Bergé et sa « vente du siècle » attisent le nationalisme chinois

C'est reparti pour une nouvelle crise de nerfs franco-chinoise, provoquée cette fois par l'« affaire » des deux sculptures en bronze pillées en Chine au XIXe siècle et qui seront mises en vente mercredi dans le cadre de la collection de Pierre Bergé et d'Yves Saint Laurent. Le ton est devenu passionné à l'approche de la vente, et Pierre Bergé a peut-être perdu une occasion d'avoir un rôle positif au lieu de jouer les provocateurs.
Le collectionneur n'a pas été le dernier, en effet, à souffler sur les braises, en lançant vendredi sur France Inter :
« Je ne ferai pas de cadeau aux Chinois contrairement à ce qu'ils imaginent. Je suis prêt à donner ces têtes chinoises à la Chine s'ils sont prêts à reconnaître les droits de l'homme. »
Bigre ! Que viennent faire les droits de l'homme dans cette affaire ? Et, surtout, c'est faire peu de cas du fait que ces pièces, que lui-même a évidemment acquises légalement, sont le fruit d'un des faits d'armes les moins glorieux de l'histoire militaire française, et que si l'on invoque les droits de l'homme, il ne faudrait pas qu'ils soient à sens unique.
Retour sur une affaire qui n'est assurément pas simple à trancher.
Peu de Français connaissent l'expédition punitive menée par les troupes françaises et britanniques à Pékin en 1860, au cours de laquelle Yuanmingyuan, le palais d'été de la famille impériale, fut mis à sac et pillé. Ce haut fait d'armes ne figure pas dans les livres d'histoire français : il est en revanche connu de tous les Chinois, comme l'aurait certainement été, dans l'autre sens, une hypothétique mise à sac du Château de Versailles par l'armée chinoise.
Il reste un repère important dans les rapports des Chinois au monde extérieur. Surtout que l'objectif de cette expédition militaire n'est pas d'amener les droits de l'homme dans l'empire chinois, mais, de manière plus prosaïque, d'ouvrir la Chine au commerce occidental, en particulier à l'opium ! Noble cause !
Le lapin et le rat en bronze qui seront mis en vente mercredi proviennent de cette expédition militaire, et d'une pièce ainsi décrite en octobre dernier par le Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois :
« Sur les douze ornements qui composaient la fontaine-horloge du Palais Yuanmingyuan, pillé et détruit en octobre 1860 par les troupes franco-britanniques, la Chine est déjà parvenue à récupérer cinq d'entre eux, à savoir la tête de bœuf, de singe, de tigre, de cochon et de cheval. L'emplacement actuel des têtes de dragon, de serpent, de chèvre, de coq et de chien, reste toutefois inconnu. »
L'écriture officielle de l'histoire, et sa manipulation, sont évidemment présents dans cette affaire comme dans celles que les dirigeants chinois préfèrent gommer. Mais pour prendre la mesure de l'événement, il faut lire le magnifique texte que Victor Hugo a consacré au sac du Palais d'été, et que Pierre Bergé aurait été bien inspiré de relire avant de balancer ainsi les droits de l'homme à la figure des Chinois. (Voir la vidéo avec le texte de Victor Hugo)
Victor Hugo rappelait que « tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l'Orient. » Jusqu'au jour où, comme il l'écrit :
« Deux bandits sont entrés dans le palais d'été. L'un a pillé, l'autre l'a incendié. La Victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît. (…) Grand exploit bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits.
Nous Européens, nous sommes les civilisés et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. »
Et Victor Hugo de conclure par une belle envolée :
« L'empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il était aujourd'hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du palais d'été ? J'espère qu'un jour viendra où la France délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée. »
La France n'a évidemment jamais renvoyé « ce butin à la Chine spoliée ». Le commerce de l'art a pris ensuite le dessus. Certaines de ces pièces se sont retrouvées dans les musées nationaux, d'autres entre les mains de collectionneurs privés, à l'instar de l'objet de l'actuelle controverse.
Pierre Bergé s'estime certain de son bon droit, et se défend ainsi :
« Ces têtes chinoises ont été pillées il y a 150 ans en Chine comme ont été pillées les fresques du Parthénon à Athènes qui sont au British museum, comme ont été pillées beaucoup de pièces qui se trouvent dans tous les musées du monde. Là-dessus il y a une législation et une jurisprudence. »
Et, de fait, tous les grands musées au monde détenteurs de pièces revendiquées par des pays victimes de pillages lors de guerres, du Louvre aux grands musées américains en passant par le British Museum ou l'Ermitage russe, se sont entendus pour refuser les demandes de restitution. Y compris au sein de l'Union européenne, à l'image du British Museum qui repousse les demandes répétées de la Grèce de récupérer les frises du Parthénon. Ces musées répondent au nom d'une « universalité » de l'art qui les arrange évidemment bien.
Mais la position du gouvernement chinois, établie il y a déjà plusieurs années, reste inflexible : Song Xingchao, directeur général du département des musées de l'administration d'Etat du patrimoine culturel, explique :
« Nous n'acceptons pas que les oeuvres qui ont été pillées, volées ou sorties en contrebande par le passé puissent être vendues à l'étranger. »
L'affaire sera traitée en référé lundi, à deux jours de la vente des deux pièces, mais le droit ne semble pas devoir jouer en faveur de la Chine, les pièces ayant été acquises légalement par Pierre Bergé et Yves Saint Laurent.
L'affaire des deux sculptures de Pierre Bergé n'est pas la première de ce genre. Plusieurs cas ont été réglés par l'irruption d'« hommes d'affaires patriotiques » chinois, qui se sont substitués à Pékin pour acheter les pièces apparues sur le marché, et les ramener en Chine. A défaut de gagner sur le terrain du droit, la Chine a aujourd'hui les moyens financiers de ses ambitions.
En 2007, le milliardaire chinois Stanley Ho, roi des casinos de Macao, avait ainsi déboursé 69 millions de dollars de Hongkong (6,3 millions d'euros) pour accomplir ce qui a été salué par Pékin comme un « geste patriotique ». Il avait racheté, à ce prix record, une magnifique tête de bronze provenant du pillage de Yuanmingyuan, et qui devait être mise en vente aux enchères chez Sotheby's à Hongkong.
Stanley Ho, dont la fortune est estimée à 7 milliards de dollars US, a obtenu de Sotheby's que les enchères soient annulées en raison de son intention d'offrir cette pièce exceptionnelle à « la mère patrie », selon la formule du China Daily de Pékin. Il est vrai que cela se passait à Hongkong, redevenue chinoise en 1997, et que Sotheby's avait tout intérêt à s'attirer les bonnes grâces de Pékin.
Le gouvernement chinois a déjà annoncé qu'il ne participerait pas à la vente de mercredi. Selon Song Xinchao, cité par le site du Quotidien du peuple :
« Malgré notre désir de récupérer ces trésors d'Etat, nous ne participerons pas à la vente aux enchères car nous n'avons nullement l'intention de payer des biens qui nous ont initialement appartenu. »
Mais d'autres pourraient le faire pour lui, à l'instar de Stanley Ho. A Pékin, le groupe Poly, dont la puissance financière provient de l'industrie de l'armement, avant de devenir un conglomérat immobilier et… culturel, s'est fait une spécialité dans la récupération de ces œuvres dans les enchères internationales. Il a même ouvert un musée dédié à ces trésors récupérés, dans une de ses tours située au centre de Pékin.
Poly a déjà dépensé plus de 100 millions d'euros depuis 1998 pour racheter des centaines de pièces, dont les plus connues sont trois têtes de tigre, bœuf et singe provenant de Yuanmingyuan, payées quatre millions d'euros lors d'une vente à Hongkong. « Nous savons que les collectionneurs ne sont pas les voleurs, ils ne connaissent souvent pas l'origine de leurs pièces. Nous voulons les indemniser en achetant leurs œuvres », m'avait dit un de ses dirigeants en 2003.
Le groupe Poly expose régulièrement ces œuvres à travers le pays, suscitant à chaque fois ferveur patriotique et rappel des épisodes douloureux de l'histoire de la Chine, lorsqu'elle n'était pas en mesure de résister à l'avancée des puissances occidentales, industrialisées et plus fortes militairement. Le message est simple : plus jamais ça, il faut une Chine forte.
Même si l'Etat français n'est pas concerné, il ne peut rester indifférent à la passion soulevée, et même aux arguments du gouvernement chinois. La question des œuvres d'art pillées est posée depuis plusieurs années. Lorsque, en 2007, l'Italie restitue à la Libye la Vénus de Cyrène qui se trouvait sur son sol depuis un siècle, elle montre que le refus pur et simple n'est pas toujours une option diplomatique réaliste.
La France elle-même s'active pour récupérer les œuvres d'art pillées par l'armée allemande pendant la deuxième guerre mondiale, comme en atteste cette information publiée sur le site du ministère des Affaires étrangères, à propos d'une exposition intitulée « A qui appartenaient ces tableaux », et qui s'est tenue l'an dernier. Lancée à l'initiative de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et de Mme Christine Albanel, ministre de la Culture,
« cette exposition retrace l'histoire des actions du gouvernement français pour rendre à leurs légitimes propriétaires les œuvres et objets d'art pillés en France par l'occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale ».
A partir de quand y a-t-il prescription ? Tant qu'il y a des propriétaires spoliés vivants ? La deuxième guerre mondiale oui, mais les expéditions de Pékin, non ?
Difficile à lire vu de Chine, surtout après les tensions franco-chinoises depuis un an, qui ont provoqué des campagnes nationalistes au sein de l'opinion chinoise et qui restent vives. Jean-Pierre Raffarin se trouvait récemment en Chine pour tenter de renouer le fil du dialogue, mais reconnaissait que Pékin attendait un geste de Nicolas Sarkozy qui ne vient pas…
C'est donc sans surprise que l'on reçoit ce samedi, via Facebook ( ! ), un texte intitulé « Les Citoyens chinois et français souhaitent le retour immédiat des reliques pillées du Palais d'été », dont l'un des initiateurs avait déjà été l'un des organisateurs de la manifestation des étudiants chinois place de la République, à Paris, après le passage controversé de la flamme olympique.
Ce texte cite évidemment Victor Hugo, et fait également référence à la deuxième guerre mondiale :
« Quelle aurait été la réaction de la France si l'armée allemande, lors de sa retraite en 1945, avait emporté avec elle les plus belles œuvres du musée du Louvre ? »
Dans ce contexte, Pierre Bergé, qui s'était engagé dans le soutien aux étudiants chinois lors de la répression du mouvement démocratique de la place Tiananmen en 1989, a eu tort, nous semble-t-il, de faire comme si tout cela était de la poudre aux yeux.
Son offre d'échanger ses sculptures contre les droits de l'homme est absurde : il aurait été plus avisé de faire un grand geste généreux, au nom de l'appel de Victor Hugo et les valeurs universelles qu'il défend, et d'offrir ces pièces à un grand musée chinois.
Pierre Bergé aurait mis Pékin et son non respect des droits de l'homme beaucoup plus dans l'embarras qu'avec une attitude qui sera aisémment présentée comme une « insulte au peuple chinois », et ne fera que renforcer ce nationalisme qui se nourrit d'une certaine arrogance.
A lire aussi sur Rue89
► Le « geste patriotique » d'un riche Chinois lave l'affront français
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► Après l'Italie, la France doit-elle payer une « dette » coloniale ?
Ailleurs sur le Web
► Les têtes de lapin et de rat en bronze seront vendues aux enchères en France, sur Le Quotidien du Peuple en ligne (français)
► Pierre Bergé : « les têtes chinoises contre les droits de l'homme », sur Aujourd'hui la Chine.com
► Vente YSL/Bergé : la justice avant le Grand Palais pour deux bronzes chinois, sur Les Echos.fr
Photo : Une tête de lapin et une tête de rat en bronze de la collection Pierre Bergé exposées à Paris le 21 février 2009 (Regis Duvignau/Reuters).
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De Tita
oiseau | 13H01 | 22/02/2009 |
Il y a des dettes d'honneurs que rien n'oblige à payer. De fait, les payer devient justement un signe politique fort : celui de tourner la page, celui d'un rapprochement, celui de considérer l'autre en droit et surtout en émotion, celui de le considérer comme un alter ego, et non comme un être ignoré.
Quand Miterrand donna aux Suisses un plateau en or massif pour payer les dégâts dans leurs forêts du passage des armées napoléoniennes
ou quand Chirac reconnaissait les crimes de Vichy envers les juifs, c'étaient des actes politiques forts, des actes de responsabilité qui entendent la souffrance des autres.
Visiblement ce pillage franco-britannique a laissé des traces dans le coeur des chinois. il serait effectivement « bien » que les Etats Français et Britannique restituent le trésor volé pour dire aux chinois que leur souffrance ne sont simplement pas ignorés.
Vont-ils le faire ? Je ne saurais le dire pour les britanniques, mais j'en doute pour les français, simplement parce que notre bon président est plus connu pour mettre les deux pieds dans le plat que pour ses compétences de diplomates et aussi parce que lorsque Chirac reconnaissait les crimes de Vichy, je crois me souvenir qu'il avait dit que c'était une erreur, que chirac n'aurait pas dû les reconnaitre.
Cependant, il faut avouer que ce serait un bon moyen de rétablir un peu plus d'harmonie dans les relations franco-chinoises passablement dégradées ces derniers temps.
De chengyang
12H54 | 22/02/2009 |
Il faut restituer SANS CONDITIONS ces oeuvres volées au peuple chinois à l'époque du colonialisme français.
Au nom des idéaux de 1789, en mémoire du grand Victor Hugo et pour l'amitié entre les peuples !
La lettre de Victor Hugo en version française et chinoise :
http://www.chine-informations.com/guide/chine-lettre-de-victor-hugo-sur-…
De Etoile polaire
Bipolaire | 12H54 | 22/02/2009 |
Tout à fait d'accord avec votre conclusion Mr Haski.
Néanmoins, évitons de parler trop vite de nationalisme chinois dans cette affaire. La récupération des biens culturels touche presque tous les pays, on assiste là à un véritable réveil collectif.
Un réveil qui questionne l'existence des musées et leur durée. Que contiennent-ils ? Des objets volés ou des objets sauvés ?
Je crois personnellement qu'il est bon que le patrimoine soit disséminé. Les trésors d'Afghanistan ont ainsi pu être préservés (pas l'entièreté hélas…), et pour ne parler que de quelques-uns, en Irak, au Liban, en Jordanie, au Congo, au Niger et j'en passe…
S'il est légitime de vouloir récupérer ses propres biens culturels, cette part d'histoire, de patrimoine national, (on le comprend aisément), la loi ne va pas vraiment dans ce sens, oserait-on dire « tant mieux pour nos musées » ? En Nouvelle-Zélande, au Canada, mais ailleurs aussi, des associations se sont créées pour récupérer ce qui reste des « ancêtres » exposés sous nos vitrines, souvent des ossements qui n'ont pu bénéficier d'un enterrement digne de ce nom. Tout cela accompagne sans aucun doute un mouvement de réappropriation de culture, à l'heure où les identités bafouées de chacun peuvent enfin être revendiquées. Dans certains cas, je crois donc qu'il faut rendre les trésors, mais pour ce qui nous occupe dans l'article, les pièces faisant partie d'un ensemble, il faudrait donner la priorité de rachat à la Chine, qui ici ne ferait que dédommager Pierre Bergé qui était de bonne foi. Il ne s'agit pas de racheter à l'Etat français des trésors volés par ses troupes. En tout cas, il me parait invraisemblable qu'un nouvel acheteur privé puisse les acquérir. Seul un musée garantissant à tous l'accès à cette culture richissime devrait pouvoir être choisi. Le patrimoine de l'humanité, ça se partage. On peut être fier de sa culture sans tomber dans la dérive nationaliste. Au fond c'est aussi une réponse à cette hyper-occidentalisation trop rapide (et parfois forcée), une lutte contre l'acculturation, et en cela, j'aime qu'on réfléchisse au problème…
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 14H41 | 22/02/2009 |
Il mérite mille coups de bâtons, le Bergé !
Pour celles et ceux qui ne comprennent un traitre mot de cette histoire, quelque part, son imprudence et son impudence trahissent par la grâce du texte de Hugo, son imposture, et la « posture » qu'il se donne pour une espèce de bonne conscience.
Merci Pierre de soulever ce problème, et de l'évoquer de manière brillante.
Comme je crois et espère qu'on ne m'accusera pas de mettre de la « vaseline » pour vous remercier, je rajouterai que votre propos vient à juste titre en concurrence des articles sur tous « supports » que j'ai lu ces jours ci, à ce sujet.
D'un point de vue politique, qu'il ne joue pas le jeu de l'intérêt national, ne m'importe guère en ce « caca » précis, car je crois, (à tort peut être) que les z'élites Chinoises, sont plus fins et plus connaisseurs de nos « élucubrations » franco françaises, et de l'inculture caractérisée des actuels possesseurs des clefs de la gouvernance de la nation Française.
Enfin, la seule chose qui me gêne puisque vous connaissez mieux ce pays que moi, est votre conclusion :
« attitude qui ne fera que renforcer ce nationalisme qui se nourrit d'une certaine arrogance ».
Et ça encore une fois, ça craint !
En période de salon de l'agriculture, Paltoquet 1er aurait peut être besoin de s'entourer de la présence auprès de lui d'un bon et vrai Berger !
De Pékin moyen
wanderer | 13H35 | 22/02/2009 |
En effet, belle occasion de perdue !
Mais, ne reste-t-il pas un espoir que l'état français se porte acquéreur des oeuvres et pour les retourner gracieusement à la Chine ?
Ce serait une attitude responsable et exemplaire qui devrait donner le signe d'apaisement que le gouvernement chinois attend de la France ?
A défaut, la Chine va surfer sur cet évènement pour galvaniser à nouveau ses foules contre la France sur un fait d'histoire qui est vraiment indéfendable.
De Chansommairus
bipède | 14H03 | 22/02/2009 |
je ne voudrais pas alimenter une polémique qui ne mène nulle part mais je crois que M. Berger s'égare.
Les droits de l'homme en France ne se portent pas très bien :
- Le problème de l'immigration
- Les prisons
- L'abus du droit cf. la poursuite pour outrage qui, subrepticement, réintroduit le délit d'opinion
- Le harcellement au travail
- + tout ce que j'oublie …
Ne vaudrait-il pas mieux penser au peuple Chinois plutôt qu'à ses dirigeants ?
M. Berger aurait pu faire don de ces pièces au musée de Beijing, il aurait, ce faisant, en tant que personne privée, en tant que citoyen Français, tendu la main au citoyen Chinois et ceux-ci, j'en suis certain l'auraient remercié.
L'élégance du geste aurait servi une politique étriqué en lui donnant un peu de grandeur d'âme.
De mah
retraité | 18H17 | 22/02/2009 |
Le sac des richesses des pays conquis dure depuis des siècles.
Le Louvre (et d'autres musées aussi) n'a pas assez de place pour exposer les pièces provenant d'Egypte par exemple.
Les sous-sols du musée regorgent de pièces qu'on ne verra jamais.
Quelle que soit la façon d'acquisition, je considère que c'est du vol, privé ou publique.
La première cible de l'armée américaine à Bagdad était précisément son musée.
Les soldats avaient des listes d'objets à voler.
On peut imaginer des musées provisoirs, avec toutes ces pièces, pour faire le tour des pays d'Afrique et permettre à des peuples de découvrir des richesses qui n'appartiennent pas aux pays pilleurs mais à toute l'humanité.
De Rezonor
Collectif | 18H28 | 22/02/2009 |
Monsieur Haski,
Ce que vous dites est merveilleusement documenté.
Votre talent d'argumentateur trouve ici le point d'application « impérial » pour rappeler ce que, par malheur et peut-on le suspecter, par connivence avec cette fausse idée de la grandeur coloniale passée, les manuels scolaires ne rapportent jamais. Le récit du sac du palais d'été jaunit sur la même étagère poussièreuse que ceux des massacres de Guelma ou du génocide Bamiléké.
Une dimension néanmoins mérite d'être considérée à l'égale - sur le plan factuel tout au moins - de la rationalité juridico-historique : c'est le marketing avant-vente.
Les estimations de la collections oscillent entre 200 et 300 m€. Cet écart, incommensurable pour le commun, ne laisse indifférent ni le vendeur ni les intermédiaires d'où ce coup de publicité, sciemment tapageur dont le mauvais goût sera excusé par la douleur que monsieur Bergé éprouve de voir ainsi les reliques d'une vie vendues à l'encan. Le Saint Yves n'est plus, ne reste que la tristesse et les pauvres amussettes consistant à chatouiller très temporairement la vanité chinoise qui, quoiqu'il fera - et Pierre bergé le sait - triomphera de cette péripétie comme de toutes celles qui se sont dressées sur la longue marche qui a assuré le rétablissement de la puissance politique et financière de l'Empire des Célestes.
Laissons-donc à Monsieur Pierre Bergé, sans le chagriner davantage, l'illusion d'un dernier exploit tandis que le tigre chinois plisse ses yeux pour se donner l'air courroucé tant il sait bien, au fond, que le temps comme toujours donne à son souffle une ampleur en relation avec celle de la profondeur de la grotte sacrée où il ressource son infini pouvoir.
De daniel
11H31 | 23/02/2009 |
Bravo pour cet article pas très politiquement correct et qui fait la leçon à P. Bergé alors même que le battage médiatique autour de cette vente « du siècle » bat son plein.
Je suis d'accord avec vous, M. Bergé aurait mieux fait de se taire au lieu de se lancer dans une provocation inutile, symbolisant une arrogance toute Française.
Ce pillage est une affaire peu connue en France, et je ne l'ai découvert qu'en visitant le Palais d'été à Pékin où tous les panneaux de documentation rappellent au visiteur que le Palais a été incendié et pillé par les troupes Franco-Britannique (au bout d'un moment, on n'a plus du tout envie de lire les panneaux).
Heureusement pour la France, l'Histoire retiendra surtout l'indignation de Victor Hugo. Pierre Bergé aurait mieux fait de s'en inspirer.
Maintenant, la pression va être grande sur l'acquéreur : Soit il l'offre à la Chine, soit il s'attirera les foudres de Pékin. Ces pièces sont devenues brulantes, comme tout objet volé.
De Cataphractaire
Asen | 13H05 | 23/02/2009 |
Puis je rappeler que la Chine détruisait il n'y a pas si longtemps son patrimoine historique et culturel ?
Pour les J.O. la Chine a détruit des quartiers entiers parce qu'ils ne collaient pas à la modernité. Le grand patrimoine avec lequel on peut faire venir des touristes, oui ! Mais les maisons traditionnelles des pauvres, non ! Deux poids, deux mesures. Ils revendiquent une partie d'un patrimoine mais détruisent ce qui, à leur sens, dévalorisent leur gloire.
C'est ça la Chine, un géant orgueilleux qui se préoccupe de ce qui rapporte mais pas des pauvres.
Et on s'étonne après des émeutes sociales.
C'est affaire ce n'est que du nationalisme. La Chine, en Chine. Nous les Chinois nous contrôlons l'information et la vision que vous devez avoir de la Chine.
Donc, alors, oui les droits de l'homme sont au cœur du problème !