
L'artiste graffeur français Zevs arrêté en pleine action à Hong Kong

L'art graffiti peut avoir fait son entrée au Grand palais ou à la fondation Cartier à Paris, ça reste une transgression : Zevs (prononcez Zeus, comme le dieu grec, mais aussi comme le RER A en région parisienne), l'un des plus connus des adeptes de l'art urbain français, s'est ainsi retrouvé au commissariat lundi à Hong Kong, pour s'être attaqué en pleine nuit à l'une de ses cibles favorites, le logo d'une boutique Chanel de la métropole chinoise (voir la photo ci-dessus).
L'ironie de cette situation est que Zevs a une expo qui s'ouvre jeudi dans une galerie hongkongaise, mais, comme le souligne le blog freshnessmag.com, on ignore s'il aura été libéré à temps par la police pour être présent au vernissage…
Depuis 2006, Zevs a lancé une série de performances appelées « Liquidated logos », dans laquelle il « liquide » les logos des grandes marques dans les centres urbains, celui de Chanel, les deux « C » entrecroisés étant l'un de ses favoris. Il fait ainsi « baver » le logo à la peinture, qui perd de son prestige et de son éclat.
Il s'était surtout fait connaître en 2002 en « kidnappant » une image découpée sur une affiche de publicité du café Lavazza à Berlin et en réclamant une rançon. L'annonceur avait finalement accepté de « payer », sous forme d'un mécennat auprès du Palais de Tokyo, à Paris, où Zevs montra son travail !
Hong Kong est évidemment un endroit rêvé pour l'ennemi des logos, la métropole chinoise abritant un nombre record de boutiques de luxe. Et un sens de l'humour limité face aux performances des artistes contemporains.
Photo : Zevs en pleine action à Hong Kong (DR).
Ailleurs sur le Web
- 4955 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

















































14
(Pour réagir, connectez-vous)
De ysengrimus
20H18 | 13/07/2009 |
L'équivalent urbain des méga-graffittis ruraux sculptés dans les champs (agroglyphes). Notons au passage que pour la créations de ces « signatures » que l'on voit partout en ville, qui sont peintes de nuit en cachette, certaines majestueuses et cyclopeennes, on n'a jamais incriminé les petits bonshommes verts…
Souaitons bonne chance à Zevs
Paul Laurendeau
De mick69
20H29 | 13/07/2009 |
Esperons que ce graffeur soit expulsé. La vague neo-libérale a produit à la fois des boutiques et des graffitis moches, deux aspects complémentaires d'un même mépris pour la beauté
à mick69
De Glam
juste ce type, vous savez ? | 10H17 | 14/07/2009 |
La beauté est dans l'oeil de celui qui la regarde. : p
Le graffeur s'exprime, la boutique incite plutôt à la boucler. Je suis du côté du premier.
à Glam
De mick69
10H46 | 14/07/2009 |
Vous savez, il y a des designers qui essaient de faire des trains les plus beaux possibles, des architectes qui essayent de faire des bâtiments innovants et agréables, des maçons qui mettent leur fierté dans la réussite d'un crépis impeccable…
Et puis en face, des graffeurs qui n'ont aucun respect du travail de tous ces gens. Donc les graffeurs font ce qu'ils veulent mais ils n'auront pas mon respect.
« La beauté est dans l'oeil de celui qui la regarde »
Justement. Il faut un oeil assez exercé pour voir qu'une rame de TER non tagguée est aussi belle qu'une Ferrari
ReacMick
à mick69
De Glam
juste ce type, vous savez ? | 12H55 | 14/07/2009 |
Il y a aussi des graphistes qui mettent beaucoup de coeur à l'ouvrage dans l'élaboration d'une publicité… ce n'est pas parce qu'il y a travail que la finalité est positive. Chacun verra le bon droit de son côté et, encore une fois, je privilégie l'expression.
Pour moi c'est beau quand c'est humanisé.
à Glam
De mechante langue
00H00 | 15/07/2009 |
les tag c'est comme imposer aux gens la lecture de mauvaises dissertations d'élèves de troisiéme.
Vous avez certes le droit de penser que la dissertation d'un mauvaise élève a la meme valeur artistique qu'un roman de Balzac ou de Pessoa , puisque vous « privilégiez l'expression » .
On peut préférer le talent et le beau ….
à mechante langue
De Glam
juste ce type, vous savez ? | 08H57 | 15/07/2009 |
On peut, n'empêche qu'humainement, ça a moins de valeur que l'expression (et c'est plus tendu à définir). : )
C'est pas comme si tout le monde devait être surdoué. Au moins, ceux qui essaient ont plus de chances de progresser que ceux qui restent les mains dans les poches.
De franco-chinois
chercheur | 02H11 | 14/07/2009 |
Le nu est une beauté exprimée de mille et une manières à travers les ages. L'exprimer librement sur les plages de Californie ou de Chine, au poste vous finirez.
Art urbain ou pornographie des façades ? Votre goût le dira.
Forcer mon ouïe avec du Sex Pistol, je vous fout mon point sur la gueule, sauf le respect que je vous dois.
De biou
ronde | 12H34 | 14/07/2009 |
les chinois ne comprennent pas l'art.
De le soudanais
ici et là | 12H41 | 14/07/2009 |
il tire son nom d'un train RER, le fameux ZEVS, avec le V qui ressemble à s'y méprendre à un U !
De GastonLagaffe
flâneur - gastlag.owni.fr | 13H01 | 14/07/2009 |
Il y a un ou deux ans il s'était offert la fnac de la rue de rennes, c'était chouette.
De AF
17H58 | 16/07/2009 |
Si l'art et la culture vont de paire, ils ne s'accordent que quand les deux peuvent être sur mis le même plan.
La mode et la haute couture sont des étendards pour la France admis de tous en Asie ; bien sûr ce n'est pas forcément de l'art pour les Français…
Jouer sur ces deux tableaux (deux niveaux de perspective, comme ces deux C typographiés et le layer de dripping, référence à Pollock ? ) c'est à coup sûr déconcertant au mieux, déstabilisant au pire, guère plus. Pour moi, c'est du bon concept-design (c'est-à-dire pouvant facilement rentrer dans le système marketing visuel), pas dénué d'intérêt du tout. Malgré tout une situation propice à un malentendu supplémentaire de l'ordre du culturel local me semble utile à remarquer en l'occurence (sans ironie, ou très légère) :
Ce que l'artiste ne sait peut-être pas est que le lancer de peinture noire ou rouge (mais surtout en noir) au niveau « culturel », reconnu de tous dans cette société chinoise de HK, est une pratique sportive à hauts risques assez courante, sinon bien plébiscitée, des Triades sur toutes propriétés privées, enseignes, voire magasins pour impots mafieux non-versés (rarement sur la personne physique, une sorte de mise en garde ; hou'la, ça rigole pas ! ).
Dieu sait ce qu'il advient si ce premier geste artistique est ignoré ? … - Du « dripping » encore plus coloré et réaliste !
De quoi agacer doublement la police en question, toujours dans une situation peu confortable d'arbitre entre pratiques locales ancestrales et soucieuse de son image (elle aussi) face au duo modernité-rendement pour le moins bien rodé d'avoir un œil et de laisser faire (contrairement au discours sur ce qui par ailleurs est condamné ou condamnable d'avance par tous), de voir cette pratique s'étendre à l'occident pour x raisons… L'appréciation de l'art, à n'en pas douter, ne doit pas faire partie de ses priorités absolues.
J'en ai déjà été témoin dans l'action (ça le fait toujours mieux de présenter ça comme ça) sur la carosserie et le pare-brise d'un mini-bus urbain et cela sur l'île de HK, pas loin de ce quartier de central où ce happening a dû avoir lieu, et non pas dans les Nouveaux-Territoires retirés près de la Chine.
Un détail qui ne tue pas : les « petites frappes » ou xiao-di (en italique) envoyées perpétrer ce genre de méfaits sont en général jeunes (là, pas de problème pour la comparaison) sûrement rémunérés au taf (là je ne sais pas), mais bien sûr localement aguérris (en connaissance des lieux, la comparaison s'arrête net) et rapides, mais qui plus est et surtout, en groupe !
Cela va sûremement lui être décrit par la police hongkongaise pour améliorer sa performance future qui laissera la face sauve à chacune des parties concernées (une notion qui serait à rajouter dans cette analyse de surface), d'ailleurs en général très bien formée pour le contact avec les occidentaux, et il faut le dire aussi, très respectueuse sinon respectable (une redevance non-pécunière à leur égard).
S'il le savait, chapeau ! … de se frotter à ce symbole en filigrane (inconnu pour sûr des galéristes et amateurs parisiens outre monde chinois…). Il lui sera expressément déconseillé d'essayer ça en Chine, comme à Shanghai, où une protection physique spéciale et rapprochée (pourquoi pas féminine pour tromper la vigilance policière) lui serait nécessaire, hors sa notoriété internationale, à coup de guanxi sur place avec la ou les « sociétés Noires » (le parallèle coulait pourtant de source ou sautait aux yeux, bon sang ! ), pour éviter le clin d'œil malencontreux A TOUT PRIX (là, j'en repasse une couche, pas spé-utile). Juste étonné que cela n'ait pas été relevé par des résidents français de HK, sans doute en train de cuire leur 14 juillet… ( ;
Mais pourquoi pas tenter le coup avec pas mal de cran ? Je ne suis en rien là pour l'y inciter au contraire.
Voilà pour ma contribution empirique de base qui n'engage que moi, l'art étant toujours un mariage à trois difficile entre le regardé sujet (l'artiste), l'objet (qui ne compte pas pour des prunes) et le regardant (le public, le verbe), et pas que l'œil du « beholder » ( Beauty lies in the eye of the beholder, en anglais dans le texte à l'origine en passant, sans patente).
Original, tout de même, pour enrailler le train-train, sans rapport avec le nom de l'artiste dont j'ignore tout ! Pardon pour la longueur, pris d'un élan … de m'épancher sur cette forme d'art dans le lard [sic].
PS dégoulinant (réf. à la culture/déconfiture) :
1/ Pourquoi ne pas s'attaquer à une marque anglosaxonne bien klaxonnante comme Rulph Leuran (plus de lettres impliquent ça dégouline encore plus) ?
2/ N'y-a-t'il pas un peu de masochisme typiquement français qui nous redégoulinera dessus [sic double], flûte ?
3/ On pourrait penser à une expat toute française de son état (un must - Critera, ça doit le faire pas mal aussi - not necessarily, et les marques de Champ » style Lowsan & co, flash-ballés en couleur pour que ça pschiit vers le haut ? ! ) en mal de pays, prise de melancholia profonde et amère qui aura voulu exprimer son désarroi à son amoureux non-transi : « Mes yeux rimellés de Chanel coulent d'humeur noire pour toi.. ! », etc. (adaptation possible à une typo adéquate universelle autant qu'une marque peut l'être, voire un smiley ) : d : , Ouf, Bof, Ouais-ha, holala, tout ce beau monde baverait pas mal de térébenthine et acrylique mal digérés. « Voulez-vous C… by Christina Aguilera… avec moi ce soir », le Nec plus Vltra), bon à ce niveau là (d'échanges cult') je devrais me faire payer par l'artiste lui-même (sans passage à la case occulte aucune), etc-final. Rue, vous avez son email (pas rimel) ? ARRETEZ-Moi (à la place) !
Allez, bon vent, l'artiste…[ pour que ça sèche plus vite une fois le dos tourné, dommage HK en plus a un taux d'humidité record] ((( :
De pikasso02
08H32 | 17/07/2009 |
Zevs imite les mouettes dans les villes portuaires. On parle alors de salissures.
De pikasso02
08H45 | 17/07/2009 |
Le tag existe depuis la société de consommation. Les rejets dans la nature des huiles de vidange, des machines à laver, de tout matériel usagé. La différence c'est que ces déchets étaient cachés. Du jour où l'environnement devint réflexion, nous découvrâmes notre désinvolture. Le tag a peut-être à voir avec ces crachats inconscients. Les mots ne suffisant plus pour les dénoncer. Simple supposition !