
Loin des JO, une balade littéraire dans les ruelles de Pékin
(De Pékin) Si vous avez malgré tout décidé d'aller cet été à Pékin, sans craindre la chaleur, l'invasion de touristes et de sportifs, ainsi que l'augmentation « olympique » des prix, vous pourrez vous échapper en allant sur les traces des grands écrivains chinois du XXe siècle, qui ont marqué l'histoire de la capitale.
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Dans cette ville fleurie de centaines de kilomètres de rosiers, où les principaux monuments ont été « rafraîchis » ou rénovés, la moitié environ du patrimoine urbain des hutongs, les ruelles historiques de la capitale, a disparu. Les ruelles populaires ont laissé la place aux grands immeubles, aux centres commerciaux ; une partie de ce qui reste est soit en cours de destruction soit de rénovation/reconstruction pour en faire des résidences de luxe. Il est vrai que ces habitations, malgré leur charme, ont souvent été très dégradées par une occupation très dense et le plus souvent ne bénéficient pas d'eau courante ou de sanitaires privés.
Visiter les résidences des écrivains et artistes célèbres de l'histoire chinoise n'est guère compliqué : il vous faudra un guide comprenant les caractères en mandarin, le site à visiter ET son adresse, ce qui élimine la plupart des guides publiés. J'ai eu recours à « Pékin en poche » (Ed. You-Feng, Paris, 2008) publié et régulièrement mis à jour par Stéphanie Ollivier [que l'on retrouvera sur Rue89 pendant la durée des JO, ndlr].
Le musée Lu Xun (1881-1936)

La maison du fondateur de la littérature chinoise moderne jouxte un musée moderne un peu solennel, parfois envahi par les enfants des écoles. Ce musée, comme les autres sites, comporte peu d'explications en anglais mais les jeunes visiteurs se feront un plaisir de traduire et vous de faire semblant de comprendre leur anglais très approximatif. Tous les taxis connaissent, c'est incontournable, car Lu Xun, pour les Chinois, Lu Xun est de la taille du Victor Hugo romancier, créateur de héros que chacun connaît (le célèbre Ah Q).
Lu Xun est né à Shaoxing, au sud est de Shanghaï, dans une maison magnifique du clan Zhou (son vrai nom est Zhou Shuren) parsemée de jardins intérieurs et de meubles splendides recréant l'ambiance du début du XXe siècle.
Mort en 1936, il fut annexé par le pouvoir maoïste. Son talent de polémiste est spectaculaire. Vous trouverez ses livres à la Librairie des langues étrangères à Pékin en haut de la partie piétonne de l'avenue Wangfujin, tout près de la maison de Lao She.
La maison de Lao She (1899-1966)

Un jolie maison dans un hutong intéressant. Demandez à l'entrée la brochure en français fort bien faite sur le grand écrivain Lao She. De plus vous pouvez prendre dans vos bagages quelques livres de poche (« Le pousse-pousse » ; « Gens de Pékin », et surtout un roman inachevé et autobiographique « L'enfant du nouvel an »).
Un joli endroit avec une atmosphère empreinte de sérénité. D'origine mandchoue, c'est un très grand romancier, Pékinois et fier de l'être, mais qui a séjourné à l'étranger (en Grande-Bretagne et aux Etats Unis) et beaucoup voyagé. Sa grande ouverture d'esprit lui a valu d'être battu par les gardes rouges pendant la Révolution culturelle, et d'être découvert « suicidé » en 1966 dans le lac Taiping.

La maison de Guo Moruo (1892-1978)
Facile à trouver, au nord du lac Beihai, à la jonction avec le lac Hou Hai. Une belle maison avec un bien beau jardin mais un mobilier de type officiel sans grâce, un peu à l'image du propriétaire.
Après des études au Japon, Guo Moruo rejoint le PCC en 1927, puis doit s'échapper au Japon. Président de l'Académie des sciences de 1949 à 1978, il sait naviguer avec le vent et survit à la Révolution culturelle. Ses poèmes et pièces de théâtre ne sont plus réédités mais si vous tombez sur « Mes années d'enfance » dans la collection Connaissance de l'Orient (1970) chez Gallimard, cela vaut la peine de s'y arrêter.

La résidence de Mei Lanfang (1986-1961)

Mei Lanfang naît dans une famille d'acteurs et est très vite connu pour son interprétation de rôles féminins. Cette « star » fut le promoteur au Japon et aux Etats-Unis de l'Opéra de Pékin ; on découvre ses photos en compagnie de Charlie Chaplin ou de Mary Pickford. Une très belle maison avec un jardin superbe, mais aussi quelques groupes de visiteurs chinois avec guides, fanions et haut parleur !
La maison de Mao Dun (1896-1981)

Là c'est beaucoup plus calme et vous serez probablement seul dans ce beau jardin. Journaliste, romancier, Mao Dun fut ministre de la Culture de 1949 à 1965 et président de l'Association des écrivains de 1949 à 1981. Avant cette période « officielle », il fut un bon écrivain et son roman « Minuit » est une forte évocation du Shanghaï du capitalisme triomphant de l'avant guerre. Il a donné son nom au prix littéraire chinois le plus important.
Le Musée National de la littérature chinoise moderne
Vous ne le trouverez pas dans les guides : il est situé au sud-est des installations olympiques, (Wenxue guan lu ; tel : 84619071 ou 84615522). Réservé aux inconditionnels, ce musée expose une documentation importante sur les écrivains du XXe siècle et recrée les cabinets de travail de plusieurs grands écrivains. Quasiment pas de textes en anglais, mais à l'accueil on peut trouver de jeunes guides qui parlent bien anglais mais ne connaissent que peu la littérature ! Une section minuscule est consacrée à la très intéressante littérature de Taiwan, ce qui vaut des réponses gênés à des questions mal intentionnées.
La notion même de « musée de la littérature » est quelque chose de quasiment unique dans le monde et qui montre l'importance politique attachée en Chine à la littérature.
Vous voilà revenu près des installations olympiques…
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De virginie78
Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 12H31 | 04/08/2008 |
De Pékin à Paris
AU café des Poètes, rue de Bourgogne à Paris, il y avait un soir, un bon poète chinois, qui était en Europe à défaut de pouvoir rester dans son pays natale.
Il y a clamé quelques uns de ses poèmes. Vraiment surprenantes les sonorités de sa langue natale !
Heureusement que c'était traduit après : )Très émouvants les textes, profonds et plein de sencibilité.
Il s'appelle MA DESHENG
Une p'te bio ici http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php ? id=1533
un bouquin : Vingt-quatre heures avant la rencontre avec le dieu de la mort
De Ashel
écrivain | 15H08 | 04/08/2008 |
Tous ces commentaires sont presque ( ! ) aussi intéressants que l'article. Ils confirment en tout cas le rapport toujours particulier qu'entretient l'art avec tout cadre social, quelqu'il soit. Ils montrent aussi différentes perceptions de l'écrivain et de la littérature, chinoise ou autre.