Entre la Chine et la France, un rendez-vous manqué par Sarkozy

Le dalai lama et Carla Bruni en août en France (Philippe Laurenson/Reuters)

Il y a dans la crise diplomatico-nerveuse entre la France et la Chine, une indéniable dimension de combat de coq. A ma droite, Nicolas Sarkozy, président français aux prétentions de maître du monde, n'aimant pas qu'on lui résiste ou qu'on lui tienne tête ; à ma gauche (façon de parler), une Chine redevenue puissante et fière, poussant le souci de voir respectée sa souveraineté jusqu'à l'arrogance.

Entre les deux, le dalaï lama, le leader tibétain objet du délit et sujet du courroux chinois, que Nicolas Sarkozy s'apprête à rencontrer samedi en Pologne. Jeudi encore, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a lancé une salve préventive au vocabulaire sentant bon le maoïsme d'antan :

« En raison de la position erronée de la France, le peuple chinois est mécontent. »

Cette tactique de terrorisme verbal, doublé de menace de représailles commerciales, avait marché une première fois, avant l'été, lorsque le tout nouvel ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, diplômé de l'ENA maniant parfaitement la langue de Molière, avait mis en garde Nicolas Sarkozy contre sa rencontre prévue avec le dalaï lama en pleins Jeux olympiques de Pékin. L'avertissement avait porté, et le leader spirituel des Tibétains a dû se contenter de l'épouse du président, Carla Bruni-Sarkozy.

L'impossible victoire par KO

Il y a peu de chances, cette fois, que le président français renonce à cette rencontre, sauf à accorder à la diplomatie chinoise une victoire par KO qui n'est pas le genre de Nicolas Sarkozy. Va donc pour cette rencontre, largement symbolique, qui va peser lourd sur les relations franco-chinoises.

Pourquoi en est-on arrivé là ? Force est de constater que la « méthode Sarkozy » en politique étrangère, c'est-à-dire un bon sens bien de chez nous doublé d'une familiarité censée abattre les barrières, est tombée sur un os avec les dirigeants chinois. Un deuxième obstacle, devrait-on dire, après celui, plus problématique en réalité, avec Angela Merkel…

Nicolas Sarkozy n'a pas compris le moment bien particulier dans lequel se trouve la Chine, et la nature de ses interlocuteurs. Une erreur de jugement largement due à sa méconnaissance du monde, à son incapacité à écouter ses conseillers et à sa foi inébranlable en sa capacité à rattraper ses erreurs par quelques pirouettes audacieuses.

La Chine redevient une puissance mondiale après une éclipse de 150 ans, réinvestissant sur les terrains économique et diplomatique la place qu'elle juge légitimement la sienne en tant qu'« Empire du Milieu ». Sa participation au G20 sur la crise financière, le mois dernier, n'était que la confirmation de ce retour spectaculaire de cette ancienne civilisation qui a connu un long déclin avant de parvenir à rebondir.

Dans cette phase, le nationalisme est devenu, sinon la nouvelle idéologie, au moins le carburant de l'ascension, et l'exutoire des frustrations populaires. Le pouvoir communiste le craint quand il est en passe d'être débordé, mais il en use quand ça l'arrange, et c'est le cas avec cette France qui, vue de Pékin, a une importance toute relative, et vaut bien qu'on lui donne une bonne leçon qui servira aux autres. Surtout à un moment de fragilisation interne en raison du ralentissement économique : rien de tel qu'un bon ennemi extérieur.

La maladresse de Nicolas Sarkozy sur le Tibet au printemps (s'offrir en intermédiaire entre deux parties qui n'ont besoin de personne pour se parler), sur les JO (« j'y vais, j'y vais pas…, suivi d'une visite éclair à Pékin) et ses tergiversations sur sa rencontre avec le dalaï lama (Nicolas ou Carla…), comme si celle-ci avait la moindre importance autre que symbolique, a donné aux dirigeants chinois le prétexte idéal pour montrer leurs muscles diplomatico-économiques nouvellement acquis, avec un pays affaibli.

La France a déjà souffert par le passé de ses coups de froid avec Pékin, lorsqu'elle a vendu des Mirage et des Frégates à Taiwan, ou encore lors d'un contrat de satellite d'observation avec la même Taiwan. A chaque fois, la réconciliation a eu un prix, et ce n'est pas la Chine qui l'a payé.

Plus de franchise… et de doigté

Cela ne signifie pas, évidemment, qu'il faille se plier aux moindres exigences de Pékin, surtout sur une question comme le Tibet, au lendemain de l'échec des discussions entre Pékin et le dalaï lama. Au contraire, un peu plus de franchise dans les rapports entre la Chine et le reste du monde ferait du bien. Mais celle-ci demande du doigté avec une puissance sourcilleuse et qui en a les moyens.

Si Nicolas Sarkozy ne parvient pas à retrouver les voies d'un dialogue “franc et constructif”, comme on dit dans la langue de bois diplomatique, avec la Chine, il aura échoué dans l'un des grands enjeux du nouveau monde qui se dessine sous nos yeux.

Il aura d'abord handicapé les entreprises françaises qui ne peuvent pas se priver aujourd'hui de l'accès au marché chinois (“C'est seulement s'il y a de bonnes relations bilatérales que nous pouvons créer une bonne atmosphère pour nos relations commerciales”, disait jeudi le porte parole chinois).

Mais il aura surtout privé la diplomatie française d'un levier pour continuer à exister dans un monde multipolaire dans lequel la France n'est assurément plus un pôle toute seule, mais dépend de sa capacité à nouer des coalitions, des alliances, d'abord européennes, mais aussi mondiales. Ce n'est assurément pas le point le plus fort de la personnalité de Nicolas Sarkozy.

8 commentaires sélectionnés

Portrait de TARPON

De TARPON

14H13 | 04/12/2008 | Permalien

Depuis quelques semaines ,le monde a changé et les regles du jeu ne sont plus les memes.
Sarkozy a commis l'erreur à la fois de sousestimer la chine et de la surestimer.La Chine est aujourd'hui en face d'une situation grave ,recul de ses exportations avec une prise de conscience des consommateurs occidentaux que pas cher peut signifier tres dangereux,tres dangereux pour notre sante.La chine ,quand elle produit sous encadrement etranger,exemple nos ordinateurs, est capable du zero defaut mais laissée à elle meme ,ne sait que copier les emballages ,une beau look qui cache une belle saloperie.On en revient : acheter tous les 15 jours une cafetiere à 5 euros n'est pas forcement une bonne affaire.L'occident,devant la crise,ne peut plus se cacher le vrai probleme,il faut reconstituer une industrie locale avant de se retrouver face à 1000 millions de chomeurs.Il faut arreter de vouloir echanger des airbus contre des contraintes politiques.Echangeons nos airbus contre des chaussettes et basta.Si la Chine n'est pas heureuse,qu'elle achete des Boing et arretons de lui acheter ses chaussettes.A ce jeu là,elle n'est pas gagnante.
Le Dalai lama n'est que l'heritier d'un systeme moyenageux qui crevait les yeux des dissidents alors qu'il regnait,arretons de le recevoir comme un humanitaire,recevons le comme ce qu'il est,un prince monegasque sans incidence sur notre politique : si la chine trouve à y redire,qu'elle le dise,on s'en fout.
Bien sur ,la chine achetera des Airbus car elle veut qu'on lui achete ses chaussettes ,il suffit de lui faire comprendre une bonne fois pour toutes.Et elle arretera de nous pomper l'air avec son tibetain ,est ce que Sarkozy va enfin le comprendre.

Portrait de xiaoyisi

De xiaoyisi

étudiante | 14H33 | 04/12/2008 | Permalien

Pauvre Sarko ! Ne se rend-il pas compte que Tibet et Taiwan (T&T) sont les enjeux actuels de Pékin ? Pas comme Junichiro Koizumi, si ses visites au sanctuaire de Yasukuni ont provoqué les tollés, il s'agissait plutôt d'une mémoire souffrante et effacée peu à peu avec le temps…

Portrait de BrowRecluse

De BrowRecluse

Avocat du diable | 15H06 | 04/12/2008 | Permalien

Ce qui est fantastique c'est que tout le monde critique Sarko, ce qui sous-entend que tous ces critiques se mettraient facilement à la botte du totalitarisme chinois. Comment peut-on cautionner une telle ingérence dans nos affaires ?
Pauvre de vous tous, où irait-on si vous étiez au pouvoir ? ? ?

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 16H46 | 04/12/2008 | Permalien

Disons-le franchement, avec Sarkozy on est dans la logomachie, l'improvisation, et aussi la prestidigitation ratée. Il navigue à vue, sans souci du lendemain et des gros grains qui s'annoncent, il néglige l'expertise des spécialistes tout en affirmant vouloir les consulter, confiant dans sa bonne étoile de « réformateur » de l'univers. Il conçoit les autres chefs d'Etat comme formant une sorte d'avatar de l'UMP, et croit donc pouvoir les manipuler à sa guise.

Le résultat net est qu'il échoue dans quasiment tout, sauf ses tentatives répétées de déglingue généralisée de son milieu national, le seul qu'il soit jusqu'ici parvenu à maîtriser, puisque pour l'heure ses concitoyens lui offrent, à droite, divers formes de conciliation souvent honteuse, et à gauche, tantôt la vassalisation, tantôt un simple chahut de rebelles ombrageux. Le tout dans une atmosphère délétère, car messieurs et mesdames ses serviteurs savent que leurs jours sont comptés. Ils sentent bien, en effet, que cela ne pourra durer éternellement sans retours de bâton. Comment, en effet, expliquer autrement le spectre de l'ectoplasme « ultra-gauchiste » qui semble hanter les ministères et les services de renseignement ?

Dans ses rapports avec l'étranger, Sarkozy semble méconnaître profondément les réalités. Son narcissisme est tel qu'il croit sa petite personne capable de toujours réussir ses entreprises à courte vue. Parfois, il arrive à donner le change, lorsque sa précipitation paraît correspondre aux nécessités du moment, comme dans le cas des premières réactions à la crise financière, qui ont pu susciter une sorte de stupéfaction admirative mais passagère de partenaires européens (sauf anglais ou allemands) tétanisés.

Mais chaque fois qu'il s'agit de protéger le long terme, de ménager ses arrières, il manque désespérément à l'appel. Ainsi en va-t-il dans le cas de la Chine, avec laquelle il sacrifie les relations durables sur l'autel de son impulsivité. Mais comme le dit Pierre, on ne joue pas à ce jeu là avec les spécialistes de la mémoire que sont les Chinois. Ceux-ci lui (et nous) font aujourd'hui durement payer le prix de son absence de souci du lendemain, de son après-moi-le-déluge.

Il en ira de même demain avec Obama et l'OTAN. Sarkozy s'est empressé de devancer l'appel -- pour bien démontrer à George W. Bush et au monde que la France est désormais une « puissance » totalement atlantiste -- en envoyant des troupes supplémentaires en Afghanistan à la veille d'une révision stratégique déchirante qui inverse les priorités. Il a voulu préparer les Français à un surcroît de lutte armée contre le terrorisme taliban alors même que le reste de la coalition entend négocier une paix des braves avec les talibans « de souche ».

S'il s'appelait Chirac et non Sarkozy, il en dormirait peut-être mal la nuit. Mais lui n'a vraiment cure de rien, conforté dans son attitude par un aréopage de courtisans presque aussi ignares ou présomptueux que lui.

Et ainsi vogue la galère, au sens propre comme au figuré. La chienlit diplomatique, c'est lui. Mais la galère politique, économique, financière nous est strictement réservée.

Portrait de Simple Mind

De Simple Mind

Contemplatif | 17H49 | 04/12/2008 | Permalien

Très peu de personnes sont capable de parler le langage tout en nuance de l'empire du milieu. Avant de vouloir essayer de dialoguer avec les « chinois », il faut lire Sun Tzu (entre autre), afin de comprendre la réalité de leur manière de penser et d'agir. Pour nous occidentaux, leurs motivations et leur façon de traiter le marché économique ne sont que très peu compréhensibles. Du plus profond de la culture des éthnies chinoises, chaque rapport avec « l'autre » n'est qu'une relation basée dur le rapport de force, et ce, dans tous les domaines de la vie. Un « chinois » se place dans une situation en fonction des capacités de puissance de « l'autre ». Il n'a de respect véritable qu'envers des homologues réels voire plus puissants. Dans la diplomatie, plus un parti adverse est (ou apparaît)fort, plus il est respecté ce qui facilite les négociations par la même occasion. Or, le jeu de notre président et de ses conseillers ont indiqués tout le contraire, entre soumissions et autres tergiversations. Il y a donc aujourd'hui une crédibilité à reconquérir, bon courage aux diplomates en poste.
On nous parle de l'importance du marché chinois pour nos fleurons industriels. Nos exportations dans l'empire du milieu ne représentent que 1.4% du total de nos exportations. Autrement dit, nada. En revanche, nos importations de ce même pays représentent combien en pourcentage du total ? Beaucoup plus, et en montants nets également. Si les chinois menacent nos exportations chez eux, nous ne predrions que 1.4% de la totalité de celles-ci. Mais si de notre côté, nous les menacions de limiter grandement nos importations, cela leur causerait plus de dommages qu'à nous. (pour les importations et la main d'oeuvre à bas coût, les chinois doivent se p^rotéger d'autres pays émergents comme l'Inde par exemple). La Chine est « l'usine du monde ». Si nous réduisons fortement nos commandes à cette usine, qui se retrouve en position délicate ?
Je me moque que le président rencontre ou non le Dalaï Lama. Cela n'est qu'un prétexte pour les dirigeants chinois pour exercer des menaces à l'encontre de la France. Les allemands reçoivent le Dalaï Lama quand bon leur chante, et leurs exportations n'en subissent aucune conséquence. Les américains, premiers débiteurs de la Chine, ont bien compris qu'il poucaient envoyer le système économique chinois au tapis (jouer sur la valeur de la monnaie chinoise, ou menacer tout simplement de moins consommer -condition douanières- de produits made in china ; et dans la pire des situations, geler les remboursements de leur dette).
La véritable et principale question est donc la suivante : a-t-on encore une diplomatie qui tient la route ou pas ?

Portrait de Ming_xuan

De Ming_xuan

Traducteur spécialisé | 18H01 | 04/12/2008 | Permalien

Et oui, c'est désormais très perceptible dans de nombreux endroits en Chine, nous sommes maintenant juste derrière les Américains sur la liste des méchants impérialistes occidentaux dans le cœur du Chinois moyen, et il ne faut pas s'y tromper, ils ont très bonne mémoire, d'autant plus qu'avant on était dans le camp des gentils à cause de notre anti-américanisme bête et méchant. En ce moment les boîtes mails des six consulats de France en Chine explosent de messages d'insultes pour notre nabot national, mais chut ! C'est confidentiel : )

Personnellement, je me fous des intérêts économique de la France en Chine, mais j'ai peur de la violence que le nationalisme peut y engendrer. Il faut avoir vécu les manifestation anti japonaise de 2005 dans une ville normalement très « foreigner friendly » comme Tianjin pour comprendre à quel point cela peut aller, ça aurait pu tourner au pogrom pour un peu, il y a eu des agressions d'employés chinois qui travaillaient dans des restaurants japonais (possédé par des Chinois aussi apparemment), certains étudiants ont été pris à parti, et personnellement on a été jusqu'à m'arracher un paquet de cigarettes japonaises de la main et à m'insulter juste pour ça !

Espérons que le gouvernement chinois n'en rajoute pas une couche après la rencontre du 6 décembre…

Portrait de vol19

De vol19

awash | 17H55 | 04/12/2008 | Permalien

Sans doute, y a t-il un problème de posture diplomatique, de mise en scène et affirmation de soi en rapport au respect de la face des interlocuteurs, dans « gestion » des rites, des distances de la part du président Français par un rapport à un mode de leadership plutôt charismatique, narcissique, séducteur, fonçeur et désordonné. Celà dit entre ce dosage « respect de la face et affirmation de soi », la France doit aussi savoir clairement défendre les positions qu'elle revendique, par rapport aux clichés de Français jugés « romanesques », « théoriques ».
La France achète davantage à la Chine que l'inverse. Il me semble, et ce n'est que mon opinion que l'on ne peut pas continuer à importer autant de produits merdiques,pour certains, les consommateurs n'en voudront plus et de plus, il faudra re-industrialiser, diversifier les zones d'importation.
Le concept de la firme démontable-asembleur voit peut être ses limittes, Boeing connait d'énormes problèmes de retard liés aux problèmes qualité des sous-traitants.
La « Chine usine du monde », il est peut-être sain pour tout le monde d'en sortir ? Est-ce possible ?

Le problème de compatibilité avec la chancelière allemande, me semble plus grave. Il incarne tellement d'outre Rhin les clichés négatifs très anciens Français du dirigeant pas « vertrauenswürdig » soit pas« digne de confiance ». Le modèle allemand : on discute longement avant pour se mettre d'accord puis après on ne remet pas en cause les décisions. Le fonctionnement affectif et désordonné agace et insécurise les tenants du style allemand. Outre Rhin, tout celà se sait aussi, et il semble que les attributs « flexibles, créatifs » des Français généralement bien vus côté allemands soient là, rejetés.
Le modèle de leadership humble, qui consulte, sait travailler en groupe comme l'incarne Obama (reste à confronter à la réalité)est plus concensuel dans un monde multipolaire. Le modèle français est incapable de produire ce type de leadership, aucun en perspective…

Portrait de Bon Scott

De Bon Scott

18H25 | 04/12/2008 | Permalien

« Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eut changé la face
de la France, de l'Europe peut-être. Seulement
voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout,
il court après les projets ; ne pouvant créer, il
décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement
perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir, a épousé une princesse étrangère est un
carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les
paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les
verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la
banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les
satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le
succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible
que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la
France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la
brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à
travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé. »

Victor HUGO, dans « Napoléon, le petit “
(Réédité chez Actes Sud)

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