
Cannes : Haneke triomphe, Almodovar repart bredouille

Le jury du 62e festival de Cannes vient de rendre son verdict. Consécration pour Michael Haneke et son « Ruban blanc », évocation de l'Allemagne à la veille de la guerre de 1914. Au-delà d'un palmarès (très) discutable, que retenir du festival ? Quels furent les grands moments ? Quid de la provocation, du social et de la politique dans les films vus cette année ? Bilan…
Le palmarès
Isabelle Huppert, présidente du jury, a donc, avec ses confrères, décerné la palme d'or à Michael Haneke, un des cinéastes fétiches de l'actrice française qui, grâce à lui, avait remporté ici même le prix d'interprétation pour « La Pianiste ».
Fleuron d'un cinéma qui observe le passé pour mieux comprendre le présent, « Le Ruban blanc », film à l'austérité radicale méritait-il un tel honneur ? Le public jugera sur pièces début septembre, quand la fiction sortira dans les salles.
Le reste du palmarès (exceptés le grand prix pour l'excellent « Un prophète », de Jacques Audiard et le prix d'interprétation pour le génial Christoph Waltz, révélation du « Inglourious Basterds » de Tarantino) surprend, et pas forcément dans le bon sens.
Au rayon des grands absents, Pedro Almodovar (« Etreintes brisées »), Jane Campion (« Bright Star ») et, à un degré moindre, Ken Loach (« Looking for Eric ») et Marco Bellocchio (« Vincere »). Des cinéastes probablement trop exigeants pour séduire un jury visiblement tenté par l'esbroufe et les démarches esthétiques estampillées « modernes ».
Le prix du scénario décerné au courageux cinéaste chinois Lou Ye (« Nuits d'ivresse printanière ») est l'un des plus étonnants. Le sujet du film est plus que puissant (l'homosexualité en Chine aujourd'hui), mais une des principales caractéristiques du film consiste justement à reposer exclusivement sur sa mise en scène, au détriment de tout scénario réellement structuré.
La provocation officielle et les surenchères hémoglobineuses ont également eu les faveurs du jury, qui a attribué des récompenses notables à « Antichrist » de Lars Von Trier (prix d'interprétation à Charlotte Gainsbourg) et à « Kinatay », de Brillante Mendoza (prix de la mise en scène), récit éprouvant de l'enlèvement, du viol puis du découpage à la machette d'une prostituée philippine. On s'est déjà exprimé sur ces deux films, on ne recommencera pas.
Mais le clou du spectacle, si l'on ose dire, fut l'invention d'un « prix exceptionnel » censé célébrer Alain Resnais et ses merveilleuses « Les Herbes folles ».
Dire que le film et son auteur méritaient mieux relèvent du doux euphémisme, mais Resnais, la classe, en a profité pour féliciter tous ses confrères réalisateurs et ceux qui contribuent à faire du cinéma un art encore vivant.

Le bilan
Peu soucieux des accessits, le vétéran juvénile sait bien que les palmarès passent, mais que les grands films restent. Justement, quels furent les grands moments du festival de Cannes 2009 ?
Le social en souffrance
Le cinéma d'auteur, dont Cannes est le royaume, n'est pas toujours recroquevillé sur son nombril. Il renseigne parfois sur un certain état du monde. Plusieurs films en compétition ont ainsi radiographié l'époque et le social en déliquescence.
En France, les crispations communautaires et l'horreur carcérale (« Un prophète », de Jacques Audiard), le chômage et la litanie des petits contrats minables en pays ch'ti (« A l'origine », de Xavier Giannoli).
En Angleterre, la sinistrose dans une cité où une gamine traîne son désarroi (« Fish Tank », de Andréa Arnold) et, bien sûr, le destin contrarié d'une poignée de prolos britanniques qui se raccrochent au foot et à Cantona en attendant des jours meilleurs (« Looking for Eric »).
L'histoire dans le viseur
L'analyse du passé et de l'histoire, histoire de ne pas oublier et de mieux regarder le présent… Dans « Vincere », Marco Bellocchio autopsie l'Italie mussolinienne et il n'est pas interdit de penser parfois à Sylvio B. Dans « Le ruban blanc », Michael Haneke observe un microcosme allemand des années 1913-1914 qui annonce la montée du péril nazi.
Dans « The Time that remains », Elia Suleiman, façon minimaliste, se penche sur le sort des Arabes Palestiniens de 1948 à nos jours. Dans « L'armée du crime », enfin (hors compétition), Robert Guédiguian filme le groupe Manouchian et une bande de « métèques » défendant une certaine idée de la France et de la liberté. Le cinéaste en profite pour s'interroger sur le concept d'appartenance nationale. Un film contemporain donc.
L'esbroufe en conquête
Charlotte Gainsbourg fracasse le sexe de Willem Dafoe à grands coups de bûche (« Antichrist », de Lars Von Trier). Une bande de philippins entraînent une fille dans une maison isolée et la découpe à la machette après l'avoir frappée et violée (« Kinatay », de Brillante Mendoza)…
En deux films prétendument chocs, le festival de Cannes, fidèle à lui-même, a suscité des polémiques corsées autour de la représentation de la violence. On pouvait utiliser la « sanction fauteuil ».
On pouvait aussi en rire. A signaler également, la présence conséquente de « purs » films de genre : film de vampires chez Park Chon Wook (« Thirst, ceci est mon sang ») ou film noir avec Johnny To et « Vengeance ». Beaucoup d'hémoglobine donc, et souvent beaucoup d'hémoglobine pour rien, ou presque.
Le cinéma onaniste ?
Symptôme d'une panne d'inspiration ou hommage aux glorieux anciens ? À chaque cinéaste sa vérité, bien sûr… N'empêche, les citations cinéphiliques dans les films en compétition étaient innombrables cette année. Almodovar convoque les mannes de Rossellini dans « Les Etreintes brisées ».
Isabel Coixet invite Oshima dans « Carte des sons de Tokyo ». Johnny To pastiche Jean-Pierre Melville dans « Vengeance ». Bellocchio cite « The Kid » de Chaplin dans « Vincere ». Tsai Ming Liang rend un hommage en continu à Truffaut et à la nouvelle vague dans « Visage ». Resnais (« Les Herbes folles ») et Suleiman butinent respectivement (et avec une belle invention) chez Hitchcock, Sirk, Tati. On en passe…
Quant à Quentin Tarantino, coutumier du fait, son stimulant « Inglourious Basterds », situé en partie dans une salle de cinéma, aligne les patronymes d'Aldrich, Pabst, Clouzot et Lubitsch comme références visibles ou non.
Les grands en liberté
Le cinéma de genre à la une, l'esbroufe en guise de pose… Aux antipodes des modes et tendances, les plus grands cinéastes ont opposé une singularité hors du temps. Jane Campion (« Bright Star ») filme un amour romantique avec une subtilité bouleversante.
Alain Resnais (« Les Herbes folles ») trousse une folle comédie qui est aussi une fable métaphysique, malgré son argument dérisoire (une femme se fait piquer un portefeuille, un homme le récupère et veut la rencontrer).
Almodovar (« Etreintes brisées ») signe un scénario diabolique et un film ultra-inventif sur une idylle meurtrie. Du festival, on retiendra surtout ça : des images qui n'appartiennent qu'à leurs auteurs. Merci à eux.
Photo : Michael Haneke, palme d'or, embrasse Isabelle Huppert, présidente du jury de Cannes 2009, Michael Haneke pendant son discours, juste après avoir reçu la récompense (Eric Gaillard/Reuters)
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à Numerosix
De ashsun
The scavenger | 22H38 | 24/05/2009 |
Moi non plus je n'aime pas Almodovar, c'est chiant, prétentieux et quand le monsieur n est pas content de ne pas recevoir de prix il se barre comme en espagne il y a quelques années…
De Spiripotain
dilettante | 21H26 | 24/05/2009 |
Cannes, le grand hapenning de l'industrie du cinéma, le triomphe du capitalisme éclairé, l'autocongratulation de la grande machine à pognon… Bon, d'accord. On passe à autre chose ?
De El Picador
Revolutionnaire passif | 21H31 | 24/05/2009 |
Plus je vous lit, plus je m'en fous de ce palmares. Des gus et des nanas emperlouzé(e)s qui s'autocongratulent à coups de sculptures tape-à-l'oeil entre deux fiestas indécentes et dépravées, ça doit être la définition de la culture de nos jours… Et elle ressemble étrangement à celle de la politique.
P….n, ça craint un max…
De hershellgordon
21H45 | 24/05/2009 |
m'en fous…

à hershellgordon
De ashsun
The scavenger | 22H40 | 24/05/2009 |
En parlant de Boon joon ho( ? ) le court qu il à fait dans le film Tokyo est vraiment sympa (d'ailleur les 3 courts sont bien)
De lololo
21H53 | 24/05/2009 |
Silvio Berlusconi s'écrit avec un « i » à Silvio et non un « y ».
Pour info, le « y » n'existe pas en italien, à part pour les mots étrangers
: )
à lololo
De PétaouSchnok
22H16 | 24/05/2009 |
…comme Silviolas Berluskozy ? ?
De roundmidnight
enseignant | 22H03 | 24/05/2009 |
Attention, tous les palmarès sont « discutables » ! Et taxer le cinéma de Haneke d'esbrouffe me semble un jugement très très discutable.
De Le_Baron_Samedi
22H25 | 24/05/2009 |
Les frères Lumière doivent certainement chaque année protester muettement dans leur tombe ou leur musée. Franchement ne pas donner leur nom à la cérémonie de l'autosatisfaction en technicolor®, c'est à la limite du négationnisme. Peut-être que la science n'a pas sa place dans ce charlatanisme aléatoire qu'est devenu l'art.
La différence entre un ouvrier quelconque et un intermittent du spectacle particulier, réside dans le fait que le second a un besoin maladif et exhibitionniste de partager son besoin de reconnaissance enfantine alors que le premier aime trop la procuration pour éteindre la télévision. La ritualisation à outrance engendre plus souvent la domestication trans-générationnelle et l'émotionnel prémédité que la désertion.
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/02/27/cesar-et-brutus/
De Aequopulsatpede
Sauvé de Dati par la retraite......... | 22H41 | 24/05/2009 |
T'as raison Audiard………………
Un film amalgame natio/mafio Corse passe mieux qu'un documentaire sur « plomb durci »………………
Reste à espérer pour toi que ton film ne réveille pas certaines vocations.
De yuepan
enseignant | 22H43 | 24/05/2009 |
le film d'Almodovar n'est malheureusement pas inventif, au contraire,il ne montre rien de nouveau vis à vis de ses films précédents. C'est un film sans surprise, techniquement sans failles mais sans inventions, une sorte d'almodollywood-film, jolis décors, interprétations rigoureuses mais rien de plus, si ce n'est des citations en tous genres. C'est très décevant quand on apprécie son oeuvre. Un joli tableau (2 minutes ? ) d'un couple amoureux toute fois.
De riverain06
sujet du roi Ignoramus Ier | 22H46 | 24/05/2009 |
MANNES ? ? ? ? ? ?
MÂNES, MAN.
De hagalma
22H50 | 24/05/2009 |
Difficile d'avoir un avis sur des films qu'on a pas vu ! Sauf un pour ce qui me concerne, l'Almodovar. Lui aurai-je décerné un prix, peut-être un à Lluis Homar pour sa remarquable prestation. J'ai ouïs dire que le film avec Charlotte est gore, que beaucoup de films sont violents, soit dans l'histoire, soit dans la manière de filmer et de montrer. Un festival de cinéma d'auteurs. Mais pas de bling bling -enfin, je parle de la cérémonie-, de la jet-set peut-être, mais pas du bling bling. Un bon festival en somme ?
De PhiPoePsy
Etudiant à Strasbourg | 23H11 | 24/05/2009 |
Je trouve, au contraire, le palmarès assez consensuel ; évidemment beaucoup trop, pour moi… A mon sens, les deux films qui semblent les plus originaux -et qui risquent de marquer le cinéma bien davantage que les films de Haneke ou d'Audiard- sont les deux grands absents du palmarès : « Soudain le vide » (pour sa génialité sensorielle : le cinéma, c'est d'abord une expérience éprouvante) et « Visage » (pour sa complexité philosophique de travail sur l'image : le cinéma doit mettre en question son existence)… Que « Antichrist » doive se contenter du prix d'interprétation féminine (sans doute amplement mérité), ça me paraît aussi insuffisant…
Au-delà de ça, je suis fort content que « Thirst » et « Kinatay » aient obtenus un prix, ce qui, en effet, est surprenant…
Ces 5 films seront mes priorités absolues pour mes prochaines sorties cinématographiques…
J'ai hâte, dans une moindre mesure, de voir « Nymphe », « Canine » ou encore… « Taking Woodstock »…
Enfin, taxer d'« esbroufe » tout ce qui suscite du rejet, c'est indigne d'un critique, même dans un article sur Rue89…
De Lionel Dominique Guérin
écolo | 00H26 | 25/05/2009 |
heu, je ne voudrais pas faire le mauvaise esprit, mais huppert présidente du festival qui remet le prix à Haneke, ça ne pur pas un peu le piston dont le monde merveilleux du ciné est coutumier ? ?
De flixp
00H46 | 25/05/2009 |
(Peut-on écrire un article avec plus de parenthèses ? )
à flixp
De guerzit
Incomprenant majeur | 10H35 | 26/05/2009 |
T'as vu l'état de ton bureau, (nan ? ) Et t'oses remontrer ceusses qui savent (classer) leurs idées avec de (bons) signes de ponctuation de bon aloi.. ?
Et d'toutes les manières la parenthèse c'est la profondeur de l'esprit (à plusieurs couches superposées)… Et toi t'es trop (premier) degré pour ca…
De moa98
la France d'en bas | 02H49 | 25/05/2009 |
Tu m'as fait obtenir un oscar, je te le rends. Pas besoin d'autant de fastueuses dépenses, en temps de crise, pour en arriver là. Quelle honte. En plus d'être moche et conne, elle n'est pas partiale. Ce sont des histoires entre eux, (je t'aime, je ne t'aime pas, je t'aime un peu mais pas assez mais quand même plus que l'autre……. ) ça ne touche pas les Français qui crèvent la faim.
De InitiativeDharman
Merde in France. | 05H59 | 25/05/2009 |
C'est assez marrant de lire les commentaires de tous ceux qui dénigraient il y a quinze jours le festival de cannes.
Je croyais que ces pseudo-intellectuels hautement supérieurs étaient bien au dessus de tout çà (enfin, à en croire leurs posts…).
Tout compte, fait, il semble qu'ils aiment le cinéma, en tous cas, çà les fait causer…
Mauvaise foi quand tu nous tiens.
De orange
06H56 | 25/05/2009 |
Almo, almo doqui ?
Almodovar avec ce film va passé dans la case du grand public, son truc ça va être « comment rendre “accessible” l'art à un public plus large.Je n'ai pas du tout trouvé son film inventif comme vous le dite : il y un des mélanges de genre cinématographiques avec quelques références.
Ces plans gros plan que j'appellerai ping-pong-aller retour qui revienne à maintes reprisent sont chiant à mourir et les refaires sans cesse à été du foutage de gueule.
Avec lui nous passons du cinéma bobo au cinéma bobo-beauf-intello assurément.
Voila ma sensation après être sortis de la salle.
à orange
De guerzit
Incomprenant majeur | 10H38 | 26/05/2009 |
Je me suis fait chier moi aussi. On les connait déjà bien les thèmes récurrents du petit Pedro à sa mémère, alors pendant 2h20 avec un personnage principal bon pour jouer dans Derrick, c'est rude…
De clark kent
09H48 | 25/05/2009 |
almodovar ? il me gonfle avec ses films. Chaque année c'est la meme chanson des medias à cannes : « votre film est magnifique » « l'actrice est extraordinaire » « la mise en scene est magnifique » « il va avoir une palme d'or »… et blah et blah blah blah. N'empeche qu'il remballe sa caisse à chaque fois. Il est surestimé à mon sens.
De Vuedechezmoi
utopiste | 09H59 | 25/05/2009 |
Comme chaque année, et ça continuera sans aucun doute, le « gratin » du cinéma mondial a fait sa party ultra onéreuse à Cannes. Ce petit noyau ultra confiné où se croisent et se recroisent les visages très connus depuis années sert essentiellement de grand super marché où se règlent les futures très grosses questions d'argent. La rentabilité à depuis fort longtemps pourri ce qu'on appelle curieusement le 7ème art ( ? ). Ce chiffre 7 qui s'entête à accorder une dimension pseudo magique à un art devenu essentiellement une industrie bourgeoise préoccupée par son hyper égo. Les stars qui y déboulent, accomplissent le rituel de « la montée des marches sur tapis rouge » comme dans toutes les sectes modernes dont l'objectif central est de maintenir une caste afin de pérenniser la rentabilité. Ainsi, Charlotte Gainsbourg, dont il faudra bien admettre un jour que si elle n'était la dauphine d'un nom prestigieux en créativé n'aurait à l'évidence jamais eu une telle carrière. je n'ai rien contre la dame, je le promets, elle fait simplement partie de ces énigmes du cinéma français. Tout comme C. Deneuve et S. marceau, chez lesquelles la plastique a indiscutablement servi de catalyseur esthétique à une certaine représentation de la France moderne, Melle Gainsbourg a sans aucun doute apprécié d'être « palmée » mais franchement, pour faire quoi… augmenter encore sa côté de « bankable » ? ? On adore s'encanailler chez les bourgeois et un rôle ultra pervers comme celui qu'elle a endossé n'est en aucun cas une « performance » comme on adore dire aujourd'hui. Les timides et introvertis sont souvent capables du pire lorsqu'il se lâchent. Pas besoin d'être filmé pour accomplir ce genre d'horreur, il suffit de s'interresser à la vie de nombreuses femmes du monde pauvre et oublié pour s'en convaincre. Mais la caste des stars ne se mouille que dans le fantasme de la pellicule en terrain protégé.
Oui, cette industrie du cinéma n'a strictement rien à voir avec un art. Les laissés pour compte, régulièrement appélés à la barre des médias de « l'après Cannes » produisent bien davantage d'empruntes dans les esprits des amateurs de ciné que les grosses machineries dont les festivals en général nous abreuvent régulièrement en cours d'année.
La violence omniprésente et qui s'accroche aux pellicules des « grands réalisateurs modernes » est le reflet effectif d'un monde qui cultive sa bonne conscience en vomissant par images interposées ses pulsions de mort ultra sophistiquées. sans compter les insupportables « effets spéciaux » dont le cinéma qui raconte la Vie n'a que faire. Et si Melle Huppert a renvoyé l'ascenseur à son ami Haneke c'est qu'elle connait plutôt bien les us et coutumes de ce petit clan qui n'en peut plus de se mater le nombril et de remercier à tout de Molière, d'Oscar ou de Palme !
Espérons qu'un autre mouvement se mette très vite en place, au-delà des institutions figées que sont les « Oscars », les « Palmes » et autres Ours et carotte d'or, afin de faire contre-poids à ces grandes beuveries médiatiques. Et qu'on en finissent avec ces « produits cinématographiques » où viennent s'échouer les paillettes made in nombrilo comme autant d'algues vertes sur une plage oubliée…
à Vuedechezmoi
De PIT LE CHIEN
10H52 | 25/05/2009 |
Il semble que vous n'ayez qu'une vision partielle et, très cliché, de ce qu'est vraiment ce Festival (le plus important du monde pour l'industrie du cinéma) puisque, oui, bien sûr c'est une industrie.
Donc, un marché, où chaque jour, des centaines de films du monde entier sont visionnés et achetés.
La vitrine qu'est la sélection officielle (où cette année il y avait d'excellents films) et le star-système sont indispensables pour faire fonctionner la machine.
Je me rends à Cannes pour mon travail depuis 1976… L'ambiance a beaucoup changé. L'insouciance, l'opulence, les fêtes somptueuses des années 70 à 80, qui me semblaient naturelles et devoir durer, comme ma jeunesse…ont laissé place à la loi des affaires, et depuis le retour de la droite, à une présence policière très lourde qui rappelle en permanence si besoin était que le temps de l'insouciance et des libertés est bien fini. D'où la présence au festival dans les sélections parallèles de beaucoup de films sans doute violents, sans doute durs, mais tout simplement en reflet de notre réalité.
Travailler à Cannes n'est pas une partie de plaisir. Chaque année, je jure que n'y retournerai pas. Mais il n'y a qu'ici que l'on peut faire ça. Dix jours intenses pour convaincre, vendre son film ou son projet, prendre des contacts directs avec les producteurs ou les acheteurs du monde entier. Contacter les plus grands acteurs et réalisateurs internationaux, plus accessibles ici qu'à travers le filtre des agents dans leurs pays… et…s'il reste du temps, retrouver des amis, français ou étrangers, que l'on ne voit souvent qu'une fois par an, à Cannes, et VOIR DES FILMS ET ENCORE DES FILMS … !
Je cite, plus bas, des films captivants qui font que chaque année, finalement, je retourne à Cannes et dans d'autres festivals.
De Pictulo
10H05 | 25/05/2009 |
Un palmarès est toujours discutable, et ajouter « très » entre parenthèses n'ajoute rien à l'affaire. On a compris que vous avez été déçu, que vos chouchous n'ont pas obtenu les récompenses que vous escomptiez, très bien.
Le problème vient du fait que pour discutable que vous considériez ce palmarès, votre propos n'ouvre sur aucune….discussion. Vous crachez votre haine et fermez la porte.
Avant de juger péremptoirement les cinéastes, interrogez-vous sur votre pratique de la critique.
De PIT LE CHIEN
10H27 | 25/05/2009 |
Voilà, un « Cannes » de plus au compteur. Des dizaines de km par jour dans les pattes, se frayer un chemin sans hurler entre les flics, les services de sécurité, la foule, les pickpockets, courir à des rv et bouffer des lapins, parvenir à entrer en projection avec le bon badge mais en faisant la queue dans les odeurs mêlées de sueur rance et de parfums torrides. Mais la récompense, parfois, c'est deux heures d'évasion, d'émotion, un peu de bonheur.
Pour celles et ceux qui aiment le cinéma - et qui y vont …-, je me permets de recommander :
-THIRST de Park Chan Wook , récompensé par un Prix du Jury , 5 ans après le Grand Prix du Jury obtenu pour OLD BOY (où, là, il aurait mérité la Palme),
-LE PROPHETE de Jacques Audiard (surtout pour l'interprétation de Tahar ahim),
- ON NE SAIT RIEN DES CHATS PERSANS de Ghobadi (Iranien)
- MOTHER de Bong Joon-Ho ( coréen)
- AMEEREKA de Cherien Dabis (réalisatrice américano-jordano-
palestinienne)
-AJAMI des réalisateurs israëlien et palestinien Shani et Copti, très justement récompensés par la Caméra d'Or ,
Mais surtout, il faut absolument voir la grande injustice de ce Palmarès, le grand oublié :
- THE TIME THAT REMAINS d'Elia Suleiman qui, une fois de plus, après le merveileux INTERVENTION DIVINE, réussit à faire un film superbe de facture, poétique, subtil, plein d'humour, sur un sujet grave inspiré du destin de ses parents.
Et, pour s'amuser , si ça passe près de chez vous :
- LES BEAUX GOSSES de Riad Sattouf
et
`- LA MERTITUDE DES CHOSES du belge Van Groeningen.
à PIT LE CHIEN
De ayesha
administratif éducation nationale | 14H44 | 26/05/2009 |
Un grand merci pour vos conseils, on essaiera d'en voir quelques-uns, si ce n'est tous, le cinéma nous ouvre toutes ces fenêtres, il faut en profiter, et puis derrière la pellicule, il y a quand même de la chair, quelque chose qui bat, je n'ose dire l'âme humaine, bon ça fait un peu cliché, mais un grand merci à tous ceux qui font ces films, cinéastes, acteurs, actrices, figurants, techniciens…
Il y en a pour tous les goûts, et puis il faut dire qu'en France et à Paris en particulier, on peut voir quasiment tous les films du monde. On a de la chance…
De Alexander Doria
étudiant | 11H33 | 25/05/2009 |
Juste une petite remarque typographique : dans l'emploi que l'auteur de l'article en fait « les mannes des Rosselini » s'écrit « mânes ».
Manne désigne en effet un « avantage providentiel », tandis que mânes vient d'une circonlocution typiquement latine désignant l'âme des défunts.
De d.n.d
12H07 | 25/05/2009 |
Etrange sentiment que même dans ses heures les plus décomplexées le Figaro ne délivrerait pas un billet aussi démago, populiste et réac…
De Slovan
Baroudeur | 13H13 | 25/05/2009 |
Ah, la fameuse « sanction fauteuil » !
C'est le mépris du journaliste qui n'a jamais eu le moindre talent pour réaliser un film, qui a décidé que s'il n'aimait pas le film, ce qui est son droit le plus inaliénable, il se fera plaisir en tentant de gâcher le plaisir de ceux qui apprécient le film.
Pour ceux qui ne connaissent pas le sens de l'expression :
Le journaliste se lève bruyamment au milieu de la séance, faisant ainsi « claquer son fauteuil ». Il grogne pour que la rangée le laisse passer. Ou il ricane bruyamment pour emmerder les autres spectateurs. Plus les décibels sont élevés lorsqu'il ricane, plus son plaisir est jouissif. Son plaisir de critique se mesure au mépris et à la suffisance qu'il est capable d'afficher.
Ce qu'on n'a pas dit au journaliste « critique de cinéma », c'est que personne ne l'a obligé à faire un métier où l'on peut voir des films qu'on n'aime pas, et qu'on trouve mauvais ou très mauvais. Ne me dites pas qu'il s'imaginait qu'il aimerait tous les films. Non, il a choisi ce métier où l'on peut voir des choses qu'on n'aime pas.
Il choisit aussi d'être méprisant.
Imaginez que vous êtes dans le métro et que vous lisez un roman. Un type arrive, crache sur votre livre ouvert dont il a vu la couverture, et s'en va. Ca s'appelle la sanction « fauteuil ». « Je passe un mauvais moment, donc les autres doivent aussi passer un mauvais moment ». Pathétique.