Séquence nostalgie chez les amateurs de légumes

Restaurants gastronomiques, étalages de marché, sites Internet spécialisés… Tous réintègrent désormais avec audace des légumes anciens ou oubliés dans leurs menus. C’est ainsi le grand retour du panais, du topinambour ou encore du salsifis, tombés en désuétude depuis plusieurs décennies.
Au cours du XXe siècle, le volume des espèces et des variétés de légumes consommés a décliné au fur et à mesure des avancées de l’urbanisation. Le développement de nouveaux modes de production et de distribution a conduit à restreindre l’offre en matière de diversité. L’exode rural entraînant une baisse de la main d’œuvre et la déprise agricole (abandon de l’activité de culture ou d’élevage) de certaines zones de faible productivité, l’agriculture intensive et de masse a supprimé les plantes à faible rendement et poussé à investir plus pour palier au déficit.
Il ne faut pas négliger non plus les conséquences des pénuries en temps de guerre qui poussèrent à la surconsommation de certaines variétés, provoquant par l’abondance un dégoût relatif et post-traumatique. Les affres de la restauration collective ont, elles aussi, parfois participé à certains bannissements dans les nouvelles générations. On estime ainsi aujourd’hui que sur l’ensemble des variétés comestibles cultivés il y a cent ans, près de 75% ont disparu.
Une situation inquiétante dans un monde qui bascule vers l’obésité
Quelques irréductibles remettent au goût du jour ces légumes oubliés tels que le crosne du Japon, le cerfeuil tubéreux, la carotte jaune longue du Doubs, la pomme de terre suédoise bleue, la betterave chiogga, l’arroche des jardins rouge. Certains ont d’ailleurs bénéficié d’un effet de mode comme le retour d’Halloween en France. Ainsi, les cucurbitacées, le pâtisson, les coloquintes ou le potimarron connaissent depuis dix ans un nouvel engouement en automne, envahissant aussi bien les décorations que les assiettes.
Même la recherche scientifique a recommencé à valoriser les vertus de végétaux oubliés et sous-estimés, faisant davantage état de leurs vitamines, de leurs minéraux et de leurs fibres. De récentes études, relayées notamment par le livre "Alternative Medicine and Rehabilitation" en 2003 sur les atouts antioxydants des polyphénols (des molécules organiques), offrent des perspectives intéressantes dans le traitement et la prévention du cancer, des maladies inflammatoires, cardiovasculaires et neurodégénératives.
Influence perceptible dans l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique
Les cuisiniers, en particulier ceux de la cuisine gastronomique ou traditionnelle, se sont eux aussi réapproprié certaines saveurs, en offrant de nouvelles perspectives culinaires à leurs plats. Cardons, tétragone, ficoïde, pissenlits, orties sauvages, salicorne, nèfles, baies de sureau… Chacun sollicite ces sensations oubliées jusqu’alors, en combinant les couleurs, les formes, l’originalité et la nostalgie d’antan. Des chefs comme Marc Veyrat ont pris l’habitude de se fournir dans les sous-bois, louant les qualités de la menthe sauvage, du crocus sylvestre, de l’oxalis ou autres baies et champignons peu utilisés.
Effet garanti : la curiosité des consommateurs urbains est attisée
Pourtant, le problème n’est pas récent et certains militent depuis des années pour ce retour. Bernard Lafon, par exemple, est à la tête de sa ferme "Oh légumes oubliés" depuis 1977. Ce producteur de Sainte-Marthe (à 15 km de Bordeaux) est un amoureux de la biodiversité et des plats de son enfance. Il réhabilite, valorise et vend des pâtissons, du pourpier, du sureau, du vergus du Périgord, du navet noir ou encore de l’amour en cage. Il s’agit actuellement d’un des lieux les plus visités de la Gironde.
- 5876 visites








En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Vous venez de lire le retour des aventures potagéres du Concombre Masqué !
La nostalgie est une chose … la réalité une autre!
KOKOPELLI… vous connaissez ????????????
« On a perdu 29/01/08 ::. APPEL A DONS ::. Comité de soutien
KOKOPELLI : biodiversité, la fin des illusions
Les verdicts sont tombés : l’association Kokopelli est lourdement condamnée :
12.000€ pour le grainetier Baumaux
23.000€ pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).
Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.
————————————————————————————————————————
Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.
C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.
Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000€ augmenté de 10.000€ et recevra 2.000€ pour ses frais.
L’état français recevra 17.500€ au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000€ seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeux des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.
Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).
————————————————————————————————————————
Les condamnations infligées à KOKOPELLI
ne sont donc pas à chercher dans la nature des
semences que protège l’association, mais dans ses actions.
L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.
Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.
Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.
L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?
La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.
N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.
Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !
Raoul JACQUIN »
l’interdiction du purin d’ortie??? Ca vous dit?
Mais qu’est ce qu’ on leurs reproche OFFICIELEMENT à KOKOPELLI ? Quelles sont ces graines illegalles ? C’est quoi les attendus du jugement ?
NON, mais c’est comme pour Monsanto : le monopole!!!!
Et le purin d’ortie?
Ca ne coûte rien et c’est la panacée du jardinier.
Et ca évite bien des « merdes » chimiques!
Il est même interdit de colporter la recette…
Mais c’est dans tous les vieux bouquins de jardinage.
vrai, mais qu’est-ce que ça pue !!!
Interdit ????
Pourquoi alors en ai-je trouvé, hier, chez Truffaut (Châtenay Malabry) - et, pourquoi, dans les conseils de plantations de tomates (tomates « rose de Berne »), il était conseillé de mettre, dans le trou de plantation, « une poignée d’oties hachées » ????
SVP, ne dites-pas n’importe quoi, vérifiez d’abord ! même si, sur le fond, je suis d’accord avec vous.
En ville, tout le monde n’a pas la possibilité de fabriquer du purin d’ortie, c’est pour cela qu’il est utile d’en trouver tout préparé et vendu au détail
Pour ma part, j’ai acheté du « guano fossilisé ». Est-ce de la « merde chimique »?
vas sur leur site kokopelli
On (sous-entendu le grainetier Baumaux et la Fédération des semenciers) leur reproche de vendre des semences non inscrites au catalogue officiel, c’est-à-dire issues de vrais plants anciens, sélectionnés par des jardiniers amateurs et paysans, bios pour la plupart, qui permettent ainsi à de très vieilles variétés de se perpétuer. Ce n’est pas du goût des semenciers industriels qui voudraient voir leurs hybrides commercialisés partout, un peu comme Monsanto qui veut voir ses semences OGM envahir le marché, au détriment des semences traditionnelles.
[je me fais l’avocat du diable wahaha] Bon en même temps ils ont été un peu cons, à Kokopelli. L’inscription au catalogue officiel est obligatoire pour vendre des semences et pour éviter que n’importe qui fasse n’importe quoi (genre vendre des plantes d’un autre continent et viander nos écosystèmes locaux; ou vendre la même plante sous plusieurs noms; ou vendre des OGMs… ça s’appelle de la répression des fraudes).
Et contrairement à ce qu’indique Laomma, c’est pas parce que la plante est issue de « vrais plants anciens », où qu’on n’est pas un méchant gros grainetier qu’on peut pas l’inscrire au catalogue ! Ok, l’inscription est un peu chère (6000€) mais rien n’empêche de ne pas vendre ces semences et de juste mettre en place des réseaux d’échange amateurs (pas de commercialisation = pas d’obligation d’inscription) ! Et puis y’a déjà des centaines de variétés anciennes qui sont inscrites (allez voir le site du catalogue…)
Enfin faut arrêter de craquer, je crois pas que la décision de justice s’inscrive contre la démarche très positive de kokopelli, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas appliqué la loi.
Kokopelli est une association, et la condamnation me semble disproportionnée: ils auraient pu faire une condamnation « de principe », à titre d’avertissement; là, on dirait que le but est de couler une assoc qui ne distribue que des variétés anciennes et qui n’alimentent pas les lobbies produisant des F1…
Bref…
Beaumaux a réussi a gagner 12 000 euros dans cette affaire; mais j’ose penser qu’ils en perdront autant voire plus en chiffre d’affaire grâce à leur action contre Kokopelli (comme contre-pub, on fait pas mieux!). Si avant j’hésitais entre les deux, maintenant mon choix est vite fait.
La seule réponse est celle que nous pratiquons dans notre coin, « l’insurrection potagère » : il n’y a pas l’ombre d’un centime qui circule, on échange ou on donne des graines et des plants et c’est tout.
On est dans la légalité et on emmerde les vendeurs de plants uniformisés qui donnent des fruits aussi goûteux que ceux qui sortent des serres belges.
J’ai au chaud une quarantaine d’espèces anciennes de tomates, je commence à planter et je distribue le reste…
et l’europe que pense-t-elle des ogm?
de Greenpeace
Paris, le 7 mai 2008. La Commission européenne a aujourd’hui ajourné toute autorisation à la culture de nouveaux OGM en demandant à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) de réexaminer ses avis, toujours positifs. Ce processus devrait prendre encore au moins deux ans. Cette décision constitue un extraordinaire camouflet infligé par la Commission à l’AESA qui prouve à quel point une réforme du processus européen d’évaluation des OGM s’impose. La France a l’occasion de l’engager pendant sa présidence de l’Union et doit dès maintenant inscrire ce sujet à l’ordre du jour du conseil des ministres du 5 juin.
Greenpeace se réjouit qu’aucun OGM n’ait été autorisé, mais est déçue que les Commissaires ne soient pas allés jusqu’au bout en les interdisant définitivement, compte tenu des risques mis en évidence par de nombreuses études scientifiques.
« La décision de la Commission est un vrai revers pour l’industrie biotechnologique, déclare Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. La pomme de terre OGM qui devait être autorisée à cette réunion ne l’a pas été ! C’est aussi un vrai revers pour l’AESA, agence dont le travail est à juste titre de plus en plus décrié. Il faut maintenant engager une vraie réforme de l’AESA et de l’ensemble du processus d’évaluation. La France a l’occasion de le faire en inscrivant cette réforme à l’ordre du jour du conseil des Ministres du 5 juin. »
chris
Je ne connaissais pas cette action contre cette société, mais j’avoue que c’est effrayant de constater que l’on puisse intenter ce genre d’action. J’avais entendu parler du purin d’orties, mais les « Jardiniers de France » m’avaient affirmés que le reproche était de l’avoir commercialisé.
Ces graines ne sont pas qu’une grande richesse, elles seront certainement aussi notre salut dans l’avenir. Les conditions climatiques, la pollution et les maladies peuvent un jour avoir raison d’une agriculture stéréotypée et uniforme. Mais cette société n’avait aucune chance, elle lutte contre le capitalisme et les politiques qui le soutiennent. L’argent, rien que l’argent, tout pour l’argent…
juste réaction contre la standardisation que nous a imposé la grande distribution, et les décideurs français et européen. (tout le monde doit manger la même chose)
je me souviens de la bagarre qu’il y a eu autour de l’artichaut violet de provence qu’on mange cru, quand qu’on a voulu le supprimer de la vente parce que pas dans la norme européenne.
Qu’ on mange cru avec les poils ?
Pas de quoi en faire un foin , effectivement ..
Je ne reconnais effectivement pas la moitié des noms d’espèce cités, c’est dire l’ancienneté de certains de ces produits bienvenus !
En revanche, je suis soulagé qu’on n’ait pas réhabilité le rutabaga des années de guerre.
Mais le prix d’achat, dans tout ça ? Sans doute pas à la portée de toutes les bourses.
pas plus difficile de faire pousser des fèves que des haricots, pourquoi ça coûterait plus cher ?
Le rutabaga, c’est comme le topinambour, et comme le navet en temps de guerre. Récoltés n’importe où, y compris dans des gravats, seulement bouillis à l’eau, comment cela pourrait-il être bon? En revanche, bien cultivés, bien assaisonnés, quel régal. Ma faiblesse : le topinambour, que je cultive!
Retour du Topinembour…?, c’est Jean-Pierre Coffe qui va être content…!!
http://phil195829.overblog.com
Habitant à la campagne dans une région ou ns avons pas mal de producteurs bio j’achéte pas mal de légumes anciens et non ça n’est pas plus cher chez eux ou si peu pour bien plus de saveurs.Je ne suis pas fan de crone ou de topinanbour mais sans être aventurier une bonne salade de green zebra ou de rouge de crimée, une purée de pomme d’or ou une tranche de choux rave….que du plaisir.
le crone … une merveille au goût d’artichaut.
Le salsifis tombé en désuétude ? N’exagérons rien ou alors vous me feriez croire que je suis le seul acheteur en France ??!
Les topinambours, voilà bien 20 ans que je les ai vus réapparaître comme les panais chez Champion.
Le problème des légumes c’est leur prix tout simplement, même en conserve les étiquettes font fuir les ménagères.
Un des problèmes du salsifi, c’est que c’est désagréable à éplucher : la peau, collante, noircit les mains, qui sont ensuite difficiles à nettoyer : ce n’est pas franchement esthétique. A moins d’utiliser des gants…
Mais par contre, si on se donne la peine de bien les préparer, quel délice !
une loi interdit en france la commercialisation des espèces non repertoriées.
Kokopelli attaqué par un gros grainetier a perdu là dessus.
aucune chance donc de voir les espèces locales, mieux adaptées au climat et au terrain se développer.
il nous restera les F1 et les OGM et des séquences nostalgie pour se consoler
http://blog.plafonddeverre.fr/
Vous avez déjà eu des graines issues de ces hybrides F1 qui ont poussé dans votre jardin? ça donne n’importe quoi, des courgettes minuscules dures comme des cailloux par ex. Comme ça on est forcé de racheter chaque année les semences; c’est un marché forcé détestable.
C’est un immense scandale actuel: le grand capital qui veut contrôler (et breveter) le vivant pour obliger le monde entier à acheter les semences, et aussi les produits sanitaires qui vont avec obligatoirement. Le comble, c’est l’aventure aux USA d’un paysan qui a récupéré et semé des graines de SON maïs, qui avait été fécondé accidentellement (donc pollué) par du pollen de maïs OGM d’un champ voisin, et qui a été condamné pour violation de brevet… on marche vraiment sur la tête.
Non, on peut, en cherchant un peu, trouver des graines non hybrides d’espèces anciennes. Echangez vos graines avec celles du voisin, c’est marrant, convivial, gratuit et… légal.
Que d’espèces inconnues (pour moi) !
Des règlementations bien tempérées pourraient participer de la nécessaire standardisation des produits qui a ses mérites …tout en préservant dans une logique de prudence et de bon père de famille les diversités végétales acquises.
Tout comme elle devrait limiter l’appropriation du monde vivant par des sociétés.
Pour devenir efficace,
comment abordez le problème à tous les niveaux d’intervention, région, pays, Europe et planète ?
« C’est ainsi le grand retour du panais, du topinambour ou encore du salsifis, tombés en désuétude depuis plusieurs décennies. »
Un pied de nez cuisant aux semenciers tueurs d’abeilles. Pourvou qué ça doure !
Le jardinier a le choix quand il achète des semences en magasin mais il achète toujours les même variétés …. Prenons la laitue et la si célèbre variété appia. C’est une variété inscrite au si contesté catalogue des variétés potagères en 1974 par Clause (gros semencier ?) et c’est celle qui est le plus demandée par les jardinier. C’est une variété qui n’est plus du tout utilisé par les maraichers aujourd’hui. des variétés plus récentes, moins sensibles aux maladies existent aujourd’hui, elles sont meilleures et plus productives et surtout pour la plupart pas F1 et surtout pas OGM !!! Enfin considérer Baumaux comme un gros semenciers, c’est ne rien connaitre, c’est un petit semencier du nord est de la france qui propose sur son catalogue un grand nombre d’espèces et de variétés dont de très nombreuses très anciennes …
« Enfin considérer Baumaux comme un gros semenciers, c’est ne rien connaitre, c’est un petit semencier du nord est de la france qui propose sur son catalogue un grand nombre d’espèces et de variétés dont de très nombreuses très anciennes … »
Un petit semencier qui fait quand même 800000€ de bénéfice(!) et poursuit en justice Kokopelli pour vente de semences non-inscrites au catalogue officiel, alors que lui-même fait la même chose! cf le site:
http://www.kokopelli.asso.fr/proces-kokopelli/gnis-fnpsp6.html
Désolé mais je persiste bien que je n’ai aucun interêt chez Baumaux. Ils ne vendent principalement qu’aux particuliers et face à des groupes comme oxadis ou GSN? CE SONT DES NAINS. De plus Baumaux a sa part dans la diffusion de variétés anciennes. Cela vaut le coup de consulter le catalogue des variétés sur le site du gnis, il est libre d’accès. Il faut savoir que toute variété inscrite sur le catalogue européen (des milliers de variétés) peut être commercialisée dans l’union. Il existe de plus en France une liste spéciale dite « variétés destinées uniquement au marché amateur ». Cette liste comme elle l’indique permet d’ajouter des variétés anciennes qui n’ont plus de réalité sur le marché professionnel mais qui sont demandées par les jardiniers. L’ajout sur cette liste a un coût mais il est supporté actuellement par l’interprofession semencière. Elle contient un très grand nombre de variétés de tomates par exemple. Le problème se pose aujourd’hui effectivement pour permettre aux professionnels de les utiliser (noire de crimée par exemple avec Saveol)et donc les mettre en acces à tous. Pourquoi un catalogue ?; c’est aussi pour protéger l’utilisateur sur les semences qu’il achète : être sur que c’est bien la bonne variété qui se trouve dans le sachet que l’on achète et pour garantir la germination ( et la ce n’est pas toujours le jardinier qui est responsable de la non levée des graines !!!!). Bref avoir un minimum de garanties sur le produit que l’on achète. Enfin le catalogue n’empèche en rien l’utilisation d’espèces anciennes puisque la plupart ne rentre pas dans la liste des espèces potagères qui entre dans le catalogue. De ce fait, elles peuvent être commercialisé sans soucis …. Bon je suis certainement corrompu par le lobby semenciers, mais il y a certainement plus de nuances que l’on pense sur ce dossier.
35000 euros, ça fait cher pour quelques nuances!…
Si Roland Barthes était encore vivant, il saurait découvrir dans le retour à ces légumes d’hier une de nos mythologie d’aujourd’hui…
Je suis également très intéressé moi-même par ces légumes, et au potager à mes heures perdues.
Je crois que le soutien aux légumes bio et variétés anciennes au bon goût gagnerait à être accompagné d’argument en faveur de leur productivité, malgré tout. Qui a déjà vraiment cultivé des légumes, plusieurs saisons, sait à quel point le travail peut être grand mais vain, si tel ou tel malheur arrive, sait à quel point la terre est basse quand il faut désherber, et si la récolte est maigre à l’automne, c’est la catastrophe.
Le panais victime de la mouche de la carotte etc… et les remèdes poétiques, à base de lune etc, quand ils sont fantaisistes, discréditent l’agriculture raisonnable. Pointons donc le plus possible vers des études agronomiques rigoureuses prouvant, statistiques à l’appui, le potentiel en productivité des cultures « naturelles ».
Personnellement, je mets des panais tous les ans, et je n’en ai jamais été privé par quelque mouche que ce soit, par contre, de mes carottes oui, c’était une bonne semence, bien répertoriée, soit-disante hyper productive et sans raison apparente autre que de n’avoir pas poussé, j’en ai pourtant remis trois fois pour finir par renoncer cette année là. Alors vos statistiques pour établir si telle ou telle semence en vaut la peine… Voyez-vous, tous ceux qui ont un jardin vous diront que selon l’année, le soleil, le vent et autres conditions climatiques, ce n’est jamais les mêmes variétés qui s’en sortent le mieux. C’est là que l’on se rends compte à quel point la bio-diversité peut être utile. Je mets souvent par exemple trois type de pommes de terre, car ce n’est jamais la même la plus rentable. Mais la rentabilité n’est pas tout, car elles ont aussi des différences culinaires. Croyez moi, panais, potimarrons et autre légumes particulier savent vous ravir le palais pourtant si abruti par le tout venant industriel.
C’est pourtant pas compliqué de mettre un lien ! :-)
http://www.kokopelli.asso.fr/
Le cerfeuil tubéreux est un délice qui coûte…
Mais un vrai délice, j’envie ceux qui ont un jardin dans lequel ils peuvent cultiver tout un tas de variétés……
Pour kokopeli je sais qu’ils ont basé leur défense sur le fait que la grande distribution vend des légumes anciens qu’on lui reproche de commercialiser sans inscription au catalogue. Mais à ce jour aucune grande surface n’a été poursuivie pour avoir vendu des légumes anciens résultant de semences non inscrites.
En france c’est toujours pareil pour ce qui est de la justice : fort avec le faible et faible avec le fort…
Alors nous autres on a à peu près tout essayé au jardin pendant des années… pour se rendre compte que la plupart de ces fameux « légumes oubliés » ne l’avaient pas été pour rien :
Les topinambours, ça te fiche des gaz, c’est terrible –une personne sur deux, dont moi– y est sensible, au point de provoquer la fuite de toute la tablée, asphyxiée.
Les rutabagas, c’est génial : c’est le légume qui pousse tout seul dans n’importe quel sol. Un rendement fabuleux : mais t’as l’air parfaitement benêt devant tes trois quintaux, vu qu’un seul tout petit suffit à parfumer ton ragoût. C’est parfaitement immonde, autrement.
Les tomates exotiques, c’est très joli, mais ça ne vaut pas grand-chose pour les sauces. Et va-t’en ramasser tes tomates-cerises ! Une demi-heure pour un kilo de baies hyper-acides. Berk. Rien ne vaut la bonne vieille Saint Pierre ou la Marmande.
Aucune cucurbitacée n’est autre chose que fadasse. Seul le potimarron sauve la mise, et encore.
Les crosnes, c’est vachement bon, mais alors c’est une chiotte à nettoyer, ces petits machins qui ressemblent à des grosses chenilles. Une corvée, c’est tout.
La tétragone n’est pas mauvaise, mais ça ne vaut pas un bon plat d’épinards… et puis t’as intérêt à avoir de la surface, vu que ça t’étouffe tout le jardin, autrement.
Je fais du mauvais esprit (comme d’hab), mais en réalité, il suffit d’être un peu sensé et d’utiliser les variétés locales de légumes, qu’il est aisé de se procurer chez les bons grainetiers ou par correspondance chez Kokopelli par exemple (ils sont excellents).
Ce qui est vraiment fun et vaut le coup, par contre, ce sont toutes ces petites verdures qu’on peut planter un peu partout, y compris dans des pots sur un balcon, et qui vont te transcender ta bête omelette en plat divin, même en plein hiver…
Obliger des millions d’innocents à bouffer des rutabagas à l’eau de Vichy pendant cinq ans, c’est la meilleure définition du fascisme culinaire.
On est toujours le fasciste de quelqu’un, comme le juif du reste. S’il est vrai qu’on comprend pourquoi certains légumes ont été abandonnés : âpres, astreingeants, fibreux… d’autres l’ont été parce que peu rentables (peu de graines), goûteux ( hé oui, on aime le nivellement dans tous les domaines), difficiles à préparer (ha les scorsonnères!).
Il faut raison garder, mais quel plaisir de cultiver ses légumes.
Pour les petites tomates, quand j’en sers à mes invités (elles sont choisies et variées) il ne m’en reste rien.
le crosne, tu le laves, tu le roules et le frotte dans dans du gros sel (dans un torchon) pour enlever toute la terre des tortilons… pas plus dur qu’autre chose.
Mais comment s’en procurer ?
Dans ma province, ici, il n’y a rien !
Peut-être pas plus mal, car ils coûtent indûment la peau des fesses.
Mais quel régal.
Sans vouloir offenser certains d’entre vous, le problème de Kokopelli est que leurs graines ne poussent pas ! J’ai un jardin depuis des années et malgrés plusieurs essais, je n’ai jamais pu faire pousser la moindre semence en provenance de chez eux. Pour ce qui est de l’inscription au catalogue des sememces, celle-ci est importante pour vérifier l’origine de ce qui vous est vendu. Kokopelli ne semble pas vraiment maitriser ses productions de semences et ne doit pas pouvoir les certifier. Ceci explique aussi en partie le refus d’inscription au catalogue….
tu mets tes graines danq ton congel et tu les ressorts… un coup de froid, ca active la germination (cf comme les trèmières)
C’est du grand n’importe quoi!
La bio diversité est un problème fondamentale et majeur et vous ergotez sur des vétilles. Vous Pinaillez.
D’abord une graine ça ne pousse pas, ça germe.
Pour avoir travaillé avec eux, Kokopelli s’appelait alors Terre de Semences, je peux vous dire que je n’ai jamais eu de problèmes majeurs, quelques germinations capricieuses tout au plus.
Quel est l’intéret de connaitre l’origine des semences? Une Green Zebra, une Rose de Berne ou encore une Cherokee Purple produite n’importe où reste une Green Zebra, une Rose de Berne ou une Cherokee Purple. L’origine n’est en rien dans le succes d’une culture.
Quant à l’inscription au catalogue officiel c’est un problème financier. L’inscription coûte extrèmement cher, sans compter le prix du maintien au catalogue, dont il faut s’acquiter chaque année. Cela represente une somme globale de plusieurs milliers d’Euros par variétés.
Ah, le rose de Berne… Côté « vertes », la green zebra est marrante dans une salade mais vraiment fade. Je vous conseille la Green velvet, orange dehors, verte dedans, fondante, fruitée, délicieuse !
En vente où?
Pas en vente, au potager : les graines, c’est du vivant et cela doit rester du domaine public. N’en déplaise à Monsanto, les miennes sont gratuites (enfin, maintenant ce sera pour la fin de l’été).
http://www.twenga.ch/offre/090769493.html
J’en ai trouvé hier chez Truffaut (eh oui !)