Les réfugiés somaliens embarrassent le Kénya

(De Nairobi) Au Kenya, l’afflux de Somaliens qui fuient la guerre civile embarrasse les autorités accusées par les organisations des droits de l’homme de plus d’une centaine de déportations extra judiciaires et d’expulsions violant le droit international des réfugiés.

Au camp de réfugiés somaliens de Dadaab, mercredi (Radu Sigheti/Reuters)

Ils étaient au Kenya depuis le 12 novembre, mais les organisations des droits de l’homme n’ont eu connaissance de leur sort que lundi 20 novembre. Une centaine de Somaliens fuyant la guerre civile à Mogadiscio, venus par un avion de ligne de la compagnie somalienne Dallo, ont d’abord tenté de trouver refuge en Ouganda, d’où ils se sont fait expulser la semaine dernière, puis au Kenya, qui refuse également de les accueillir.

Selon Allamine Kimathi, le président de l’organisation musulmane des droits de l’homme, qui suit de près le dossier des réfugiés somaliens au Kenya, les autorités ougandaises auraient affirmé que la tenue du sommet du Commonwealth, auquel assiste la reine d’Angleterre, ne permettait pas de les accueillir pour l’instant. De retour à Nairobi, ils ont été placés dans la zone de transit, sans que le Haut commissariat aux réfugiés, ni aucune organisation ne puissent avoir accès à eux.

Quelques jours après leur déconvenue à Kampala, une cinquantaine d’entre eux ont été rapatriés à Mogadiscio, les autorités kenyanes ne les ayant pas autorisés à pénétrer sur le territoire. Dix-huit autres ont également été expulsés lundi. Et une trentaine attend le prochain charter à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi, prévu pour jeudi 22 novembre.

Frontière fermée

En janvier 2007, quelques jours après la chute des tribunaux islamiques à Mogadiscio et la "victoire" du gouvernement de transition appuyé par l’armée éthiopienne, le Kenya a annoncé la fermeture de sa frontière, une mesure préventive contre la pénétration d’éléments terroristes dans le pays.

Le Haut commissariat aux réfugiés, qui gère un camp de réfugiés somaliens à Dadaab, au nord-est du Kenya, peuplé de 160000 réfugiés, a plusieurs fois demandé au gouvernement d’assouplir sa position, des milliers de personnes étant attroupées de l’autre côté de la frontière, côté somalien, sans accès à l’aide humanitaire.

Environ 15000 personnes, selon le HCR, ont toutefois réussi à passer entre les mailles du filet, la plupart glissant quelques billets aux policiers kenyans chargés de patrouiller la zone pour avoir le droit de traverser la frontière interdite.

Les autorités kenyanes sont toujours restées très fermes face aux demandes du HCR, laissant toutefois passer de temps à autre un camion d’approvisionnement de nourriture du Programme alimentaire mondial. L’argument avancé par les officiels étant de protéger le territoire contre de présumés terroristes liés à Al-Qaeda.

Il y a quelques mois, le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua, avait affirmé dans une conférence de presse : "Le Kenya a été blessé dans sa chair lors de l’attentat contre l’ambassade américaine en 1998, qui a causé la mort de près de 250 personnes. Nous ferons tout pour protéger nos concitoyens du péril terroriste."

Le Kenya est en fait un allié précieux des Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la Corne de l’Afrique, tout comme l’Ethiopie, qui a bénéficié d’une aide substantielle pour reconquérir en 2006 une Somalie sous la férule de tribunaux islamiques, composés de plusieurs éléments radicaux réceptifs au discours extrémiste professé par Al-Qaeda.

"Le Kenya ne fait que violer le droit des réfugiés, tout particulièrement celui des Somaliens depuis le début de l’année, fulmine Allamine Kimathi. Personne ne réagit. Des femmes et des enfants, qui fuient le chaos dans leur pays, et qui craignent maintenant d’être emprisonnés ou assassinés, parce qu’ils appartiennent tous au même clan, celui des Hawiyé, fiché comme le clan ennemi par le gouvernement de transition."

"La Corne de la terreur"

Ce mercredi matin, Allamine est en compagnie de maître Harun Ndubi. Ils discutent dans les couloirs de la Haute cour de justice de Nairobi, au sujet de la décision du juge sur son incapacité à statuer sur le cas d’Abdulmalik Rajab Mohamed, de nationalité kenyane, arrêté en février par la police, détenu pendant plus de deux semaines, sans accès à un avocat, puis déporté à Guantanamo Bay début mars dans le plus grand secret.

"Comment un pays qui se dit démocratique, peut-il déporter ses propres citoyens en dehors de son territoire ? ", s’interrogeait Maina Kiai, le président de la commission nationale des droits de l’homme, à l’occasion de la publication d’un rapport en juillet dernier, intitulé "La Corne de la terreur". Le rapport faisait état de plus d’une centaine de personnes, dont plus d’une dizaine de nationalité kenyane, détenues pendant des semaines incommunicado dans plusieurs stations de police de la capitale kenyane, et déportées sans procès, ni procédures judiciaires vers la Somalie ou l’Ethiopie.


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15H19 22/11/2007

C’est vrai que nous, pauvres français, serions bien mal placés pour faire la morale au Kénia …

 
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15H23 22/11/2007

droit de l’hommistes ?
Qu’est ce que ca peut bien vouloir dire ? Sont-ce des gens qui veulent faire appliquer les droits de l’homme à tout prix ?
Pourquoi rajouter un petit suffixe péjoratif ?
J’avoue ne pas trop comprendre ?
Et puis raciste et xénophobe c’est quand même très proche, non ? Je pense que le mot raciste ne veut pas dire grand chose, ce dont beaucoup de gens (et de gouvernements) ont peur, c’est l’Etranger. Qu’ils soit d’une autre couleur, d’une autre éthnie, d’une autre religion ou d’une autre patrie tout simplement.
L’attitude du Kénya me fait vomir presque autant que l’attitude d’Hortefeux …

 
destribat | anti-corruption
23H21 22/11/2007

Pour rassurer les Hortefeux, Sarkozy et autres, il faut qu’ils sachent qu’il il y a plus de pauvres qui vont chez les pauvres que les pauvres qui viennent chez nous les riches.

Donc lutter contre l’immigration clandestine, ce n’est pas seulement mettre des barrières de flics aux portes de l’Europe, c’est aussi arrêter d’aider les fouteurs de merdre en Afrique qui vendent des armes, arrêter d’être complice des multinationales qui sèment la pagaille dans les pays du tiers-monde.(compagnies pétrolières, armateurs, entreprises de BTP, ….)

Dans les années 70 à 80, la Côte d’Ivoire était appelé petit Paris. Pourquoi ? Parce que toute la misère Ouest Africaine et aussi d’Afrique du centre cherchait refuge à Abidjan. A l’époque c’était même le consulat de France au Cameroun qui donnait des visas pour entrer en Côte d’Ivoire. Depuis les évènements de 2002 en Côte d’Ivoire on voit bien ce qui se passe aux portes de l’Europe, un afflux massive de réfugiés ouest Africains cherchant à gagner les côtes Européennes. Petit Paris est mort, tout le monde veut aller à Grand Paris.

Pour rassurer Sarko et Hortefeux, il faut qu’il sache que les pauvres ferment aussi leurs frontières, mais quelque fois avec dignité. Et même si ce n’est pas le cas comme l’a fait le Gabon dans les années 80, ne sommes nous pas le pays des droits de l’homme?

A casa lors du sommet Europe Méditerranée pour lutter contre l’immigration clandestine, Sarko, alors Ministre de l’intérieur, a proposé comme unique solution de renforcer les contrôles aux frontières. Et pourtant, le nombre de candidat à l’immigration ne cesse d’augmenter. Il y aurait simplement suffit de dire à ses amis (les grand patrons) d’arrêter d’aider les rébellions dans toute l’Afrique … La guerre en Côte d’Ivoire a fait moins de mort en 5 ans que les différentes tentatives d’immigration sur les côtes Sénégalaises.

Selon Me Koureyssi Bâ (avocat sénégalais), une des causes du coup d’Etat manqué contre Laurent Gbagbo tient au fait que pour lutter contre l’immigration en France «… Paris a opté pour un retour massif des fortes communautés ouest-africaines, notamment maliennes et burkinabé, dans leur pays moyennant de fortes indemnités, aussi bien pour les intéressés que pour les Etats. Dans ce plan, la Côte d’Ivoire (Abidjan Petit Paris comme je vous le disait plus haut) est incontournable puisqu’à elle seule, elle peut jouer le rôle de bassin de rétention de cette immigration ouest-africaine.
Mais cela tombe vraiment mal puisque c’est le moment choisi par Gbagbo pour créer un Office de l’immigration et de l’identification en Côte d’Ivoire …» dans le cadre de son programme « école gratuite pour tous et Assurance Maladie Universelle (financé par des retenues sur les ventes des matières premières, des retenues sur le salaire des travailleurs des secteurs public et privé, des cotisations des non salariés des dons et legs, des contributions exceptionnelles de l’Etat : loi N° 2001 du 09 septembre 2001). Finalement ce fût le contraire, il n’y a jamais eu autant d’Ivoirien candidats à l’immigration.

 
destribat | anti-corruption
17H36 26/11/2007

SylvainD vous faites une fixation sur ma personne. Il me semble que notre ami parle de l’article, moi je n’ai fait qu’un simple commentaire. Il me semble que vous n’avez pas du tout lu les commentairtes postés.

Vous avez votre façon de voir, ici n’est pas le lieu de parler de nos différences de vues. Vous êtes totalement hors-sujet.

Ne me relancez pas, vous allez m’accuser encore de faire une fixation sur le CFA.

Oui je fais ici une fixation sur les mauvaises solutions proposer par Sarkozy et autres pour lutter contre l’immigration clandestines. Et je dis, que tous les pays du monde, même les plus pauvres ont une politique de contrôle de leurs frontières.