
Pékin propose un train pour unir la Chine et l'île de Taiwan

(De Pékin) Le Ministre chinois des chemins de fer a annoncé que Pékin réfléchissait à construire un train pour relier l'île de Taiwan, distante de 180 kilomètres des côtes continentales. Un projet titanesque et que les politiciens taiwanais jugent à la fois inutile, pas rentable et peu stratégique pour l'île.
Ces derniers mois, Pékin a multiplié les initiatives pour favoriser le rapprochement avec Taiwan. Après les liaisons aériennes, les propositions d'aide dans la crise, l'annonce d'un projet de pont entre le Fujian et une île située à quelques kilomètres, la République Populaire de Chine réfléchit à construire un train pour relier Taipei.
Le Ministre chinois des Chemins de Fer, Liu Zhijun, a déclaré jeudi à l'agence Chine Nouvelle que Pékin « projette activement » de construire une liaison ferroviaire entre le Continent et Taiwan. Selon M. Liu, le chemin de fer relierait Fuzhou, capitale de la province du Fujian à Taiwan et permettrait à terme de rejoindre Pékin depuis Taipei.
Le projet est visionnaire sur le plan technique. Mais aucune précision n'a été fournie jusqu'à présent sur la solution qui serait adoptée pour franchir les 180 kilomètres du Détroit de Formose. Un pont ? Un tunnel ?
La prudence de Taipei
Il est également ambitieux sur le plan politique. Car Taipei ne voit pas les choses du même oeil.
Interrogé sur le projet, le porte-parole de la présidence taïwanaise a laconiquement expliqué que Pékin devrait prendre en considération les aspects « professionnels et politiques » de la question.
Le vice-ministre taïwanais du Conseil aux Affaires Continentales a, lui, émis des doutes sur la nécessité d'une telle liaison ferroviaire, soulignant sobrement les efforts déjà en cours de chaque côté du Détroit de Formose pour améliorer les liaisons maritimes, aériennes, et postales.
Il a estimé que les transports entre les deux entités reposaient déjà sur des « fondations solides ».
M. Liu a insisté sur la nécessité de « réduire la distance psychologique » qui sépare Taiwan de la Chine continentale.
Un rapprochement qui pose problème
Au même moment, il s'est interrogé sur la nécessité de mettre en place une zone économique commune aux deux rives du Détroit de Formose. A la place, M. Liu a jugé qu'il serait plus utile de travailler à protéger les intérêts des investisseurs taïwanais sur le continent.
Le vice-ministre a également écarté le projet de pont entre l'île de Kinmen, sous contrôle taïwanais, et la ville de Xiamen, dans la province du Fujian. Il a expliqué que le Conseil de Planification Economique et de Développement avait adopté la position de principe de ne pas le construire.
Le réchauffement des relations avec l'autre rive du Détroit de Formose est certes perçu comme une avancée, bénéfique à Taipei sur le plan économique et rassurante sur le plan stratégique. Le rapprochement rapide avec Pékin est toutefois accueilli avec un certain scepticisme, certains craignant que la République Populaire ne s'emballe un peu et ne se voit faire avec Taiwan ce qui a été fait avec Hong Kong depuis la rétrocession.
Au sein des différents partis politiques taïwanais, les critiques sont explicites.
Chang Hsien-yao, député du Kuomintang, a estimé que les liaisons aériennes en discussion à l'heure actuelle suffiraient et qu'un train ne serait « pas rentable » aux vues des besoins et de la configuration géographique.
Quant au député du Parti démocrate progressiste ou Minjindang, Huang Wei-cher, il a jugé que le projet était tout simplement « illogique ». Selon lui, des liaisons aériennes entre Pékin et Taipeh seraient beaucoup plus appropriées. Il a également estimé qu'une liaison ferroviaire mettrait l'île dans une « position stratégique défavorable ».
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A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
Ailleurs sur le Web
- ► China planning rail link to Taiwan, sur Taipei Times (en anglais)
- ► Panda fever in Taiwan sweeps to train, sur Sina.com (en anglais)
- ► Le PM chinois dit qu'il "ramperait" jusqu'à Taiwan s'il ne pouvait plus marcher, sur Xinhua (en français)
- ► La Chine en quête de ses frontières - La confrontation Chine-Taiwan
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De Tuzlefourbe
Libertaire | 13H24 | 13/03/2009 |
Une annexion de facto plutot qu'une invasion….
Les chinois sont de plus en plus sûrs d'eux mêmes…
à Tuzlefourbe
De DBL8
Retraité | 13H32 | 13/03/2009 |
Ils sont patients, dans 10 ans, 20 ans, cette ile (Taïwan) tombera dans les bras de la chine et elle ce félicitera que cette province revienne dans le mère patrie.
Ils n'ont pas les moyens d'agir autrement car les Etats-Uniens veille.
à Tuzlefourbe
De hengxi
En transit (parfois intestinal) | 16H26 | 14/03/2009 |
ces mots d'annexion, d'invasion me font toujours sourire de la part de personnes qui habitent un pays qui a passé les 3/4 de son passé à envahir et annexer les autres.
Mais il est vrai qu'avant une certaine date on avait le droit et que c'est dorénavant interdit, sauf pour :
l'Irak
La palestine
etc…
Voilà ce qui arrive aux gens qui n'envahissent pas assez tôt ; il fallait vous y prendre plus tôt messieurs les Chinois, le magasin est fermé.
à hengxi
De davidenfrance
enseignant en langues etrangeres | 02H06 | 15/03/2009 |
En fait les hans dont nous parlons s'y sont pris beaucoup plus tot que nous pour etendre leur territoire, comme le dit justement un riverain, ils sont un peu partout en Asie du Sud Est aussi et dans ce cas, pourraient clamer certains autres territoires s'ils pensaient leur reunification sur le critere ethnique.
Pour avoir vecu quelques bonnes annees en Chine, je n'ai entendu cet argument qu'une seule fois la-bas en tous cas.
Le debat ne se porte pas, a mon avis, sur le cote ethnique, qui est a la mode plutot de notre cote du monde mais sur le(s) choix d'un modele de gouvernement et surtout la reconquete de ce que « nous » avons aussi pris a l'empire chinois a l'epoque, leur obstination tient pas mal a cela, c'est ce que j'ai ressenti en tous cas.
C'est nous qui avons ouvert le magasin.
Simplifier la Chine en une ethnie Han serait disons definir l'Europe comme une ethnie caucasienne…
Pour avoir eu l'opportunite de travailler avec des taiwanais, il est vrai qu'ils sont vraiment differents des hans continentaux (je dirais chinois on penserait que je souhaite leur rattachement…), insulaire certes, mais disposent d'un vrai heritage culturel, religieux dont ils sont fiers, de la presence moins marquee du maoisme aussi et de celle plus marquee de la modernite economique.
Je suis ravi que ce sujet puisse etre aborde et discute dans ce site.
De Al nasr al tair
13H40 | 13/03/2009 |
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
14H03 | 13/03/2009 |
Méthodiquement, par les échanges comerciaux qui sont de plus en plus présents entre les deux pays ( Les investissements de Taïwan en Chine sont conséquents), cette tentative chinoise, sorte de poker menteur à peine voilée d'annexion, n'a pas échappée aux yeux de Taipei.
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=52936
De Madiran
(Business Analyst) | 15H42 | 13/03/2009 |
Pékin a mis près de 50 ans pour construire la ligne de chemin de fer Pékin à Lhassa au Tibet…
ils seront capable d'attendre pour construire une ligne vers Taiwan.
S'ils veulment une ligne ils l'auront.
Leur atout ?
La patience !
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H38 | 13/03/2009 |
Un pont de 180km de long ? Dans une région touchée par les séismes et les typhons !
Je sais bien qu'ils ont déjà à leur palmarès le pont de Donghai, mais il ne fait « que » 35km !
Et même pour un tunnel, c'est titanesque, c'est plus de trois fois la longueur de celui du Seikan ou de la Manche.
Après avoir fait la voie ferrée la plus haute du monde, voilà qu'ils tentent la plus profonde ou la plus aérienne.
S'ils y arrivent, ils mériteront bien de reprendre leur province rebelle.
De LeTresMoche
victime de la crise | 16H57 | 13/03/2009 |
Le titre m'a fait bien marrer
J'ai sincèrement cru à un gag, mais non.
Prendre les gens pour des cons a toujours fait partie de la politique, du commerce et de la diplomatie… Mais il y avait toujours une manière de faire, une place pour le doute ou un sous-entendu bref une ouverture pour la réponse.
Mais ces temps la sont finis, on prend VRAIEMENT et CONSTAMENT les gens pour des cons. Du coup les possibilités de réponses sont très limitées : soit on se tait (et on acquiesce) soit on se revolte contre l'affront ; soit on montre qu'on en a une plus grosse.
Donc, personnellement, je crois qu'une piste cyclable ferait parfaitement l'affaire
à LeTresMoche
De penabranca
survivor | 13H33 | 14/03/2009 |
une plus grosse ? rolex ?
Bravo pour ce constat que je contresigne.
le cynisme décomplexé présenté comme une réforme majeur est un tournant de la vie politique depuis l'avenement des pragmatiques au pouvoir…mais je m'éloigne du sujet « chine »…pardon
De General Subverciòn
réfractaire délocalisé | 19H45 | 13/03/2009 |
Ils veulent faire le même plan qu'au Tibet…Un train,des colons….main basse sur le territoire.
à General Subverciòn
De daniel
22H39 | 13/03/2009 |
A part le T et une grosse épine dans les pieds d'argiles de la Chine, le Tibet et Taiwan n'ont rien de commun.
Les Taiwanais (mis à par le peuple aborigènes ultra-minoritaire aujourd'hui) sont des Hans comme 95% des Chinois : inutile de coloniser.
à daniel
De Ming_xuan
Traducteur spécialisé | 14H54 | 14/03/2009 |
Vous avez une très mauvaise connaissance des clivages existants à Taiwan et vous feriez mieux de vous renseigner avant de lancer de tels propos. D'une part, les premiers habitants (aborigènes) de Taiwan n'étaient pas des Hans et ils se sont largement métissés avec leurs colonisateurs. D'autre part, il existe une animosité assez forte entre les « waisheng » (pour simplifier, les Hans et autres Chinois du continent arrivés avec le Guomindang de à la fin des années 40, majoritairement favorables à une réunification ou du moins un fort rapprochement Taiwan-Chine) et les « bensheng », qu'on pourrait traduire par « Taiwanais de souche » (Hans ou autre), qui eux, se considèrent assez largement comme une nation distincte de la Chine.
Il existe une « histoire de Taiwan » par Lee Hsiao Feng, chez l'harmattan, pour en savoir plus. Facile à lire et concis, je ne peux que vous conseiller de le lire.
à Ming_xuan
De daniel
16H44 | 14/03/2009 |
J'ai peut être une mauvaise connaissance de Taiwan, mais vous feriez mieux de bien me lire avant de me répondre.
Je ne parle nullement de la question d'indépendance, ni même du peuplement de Taiwan avant sa colonisation par les Chinois à partir du 17ème siècle.
Il ne s'agit nullement de la notion de nation mais d'ethnie, si on peut qualifier l'ethnie Han comme une ethnie.
Les statistiques disponibles font état d'une population à 98% d'origine Han.
à daniel
De Akaz
Malfini | 18H29 | 14/03/2009 |
Précisement, on t'explique qu'ethniquement ce n'est pas aussi simple. Sinon les thailandais sont chinois, les vietnamiens aussi…Bref, ça ne finit pas.
« Les statistiques disponibles font état d'une population à 98% d'origine Han. »
Statistiques mises en place par ? Dans quelle intention ? KMT, ROC, tous ces vocables sont le fruit d'une histoire.
Les taiwanais ressemblent pas trop a des hans…
à Akaz
De daniel
20H21 | 14/03/2009 |
« Les taiwanais ressemblent pas trop a des hans… »
Alors là, c'est la meilleure ! Vas y explique la différence,qu'on rigole.
Ce qui n'est pas simple, c'est la notion d'ethnie Han.
Les statistiques ? bon, j'avoue je ne les ai pas d'un ouvrage de référence mais de wikipedia… Ca vaut ce que ça vaut… Ca a le mérite d'être disponible.
http://en.wikipedia.org/wiki/Demographics_of_Taiwan
à daniel
De Ming_xuan
Traducteur spécialisé | 12H05 | 16/03/2009 |
Ces statistiques me semblent hasardeuses. Les questions du métissages entre aborigènes et colonisateurs (Han et Occidentaux aussi d'ailleurs, dans certaines tribus on fait état d'individus blonds ! ) sont délicates, bien des Taiwanais de souche sont au mieux incertains quant à leur généalogie. Ce chiffre est, au mieux, exagéré !
à Ming_xuan
De davidenfrance
enseignant en langues etrangeres | 02H21 | 15/03/2009 |
merci pour la reference du bouquin
De xiaoyisi
étudiante | 10H51 | 14/03/2009 |
C'est bizarre que sur le site d'Internet de l'agence Chine Nouvelle, il n'y a que le titre de cette nouvelle. Il semble qu'on l'ait annulée, mais pourquoi ?
De plus, si vous voulez, cherchez sur Google et vous trouverez que peu de sites importants chinois s'occupent de la nouvelle. Est-ce une affaire trop minime pour qu'on y prête attention ?
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 15H40 | 15/03/2009 |
L'info a disparu d'un peu partout… On n'est pas très loin de la perte de face pour Beijing. Il leur faut un cordon, quelque chose d'aussi physique que symbolique, un lien tangible dont on imagine sans peine la réticence qu'il peut susciter à Taïpei ! Le business fonctionne très bien sans ce train qui transformerait l'île en presqu'île… Beijing n'en a besoin qu'en terme de démonstration, comme tout le reste, pour convaincre sa population défavorisée qu'il faut continuer à attendre des jours meilleurs. On ne voit pas bien ce qui pourrait faire céder Taïpei. Bref, l'info et le concept ressemblent à un bug de fin de dîner trop arrosé…