24/04/2010 à 11h37

Le chef du PCC au Xinjiang limogé à retardement

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Il avait sauvé sa tête en septembre dernier, lorsque les Chinois du groupe majoritaire Hans avaient manifesté leur colère contre leurs dirigeants dans les rues d’Urumqi, la capitale du Xinjiang ; Wang Lequan, le chef du Parti communiste dans la province occidentale de la Chine, a finalement été relevé de ses fonctions samedi, après seize années à son poste, une longévité exceptionnelle. Il est remplacé à son poste par Zhang Chunxian, jusque là en poste au Hunan.

Wang Lequan, un proche du président Hu Jintao, assume ainsi à retardement la responsabilité des graves affrontements de juillet 2009, entre la population Ouigour, majoritaire au Xinjiang, et les Hans, faisant plus de 200 morts, et de la « rechute » de septembre, lorsqu’une vague d’attaques à la seringue dans les rues d’Urumqi avait semé la panique. Hu Jintao l’avait fait nommer au Bureau Politique du PCC, responsable de la politique concernant les « minorités nationales ».

Le chef du Parti à Urumqi, Li Zi, avait été limogé sur le champs, tandis que l’incertitude pesait sur le sort de Wang Lequan, un « poids lourd » du PCC et surtout le maître absolu du Xinjiang pendant près de deux décennies, au cours desquelles l’arrivée de millions d’immigrants Hans venus de l’Est de la Chine a bouleversé les équilibres démographiques de la province et créé de nouvelles tensions.

Le limogeage de Wang Lequan, affecté à de nouvelles responsabilités bureaucratiques au sein du Parti, ne signifie pas nécessairement un changement de politique, mais plutôt la mise à l’écart d’un homme devenu impopulaire aux yeux de nombreux Hans du Xinjiang depuis la crise terrible qu’ils ont traversée en 2009. En retardant de quelques mois son départ de la province, Hu Jintao lui a permis de « sauver la face ».

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  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 15h59 le 24/04/2010
    • Internaute 5273
      daniel

    Sait-on pourquoi, les Chinois en était mécontents ?
    Je dis ça parce que en France, on a beau manifester, il se passe rien au gouvernement...

  • chengyang
    • Posté à 22h15 le 24/04/2010
    • Internaute 38622

    Wang Lequan est depuis 2004 un des plus hauts responsables du pcc, car il est un des 25 membres du politburo qui, de fait, est l’organe dirigeant de la Chine. Ce renvoi même « à retardement » (et il n’est pas certain comme vous l’écrivez que la « face » de l’intéressé soit réellement épargnée...) est donc un véritable coup de tonnerre d’une grande signification politique, qui tendrait lui même à démontrer que la position de Hu Jintao au sein du Politburo est des plus fragiles, ce qui ne peut que relancer les spéculations sur sa succession.
    Contrairement à ce que vous affirmez, le départ de Wang signifie une inflexion de la politique menée au Xinjiang, dans le sens de la souplesse : en effet, le profil de Zhang Chunxian est beaucoup plus proche d’un Bo Xilai, du fait de son âge (il est né en 1953) et de son parcours : il a fait une partie de sa carrière dans le Dongbei (comme Bo), il a été à la tête d’un ministère-clé (les communications, alors que Bo était au commerce extérieur) ; on a affaire à un profil beaucoup plus ouvert que celui de Wang Lequan, qui annonce certainement un peu plus de « doigté » dans la direction de la province autonome du Xinjiang. La RPC ne peut pas se permettre des crises à répétition dans cette province, dont la position stratégique en Asie centrale est primordiale en terme d’approvisionnements énergétiques.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à chengyang
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 23h42 le 24/04/2010
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Je demande à voir un véritable tournant dans la politique chinoise vis-à-vis des « minorités » comme les Ouigours ou les Tibétains. Une inflexion « dans le sens de la souplesse », comme vous dites, c’est possible, mais ce n’est pas ce qu’attendent les Hans du Xinjiang qui ont eu la tête de Wang, et ce ne serait de toutes les manières qu’une manière plus douce d’appliquer la même politique. Je ne vois pas Pékin lâcher le moindre lest sur ce terrain, c’est peut-être le dernier qui bougera réellement.

      • chengyang
        chengyang répond à Pierre Haski
        • Posté à 01h14 le 25/04/2010
        • Internaute 38622

        Vous m’avez mal compris : je ne voulais pas parler d’un « tournant dans la politique générale de la RPC vis-à-vis des minorités », mais d’une inflexion de la politique chinoise au seul Xinjiang.
        D’autre part, je ne crois absolument pas, comme vous dîtes, que « les Han aient eu la tête de Wang » : l’origine de sa mise à l’écart doit être recherchée dans les erreurs qu’il a commises et qui, pour reprendre la rhétorique du régime, ont gravement « menacé la stabilité » de la région autonome (où, encore une fois, se trouvent des intérêts vitaux pour la RPC). L’approche du régime sur ce sujet est, il me semble, plus pragmatique qu’idéologique.
        Gageons que Zhang saura calmer le jeu et donner des gages aux Han, aux Ouighours ainsi qu’aux autres nationalités qui peuplent le magnifique territoire du Xinjiang.

         
        • laurentdetroil
          laurentdetroil répond à chengyang
          artiste dessinateur graveur
          • Posté à 20h02 le 25/04/2010
          • Internaute 88090
            artiste dessinateur graveur

          dites que vous etes payé par le gouvernement chinois pour écrire ce que vous dites,ca sent tellement la langue de bois et le langage convenu ,ne soyez pas hypocrite.
          ce Zhang fera pire que son prédecesseur en matière de massacre.

        1 autres commentaires
  • boboland
    boboland
    ex-o'placard
    • Posté à 09h51 le 25/04/2010
    • Internaute 104841
      ex-o'placard

    Plus de nouvelles de nos chouchous ?
    Madame Kadeer est elle toujours réfugiée dans le maquis à New York 5éme avenue ou réfugiée politique à Marbella ?
    Et le Dalai Lama ? a t il toujours le soutien des ardents guerilleros d’ Hollywood ou germanopratins ? Nos dirigeants occidentaux -démagogiquement corrects- doivent se dire qu’avec un ami comme lui, ils n’ont plus besoin d’ennemis.
    Et notre si jolie Bettencourt est elle devenue l’égérie de l’Oreal ?

    Curieux ce gout qu’on a en France pour systématiquement rechercher dans chaque pays l’opposant qui passe le mieux dans les médias.