08/02/2010 à 14h32

Pékin ferme une école de hackers en ligne

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

En pleine polémique avec Google qui accuse des hackers chinois d'avoir pénétré ses serveurs pour espionner les comptes mail d'opposants chinois, les autorités chinoises ont fermé une plateforme de « formation en ligne » de hackers, et arrêté les trois responsables du site Black Hawk Safety Net. Ce site existait en toute légalité depuis ... cinq ans.

Le site, basé dans la province du Hubei, dans le centre du pays, avait quelque 12 000 « membres VIP » payants et 120 000 inscrits, et offrait non seulement des tutoriels pour apprentis hackers, mais aussi des « outils » à télécharger pour se livrer à cette activité interdite en Chine depuis l'an dernier seulement.

Black Hawk offrait en particulier diverses versions de « chevaux de Troie », des logiciels dits « malveillants », qui, une fois installés dans l'ordinateur permettent de pirater ou de détruire des fichiers, et qui, à l'image du « vrai » cheval de Troie, est volontairement introduit dans l'ordinateur par son propriétaire qui ne se doute pas de ce qu'il contient...

En menant cette opération très médiatisée -50 policiers, une profusion de détails...-, Pékin veut se mettre dans le camp de la vertu par rapport au phénomène des hackers. Une manière de répondre à la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton qui, dans un discours le mois dernier, exigeait de la Chine qu'elle fasse toute la lumière sur la tentative d'intrusion de hackers dont ont fait l'objet Google et d'autres sociétés technologiques américaines. Pékin avait rejeté ces accusations.

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  • Ignatus Reilly
    Ignatus Reilly
    Divided by zero
    • Posté à 17h11 le 08/02/2010
    • Internaute
      Divided by zero

    Les écoles de hacking, ou comment se faire un maximum d'argent sur le dos d'ados boutonneux qui se rêvent en Kevin Mitnick.
    Par contre je ne vois pas vraiment qui la Chine compte tromper avec cette arrestation. Il y a quand même une grosse différence de compétence entre installer un RAT sur le PC de sa grand-mère et de s'attaquer aux serveurs de Google.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à Ignatus Reilly
      2012, toujours pas de voisins, (...)
      • Posté à 18h42 le 08/02/2010
      • Internaute
        2012, toujours pas de voisins, (...)

      Je ne serais pas aussi sceptique que vous, la Chine nous prouve qu'elle a bien compris ce qu'était la diplomatie en occident : des coups d'esbrouffes.

      L'important c'est l'annonce ! ! !

  • Brachamul
    Brachamul
    Multi-Taskeur
    • Posté à 23h45 le 08/02/2010
    • Internaute
      Multi-Taskeur

    Attention à la sémantique, le hacking est parfaitement légal et légitime : c'est l'attaque d'un système par quelqu'un qui teste son efficacité. Les activités illégales visant à pénétrer dans des systèmes protégés se nomment cracks, et non hacks.

  • Claude Lebrun
    • Posté à 07h29 le 09/02/2010

    Et dans la logique des vieux maoïstes issus du noyau dur de la rédaction de Libération de la grande époque, cette mesure des autorités chinoises actuelles représente un acte inqualifiable de haute trahison à l'égard de l'héritage du Grand Timonier. Les hackers étant, comme chacun sait, des pionniers de la Révolution déterminés à s'attaquer , avec leurs propres armes, aux assises cybernétiques du capitalisme.

    Ai-je bien « décrypté » votre pensée, Pierre Haski ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 12h30 le 09/02/2010
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Arrêté pour un soir, le temps de les emmener dans un endroit plus discret : D

  • GanLanShu
    • Posté à 17h37 le 09/02/2010

    C'est tellement énorme que l'info n'a de valeur qu'en regard des réactions qu'elle va susciter chez les principaux concernés (en un ou deux mots, c'est selon) que sont H. Clinton et Google... Peut-être ouvrir une école de sauvetage de face quand on essaie de négocier avec Pékin et que bien sûr on n'obtient qu'une provocation supplémentaire...