
Kivu : la population exaspérée par l'impuissance de l'ONU
Alors que 3 000 casques bleus doivent être envoyés dans la région, l'action de la mission onusienne est critiquée de toute part.

(Du Nord Kivu) Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de l'envoi de 3 000 hommes supplémentaires pour permettre à la Monuc, la plus importante force de maintien de la paix au monde avec 17 000 soldats en République démocratique du Congo, de faire face à la situation humanitaire et militaire critique dans le Nord Kivu.
Reste à savoir quels pays pourront contribuer à cette force, tandis que la question du mandat de la force, qui expire fin décembre, reste fondamentale, alors que la MONUC est critiquée de toute part, tant par le régime de Kinshasa que par les rebelles, et que les civils se montrent de plus en plus désillusionnés envers la protection qu'ils peuvent espérer.
Des milliers de personnes qui s'agglutinent juste derrière les fils barbelés d'un camp de la Monuc, pour échapper aux pillages de l'armée ou aux exactions des rebelles et des différents groupes armés, à Kanyabayonga, ou à Rwindi, localités situées sur l'axe qui mène vers le grand nord. Des soldats de l'ONU qui observent, impuissants, le conflit qui s'éternise. Deux scènes devenues dans le conflit qui fait rage au Nord Kivu.
« Monuc, qu'est-ce que vous faites ? Exploiter… Tu t'enrichis chez les Noirs… »
Une mère de trois enfants, dont le regard laisse percer la révolte et l'impuissance, s'exclame :
« Monuc, qu'est-ce que vous faites ? Exploiter… Tu t'enrichis chez les Noirs… Mais nous ne faisons que souffrir. Là où je suis et là où je vais, c'est la mort, j'attends la mort seulement. »
Elle désigne un soldat indien qui fait le guet à l'entrée du camp, le regard droit devant lui, sans ciller, son arme à la main. Alors que les organisations humanitaires ont dû fuir ces zones, plus personne ne peut venir en aide aux civils, auxquels se mêlent des soldats de l'armée congolaise.
Pour ces derniers, ces camps de fortune constituent le dernier repli possible face aux rebelles du CNDP, alors que le reste des troupes a fui.
Dans ce contexte, la force de maintien de la paix, qui peine à envoyer des patrouilles et à négocier avec les belligérants, est de plus en plus contestée. John Paluku Bamulua, responsable d'une ONG locale, s'indigne :
« Quand la population voit ce comportement de la Monuc, elle considère qu'elle n'a pas pitié de nous, alors qu'elle est venue ici pour nous protéger dans des situations comme celle-là. On ne peut pas protéger quelqu'un en l'observant ! »
« On fait des patrouilles, mais on ne peut pas être à côté de tous les crimes »
A Goma, le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, répond :
« On ne peut malheureusement pas protéger tout le monde. On fait des patrouilles, mais on ne peut pas être à côté de tous les crimes. Nous sommes venus ici pour aider les Fardc à mieux effectuer leur tâche, mais on n'est pas en mesure de les remplacer ni de tenir le rôle d'autres autorités de sécurité. »
Le représentant de l'ONU en RDC, Alan Doss qui s'exprimait devant le Conseil de sécurité mercredi, estime « essentiel que des directives claires soient données à la Monuc sur ce qu'elle doit faire quand des groupes armés ou des éléments indisciplinés violent un cessez le feu ou commettent des violations des droits de l'homme ».
Dans le cadre du chapitre 7 de la Charte des Nations unies, les casques bleus peuvent, dans le cadre de leur mission de protection des civils, faire usage de la force, ce qui ne lui donne pas pour autant le droit de devenir une force d'interposition.
Cette définition, claire sur le papier, crée toutefois un sérieux malaise chez certains officiers, comme ce colonel indien, commandant d'un contingent dans le nord de Goma, qui après, avoir défendu son rôle, finit par lâcher :
« Que voulez vous que nous fassions ? Nous ne pouvons pas prendre parti dans cette guerre, nous ne pouvons que tenter de gagner du temps, quelques heures, pendant lesquelles nous amorçons le dialogue, avant que cela ne reparte de plus belle. »
Les contingents indiens accusés d'être favorables aux rebelles
Le chef rebelle Laurent Nkunda a, dans un meeting populaire à Rutshuru samedi 20 novembre, tourné en ridicule la mission de l'ONU, affirmant : « Si vous attendez la paix de la Monuc, vous pourrez l'attendre après la pluie ».
Et la neutralité contestée de certains contingents notamment indiens, accusés d'avoir pris parti pour les rebelles du CNDP, a également fortement irrité Kinshasa, qui, dans une lettre adressée à l'ONU s'est opposé au déploiement de « certaines troupes ».
Un interprète congolais qui travaille depuis dix ans auprès d'officiers de la Monuc, confie, sous couvert d'anonymat, que certains contingents appuient franchement le CNDP :
« A Rwindi, quand les rebelles lançaient leur offensive, nous avons été mis au courant très rapidement, mais aucune action n'a été entreprise pour les empêcher.
On a ensuite intercepté un message radio entre deux officiers rebelles qui se félicitaient de l'immobilisme de la Monuc, ils disaient, c'est très bien, la Monuc nous a aidés ! »
Les troupes indiennes sont également soupçonnées d'abus sexuels et de contrebande de minéraux dans l'est de la RDC. Une situation d'autant plus délicate que les troupes indiennes fournissent pour le moment la quasi-totalité des troupes au Nord Kivu ainsi que la totalité des hélicoptères d'assaut de la force de maintien de la paix.
► A lire aussi : Guerre au Kivu : vrais enjeux et questions sans réponse
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De l´axe du bien
22H41 | 28/11/2008 |
@ Arnaud Aubron
« Cela ne change rien non plus à ma critique de votre manière de confondre infos et rumeurs. Lucie rapporte des faits observés sur place, pas des supputations qui n'engagent que vous ; -) »
je me base sur des recherches internet et sur l´idée pas bien jeune que les conflits d´intérêt, les enjeux économiques sont au coeur de la plupart des conflits.
je vous accorde le fait que je ne sais que je ne sais pas grand chose et que j´avance des hypotheses. certains commentaires me confortent dans mon opinion, je les en remercie.
merci Mundélé
De simon kwete
informaticien | 02H45 | 29/11/2008 |
La ONU est venue légitimer la rébellion qui vole du coltan, l'or, l'ivoire, l'étain et le bois de la RDCongo. La MONUC laisse les réceleurs partir avec le butin, après avoir donné le feu vert de tuer plus de 5 millions des Congolais.
Général De Gaule avait il raison de dire que l'ONU est un machin ?
De seth delab hue
. | 09H39 | 01/12/2008 |
l'ONU n'est plus qu'une marionnette.la france tire aussi les ficelles. matieres premieres obligent…
supprimer les portables 1 heure et ne ferai sortir de l'ombre que bouygues, au risque de voir sarko lui « garantir “ quelques gigaeuros…
De Artmorik
Un peu de gauche | 01H13 | 02/12/2008 |
LES hindous n'en ont rien à battre des problèmes de la population noire ! ! Qui ne le sait pas ? ?