14/04/2007 à 10h04

Danone en Chine : le boomerang du patriotisme économique

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Intéressante, l’affaire Danone en Chine, n’est-ce pas ? Résumé de la situation : le groupe agro-alimentaire français, très présent sur le marche chinois, se trouve en conflit ouvert avec le PDG (et fondateur) de sa filiale eau minérale Wahaha, numéro un du marché chinois, qu’il contrôle à 51%. Danone veut prendre le contrôle total de Wahaha en accusant le dit PDG d’avoir commis des actes pas très réguliers. Contre attaque du PDG, par ailleurs député et onzième fortune de Chine : Danone n’est qu’un impérialiste, la Chine n’est plus à l’heure des prédateurs du XIXe siècle, et d’appeler à la résistance face aux barbares étrangers sur les forum internet...
D’abord une première note ironique : Danone avait été au centre d’une poussée de fièvre de patriotisme économique en France il y a deux ans, à l’occasion d’une rumeur d’OPA de Pepsi Cola sur ce fleuron de l’industrie française. On avait entendu des choses assez comparables dans le ton sinon sur le fond à ce que dit le PDG chinois aujourd’hui... Le patriotisme économique peut avoir des effets boomerang, à user avec précaution...
Deuxième considération, effectivement, le discours patriotique peut cacher de sordides intérêts d’affaire, et, si l’on en croit Danone, Zong Qinghou, le fondateur et PDG de Wahaha aurait créé un certain nombre d’entreprises parallèles à sa joint venture avec le groupe français, en contradiction avec leurs accords. Mis en cause et menacé de prise de contrôle total, ce qui n’a rien d’illégal, il a contre attaqué en plaçant le débat sur le terrain du nationalisme et du méchant prédateur étranger. Je n’ai pas les éléments mais cette version officielle de Danone est plausible.
Troisièmement, qu’est-ce que ça dit sur la Chine actuelle et quelle leçon pour les investisseurs étrangers ? Je me trouvais hier soir à un débat sur la Chine à Paris où un homme d’affaires français me disait que son groupe, lui aussi très implanté depuis longtemps en Chine, rencontrait le même type de difficultés. Après avoir ouvert les bras pendant deux décennies aux capitaux étrangers, la Chine se sent-elle aujourd’hui assez forte pour en fixer les limites et tenir les étrangers à distance ? Il y a des signaux contradictoires : le Français SEB, qui se heurtait depuis neuf mois à une campagne de type nationaliste dans sa tentative de rachat du chinois Supor, fabricant de petit électroménager, vient au même moment de se voir donner le feu vert gouvernemental. Il n’y a donc pas barrage systématique.
Sans doute y a-t-il un peu de tout : des pratiques mafieuses sous couvert idéologique, une Chine qui a aujourd’hui ses « champions nationaux » dans plusieurs secteurs, à l’image de équpementier Telecom Huawei, du fabricant d’ordinateurs Lenovo, ou du fabricant d’électroménager Haier, désormais actifs dans le monde entier, et qui rend la vie plus difficile à leurs concurrents étrangers, et enfin une opinion prête à s’enflammer dès qu’un démagogue allume la flamme nationaliste, antijaponaise un jour, antimultinationales le lendemain.
Le problème est que le jeu est largement faussé, et lorsqu’un député du peuple vous accuse d’être un barbare antichinois, vos possibilités de vous faire entendre sont faibles, grave quand le pays en question fait 10% de votre chiffre d’affaires mondial. Mais tout ça, on peut espérer que les sociétés qui ont investi massivement en Chine le savaient déjà...

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  • Anonyme

    bien fait je suis content ,et encore ils sont gentils
    moi je ferai pire d ailleurs ,sa va arrive un jour ou l autre une fois qu ils aurons copiers tous les produits occidentaux il vont tous les jetes .

  • icare
    icare
    Peut ont faire confiance a un (...)
    • Posté à 05h14 le 17/06/2007
    • Journaliste 3039
      Peut ont faire confiance a un (...)

    Les dessous de l’affaire Danone semble bien plus complexe qu’un simple non respects entre partenaire.

    Danone dans sont plan de développement en Asie envisage de s’implanter au Vietnam et en Inde, il était convenue entre Danone et Zong que cela se ferai ensemble.

    Un Jour Zong appris que Danone mener des négociations secrète avec la société Japonaise Yakult Honsha.

    Zong s’est senti trahi par ces anciens amis et il jura que toute les portes qu’ils avaient ouverte a Danone en Chine il les fermera une a une au bénéfice d’une compagnie qu’il allait créer.

    Depuis le début Danone connaissait l’existence de cette nouvelle compagnie Hangzhou Hongsheng Beverage Co Ltd, Danone a fait le choix de fermer les yeux pour évité les problèmes et persuadai que Zong n’avait pas les capacités commercial pour mener a bien ce réseau parallèle.

    Néanmoins durant les derniers mois Danone et Zong ont tenté de trouver un accord, les réseaux parallèles crée par Zong entre sous le control de Danone - Wahaha en échange Danone respect les accords verbaux avec Zong sur les projets Inde – Vietnam.

    Début Mai Danone communique officiellement les accords de co-développements en Inde et Vietnam avec son nouveau partenaire Japonaise Yakult Honsha, Danone a lance également l’attaque contre Zong.

    Pour Zong cela est devenu un point d’honneur, non pas la trahison de Danone avec les Japonais (quoi que, quand l’on connait je sentiment antijaponais de la majorité des chinois, trahir un chinois au profit d’un japonais, on peut se demandai si les cols blanc de Danone réfléchisse bien avant d’agir ; (opinion personnelle)

    Le point d’honneur pour Zong est que Danone l’ai traitai de menteur dans son communiqué officiel, alors que Danone n’a cessée de mentir sur les projets Inde – Vietnam.

    Traiter publiquement un chinois de menteur c’est lui faire perdre la face, qu’un étranger traite publiquement un chinois de menteur l’insulte et plus grave et le pardon n’existe pas.

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