
Obama en Chine : entre business et droits de l'homme
C'est un rituel : quelques heures avant l'arrivée de Barack Obama, plusieurs dizaines de dissidents, libres penseurs ou activistes de causes diverses ont été arrêtés et mis au vert le temps de la visite du président des Etats-Unis. Routine, certes, mais qui vient singulièrement brouiller le sens de cette rencontre entre les deux « grands » du XXIe siècle.
Barack Obama s'est fait élire comme l'« anti-Bush », notamment vis-à-vis du messianisme démocratique musclé incarné par la précédente administration, cette idée selon laquelle la démocratie pouvait être installée par les chars ou tout au moins par l'influence américaine partout dans le monde. L'Irak est venu sonner le glas de cette approche des néo-conservateurs.
Mais Obama est pris entre des feux croisés qui l'obligent à avancer sur une voie pleine de contradictions, avec toutes les chances de se mettre tout le monde à dos : à la fois les défenseurs des droits de l'homme en Chine, qui déplorent son attitude timorée, et, quand même, le pouvoir chinois et la frange la plus dure de l'opinion, qui lui reprocheront le service minimum qu'il ne manquera pas de faire. Avec au bout du compte, un impact très faible sur la situation.
Une visite déterminante
Cette visite est présentée du côté américain comme l'une des plus importantes depuis l'élection du nouveau président il y a un peu plus d'un an. La relation sino-américaine sera déterminante pour donner le ton des prochaines décennies, avec un équilibre à trouver entre l'ex-hyperpuissance qui reste une grande puissance économique et militaire, en particulier en Asie, et la nouvelle puissance émergente chinoise, aux ambitions et aux appétits dévorants.
Barack Obama a donc fait tout ce qu'il fallait pour que cette visite se présente sous les meilleurs auspices, réaffirmant, la veille de son arrivée encore une fois, qu'il ne fallait pas avoir peur de la puissance chinoise, et qu'il considérait l'ancien Empire du Milieu comme un partenaire stratégique et pas comme un rival à « contenir ».
Le président américain a, en particulier, renoncé à une rencontre avec l'ennemi de Pékin, le dalaï lama, repoussant une éventuelle rencontre avec le leader tibétain après sa visite en Chine. Mais ce n'est pas suffisant pour la Chine, qui a déjà fait connaître son opposition à une telle rencontre, faisant même un parallèle osé avec l'esclavage des Noirs aux Etats-Unis pour convaincre ce président noir qu'il ne devait pas rencontrer le chef « féodal » des Tibétains.
Nicolas Sarkozy a payé l'an dernier pour savoir que Pékin ne plaisante pas avec ce sujet. Et Obama ne peut pas se permettre la même crise avec la Chine au moment où il tente de jeter les bases d'une entente durable -et vitale pour les Etats-Unis qui financent leur déficit à coup de bons du trésor achetés par les Chinois… Au moment où, aussi, du climat au commerce et aux finances, de la Corée du Nord à l'Iran et à l'Afrique, les Etats-Unis ont besoin d'une relation de travail cordiale avec la Chine.
« Monsieur le Président, détruisez la muraille électronique »
Illustration de l'ambiance, cette caricature dénichée par le site ChinaSmack, de Nicolas Sarkozy et son « ami dalaï » écrasés par la puissance chinoise, et qui ressurgit comme une menace voilée à Obama :

Mais Obama est également attendu au tournant par tous ceux qui regardent vers les Etats-Unis pour qu'ils aient une influence positive sur le dossier des droits de l'homme en Chine. L'artiste chinois Ai Weiwei, une des voix dissidentes qui s'expriment sans ambages, a clairement exprimé le malaise dans le Financial Times :
« Nous avons l'impression que le président Obama ne veut pas parler des droits de l'homme au cours de ce voyage. Mais c'est justement à cause de sa visite que beaucoup de gens sont arrêtés et détenus en ce moment.
Nous ne lui demandons pas de nous apporter les droits de l'homme, il vient ici pour faire avancer les intérêts américains et signer des contrats. Mais s'il ne veut pas parler des conditions réelles dans le pays quand il se trouve ici, il ne devrait pas venir. »
Sur le web chinois, les deux points de vue s'opposent, celui des « patriotes » qui mettent en garde Obama contre toute « ingérence » dans les affaires chinoises, et qui sont déjà remontés contre les premiers signes de guerre commerciale entre les deux pays, et de l'autre ceux qui attendent d'Obama les gestes qui pousseront le leadership chinois vers l'ouverture intérieure.
Une initiative qui a beaucoup fait parler d'elle récemment, a utilisé l'anniversaire de la Chute du mur de Berlin, et la fameuse phrase de Ronald Reagan adressée à Mikhaïl Gorbatchev -« Monsieur le président, abattez ce mur“-, pour demander à Obama d'en faire de même en Chine en disant à Hu Jintao : ‘Monsieur le Président, détruisez la muraille électronique’, c'est-à-dire le système de contrôle et de censure du Net chinois…
Ce ‘Mur de Berlin Twitter’, comme les activistes chinois l'ont eux-même baptisé, ne cesse d'être renforcé, avec l'impossibilité pour les Chinois d'accéder à de nombreux sites et réseaux sociaux. Voici une courte vidéo, relayée par le site China Digital Times, qui montre le ‘Mur de Berlin Twitter’ auquel s'attaquent les internautes chinois, en espérant que Barack Obama se fasse l'écho de leurs demandes. (voir la vidéo)
Le moment le plus attendu de la visite est la rencontre, lundi, du président américain avec les étudiants d'une université de Shanghaï, au cours de laquelle il répondra également à des questions sélectionnées parmi plus de 3000 demandes faites sur Internet. Les réponses de Barack Obama seront analysées à la loupe, et marqueront le succès ou l'échec de sa visite, au moins du point de vue de l'opinion chinoise.
Rectificatif le 16/11/09 à 19h00 : la caricature montre Sarkozy et le dalaï lama et ps Obama. Merci à l'internaute qui l'a signalé dans les commentaires !
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De mauser
17H17 | 15/11/2009 |
Obama vient en Chine essentiellement pour le commerce il lui faut trouver un moyen de réduire la dette US à l'encontre de la chine ou au premier acrochage sérieux avec l'empire du milieu les USA rique bel et biçen d'être déclaré en faillite
Il doit aussi s'assurer des "intention" chinoise d'ici 2020 au plus tard ils posséderont des porte-avion et les groupes de combats qui vont avec
Comme il lui semble impossible de rééditer le coup de J. Carter avec les droit de l'homme et l'ex URSS il laisse la tâche à d'autre ou pense peut être y revenir plus tard
Je peux aussi totalement me planter
De Aloïs
Etudiant | 17H52 | 15/11/2009 |
Obama baisse son froc, Sarko baisse son froc, Bush baissait son froc.
Obama le changement. Obama le sauveur de l'Humanité. Obam yes we can but later.
Le seul changement que Obama a apporté c'est sa couleur de peau. Ne nous voilons pas, on transforme pas des ânes en chevaux de courses.
De lili.buzette
19H04 | 15/11/2009 |
Je trouve consternant cette mode qui consiste a débiner tout ce que fait le Pdt Obama.
ça contraste avec 2008 !!
Obama arive en Chine et ne se prend pas pour un donneur de leçon !! Et alors ?? C est fou cette image de sauveur occidentale !
Quand va t on arrêter de se prendre pour mieux que l'on est !
Obama fait du commerce avec la Chine qui est devenu l'un des acteurs économique majeur de ce siècle.
J entend depuis 20 ans " le jour ou la Chine se reveillera"
Les USA font du commerce avec la Chine boouuuuhhhh , c est pas bien.
Si la dictature est devenu si puissante au pays du soleil levant c est bien qu'on a laissé faire.
La génération actuelle paie les erreurs du passée. Et vous attendez d'Obama fraichement élu ,qu 'il débarque labas et que par sa simple apparition , en claquant des doigts , il fasse changer les choses?
En 89 , pendant Tien Am Men Obama avait 28 ans...
L an passée tout le monde était fan d'Obama sans vraiment savoir de quoi il parlait.
Il aussi un fervent défenseur du dialogue , d'ou sa stratégie si commentée avec l'Iran.
Si on veut que la Chine nous écoutent il vaut mieux y aller en douceur , ouvrir le dialogue !!!
Quand à la puissance économique Américaine , elle a besoin de la Chine , tout autant que la France.
Si les USA retrouve leur force économique ils se feront encore mieux entendre....
De plus ne pas rencontrer le Dalai lama et alors. Il faudrait qu'on arrête de nous le présenter comme un saint.
Ce qu'il propose , c'est ni plus ni moins qu'un pays ou il serait l'unique chef...
Penchez vous sur sa petite vie a Lassa , et renseignez vous sur ses opposants , parce qu il en a , et eux ce qu'il veulent c est vivre libre , sans la dictature Chinoise et sans un Chef suprème comme le Dalai lama!
De alangaja
L´axe du bien est de retour ! | 19H54 | 15/11/2009 |
A saisir : prix nobel de la paix 2009. jamais servi.