
Kenya: un fait divers ravive les blessures de la colonisation
Il est blanc, riche, accusé d’avoir tué un Noir, pauvre tailleur de pierres. Un certain Robert Njoya, d’origine kikuyu, qui, selon l’accusé, braconnait sur ses terres. En parlant de terres, il ne s’agit pas d’une vulgaire ferme, mais de 20000 hectares, situés entre Naivasha et Nakuru, au nord-ouest de Nairobi, fief, depuis la colonisation, des Britanniques qui se sont installés sur les terres fertiles de la Rift Valley.
Thomas Cholmondeley, la quarantaine encore flamboyante, descend d’une famille d’aristocrates. Héritier du cinquième baron Delamere, l’une des familles de » KC » les plus puissantes et connues au Kenya. Les KC sont les » Kenyan cow-boys » , c’est-à-dire les Britanniques qui ont choisi de rester au Kenya après l’indépendance en 1963 et d’adopter la nationalité kenyane. Le pays a été une colonie de peuplement très importante durant la colonisation anglaise (30000 personnes à ce jour). Les Delamere, colons historiques de l’Imperial British East African Company, font partie des plus grands propriétaires fonciers du pays.
Dans la salle d’audience, » sir Thomas » affiche un visage impassible. Visage fin, bouche serrée, il regarde le sol, le plafond et de temps à autre balaie la salle d’un air presque indifférent, comme s’il était certain d’avoir raison. Ses deux mains menottées sont posées sagement sur ses genoux. Ses parents assistent à l’audience. Son père, 70 ans passés, une masse solide aux cheveux gris, sa mère, petit bout de femme un peu épaisse, au regard las, et quelques amis, écoutent les avocats s’adresser tour à tour au juge de la Haute Cour, chargée de statuer sur le crime commis.
» Il aura du mal à s’en sortir, cette fois » , commente un journaliste du quotidien kenyan Nation, qui suit le procès depuis un an. En effet, Thomas Cholmondeley n’en est pas à ses premières tribulations. En 2005, il a été accusé d’avoir tué un garde forestier d’origine masaï, employé du service kenyan de la faune. Il a été acquitté, au terme d’un procès vite expédié, et après avoir reçu de nombreux témoignages de sympathie de la part de la communauté blanche du Kenya qui, depuis quelques années, craint de subir le même sort qu’au Zimbabwe, où les terres de Blancs ont été nationalisées du jour au lendemain par le Président Robert Mugabe.
Le cas Delamere, dont la presse fait des gorges chaudes, ravive la polémique sur la réputation de ces aristos blancs vivant dans la Rift Valley, dans la plus confortable décadence. Des images stéréotypées leur collent à la peau. Chauffeur, domestiques et grandes propriétés, clubs privé, rallies, et société cloisonnée, coupée des réalités du pays. Il faut sauver la réputation de la » ferme africaine » célébrée par Karen Blixen, célèbre écrivain danoise, partie pour le Kenya en 1914 pour y diriger une plantation de café. Une amie de l’arrière-grand-père de l’accusé, lord Delamere.
A travers le jeune héritier Thomas, c’est la question du legs de la colonisation anglaise qui s’est invitée au procès. Ses paradoxes ressurgissent soudain : les terres blanches » volées » aux paysans noirs, la question foncière, la réputation d’une respectable lignée de colons britanniques…
Le juge déclare la séance levée. Frédéric Ojiambo, l’avocat de la défense, retire sa perruque d’un air désolé et s’empresse de rejoindre son client qui attend son transfert dans la prison de Kamiti, l’une des plus peuplées de Nairobi (4600 prisonniers), sur la route du nord-est de la capitale. Il revient une heure après pour exprimer sa déception aux quelques journalistes qui l’ont attendu.
» Ce procès a attiré l’attention de l’opinion publique de manière exagérée. Je suis sûr que les témoins subissent des pressions de la part de la police judiciaire et du ministère public.
— Vous craignez que ce procès se transforme en procès contre les colons blancs, que Delamere serve d’exemple ?
— Je ne l’exclus pas. Heureusement, mon client garde son optimisme, il a confiance dans le système judiciaire kenyan, mais pour ma part, je crains des interférences politiques. »
La défense fait appel sans trop y croire, histoire de gagner du temps. En attendant, la suite du procès devant la Haute Cour est reportée au 21 septembre.
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En ce qui nous concerne, pour une raison toute simple: nous n’existons que depuis trois mois. Par ailleurs, je ne crois pas que nos confrères aient sous-traité le cas Mugabe, qui est évoqué dans cet article.
Ce n’est qu’un putain de raciste , qui ,non content de spolier les Kenyans , s’en prend à eux .
Les gens comme lui n’ont rien à faire en Afrique , au lieu d’aider la population ils la rendent encore plus pauvre .
Ah bon, FreeRider, vous avez l’air bien informé.
Est-ce que vous pouvez citer vos sources? Ou bien êtes-vous un voisin de Thomas Cholmondeley?
edit meprise,
au debut j’ai cru que c’etait le vieux qui postait ce dernier message.
tu te gourres dans ton ps :
un indien qui gagne 500$ en inde aura une qualité de vie à peu près 5 fois supérieur à un français qui en gagne 1300 à paris. tous ces chiffres n’ont aucun sens tout comme le fmi et les banques mondiales et centrales qui les régulent à leur aise.
m’enfin on s’en fout de tout ça. pour le vieux, j’insisterai plus sur des pensées vers ses mômes et au monde qu’il a contribué à nous céder en passant sa vie à vénérer ce consumérisme aliénant qu’il a cru, à tort comme les autres, libérateur.
et pis on peut lui rappeler que comme le pékin moyen et ses 100 roopies par mois, il va mourrir, comme il est né :
tout nu.
bye
(j’aime bien les conversations de comptoir)
et concret ça veut dire quoi ?
des mensonges tellement répétés qu’ils apparaissent aux yeux des plus influençables comme Vérité ultime ?
ou peut-etre c’est tout simplement pouvoir se regarder dans un mirroir le matin,
sans baisser les yeux sur son active complicité de par ses actions quotidiennes (recherche les filières de production des objets que tu possèdes) aux rares faits auxquels on pourrait éventuellement attribuer la propriété « concret » (destruction des ressources vitales pour l’homme, des ecarts entre plus riches et plus pauvres qui explosent, un marché des armes au coeur des politiques étrangères occidentales et de leur services secrets, bush, nain 1er…etc etc) ?
J’ai pas mal voyagé. de par expérience voilà un fait bien concret mon vieux :
Les gens les plus dignes, les plus ouverts, les plus curieux (de manière saine), les plus généreux, les plus Vivants que j’ai eu la chance de rencontrer sont aussi les plus pauvres des villages les plus pauvres des pays les plus pauvres. et bien souvent musulmans aussi.
bref très loin des clichés sur ces pauvres malheureux ou ces vilains terroristes dont on vous nourrit la cervelle tuméfiée à 13h et 20h.
Il n’y a aucune fierté à réussir dans la vie si cela implique l’abandon de la liberté et de la dignité pour la sécurité et le culte de l’égo, si cela implique de marcher sur les plus faibles en se laissant marcher dessus par les plus forts. le tout avec une soumission totale à des valeurs incomprises, juste admises par défaut, en parfaite inconscience.
par contre c’est pas faux que tout ce qui porte un label c’est du marketing répondant à une demande avant tout;
perso avec le lait de la vache de mes voisins qu’ils m’amènent le matin je fais de la creme, du yaourt et du fromage frais, ça me coute 0,40 euros par litre et encore je file 0,10 d’extra
ya un boulanger pas loin qui pétrit sa pâte, le four est pas top, mais ça passe,
les sachets plastiques sont interdits dans le village,
ya un fermier qui fait du jus de pomme trop bon,
…
on se douche à l’eau froide même quand il fait froid, on se torche à l’eau, et on se mouche sans kleenex en direct; en plus de sauver des arbres, de la cellulose et des emballages, c’est vachement plus propre et agréable. A telle point que réutiliser du PQ serait s’infliger une torture.
alors avec cette bonne hygiène de vie, un peu d’activités physiques et un peu de méditation, on est jamais malade.
bon c’est pas en europe n’empêche c’est possible de vivre autrement.
tcho
Indépendemment de toute justice, vous parlez de choses qui vous sont inconnues!
Vous réagissez avec des sentiments primaires, ce qui en soi est louable, toutefois, avant de réagir informez vous de ce qui est arrivé à POLL, en 1964 et vous verrez que la justice existe. Il n’est pas dans mes intentions de défendre cet individu, mais ne jugez pas à priori. On créve de yaka!
Cela dit, les Kenyans sont maîtres chez eux, faites leur confiance.
Ayant pris la nationalité kenyanne il s’agit surtout de couleur de peau et de savoir si une personne profitant largement de son statut de descendant de colons, millionnaire, blanc et d’aprés l’article rempli d’arrogance peut tuer à souhait soit un pauvre noir qui braconne ou un garde forestier Massaï faisant son job? Le souvenir du Zimbabwe devrait amener ces « ex-colonisateurs » à réfléchir s’il ne veulent pas tout perdre, ce qui arrivera de toute façon car l’Afrique aussi a besoin de justice.
Il me semble que le Kenya a refusé très intelligemment de se conformer aux exigences du FMI, et du coup, ce pays s’en sort mieux.
Thomas Cholmondeley
je propose une sentence pour lui on le prive de tout ses biens que l’on distribut au 2 comunautés et on le met au service des 2 familles pendant 40 ans a faire toute les taches menageres et autres 7 jours sur 7
le pendre c’est pas assez humiliant