Photographie : le kitschissime Holga revient en Chine

(De Pékin) Appareil photo d'un autre temps, le Holga revient à la mode en Chine continentale et à Hong Kong, où il avait vu le jour. A une époque où les appareils numériques à visée reflex se démocratisent, le Holga est pourtant clairement anachronique.
Ses pellicules, qu'il faut changer dans l'obscurité, ne permettent de faire que douze clichés, quand les nouvelles cartes mémoire en enregistrent plusieurs milliers.
Pire : péché capital pour n'importe quel constructeur d'appareils, la lentille du Holga est en plastique, de mauvaise qualité qui plus est, ce qui crée des aberrations de couleurs et empêche de faire le point.
« Ne pense pas, photographie ! »
Le Holga aurait probablement déjà disparu s'il n'était tombé entre les mains de jeunes photographes inspirés, en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Leur devise : « Ne pense pas, photographie ! » Ils s'autoproclament « lomographes », du nom d'un appareil soviétique, le Lomo LC-A avec lequel leur mouvement a été initié.
La lomographie a remis à la mode plusieurs appareils connus pour leur qualité médiocre, dont le Holga, et son confrère le Diana, élu par un magazine de photo « pire appareil jamais construit ». Pour les lomographes, il faut exploiter les défauts techniques des appareils à la recherche d'un rendu artistique et se libérer au passage des codes traditionnels de la photographie. Sans complexes, ils ont donc recours à la photo non cadrée, à contre-jour, floue, sur-exposée, etc…
L'histoire du Holga commence à Hong Kong, en 1982. Tout comme en Chine et au Japon, l'intérêt pour la photographie y est alors énorme. Au beau milieu d'une multitude d'appareils bénéficiant des dernières innovations techniques va naître un non-sens technologique.
L'objectif était simple : créer un appareil minimaliste à un prix défiant toute concurrence. Il permettrait aux étudiants en photo d'apprendre à se servir d'un appareil de moyen format et aux foyers modestes d'avoir des clichés de souvenirs.
Il allait être baptisé « ho gwong » en cantonnais, qui signifie « très clair ». Pas volé pour un appareil sur lequel il est conseillé d'ajouter une bande d'adhésif noir pour ne pas laisser entrer la lumière. Un petit effort d'européanisation du nom pour lui donner de la crédibilité sur le marché -et tenter de dissimuler son étiquette « made in China », et voila apparaître le « Holga ».
« Je l'aime parce qu'il réserve de nombreuses surprises »
Alors qu'il était sur le point de tomber dans l'oubli, au début des années 90, le Holga avec son look kitschissime lui donnant l'air d'un jouet en plastique, allait attirer le regard des lomographes. Le mouvement s'est rapidement imposé à Hong Kong, où le Holga est redevenu un objet culte, avant de gagner, à l'heure actuelle, la Chine continentale.
En 2007, la société lomographique Internationale a ouvert une boutique à Pékin, confirmant le succès du Holga. « Il se vend très bien. Il suscite de plus en plus d'intérêt en Chine », explique Liu Qiang, vendeur du magasin de Pékin. Le Holga séduit de plus en plus de jeunes Chinois.
« Je l'aime parce qu'il réserve de nombreuses surprises », explique Duo Duo, une lomographe pékinoise. Ce qu'elle préfère avec lui, ce sont les doubles expositions. « Et puis, très honnêtement, il n'est pas cher du tout », ajoute-t-elle.
Photo : le Holga (DR).
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De Cataphractaire
Asen | 12H03 | 03/01/2009 |
Personnellement, pour mon réabonnement aux inrocks, j'ai eu droit à un Diana F+ de Lomography. Les possibilités quasi-infinies de prises de vues du fait d'un fonctionnement purement mécanique.
Envoutant.
De imanol
12H24 | 03/01/2009 |
Fantastique appareil photo qui offre effectivement un nombre incroyable de prise de vues. Et en plus, vous passer pour un extraterrestre aux yeux des gens qui vous regarde étrangement quand vous louchez dans votre boîte en plastique.
Seul bémol, si vous ne savez pas développez vos pellicules vous-même, vous êtes bons pour laisser une somme conséquente chez le photographe….pour un travail souvent de piètre qualité…une pellicule ? Ca existe encore ce truc là ?
Yves >> http://www.residues.net >> photographies urbaines
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 12H26 | 03/01/2009 |
Je me souviens avoir eu un Lubitel 2, reflex 6 x 6, à la fin des années 60.
Avec un agrandisseur Krokus, pour les tirages sur Ilford dans ma salle de bains.
Avouez que ça avait une autre gueule qu'une MicroSD
à Tigerbill
De DBL8
Retraité | 13H10 | 03/01/2009 |
AH … les développements dans la salle de bain …
Et la lumière noire, pas triste les premiers temps.
Mais le plaisir de « sortir » ses photos tout de suite en rentrant chez soit, est un plaisir sans bornes que peu, actuellement, peuvent ce rendre-compte.
ILFORD HP3 puis HP4.
Et leurs papiers … une larme de versé.
à DBL8
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 13H19 | 03/01/2009 |
Héééé, oui…le bon vieux temps….les photos noir et blanc dans la salle de bains, je les développais avec ma fiancée de l'époque….à tâtons….
C'est vrai : une larme de versée ; -))
à Tigerbill
De sefero49
Soldat mugissant | 16H42 | 03/01/2009 |
Le Lubitel ! ! ! !
Seul problème : se souvenir si, oui ou non, on avait avancé la « pellicule » avant d'armer le déclencheur….
Oui, une photo perdue.
Non, une très originale double exposition…
à Tigerbill
De michel 13
| 19H05 | 03/01/2009 |
J'ai gardé mon Lubitel 2 acheté en 1968, et je ne tiens pas à m'en séparer, il est comme neuf mais je ne l'utilise plus depuis longtemps. Comme agrandisseur ce n'était pas un Krokus mais un Rohen tout en métal et fabriqué en France, un excellent matos.
à michel 13
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 01H21 | 04/01/2009 |
Y avait le Durst, à l'époque, aussi… BEAUCOUP trop cher pour moi….
Ahhh, nostalgie…
De Firenze
| 12H44 | 03/01/2009 |
En Europe, il est en effet très à la mode, et pourtant la pellicule continue de se raréfier (pire que l'achat, l'attente qui peut aller jusqu'à 4 semaines au développement en magasin, avec une patience perdue depuis le numérique). Les prix, quant à eux, suivent un autre chemin : ce bout de plastique magique atteint très facilement 70€ (le Lomo LC-A, lui, est encore plus cher, allant de 110€ jusqu'à 250€ pour un neuf)… Certains préfèreront sûrement les filtres Holga-like sur photoshop, personnellement ça sera plutôt le toujours surprenant appareil photo sorti d'une boîte d'allumettes (garanti autant d'expositions que vous le voulez)
http://www.virusphoto.com/1052-fabriquer-un-appareil-photo-avec-une-boit…
Là, on vous regardera vraiment de travers.
à Firenze
De jyr
ou jean-yves rousson..artiste? | 13H10 | 03/01/2009 |
Je me souviens avoir eu un Lubitel 2, reflex 6 x 6, à la fin des années 60.
Avec un agrandisseur Krokus, pour les tirages sur Ilford dans ma salle de bains.
Avouez que ça avait une autre gueule qu'une MicroSD
j'avais a peu pres le m^m programme..mais je suis plus jeune moi….
mais je trouve que l'on peux facilement faire cracher ses pixels..a un numerique..il sufit de dehierachiser la technique au profit ; .de la sensualite creative..
ouifffff faut que j'arrete la vodka moi..
la
http://zigoto-mania.over-blog.com/
je…trancende..la mauvaise foie
à jyr
De Captain Gregg
Fantôme | 10H37 | 04/01/2009 |
Moi j'ai eu un Ktekon à giglopasgouilleur tuméfié force 7 qu'un brocanteur de Saint-Ouen m'a échangé contre une 4L décapotable. Qui dit mieux ?
à Captain Gregg
De meta-phorik
Etudiant | 13H26 | 05/01/2009 |
J'ai rarement autant rit avec un commentaire… et ça continue. C'est con mais il fallait vraiment que je te le dise.
Soit dit en passant ma soeur a un Lomo « méga-sampler » et j'adhère au principe du « Don't think, shoot », je me devais aussi de le dire par honnêteté.
De pmv
Photographe | 12H56 | 03/01/2009 |
Il existe depuis plus d'un an un Lomo Shop à Paris où l'on peut trouver tout ces appareils pour des prix modiques (comptez 40 euros pour un Diana neuf). C'est dans le 10e, 6 place Franz Litz.
à pmv
De DBL8
Retraité | 13H06 | 03/01/2009 |
Merci pour l'info
à DBL8
De la panthère verte
14H27 | 03/01/2009 |
le problème c'est que ces appareils sont hors de prix pour ce qu'ils sont (du plastique et un fil de fer comme seul mécanisme de l'obturateur)
si vous voulez renouer avec l'aventure photographique, essayer plutôt de vous fabriquer un sténopé ou une chambre basique ; pleins de plans trainent sur le net et à l'usage cela ne coutera pas plus cher qu'un Holga (vous pourrez utiliser du film 120 ou d'autre formats, selon l'appareil que vous fabriquerez).
à la panthère verte
De Captain Gregg
Fantôme | 10H34 | 04/01/2009 |
Pourquoi ne pas réinventer la gravure rupestre, tant qu'on y est ? Des pigments, de l'argile pilée, des os broyés mélangés à des racines, le tout humidifié à l'urine naturelle, les nuances étant obtenues au noir de fumée. Facile et ça occupe.
à Captain Gregg
De la panthère verte
12H08 | 04/01/2009 |
bah oui tiens, pourquoi pas…
De fatalyst
13H17 | 03/01/2009 |
@Harold Thibault
Merci pour votre article intéressant (je ne connaissais pas le « Holga »).
Étant moniteur de plongée, je me demandai s« il ne fabriquait pas un caisson étanche ? ; -)
Non parce que, les japonnais eux, ils en sont à l'appareil étanche tout court.
Photo
http://www.plongeeonline.com/
SORTIE DE L'APPAREIL, AVRIL 2009
à fatalyst
De la panthère verte
14H19 | 03/01/2009 |
il existe des caissons pour différents appareils de la lomographie, mais vu la quantité de lumière nécessaire pour exposer, vous allez avoir besoin de beaucoup de lumière artificielle ! et bien sûr, il n » y a pas de prise synchro-flash sur les holga, il faudra donc une lumière continue puissante et étanche !
De lanterne rouge
à cheval sur mon yawl | 13H23 | 03/01/2009 |
les bobos vont adorer…
De tibo.z
Photographe ou presque, | 15H00 | 03/01/2009 |
Bonjour,
le holga est un appareil qui a l » air assez simple assez gadget, il n » y a que 2 vitesse ~1/125s et pose B, pourtant réussir des photos comme avec son compère le diana dont il est plus ou moins inspiré, étant donné que le diana était sorti dans les années 60, ce n » est pas vraiment chose facile.
Imanol le développement ce n » est pas si cher que ça, si vous faites comme bon nombre de photographe, qui ont du temps et peu d » argent c » est à dire scanner vous même vos films, environ 4 euros dans la plus part des laboratoires pour un traitement normal c-41,
Tigerbil je vous comprend si je pouvais je n » utiliserais que mon yashica mat 124G une vrai merveille, les TLR ont quelques choses que je n » ai retrouvé dans aucune autre caméra et pourtant j » en ai pas mal,
De plus dans le courant lomographique une pratique très courante est le Traitement croisé ce qui donne ces couleurs un peu exubérante, mais aucun filtre photo-shop n » aura le même rendu, car le traitement croisé dépend de plein de chose du film utilisé, de l » exposition,
Pour conclure l » argentique est quelque chose qui ne disparaîtra je pense jamais, on n » arrive pas encore avec des appareils numérique à égaler leur qualité enfin c » est mon avis
Tibo
http://secretduroi.blogspot.com/
à tibo.z
De imanol
15H15 | 03/01/2009 |
certes pour le prix de 4 euros pour un développement seul…mais pour quel résultat ? Des rayures partout sur le film, des traces d'agent mouillant au milieu du négatif !
Perso, je préfère gérer toute la chaîne opératoire. Du développement au scan des négatifs. Si je merde, je sais qui est responsable !
Le résultat : http://www.residues.net/photos.html
à imanol
De tibo.z
Photographe ou presque, | 16H07 | 03/01/2009 |
un résultat plus que correct, je n » ai jamais été déçu. Enfin je parle pour des films couleurs, beaucoup plus difficile à développer, sans mini labs,
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H11 | 03/01/2009 |
Suite à la lecture de cet article, je viens de subir une lomotomie et ne m'en sens pas plus mâle pour autant.
à Jaycib
De patrick.2
new | 16H53 | 03/01/2009 |
les boitiers etanche, c'est pas nouveau … voir les nikonos et nikonos Rs : )
sinon, c'est un peu petit comme appareil, non ? : )

De mickafrench
Ecossaise, un physique de rêve avec... | 17H32 | 03/01/2009 |
Des nouvelles de l'Ecossaise…
J'utilise personnelllement un Lomo russe à 4 objectifs, une pure merveille pour mes photos très personnelles…
Avec les compliments de Micka FRENCH…
http://mickafrench.unblog.fr
à mickafrench
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 01H24 | 04/01/2009 |
Bon, alors, les photos « très personnelles », on demande à voir … : -))
à mickafrench
De Captain Gregg
Fantôme | 10H39 | 04/01/2009 |
J'ai un objectif supplémentaire à ta disposition.
De Apeloig
observateur | 18H54 | 03/01/2009 |
La mode, la mode…
c'est un éternel recommencement !
Pendant de longues années depuis que N. Niepce s'est aperçu qu'on pouvait reproduire ce qu'on voyait avec nos yeux, sur un suport transportable, la photographie n'a cessé de se perfectionner.
Et les photographes de se former pour réaliser des photographies les plus nettes possibles, les plus riches en détail. Ils ont, en même temps découvert le cadrage, le choix du sujet, le plan et toutes les dispositions pour faire de la photographie, un art.
Mais, aujourd'hui, en art, le fin du fin, c'est de faire du flou, du mal cadré, du plan inexistant, enfin tout ce qu'on évite quand on se veut photographe.
La même chose en cinéma (vidéo). Plus ça bouge, plus c'est flou plus c'est « art ».
C'est « mode » !
Alors ces appareils, ils vont faire le bonheur des « artistes » !
à Apeloig
De Captain Gregg
Fantôme | 10H51 | 04/01/2009 |
J'ai pris cet article pour un canular, tellement l'appareil représenté ressemble à un de ces jouets à un franc vendu dans les bazars quand j'étais môme.
A la même époque, on se faisait des photos de balades en famille avec un Ultra-Fex à plash explosif équipé d'un film doublé de carton, ce qui donnait des clichés noir et blanc qui avaient déjà l'air d'appartenir au siècle précédent. On avait aussi une caméra Super-8 même pas sonore, qui fabriquait des petits films nécessitant un projo dont l'ampoule coûtait très cher, un écran repliable et beaucoup plus de place que celle dont on disposait.
Aujourd'hui, pour moins de 150€, on a dix mille fois mieux que ça, avec le son, stéréo siouplaît, et de quoi en faire mieux encore, si nécessaire, au moyen de logiciels libres.
Mais c'est trop parfait, et aux yeux de certains c'est peut être pas bien que la photo et le cinoche amateur se soient trop démocratisés. Alors les mêmes reviennent aux sources, histoire de se distinguer et de diversifier leur petite production promise aux galeries branchées de leurs petits copains investisseurs et aux commentateurs éclairés de Arte, France-Culture et Télérama. Nous on se contente de publier nos photos sur Flick'r, Picasa et autres galeries ouvertes au tout-venant qui ne nous rapporteront pas une thune, mais nous vaudront les compliments des comme-nous qui, autour de la planète, se contentent de se servir de leur APN pour saisir l'instant, de jolis paysages, une délicieuse paire de fesses, ou le coin de sa rue.