
La jeune génération d'écrivains chinois tourne le dos à la politique
On ne traduit que les plus de cinquante ans. La jeune génération littéraire chinoise est peu connue en Occident car les ouvrages ne sont pas accessibles ; il y a heureusement des exceptions de bonne qualité.
Une génération en rupture
Les écrivains nés après les débuts de la Révolution Culturelle et la mort de Mao Zedong (1976) ont une approche très différente de leurs prédécesseurs. Les tumultes de l'histoire politique, les grands mouvements sociaux (collectivisation et vie paysanne, Révolution Culturelle et envoi des jeunes à la campagne…), tout cela est ignoré.
On parle de SOI, des jeunes qui vous entourent, des villes, de la classe moyenne. C'est vrai que ces thèmes sont peu développés par les écrivains plus âgés même si Chi Li dans ses livres ou Yu Hua dans la deuxième partie de son roman « Brothers », nous parlent avec talent de la Chine contemporaine.
On peut aussi souligner que les convulsions historiques récentes comme la répression de la place Tiananmen, ne seraient pas des thèmes romanesques plébiscités par la censure !
On écrit beaucoup sur le passage à l'âge adulte, les années de lycée, les amitiés durables qui se sont forgées à l'université, les émois et les premières expériences sexuelles.
C'est le cas de Han Han , une des stars en Chine dont en France, on ne connait que « La porte étroite » (JC Lattes, 2004). De Guo Xiaolu, on a aimé « La Ville de Pierre » (P. Picquier, 2004) et lu en souriant le « Petit dictionnaire Chinois-Anglais pour amants » (Buchet Chastel, 2008).
Vivent le sexe et la censure, ils assurent les tirages…
Sexe, alcool , drogue, on n'en parlait pas et l'on conçoit que cette génération soit exaspérée par la pudibonderie officielle, relayée largement dans la littérature.
Un grand roman, « La Capitale Déchue » de Jia Pingwa (traduit chez Stock en 1997 et qui a obtenu le prix Fémina Etranger), avait eu des difficultés avec la censure malgré la pré-censure par l'auteur des scènes érotiques et la publication en blanc des pages qui auraient risqué d'être censurées !
Avec les « Scandaleuses de Shanghaï », on n'est pas dans le même registre bien que ce soient des livres intéressants. « Shanghaï Baby » de Wei Hui est interdit en avril 2000 et 40 000 exemplaires sont brulés. Quant au roman de Mian Mian « Les Bonbons Chinois » (L'Olivier 2001), il est retiré de la vente la même année. Ces livres furent présentés comme un renouveau de la littérature chinoise menacé par la censure.
C'est aller un peu loin, et parler d'alcool de drogue, de nombreuses relations amoureuses (y compris avec des étrangers ! ) est un thème qui a aussi ses limites (comme le montre le moindre succès de leurs ouvrages ultérieurs : « Marrying Buddha » pour Wei Hui et « Panda Sex » pour Mian Mian)
Ce qui frappe, c'est une approche assez cynique et « machiste » des relations amoureuses, que les héros soient hommes ou femmes. De même, la volonté de profiter très vite des plaisirs de la vie, conduit à des attitudes assez désabusées. L'argent, s'enrichir, sont des préoccupations de tous les instants au même titre que les femmes et le sexe comme nous le montrent les livres de Feng Tang et de Murong Xuecun.
Les Editions de l'Olivier, les traducteurs Claude Payen et Sylvie Gentil, ont fait le choix, courageux, de nous présenter ces auteurs, inconnus en Occident.
Feng Tang, gynécologue, manager …et écrivain !
Né en 1971 à Pékin, marié, il est Docteur en gynécologie, titulaire d'un MBA d'une université américaine, partenaire à Hong Kong chez Mc Kinsey, la société réputée de conseil en management et maintenant dirigeant dans une grande société de Hong Kong.
Un cocktail tout à fait étonnant d'autant plus qu'il assure ne pas vouloir faire une « carrière littéraire ». Quand on connaît la charge de travail dans les sociétés de conseil et la taille de son blog, tenu depuis 2005, on se demande quand il trouve le temps d'écrire ses romans !
Les Editions de l'Olivier nous en proposent deux « Qiu comme l'Automne » (2007) et « Une fille pour mes 18 ans » sorti très récemment ; le troisième titre de cette trilogie « Pékin, Pékin » est programmé.
La vie des lycéens et des étudiants en médecine, les sorties, l'alcool, les filles … sont les thèmes principaux. Deux romans très vivants, très enjoués ; un ton plein d'humour mais parfois assez cru, on lit avec plaisir une suite de petites scènes sans grande progression dramatique. Le héros n'est intéressé ni par l'argent ni, bien sûr, par le travail ; un seul souci, Zhu Shang, une belle lycéenne… L'environnement historique et politique est totalement absent, par contre les références culturelles sont nombreuses, parfois un peu trop.
Le blog de Feng Tang nous montre un personnage fort intéressant, très connu en Chine et à Taiwan où « Une fille pour mes 18 ans » a eu un bon succès. C'est un passionné de littérature chinoise mais aussi de romans d'art martiaux (wuxia). Ses liens avec sa mère semblent importants pour lui et il écrit actuellement un roman sur ce thème (« Hanging Willow »)
Murong Xuecun, un écrivain né de l'internet !
S'il n'y avait pas eu internet, Murong Xuecun continuerait à vendre des voitures à Chengdu au Sichuan ! Il a commencé à écrire en 2001 à vingt-sept ans et publie sur internet « Oublier Chengdu » que Claude Payen a traduit en 2006.
En Chine, le succès a été immédiat avec 150 000 contacts. Il a abandonné les voitures pour une vie d'écrivain et partage son temps entre le Tibet et l'ile de Hainan à l'extrême sud de la Chine (une curieuse combinaison pour quelqu'un né en Mandchourie ! ).
Le roman nous conte les relations d'amitié souvent intéressées entre le héros Chen Zhong, directeur commercial, et deux amis d'université, l'un financier avisé, l'autre policier corrompu.
« il n'existe aucun crime que l'argent ne puisse racheter »
Notre héros passe sa vie à jouer, à boire, à truquer ses notes de frais et ses recouvrements tout en poursuivant toutes les femmes qui passent à sa portée.
Ses relations avec sa femme, dont il dit être amoureux, sont complexes car il nous confie en même temps : « Pour moi, l'amour a toujours été un jeu, je n'aime personne ou plutôt, je n'aime que moi. » Sa femme finira par le quitter et ses manœuvres sordides pour tenter de prendre la place de son patron, se termineront de manière dramatique.
Le cynisme du personnage est sans limites :
« Ce jour là, j'ai appris deux choses : il n'existe aucun crime que l'argent ne puisse racheter, ni aucune honnêteté qu'il ne puisse corrompre ».
Mais c'est une approche désespérée, l'obsession de l'argent et le cynisme des relations sociales le conduisent à une attitude suicidaire.
Murong Xuecun a écrit deux autres romans qui ne sont pas traduits. Il est considéré comme un des bons exemples de ce que deviennent les relations entre internet et la littérature.
On n'imagine pas l'importance de l'impact d'internet sur la création littéraire et l'activité d'édition de livres. De nombreux sites littéraires, des millions de pages vues, des milliers d'écrivains sous contrat avec ces sites et l'édition de livres qui devient la simple reconnaissance du succès d'un texte sur internet (70 livres ont eu une diffusion supérieure à 100 000 exemplaires).
L'impact est majeur et les frontières entre littérature, jeux vidéos, jeux de rôle en réseau, deviennent tout à fait floues, tout comme les relations entre l'édition et d'autres médias.
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De San De
22H07 | 13/06/2009 |
Je trouve sinon au contraire, d'après le résumé ici, le « oublier Chengdu » me semble au contraire un livre très politique ! ! ! Sauf qu'il y a un point de vue plus psychologique et sociale sur l'évolution de la société (je doute que l'auteur apprécie le cynisme et la corruption)…
Sinon, le « parler de SOI », c'est tout à fait naturel ! Le très « brillant et humaniste » deng xiaoping (j'ai halluciné en regardant infra rouge sur France 2 l'autre jour qui en faisant un super type) a fait rentrer le capitalisme dans ce qu'il a de pire, idéologie de l'égoïsme, du « chacun pour sa gueule », cela amplifié par le caractère dictatorial du système ne pouvait qu'engendrer la culture de l'individu roi et des histoires fort peu intéressante finalement de gens qui se croient intéressant (shanghai baby par exemple, qui n'est qu'une grosse daube littéraire mais qui a fait un buzz)…
on peu regretter que la littérature se contente de sujets dignes de skyblog colorés… « On écrit beaucoup sur le passage à l'âge adulte, les années de lycée, les amitiés durables qui se sont forgées à l'université, les émois et les premières expériences sexuelles. »…
à San De
De manusan
04H43 | 14/06/2009 |
« on peu regretter que la littérature se contente de sujets dignes de skyblog colorés… »
tout à fait ça, ce n'est pas que la Chine manque d'écrivains talentueux, le problème c'est que ces écrivains n'ont pas l'esprit libre, pris en étau entre un régime omniprésent en politique et la quête de reconnaissance dans la société moderne chinoise qui ne jure que par l'argent. Pour les quelques rares, il ne reste que la fuite.
De Silouane
Rugbyman | 03H55 | 14/06/2009 |
Pour Han Han , si ces romans n'abordent pas la politique, son blog, l'un des plus lus en Chine, tire régulièrement sur tous les défauts et les excès du système, du gouvernement et de la politique ; son dernier billet trait du nouveau logiciel de contrôle. Lors des différends entre la Chine et la France, il avait tourné en dérision le boycott anti-français en affirmant ironiquement qu'il le soutenait. Un passage :
Le boycott permet de lutter contre la corruption ; les produits français ne sont pas achetés par les masses et ce boycott n'a aucune incidence sur la plupart des Chinois ; en revanche, pour les fonctionnaires qui aiment sortir du pays pour faire des recherches et des enquêtes, beaucoup de choses vont changer, notamment dans les magasins duty free, surtout avec leur femme qui sont de grandes consommatrices de produits français. Elles seront embarrassées de ramener le fruit de leurs achats en France, devront restreindre leur consommation et ainsi mettre un frein au développement de la corruption.
http://silouane.blog.lemonde.fr/2008/12/24/chine-vive-le-boycott-des-pro…
à Silouane
De Bertrand Mialaret
(auteur)
Consultant à Paris | 07H33 | 14/06/2009 |
Merci de rappeler l'importance du blog de Han Han ; dans un article du 14 Février, j'avais souligné l'intérêt de cet écrivain. Son aspect « people » est un peu irritant mais son livre traduit en Français m'avait plu et le commentaire de « Books » sur son dernier livre montre l'intéret de son approche.
Il nous rappelle la complexité en Chine des liens entre écrivains et censure. Entre le conformisme de certains membres de l'Union des Ecrivains, les difficultés réelles de Yan Lianke (qui rappelle les risques de l'autocensure…) et la position de Ma Jian qui considère qu'on ne peut rien écrire en vivant en Chine, il y a une grande variété de situations.
Je suis frappé par le texte récent de Yu Hua dans le New York Times sur Tiananmen qui montre un indépendance plus grande que celle qu'il manifeste dans ses romans.
De même dans le dernier livre de Mo Yan , qui sortira à la rentrée en France, le héros est un propriétaire terrien et les voyous les membres du Parti ! On pourrait multiplier les exemples sur la manière dont les écrivains jouent avec la censure.
à Bertrand Mialaret
De Silouane
Rugbyman | 13H48 | 14/06/2009 |
Le blog de Han Han me rase parfois car il prend systématiquement le contre-pied de l'opinion générale face à tout événement, cette attitude devient parfois sa marque. Le fait de se faire le contradicteur systématique fait vendre mais ça expose à dire un peu n'importe quoi quelques fois.
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 12H08 | 14/06/2009 |
Quand je lis des articles comme ça, j'imagine les Chinois lisant « Bonjour tristesse » en 58 et se disant, « Ah, tiens, les Français(es) sont comme ça… » Sagan incarnant la femme française ! Bien sûr que la jeunesse chinoise n'est pas totalement exemptée de débordements libérateurs, de liesse et autre stupre effraction ! Je me souviens avoir ranimé un gamin en comas étylique en boîte à Shanghai… Mais ce sont des happy-few (si l'on peut dire ! ) ! Il faut arrêter avec ces renouveaux de je ne sais quoi toutes les cinq minutes ! Globalement, ça file doux et ça moufte pas ! Les monitrices politiques veillent au grain dans les facs qui sont toutes à la campagne (grande banlieue) où l'expropriation est moins coûteuse… Trois internautes, deux pékinoises, cinq auteurs, certes c'est formidable et je leur souhaite longue vie en croissant et multipliant, mais ça ne fait pas la Chine d'aujourd'hui où il est toujours aussi difficile de parler de soi parce qu'impossible ou presque de se penser en tant que sujet.
à GanLanShu
De Bertrand Mialaret
(auteur)
Consultant à Paris | 12H50 | 14/06/2009 |
Les écrivains sont-ils le reflet d'une société, vaste sujet !
Cet article vient après celui sur le document « la fabrique des femmes » qui concerne cette fois un nombre infiniment plus important de jeunes Chinois .
La Chine d'aujourd'hui est un ensemble complexe et c'est pourquoi il me semble important que des auteurs de la jeune génération soient traduits et surtout que l'on prenne conscience des boulversements qu'entraine internet et notamment la lecture et la création littéraire sur internet.
à Bertrand Mialaret
De Silouane
Rugbyman | 13H42 | 14/06/2009 |
Il serait intéressant de savoir à partir de quels critères un éditeur décide d'éditer un roman chinois, hors des considérations commerciales et marketing ( qui ne sont pas négligeables) et en quoi ces romans reflètent la littérature chinoise ?
Par ailleurs, un écrivain chinois, non traduit en français, Cao Wenxuan, parle d'occidentalo-centrisme dans la littérature chinoise depuis 20 ans. En quoi donc cette littérature occidentalo centrée est-elle le reflet du pays ?
Quelques notes prises à la suite de lecture d'article de l'auteur et de quelques conversations :
Le premier article d'un recueil, « Romans » -小说门 - m'a désagréablement surpris, non par les propos de l'auteur, mais par un terrible constat. Intitulé « Chaque nationalité a sa propre histoire littéraire », le texte s'élève contre « l'occidentalo-centrisme » -西方中心主义- en Chine qui exagère l'influence des romans occidentaux et son utilité et qui accepte de plein gré une conclusion planétaire : les romans contemporains et modernes tirent leur origine ou bénéficient de la création occidentale. Non seulement, ces idées sont acceptées de plein gré dans les milieux littéraires chinois mais aussi japonais et même latino-américains. Dans les débats sur la création, on revient toujours à chercher les premiers ancêtres occidentaux, tels Flaubert, Defoe, Cervantes ou Fielding.
Cao montre que chaque nation a sa propre histoire littéraire, qui s'est développé spontanément. Il rappelle que le classique « Le rêve dans le Pavillon rouge » de Cao Xueqin est apparu bien indépendamment des oeuvres romanesques occidentales. Les Chinois devraient davantage connaître et expliquer leur tradition littéraire, qui ont développé des genres uniques comme à l'époque des dynasties Yuan et Song. Une meilleure connaissance de la tradition devrait contribuer à élever le niveau de la création chinoise.
Les Chinois devraient retrouver confiance en eux et être fiers le leur littérature tout en se posant les bonnes questions, comme « Quelles qualités de la littérature occidentale devraient être étudiées ? ». A force de regarder la littérature chinoise avec des standards occidentaux, les écrivains chinois ont donné de mauvaises habitudes aux Occidentaux qui partent aussi de ce même point de vue.
Ne nous méprenons pas, à l'heure du nationnalisme chinois, ce n'est pas un cri nationaliste ; ces lignes sont plus une alerte en direction des milieux littéraires et des enseignants qui délaissent trop la richesse de la littérature chinoise et qui ne remplissent pas le devoir d'explication. Cao fait preuve de pondération ; pour Lu Xun, si il souligne la forte et indéniable coloration chinoise, il n'omet pas les influences occidentales et russes.
à Silouane
De Bertrand Mialaret
(auteur)
Consultant à Paris | 15H16 | 14/06/2009 |
Vous me donnez envie de lire Cao Wenxuan, je viens de commander « The straw house ».
L'impact de l'Occident s'est produit à des époques précises : à la fin de l'époque impériale où les traductions ont fleuri et après le désert de la Révolution Culturelle.
Je trouve au contraire que les grands écrivains chinois se dégagent du « modernisme occidental » qui les a influencé à une certaine époque ; c'est évident pour Yu Hua mais c'est aussi vrai pour Mo Yan, pour n'en citer que deux.
L'occidentalo-centrisme qui me frappe c'est celui des intellectuels en France et en Europe ; un petit test parlez de littérature européenne à un étudiant chinois et il va vous citer nombre d'auteurs mais vous serez fortuné si vous trouvez un étudiant européen capable de vous citer « Le rêve dans le pavillon rouge ».
à Bertrand Mialaret
De Silouane
Rugbyman | 15H35 | 14/06/2009 |
The Straw house est davantage « un roman pour les enfants », qui a un extraordinaire succès en Chine, une myriade de réédition, un films (http://www.toutlecine.com/film/0035/00354915-souvenirs-d-enfance.html), des spectacles, etc…
Je préfère les écrits théoriques de Cao à ses romans.
Je ne suis pas un spécialiste de la littérature chinoise, je rapporte juste les propos de Cao, qui est prof de littérature chinoise à Pékin et qui se plaint de cet abandon de la culture chinoise, de ce rejet durant le XXe siècle notamment ; le retard économique a poussé les Chinois dans les bras de l'Occident, qui avaient perdu confiance dans leur tradition. J'aurais tendance à le croire.
« L'occidentalo-centrisme qui me frappe c'est celui des intellectuels en France et en Europe ; un petit test parlez de littérature européenne à un étudiant chinois et il va vous citer nombre d'auteurs mais vous serez fortuné si vous trouvez un étudiant européen capable de vous citer “ Le rêve dans le pavillon rouge ”. » Bien entendu, on ne peut qu'être d'accord mais c'est une autre histoire.
à Silouane
De San De
16H43 | 14/06/2009 |
L'occidentalo-centrisme des occidentaux, c'est pas super super, mais, c'est moindre mal par rapport à l'occidentalo-centrisme des non occidentaux ! Dans ce dernier cas, c'est juste se considérer comme centre du monde (tout le monde se considère centre du monde », dans le deuxième cas, c'est d'avantage une colonisation morale et culturelle des plus destructeurs !