépris à l’égard des ruraux parce que le parti le veux, haine des étrangers quand le parti le veux, haine et mépris envers les minorités parce que le parti le veux... ce que le parti ne veux pas : l’envie de partir, fuir avant le naufrage...

        Toute l’économie chinoise est une imposture. Mich Moxley est-il une connaissance ?

         
        • -Candide-
          -Candide- répond à San De-
          Jardinateur
          • Posté à 15h27 le 18/06/2010
          • Internaute 40778
            Jardinateur

          Le parti comment déjà ?

          ah le parti communiste !

          • San De-
            San De- répond à -Candide-
            • Posté à 20h25 le 18/06/2010
            • Internaute 19339

            Oui, le communisme ce frère siamois du capitalisme

        2 autres commentaires
  • Inpou
    Inpou
    J'enfonce le clou
    • Posté à 12h43 le 18/06/2010
    • Internaute 92671
      J'enfonce le clou
  • Contestatairieux
    Contestatairieux
    (un de ces fameux travailleurs (...)
    • Posté à 12h45 le 18/06/2010
    • Internaute 37969
      (un de ces fameux travailleurs (...)

    De toute manière, un autre « made in “ remplacera le chinois... Ah moins que l’on ne relocalise, pour faire remonter la courbe de l’emploi ? ?

  • Arthur-J
    Arthur-J
    Déserteur
    • Posté à 12h57 le 18/06/2010
    • Internaute 116150
      Déserteur

    66% d’augmentation, ne rêvez pas, tout le monde chez Folconn ne l’aura pas, elle sera accordée à ceux qui auront passé avec succès un test de productivité sur 3 mois. Les indemnités suite à des suicides ou accidents sont supprimées. Les frais d’hébergement et de nourriture fournis par l’entreprise aux ouvriers qui sont obligés de vivre sur place vont augmenter (en quelle proportion ?). Il faudrait faire un bilan ultérieur pour parler réellement de tournant.
    Quant à passer de 700 à 900 yuan (pour combien d’heure de travail ?), si ça semble beaucoup ça reste quand même très relatif quand on connait le coût de la vie dans les métropoles chinoises.
    Et toutes ces augmentations dont on fait grand cas ne concernent jusqu’à présent que des grosses sociétés étrangères. Vous croyez qu’il en sera de même dans les usines chinoises de textiles ou d’autres biens manufacturés exportés dont les donneurs d’ordre occidentaux exigent des prix toujours plus bas ?

  • Jus06
    Jus06
    ETUDIANT
    • Posté à 13h37 le 18/06/2010
    • Internaute 92957
      ETUDIANT

    Bonne nouvelle , cela laisse espérer une détente de l’étreinte du pouvoir politique et du capitalisme ainsi qu’une amélioration des niveaux de vie en chine. ( c’est sur ça va prendre du temps )

    et si cela peut améliorer la qualité du made in china !

    • DAvid-0007
      DAvid-0007 répond à Jus06
      • Posté à 14h35 le 18/06/2010
      • Internaute 29764

      Ne vous inquietez pas pour la qualité du « made in china » ! il ne font que ce que vous voulez ! vous voulez des produits merdiques ? OK pas problèmes... vous les retrouvez dans les marchés et autres boutiques au tout à 2 euros ; vous voulez de la qualité ? OK pas problèmes... vous les retrouvez dans vos iphones et autres écrans TV grandes marques.
      N’oubliez pas qu’ils sont capables d’envoyer, seuls, des hommes dans l’espace... et maintennat, de construire des avions.
      Ils ont du chemin à faire pour les droits des travailleurs, les libértés individuelles, la réduction des inégalités... mais industriellement et technoloqiguement parlant : on a plus rien à leurs apprendre ou presque. Ne les sous-éstimons pas.

      • kangxi
        kangxi répond à DAvid-0007
        • Posté à 12h31 le 19/06/2010
        • Internaute 28969

        Oue, envoyer seuls un homme dans l’espace .... avec la technologie Russe quand meme !

        Oue, Construire seuls des avions .... un clone de Bombardier oui.

        Ne pas confondre copier et creer .....

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 14h32 le 18/06/2010
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Fin du miracle économique Chinois ? Que des ouvriers obtiennent des augmentations de 66% ce n’en est pas un, de miracle économique ?

    Les dirigeants Chinois ont la possibilité de transformer le miracle économique en miracle social, il ne faut pas qu’ils manquent leur coup. La sueur du prolétariat a permis au pays de s’équiper, de se couvrir d’usines modernes (si si, regardez des photos récentes) et de gratte-ciels remplis de bureaux. La classe moyenne y dépasse la population Européenne et ces mouvements de grêve indiquent que la classe des très pauvres fuyant les campagnes est désormais presque entièrement employée. La question est maintenant : quel projet de société mettront-ils dedans ?

    Ces évolutions sont très positives. Regardez des dépêches des années 70, on parlait de catastrophe alimentaire en Chine, c’était un pays du Tiers Monde. Le chemin est encore long, mais il semble clair qu’en Chine, ils avancent à grands pas dessus. Contrairement à notre pays où on a de l’avance mais où l’on marche à reculons...

  • sniper666
    sniper666
    roadrunneuse
    • Posté à 15h20 le 18/06/2010
    • Internaute 110274
      roadrunneuse

    il était temps qu’ils apprennent syndiquer.

  • cunégonde
    • Posté à 19h10 le 18/06/2010
    • Internaute 23400

    Un certain John Foley, argumentait (c’était assez court), que « la Chine gardera longtemps l’avantage d’une main-d’oeuvre bon marché » dans Le Monde d’il y a deux jours.

    « [...] le processus est à peine amorcé en Chine. Les grèves récentes et les augmentations de rémunération qui en ont résulté relèvent davantage d’épiphénomènes locaux que d’un véritable mouvement de fond.[...] La moitié de la population environ habite encore en zone rurale. [il y a] obstacle à la mobilité des travailleurs [...] »

    « Pour que l’élévation des salaires devienne un véritable phénomène structurel, il faudrait que l’agitation sociale se diffuse plus largement... ce qui est très improbable. Jusqu’à présent, les grèves n’ont touché que des entreprises étrangères. Aux yeux des dirigeants du pays, la chose reste tolérable et pourrait même se révéler utile dans la mesure où elle fait sentir aux capitalistes étrangers qu’il n’est plus aussi confortable d’opérer en Chine. [...] »

    « De toute façon, Pékin ne permettra pas que les troubles s’aggravent. Le contrôle du Parti communiste sur les syndicats est très efficace. » (j’aurais bien voulu qu’il développe plus ce point-là)

    Lien

    Vous voyez que c’est chouette de lire Le Monde !

  • Neihu
    Neihu
    Habitant de Taiwan
    • Posté à 18h45 le 18/06/2010
    • Internaute 58474
      Habitant de Taiwan

    Bonsoir,

    Les commentaires en France sur la situation générale en Chine sont souvent empreints à la fois d’une grande ignorance du sujet abordé (il est vrai que les médias français apportent de la Chine une vision très déformée) et d’une incapacité à aborder les choses de manière assez globale, faute là aussi de vraies connaissances sur le pays.

    Ainsi, imaginer aujourd’hui une répression sociale frontale et sanglante contre les révoltes ouvrières est un fantasme français : dans la réalité chinoise, chacun constate bien que cela est devenu socialement, économiquement et politiquement, non pas totalement impossible, mais surtout auto-destructeur pour la stabilité du régime.

    Il s’ensuit que, malgré les pressions policières, celles des milices patronales et parfois même de la pègre locale, mais aussi des pseudo-syndicalistes de l’ACFTU (pseudo-syndicat lié au parti, au patronat et à l’Etat, les ouvriers des grands centes du pays, surtout au Sud, mais cela se développe dans tout le pays, ne cessent de revendiquer, manifester et faire grève.

    Pour être bref, mais souligner une ignorance ahurissante du public français, contrairement à l’idée reçue, les ouvriers chinois ont le droit se se syndiquer, mais au syndicat UNIQUE vu plus haut.

    Or, ce qu’ils exigent de plus en plus, c’est le droit de former des syndicats indépendants des patrons, du parti unique et de l’Etat.

    La question qui se pose est donc la liberté de création de vrais syndicats, ce qui obligerait à relever les salaires, à établir un vrai Droit du Travail et à instaurer des Conventions Collectives.

    Quoi que disent les médias français aussi ignares qu’incompétents sur ce pays immense, en surface et en population, ce qui se termine actuellement (et patrons comme autorités en ont bien conscience) est la fin de la sur-exploitation frénétique des ouvriers chinois !

    Il y a deux issues pour les entreprises privées non-chinoises : soit sortir de Chine (mais cela es assez complexe et a des conséquences ensuite sur l’accès au marché économique chinois), soit y rester et prendre en compte les changements sociaux inévitables.

    Ceci étant, la hausse des salaires et charges sociales en Chine est en marche : « l’atelier du monde » se réveille et se révolte.

    En quoi est-ce surprenant ? Et n’était-ce pas prévisible de longue date ?

    Message posté d’Asie, aux confins de la Chine,

  • theshadedcucumber
    theshadedcucumber
    justicier potager
    • Posté à 19h13 le 18/06/2010
    • Internaute 93575
      justicier potager

    Ce qui devait arriver arrive ! Le développement économique s’accompagne toujours de revendications de la part des salariés et de l’obtention d’avantages sociaux (meilleur salaire, protection sociale, etc.). Ca prend du temps, ça nécessite des conflits, mais ça finit toujours par arriver.

    Les salariés chinois voient depuis une vingtaine d’années des types devenir multimillionnaires et ils se disent qu’ils devraient, eux aussi, avoir droit à leur part du gâteau.

    Et puis, difficile pour une dictature de se maintenir dans un environnement économique en forte croissance. La hausse du niveau de vie entraîne des envies et revendications nouvelles qui finissent par avoir raison du pouvoir en place (jusqu’à une certaine limite bien sûr).

    La Chine n’est qu’au début de sa mutation...

  • Airinys
    • Posté à 20h11 le 18/06/2010
    • Internaute 52467

    D’un point de vue social, c’était inévitable, et c’est souhaitable tant pour le travailleur chinois que pour le travailleur français.

    Ce qui débute en Chine va durer au moins un quart de siècle, le temps d’assecher la réserve de main d’oeuvre des campagnes et de battir un système social.

    Dans les 10 ans, le coût du travail en Chine sera comparable à ce qu’il est en Roumanie, dans 20 ans il sera sans doute proche de 50% de la France.

    D’ici là, le capitalisme mondialisé se sera trouvé un autre eldorado, probablement en Afrique ou en Inde. Car la corruption et la gabégie ont déjà refroidit un certains nombre d’investisseur, mais ça va être terrible si on y ajoute à présent une contestation sociale et un dirigisme d’Etat sur les salaires car choc de +25% d’augmentation de salaire ça fait mal au bilan comptable).
    Le miracle chinois est sans doute en train de porter en lui le cauchemar chinois qui marquera le XXIème siècle .

    Lorsque la Chine connaîtra sa première crise économique domestique, le monde va souffrir autrement plus sévèrement que ce qu’il se passe depuis 2008. Vous êtes avertit.

  • tvargentine-
    • Posté à 21h31 le 18/06/2010
    • Internaute 17486

    La dictature criminelle chinoise se trouve devant une grave crise qui amènera l’instabilité dans ce trop grand pays dont la forte majorité est paysanne,obligée de quitter leur village pour aller dans les villes et qui revendiquent des droits contre l’exploitation sociale et des conditions de travail que l’Europe à connu au 19eme siècle

    Ce sont les mêmes luttes sociales qui amèneront la liberté des chinois dans le domaine de la pensée,de la presse,du syndicalisme

    N’oublions que l’usurpateur Napoléon 3,avait autorisé la création de syndicats libres !

    La dictature chinoise n’est même pas arrivé à ce stade !

    Cette dictature communiste va s’écrouler sous nos yeux comme un château de carte et nous reverrons une Chine de province indépendante d’un pouvoir central qui assassine pour préserver son pouvoir unique.

    Lien

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 00h31 le 20/06/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Déchoukeur | 22H58 | 11/09/2008 |
    Attention la secousse ! ça bouge en Chine de tous les côtés. Ceux qui veulent nous faire le coup de la petite fourmi docile qui parle comme le maître, de la multitude disciplinée, vont devoir faire face, de plus en plus, à un individalisme révolutionnaire. On en reparlera.

    ça on vous l’avait bien dit !
    Ce qui me fait sourire, en plus des tentatives victorieuses des salariés chinois, c’est l’évolution des commentaires sur la Chine.
    Il n’y a pas si longtemps, c’était la planche de salut de notre belle et bonne société capitaliste. Rappelez-vous des délires d’Alain Minc. Un gigantesque marché allait s’ouvrir et on allait s’en sortir, tous consommer ensemble, ouf !
    La réalité ne semble pas tout à fait celle-là et on découvre que la Chine est composée de classes sociales et que les « Chinois » - sous ce concept - n’existent pas. Entre un salarié de Shanghaï, un patron, un journaliste fayot détaché à Paris, il y a tout un monde.
    Certains en rabattent et ne peuvent que compatir avec des gens tellement exploités. Mais quoi d’anormal : le système n’a que de l’exploitation, de la sueur et du sang à proposer. Vous ne vous en êtes pas encore rendu compte ? On va donc l’apprendre aux derniers néophytes, dans la pratique, sur le terrain, en France même.
    ça, on vous l’avait bien dit !

  • sfrederic2
    sfrederic2
    employé
    • Posté à 08h30 le 20/06/2010
    • Internaute 79227
      employé

    bien sur que les multinationales vont en chine pas pour la beauté du site mais pour trouver de très très bas salaires mais en contrepartie ils rapatrient vers leurs points de ventes des produits de bien piètre manufactures.
    La Chine, l’un des principaux exportateurs de biens de consommation à destination de l’Europe, est aussi le premier pourvoyeur de produits jugés dangereux. La moitié des produits signalés comme tels à la Commission européenne en 2006 étaient d’origine chinoise. En tête, les jouets et les appareils électriques, suivis des véhicules à moteur, des luminaires et des cosmétiques. Pour 924 d’entre eux, des mesures restrictives ont été adoptées, un chiffre en hausse de 32%. Les principaux risques qu’ils présentaient étaient les lésions, les chocs électriques, les incendies et brûlures. La Chine a toutefois ratifié avec l’UE un protocole d’accord pour des jouets plus sûrs, mais comme elle ne contrôle pas la cascade de sous traitants beaucoup de produits manufacturés dangeureux arriverons chez nous .

  • baiping
    • Posté à 09h58 le 22/06/2010
    • Internaute 5115

    Cette affiche sur le prix de la lutte est mal traduite, il n’y est pas question de grève, le sens est : avant d’en venir aux mains, pensez à ... )

    Pourquoi penser que l’affiche s’adresse aux grévistes ?

  • gaias
    gaias
    etudiant
    • Posté à 10h42 le 22/06/2010
    • Internaute 95428
      etudiant

    excellent ! plus que l’ Inde maintenant !