Dans son atelier, Zala rend sa fierté au cheveu crépu ou frisé

Le cheveu crépu ne serait « pas assez présentable », « pas assez féminin » et « trop dur à coiffer ». Beaucoup de femmes et d'hommes partagent cette opinion. Zala y a cru pendant longtemps.

Si aujourd'hui elle est 100% naturelle, dans le passé, cette métisse aux jolies boucles serrées aurait pu remplir « trois fois sa chambre » de flacons de shampoings, défrisants et autres vaselines. Son cheveu, elle le voulait lisse et long -comme dans la pub- mais seul le « désespoir » est venu frapper à sa porte : cheveux abîmés, sans tenue et surtout sa propre image qu'elle ne reconnaissait pas.

Influencée par son fils qui préférait voir sa maman bouclée et aidée du savoir de sa propre mère sur les bienfaits de la nature, elle décide de tout arrêter.

« La beauté noire est un trésor qui n'existe pas sans entraide »

Avec la volonté de partager son expérience et de prouver que l'on peut être belle (et beau) au naturel, Zala s'associe à un groupe de jeunes femmes avec qui elle crée le forum « Boucles et cotons ».

Deux vides sont à combler : le manque de visibilité, car « les médias ne valorisent pas le cheveu crépu, bouclé, frisé au naturel », et l'oubli des gestes et des produits adaptés à ces types de cheveux.

Le but du jeu : mettre en valeur les « cotonnettes », leurs coiffures et leur féminité en les faisant poser pour des photographes professionnels. Créer un objet interactif et participatif permettant aux uns et aux autres de s'échanger conseils, expériences et idées. Et organiser des rencontres autour de la coiffure : « La beauté noire est un trésor qui n'existe pas sans entraide. »

Trois ans plus tard (en 2006), pour répondre concrètement à des inquiétudes capillaires de plus en plus pressantes, Zala se détache du forum et crée l'atelier Tortille. Là encore, elle se donne pour objectif de déconstruire les préjugés trop souvent négatifs sur les cheveux crépus et frisés.

Le cercle vicieux « défrisage, soins, teinture » qui profite à l'industrie cosmétique

Elle y accompagne les femmes (ce sont surtout des femmes) qui, comme elle, se sont un jour empêtrées dans le « cercle vicieux : défrisage, soins, teinture » qui ne « profite qu'aux géants de la cosmétique » et qui ont aujourd'hui la volonté d'en sortir.

Les curieux d'écologie et de santé sont également concernés par ses ateliers : l'autre cheval de bataille de la jeune femme est de dénoncer les produits dérivés du pétrole et détergents agressifs. Chaque participant aux ateliers doit d'ailleurs apporter ses flacons de produits capillaires.

Zala y débusque les polluants qui étouffent le cheveu, ceux qui irritent le cuir chevelu, et démontre que le karité, pourtant très bien mis en valeur sur l'avant de la bouteille, n'est en fait présent qu'en infime quantité parmi les composants.

A la place, elle préconise les produits traditionnels et naturels (ceux qu'elle fabrique, mais que l'on peut aussi réaliser par soi-même) ainsi qu'une alimentation saine.

« Transmettre autre chose à ses enfants que des complexes »

Si elle ne culpabilise pas (elle est aussi « passée par là » et le raconte volontiers), Zala est intransigeante, « c'est eux, ou nous » : pour des cheveux sains, pour participer à l'effort écologique, mais aussi beaucoup pour mettre en valeur le cheveu crépu naturel et « transmettre autre chose à ses enfants que des complexes ». (Voir la vidéo)


Sylviane, que l'on aperçoit dans la vidéo, a demandé à Zala de lui faire un « big chop » (la « grande coupe » en français). Le « big chop » est une étape très importante pour les femmes qui réalisent leur « passage » vers le naturel.

Il suffit de surfer sur les différents forums qui en parlent pour s'en rendre compte. Ce n'est pas un acte anodin car il s'agit de passer du lisse et long (prétendûment attributs de la féminité) au court, voir très court et frisé ; l'image de soi en est bouleversée.

Certaines personnes restent d'ailleurs parfois plusieurs mois, voir années, en « transition » (avec les deux textures, lisses et crépues, sur la tête) avant de finalement se décider à couper.

2 commentaires sélectionnés

Portrait de La mouche du coche

De La mouche du coche

diptère | 15H31 | 18/10/2009 | Permalien

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Ah ! Je suis content que vous abordiez ce sujet.

J'ai vécu pendant longtemps avec une femme africaine (Congo) et je me suis aperçu qu'elle et ses amies pensaient toutes qu'il n'y a rien de plus beau pour une femme que les cheveux lisses, gonflées sous le vent, bref de femme blanche genre pub Loreal crétine.
Cette idée leur venait bien sûr des séries TV et publicités qui sont les mêmes la-bas comme ici, et leur dictent la-bas comme ici leur façon de penser.

J'ai du ramer pour lui expliquer que je ne trouvais rien de plus beau que les cheveux africains et que je souhaitais qu'elle ne touche à rien, je ne vous le raconte pas.
Je pense qu'elle ne m'a jamais cru mais comme elle m'aimait, elle s'est inclinée.
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Portrait de pablico

De pablico

17H38 | 18/10/2009 | Permalien

être et paraître.

le sujet éternel…

Mon Dieu ! Le plus souvent l'apparence déçoit. Il ne faut pas toujours juger sur ce qu'on voit. Molière

on m'a dit aussi que vous vous fardiez. Fort bien ! Dieu vous a donné un visage, et vous vous en fabriquez un autre. William Shakespeare

Je n'ai pas encore vu un homme qui aimât la vertu autant qu'on aime une belle apparence. Confucius

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