04/02/2010 à 08h53

« Pourquoi la Chine n'est pas un grand pays de culture » par Han Han


Pour le célèbre écrivain et blogueur chinois Han Han, la censure paralyse la culture en Chine. Rien ne sert donc d'exporter la culture chinoise à l'étranger tant que l'esprit créatif n'a pas été libéré. Han Han s'est exprimé lors d'un forum sur la culture organisé à Xiamen, métropole du sud-ouest de la Chine, par le Nanfang Zhoumo, hebdomadaire chinois réputé pour son indépendance de ton. Voici, au titre de document, la traduction du texte de son allocution.

Pourquoi la Chine n'est pas un grand pays de culture ?


han_han_magazine.jpg

C'est la deuxième fois que je viens à Xiamen. L'air est bon ici, cela ne m'étonne pas que tout le monde aime « s'y promener'.

Tout à l'heure j'ai écouté le Professeur Deng parler du patriotisme. Deux phrases ont marqué mon esprit : une que j'avais entendu auparavant : “Le patriotisme est le dernier refuge d'une canaille'. La deuxième phrase : ‘Le vrai patriotisme, c'est de protéger un pays des persécutions d'un gouvernement'.

J'ai emmené un papier avec moi, ce sont des (notes de) choses que je voulais vous dire. C'est pour me limiter, pour ne pas trop vous ennuyer et parce que j'ai peur peur de dire n'importe quoi. Voilà on commence.

Chers dirigeants ici présents, chers professeurs, chers camarades de classes, bonjour. Savez-vous pourquoi la Chine ne pourra jamais être un grand pays au sens culturel ? C'est parce qu'on commence toujours un discours par chers directeurs ici présents’ alors que la plupart des directeurs n'ont aucun sens de la culture. Il ont peur de la culture, ils censurent la culture mais en même temps ils peuvent contrôler la culture.

Alors comment la Chine peut-elle devenir un grand pays de culture ? Qu'en dites vous, chers dirigeants ?

L'imagination des censeurs

Au passage, la Chine a un potentiel fort pour être un pays de culture. Je vais vous raconter une hisoire. Je suis le rédacteur en chef d'un magazine qui n'est toujours pas sorti. C'est écrit dans la Constitution, chaque citoyen a la liberté de publication. Mais la société a sa propre loi, selon laquelle les directeurs ont la liberté de prohiber une publication. Le magazine s'est retrouvé confronté à beaucoup de problèmes de procédure.

Sur sa couverture [reproduite ci-dessus, ndlr], il y a un dessin représentant un homme nu. Ça ne va pas. Parce qu'il y a des lois qui disent que l'on ne peut pas publier d'images de sexes à découvert. J'étais bien d'accord. J'ai mis un grand logo du magazine sur la partie illégale, il la recouvre complètement.

Après, les gens de la censure m'ont dit :

‘eh, ça ne va pas non plus, vous avez caché les parties centrales du monsieur, vous essayez d'insinuer le Parti central’‘(Phonétiquement, cacher les parties intimes’ se prononce comme ‘le Parti (communiste) central’, ‘Dang Zhongyang’).

J'ai eu la même réaction que vous, j'étais étonné. Je me suis dit : qu'est ce que ce serait bien si vous mettiez votre vive imagination au service de la création artistique au lieu de l'utiliser pour la censure.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Pour vous dire que tout le monde a de l'imagination. Mais qu'il y a beaucoup de choses que l'on ne peut qu'imaginer, que l'on ne peut pas faire, pas écrire et, dans beaucoup de cas, même pas dire.

Nous avons trop de barrières dans la vie, c'est un pays de barrières, c'est un pays classé X (et donc censuré). Comment les cultures peut-elles fleurir dans un pays comme ça ?

Moi je suis une personne qui pratique rarement l'auto-censure. Mais quand j'écris, il y a des alarmes dans ma tête, on ne peut pas écrire sur la police, sur les dirigeants, sur les politiques, sur le régime, sur les législateurs, sur l'Histoire, sur le Tibet, sur le Xinjiang, sur les rassemblements, sur les manifestations, sur la pornographie, sur l'esclavage, sur l'art. Ah, je ne peut pas écrire sur l'élégance non plus.

Désolé, je n'y arrive vraiment pas, je ne suis pas Yu Qiuyu [écrivain officiel du parti, ndlr].

Les auteurs souffrent beaucoup

Un bon nombre des articles que je publie sont (la preuve) d'une grande liberté de ton. J'ai pas mal d'amis qui écrivent des scénarios, par exemple des amis écrivant un scénario à partir d'un roman d'Aileen Chang et Ning Caishen, écrivant des scénarios de théâtre, de films. Ils souffrent beaucoup. Dans une atmosphère culturelle telle, je commence à me dire qu'on ne pourra jamais devenir un grand pays culturel à moins que tout le monde ne parle que de l'Afghanistan, de la Corée du Nord et de la Chine.

Dans notre communication à l'international, nous ne cessons de faire l'éloge des Quatre classiques [quatre livres considérés comme la base de la philosophie chinoise et du Confucianisme, ndlr]. C'est comme si vous rencontriez une fille pour parler de mariage, que la fille vous demandait si vous avez de l'argent, et vous lui répondiez que vos ancêtres en avaient pas mal. Ça ne sert à rien.

Cette tragédie n'a rien à voir avec vous. Mais le chemin qui mène en Corée du nord est pavé par tous ceux qui ont gardé le silence. D'un autre côté, nous sommes plus forts que la Corée du nord, vous savez tous comme ils sont là-bas. Et j'ai confiance en vous qui êtes ici présents. Beaucoup de gens ne sont pas forcément silencieux, ils sont tout simplement harmonisés [‘Harmoniser’ est un terme souvent utilisé par les internautes chinois pour évoquer la censure, ndlr].

Dans l'histoire des campagnes anti-pornographiques, il y a beaucoup d'étudiants ici, qui savent sûrement - bien que ça ne figure pas dans nos manuels officiels - que Teresa Deng et Liu Wenzheng [deux chanteurs, ndlr] étaient ‘pornographiques’ et ‘décadents'. Mais lorsque de plus en plus de gens se sont mis à les écouter, ils ont cessé d'être pornographiques. Quand toute la Chine les écoute, ils ne sont ni pornographiques ni décadents.

Ensemble contre la censure

Si nous pouvons être ensemble pour combattre la censure, pour qu'un jour les mots censurés ne contiennent que des mots contre toute l'humanité, rien d'autre, alors nous pouvons créer un grand pays culturel. Bien qu'il soit probable qu’ à un moment donné mon nom et le vôtre entrent dans la liste des mots censurés. Mais je crois bien qu'une liste de ce type a ses limites, que chaque mot ajouté la rapproche de sa fin.

J'espère que nos journalistes, nos professeurs et nos étudiants, nos passionnés de culture et ceux qui travaillent là-dedans, y compris les dirigeants, pourront contribuer ensemble à ce qu'il y ait moins de blocages et de censure. Nos dirigeants - ils sont différents de nous - et notre gouvernement peuvent donc avoir suffisamment confiance pour que notre culture soit plus ouverte.

Je sais que nos dirigeants aiment bien exporter notre culture, et qu'ils trouvent que c'est un symbole de l'émergence d'un pays puissant. Mais je pense que vu notre culture actuelle, ce n'est pas la peine de l'exporter. Quand on crée des oeuvres sous le climat actuel, chaque auteur, chaque artiste, n'arrête pas de s'auto-censurer.

Commment peut-on avoir une culture sous un climat de création pareil ? Vous castrez les oeuvres d'art jusqu'à ce qu'elles ressemblent au journal de 19h et puis vous essayez de les exporter ? Ne prenez pas les étrangers pour des extraterrestres.

La Chine a-t-elle vraiment émergé économiquement ou pas ? Il faudra voir lorsque notre marché immoblier se sera effondré, à ce moment tout sera dit publiquement. Mais lorsqu'un pays a émergé culturellement, alors c'est un vrai grand pays, sans risque de s'effondrer, me semble-t-il.

Retournons à notre liste de mots censurés. Plus il y a de mots dans cette liste, plus la culture d'un pays est faible. Bien sûr, notre gouvernement fournira de nombreuses explications à cela. Ils vous diront que c'est pour protéger la jeunesse, que c'est pour la stabilité de la société, que la culture est libre. Si vous êtes d'accord avec eux, un jour ou l'autre, vous découvrirez que lorsque vous raconterez ce qu'ils vous ont fait, ils vous censureront, car vous ‘mettez en péril la stabilité sociale’.

Au final, tous ceux qui mettent le statut du Parti et son pouvoir en danger, toutes les paroles qui vont à l'encontre de leurs profits, sont des dangers pour la stabilité sociale, sont des dangers pour la jeunesse. Si nous avions toléré Green Dam [filtre internet que le gouvernement souhaitait installer sur tous les ordinateurs en Chine, avant de faire marche arrière face au nombre de critiques, ndlr], nous vivrions maintenant avec Green Dam et ce ne serait plus un simple probème de culture.

Alors chers camarades de classe, c'est pour cela que l'on ne peut pas laisser ce jour arriver. Sinon à l'avenir, lorsque nos descendants recevront leurs manuels électroniques d'Histoire via satellite, nous serons leur risée.

Je vous remercie.

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  • Adam Smith
    • Posté à 09h53 le 04/02/2010

    J'etais a Pekin l'ete dernier et je sortais avec des artistes chinois le soir. Je ne parle pas d'artistes reconnus par le gouvernement mais de personnes qui ont une vue artistique du monde. Ce sont des marginaux (drogues, soirees illegales en marge d'evenements artistiques) bien sur, ils ne sont pas en phase avec la censure et l'evitent.

    Il y a l'art a 2 vitesses. L'un controle par le gouvernement, l'autre « underground'. Mais j'ai l'impression que des mecenes chinois protegent avec leur argent ces petits artistes (paient la police et les petits fonctionnaires).

    Mais en meme temps, c'est la difference entre l'art et l'art bourgeois en occident. L'art bourgeois qui s'auto-censure pour plaire a des acheteurs potentiels (ce que Jeff Koons denonce avec ses oeuvres aux prix intrinseques importants).

    Les chinois ont les mains lies par le gouvernement chinois. Certains s'en rendent compte, d'autres non. D'ou l'importance de l'Internet comme souligne dans l'article qui ouvre de nouvelles perspectives.

    Aussi, un autre probleme. Le gouvernement chinois n'aime pas l'art parce que l'art est aussi une remise en question du monde. A la fin du lycee en chine, il y a un meme test que tout les eleves passent. Si les resultats sont bons, l'eleve est automatiquement assigne a une ecole “noble” (d'economie, histoire, politique). Si l'eleve a les plus mauvaises notes il va... en ecole d'art.

    • LienRag
      LienRag répond à Adam Smith
      • Posté à 17h49 le 07/02/2010
      • Internaute

      Sur le dernier point, en France aussi (ceux qui ne vont pas faire sociologie, philosophie ou un BTS commerce)...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 12h13 le 04/02/2010
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Mais si y'a de la culture en Chine : y'a des films de kung fu, les Hong Kong Blood Opera et puis les machins épiques avec des soldats qui font des bons de vingt mètres : D

    Oui, il faut lutter contre la culture, les Chinois ont aussi le droit de produire de grands artistes comme Madonna, BHL ou Lelouch : D

    Sinon il y a bien un domaine de la culture qui soit apolitique et où les Chinois déchirent tout : la gastronomie. Quoi qu'un censeur bien tatillon arriverait bien à trouver des choses à harmoniser...

  • San De-
    • Posté à 14h03 le 04/02/2010

    Voici une intervention intéressante sur un sujet absolument fondamental ! ! ! ! ! ! !

  • MichelK
    MichelK
    sans paroisse
    • Posté à 14h47 le 04/02/2010
    • Internaute
      sans paroisse

    Quand on compare le nombre de musiciens, de penseurs ou d'écrivains chinois qu'un honnête homme peut citer et qu'on rapporte ce chiffre à la population chinoise, le verdict est sans appel. Mais quand on impute la responsabilité de ce désert au seul Parti, on oublie qu'il ne s'est installé qu'en 1949 et qu'un autre parti, voisin et plus pointilleux encore, n'a pas empêché Tarkovsky, Grossman, ou Prokoviev (liste non restrictive, pardon pour les autres).
    On peut se livrer au même exercice sur le XIXè siècle. Le constat est le même.
    La posture de la victime ne crée pas de grande littérature (Rousseau est l'exception qui confirme ma règle).

    • San De-
      San De- répond à MichelK
      • Posté à 15h14 le 04/02/2010

      « Tarkovsky, Grossman, ou Prokoviev » voici une liste bien courte pour un empire comme l'URSS ! Y a Pasternak...

      Han Han fait une analyse que je dirai « sociologique » de la médiocrité culturelle en rpc, il serait intéressant d'en explorer l'histoire !

  • Lozardèche
    • Posté à 15h58 le 04/02/2010

    Quand on a lu cet article, on ne peut qu'éclater de rire et constater d'abord qu'il y a erreur dans la formulatiion. Il ne fallait pas écrire : « Pourquoi la Chine n'est pas un grand pays de culture », mais « Pourquoi la Chine n'est pas un grand pays de CUL »... Quant à écrire : « Le Patriotisme est le dernier refuge d'une CANAILLE », on se demande bien qui est la canaille dans cette affaire. Que l'écrivaillon qui a pondu cela se sente visé...

    • ReneLeys
      ReneLeys répond à Lozardèche
      • Posté à 00h15 le 05/02/2010

      J'ai bien envie de vous répondre que le cul et la culture vont de pair. D'où je viens, le boom culturel a eu lieu le jour où on a foutu les prêtres à leur place et que les gens ont commencé à baiser. Hélas ! Quand on pense à la Chine moderne, on ne pense ni au cul, ni à la culture...

      Quant à la question du patriotisme, si les gens investissaient autant de passion dans leurs ébats que dans leurs euphories patriotiques...

      Pardonnez-moi ces analogies... « subceinturesques »...

  • manusan
    • Posté à 16h10 le 04/02/2010

    Je réside en Chine, mon beau frère, officier dans la police (ceux équipés comme Robocop) est revenu hier de manœuvres du Xinjiang après 4 mois, on s'entend très bien lui et moi, je lui demande : pourquoi tu n'as pas répondus à mes mail ? il me répond : il n'y a plus d'internet au Xinjiang depuis aout dernier à cause des manifestations. Je réside en Chine, je n'étais pas au courant.

    • manusan
      manusan répond à manusan
      • Posté à 04h21 le 05/02/2010

      Au passage, est-ce que quelqu'un connait une personne au Xinjiang qui peut confirmer le fait (par téléphone ou d'une autre province si internet effectivement coupé).

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 21h47 le 04/02/2010
    • Internaute
      Littéral

    Pourquoi la Chine n'est pas un pays de culture exportable ?
    Pour la même raison que la France n'exporte plus de culture !

    Les utopies technocratiques débouchent toujours sur des bureaucraties médiocres, acculturées, inefficaces et corrompues.

    L'exception culturelle en Chine n'a rien à envier à l'exception culturelle en France !

    Même concentration malsaines des pouvoirs,

    Même centralisation excessive, signe des organisations hiérarchisées en strates statutaires,

    Mêmes visions normalisatrices,

    Même hargne oligopolistique

    Même haine de la pensée,

    Même cannibalisme de la créativité.

    Même fascination glauque pour le chef, cette mystique misérable de la servitude au nom d'un «  droit naturel  ».

  • GanLanShu
    • Posté à 02h54 le 05/02/2010

    Xiamen, nanfang zhoumo, Han Han, bloggeur.... Tétralogie d'exception ! Soupçon d'un zest de micro sursaut ponctuel... Depuis cinq ans que je suis à Shanghai et quatre que j'y enseigne, ce que j'aurai le plus entendu, c'est : « On y peut rien, c'est la Chine ! » Oui, bien sûr, quelques échappés du shitstème, groupes de reggae, peintres, activistes de l'esprit, etc., mais pour l'essentiel, c'est l'auto-censure qui l'emporte et de loin. Comme toute classe moyenne, le ventre mou tellement auto satisfait de ce nouveau règne planétaire ne pense qu'à changer d'écran plat et twitter n'y changera rien. René Leys a raison et la chasse au texto pornographique n'est ni un hasard ni une pudibonderie : la liberté commence bien par là et, précisément, ici, ça n'a ni queue ni tête !

    • MichelK
      MichelK répond à GanLanShu
      sans paroisse
      • Posté à 09h30 le 05/02/2010
      • Internaute
        sans paroisse

      La consommation fatale à la culture ? Cela flatte mon orgueil de nouveau pauvre mais ne satisfait pas vraiment mon esprit. D'abord, il y en a encore pas mal qui crèvent la dalle ! Et Valéry Larbaud ? On peut trouver tellement de contre-exemples pour toutes les théories du déclin de la culture ! Tout cela ne masque pas la question essentielle : pourquoi le numéro 2 est-il aussi dénué de vitalité culturelle ?
      Bémol : dans ce domaine les choses peuvent évoluer rapidement, mais pour la Chine ça fait déjà quelques (pas de polémique là-dessus SVP : au moins deux) siècles que ça dure.

      • GanLanShu
        GanLanShu répond à MichelK
        • Posté à 15h40 le 05/02/2010

         : ) Non, non, raccourci que je n'ai pas fait... Simplement, il n'y a pas d'autre préoccupation. Et Han Han le dit très explicitement. D'autre part, la consommation ne peut être fatale à la culture puisque la culture est elle-même un objet de consommation... Disons qu'en Chine, il y a substitution et que, pour l'instant, c'est très spécifique...

         
        • MichelK
          MichelK répond à GanLanShu
          sans paroisse
          • Posté à 21h03 le 05/02/2010
          • Internaute
            sans paroisse

          Quand j'étais petit, il y avait une séparation entre le marché et la culture, entre les Galeries Lafayette et le Musée Guimet... Aujourd'hui, les footballeurs font de la philo et les cafetières se prennent pour des Donatello. Le marché a tout mangé. Mais la culture n'a pas toujours été cet objet de consommation... Il me semble que cet aplatissement du monde sur une seule dimension correspond bien à la Chine où (pour parler vite) l'absence de dieu créateur a fait qu'on n'a pas sacralisé l'artiste comme chez nous.

          • GanLanShu
            GanLanShu répond à MichelK
            • Posté à 00h13 le 06/02/2010

            Je ne saurais mieux dire ! J'ajoute cependant que dans bien des domaines, la Chine ne fait que suivre l'Occident, ce qui aggrave encore ce déficit d'identité culturelle. Notamment en ce qui concerne « le marché qui a tout mangé », l'hyper consommation névrotique, cette folie suicidaire dans laquelle nous avons basculé quand nous avons commencé à acheter des vêtements neufs artificiellement usés car le « besoin » consumériste ne nous en laisserait pas le temps... Nos artistes ne seraient-ils pas une survivance d'un autre temps ? Ne sommes-nous pas en phase de sinisation ?

            • San De-
              San De- répond à GanLanShu
              • Posté à 14h31 le 06/02/2010

              Be vous faites erreurs tout les deux, le capitalisme, est un enfant du monothéisme ! J'ai consacré ces 6 derniers mois sur la question du capitalisme et de la civilisation chinoise et, sur ce point, mes explorations sont sans le moindre appel !

              Je vous invite à revoir la question !

              • MichelK
                MichelK répond à San De-
                sans paroisse
                • Posté à 13h13 le 07/02/2010
                • Internaute
                  sans paroisse

                Je n'avais pas vu votre post. Je jetterai volontiers un oeil au fruit de vos (longues) cogitations. Il y a déjà des bibliothèques entières sur le thème « mais pourquoi ne sont-ils pas devenus capitalistes », mais cela date d'avant... je n'ose pas écrire qu'ils le devinssent, puisque je crois comprendre à vous lire qu'ils ne le sont pas. Quant à mon débat avec Ganlanshu, je n'avais pas compris qu'il tournait autour d'une définition du capitalisme.

                • San De-
                  San De- répond à MichelK
                  • Posté à 13h52 le 07/02/2010

                  Le temps que ce soit validé par le prof... mais y a plusieurs choses qu'il faut savoir : c'est que les structures politiques ou économiques ne jouent qu'un rôle extrêmement mineur voir même,aucun rôle. Le hasard n'existe également pas sur ces question, si le capitalisme n'est pas né ici ou là, c'est parce qu'il « ne faisait pas partit de son programme d'existence »... Enfin, rien de ce qui sort d'Europe ou d'extensions de l'Europe (Amériques post colomb) n'est vraiment dissociable de l pensée judéo-chrétienne, même ce qui prétend s'y opposer. C'est une question de structure morale et mentale ! Aujourd'hui, ils le sont cependant, mais au prix d'un immense sacrifice : tuer la civilisation et ceux qui la portent.

                  Le capitalisme si fertile en consumérisme et autre bêtises modernes, en ce qui fut la terre de la civilisation chinoise, c'est la suite d'une histoire de 100 ans de haine de soi et de destructions (qui continuent aujourd'hui)... la civilisation chinoise, si elle peut encore exister, mal en point, dans la campagne, a été chassé de la ville.

                  Mais bon, il parait que ce sacrifice était une bonne chose et que c'est un épisode positif et lumineux de l'histoire...

            • MichelK
              MichelK répond à GanLanShu
              sans paroisse
              • Posté à 15h25 le 06/02/2010
              • Internaute
                sans paroisse

              Depuis 3000 ans la Chine assimile progressivement toutes les civilisations auxquelles elle se frotte. Le Mongols ou le Mandchous qui ont conquis la Chine à cheval s'appellent maintenant Wang ou Liu et ne parlent même plus leur langue. Cette dynamique caractérise les grandes civilisations (nous, l'Inde..). Mais aujourd'hui cela semble s'être arrêté. Nos « jeunes » parlent moins bien français que leurs grands-parents africains et les Chinois se cassent les dents sur les Ouïghours ou les Tibétains.
              Définir comme « sinisation » l'avancée du nihilisme n'est pas très gentil pour nos amis chinois même si cela semble coller pour l'instant... Tout ça ne doit pas nous faire oublier que toutes les cultures asiatiques n'en sont pas là. Je trouve qu'on a tiré un trait un peu rapide sur le Japon lorsqu'il a arrêté de nous fournir des gadgets électroniques. Mais il suffit de faire un tour n'importe où au Japon pour se persuader de la vitalité de sa culture.
              Pour le reste (une fois n'est pas coutume ! ) : Lien

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