Le rouleau compresseur Indiana Jones... et ceux qu'il a épargnés

Nul ne peut l’ignorer : le grand cirque « Indiana Jones » déploie son chapiteau ce dimanche à Cannes. Le film de Spielberg vient d’être montré à la presse internationale qui n’en pouvait plus d’attendre. Bilan ? Euh… Ailleurs, en compétition, des films brésiliens, philippins et, surtout, chinois continuent de parler du monde comme il va (mal). Tant mieux.
Des mois que ça dure… Depuis l’annonce de la mise en chantier du quatrième volet des aventures d’Indiana Jones, les rumeurs les plus folles circulent sur l’écriture du scénario et le tournage du plus ébouriffant des blockbusters.
Rumeurs accentuées par le culte du secret dont aime à s’entourer le maître de cérémonies, Steven Spielberg. Conséquence : dans tous les médias du monde, la promo n’en peut plus de battre son plein en moulinant sur du vide. Ce qui n’est pas pour déplaire aux financiers de la chose, experts dans l’art délicat du buzz.
Sur le chemin du héros ridé, des hordes de Soviétiques et une cheftaine SM
Présenté en hyper, exclu, super première mondiale (trois jours avant sa sortie dans les multiplexes internationaux), le film fait donc l’événement à Cannes, comme on dit. Le célébrissime hôtel local, le Carlton, a même été redécoré façon Indiana pour l’occasion. Bref, Spielberg et ses copains s’offrent un joli coup de pub planétaire au sein du temple des films d’auteur, films qui, ce week-end, continuent de vivre leur vie en compétition.
Bon, fin du suspense, que voyons-nous, sur l’écran, avec ce quatrième épisode ? Un héros vieillissant (Harrison Ford est donc un homme comme tout le monde), mais qui préfère en rire. Les Etats-Unis en pleine guerre froide, soumis à la paranoïa du maccarthysme. Une quête d’un crâne de cristal qui entraîne Indiana, son chapeau et son lasso, dans une série d’aventures évidemment pétaradantes.
Sur le chemin du héros ridé, des hordes de Soviétiques malintentionnés, avec, à leur tête, une cheftaine ukrainienne dont le regard transparent et la coupe de cheveux à la Louise Brooks dissimulent probablement un tempérament SM du meilleur cru (épatante prestation de Cate Blanchett, qui, depuis qu’elle a incarné Bob Dylan dans le I’m not there de Todd Haynes n’en finit plus d’étonner).
Spielberg a fait mieux, mais la chose se laisse gentiment regarder
Au programme inévitable des réjouissances : des scènes d’action absurdes et inventives, des épreuves en pays maya dont l’issue ne fait aucun doute et des bestioles moyennement sympathiques. Le tout, si l’on n’est guère sensible au genre, prend parfois des allures de Fort Boyard surdimensionné, avec succession d’énigmes à résoudre et de performances physiques musclées.
Durant deux heures, le film déroule son cahier des charges divertissant, désuet, auto-ironique, et personne ne songe à lui demander autre chose. Et si, dans le registre de l’entertainment, le cinéaste a déjà fait mieux (et surtout mieux rythmé), la chose se laisse gentiment regarder.
Peut-être parce que Spielberg et son acolyte George Lucas (mouillé jusqu’à l’os dans la production) laissent parler leurs penchants régressifs et profitent de l’occasion pour contempler leurs fifties avec une nostalgie assumée.
A noter, enfin, pour ceux qui s’inquièteraient de l’avenir de la saga, qu’une astuce scénaristique éhontée permettra probablement à la franchise de perdurer dans les années à venir. Au jeune acteur dénommé Shia Labeouf d’assumer son destin. Si le coeur et son compte en banque lui en disent…
Le foot, les filles, les bus, la foi : les religions de Linha de Passe
Malgré l’assourdissant tintamarre spielbergien, le festival, le vrai, poursuit sa route. Plusieurs films, présentés en compétition ce week-end. D’abord, Linha de Passe (Walter Salles et Daniela Thomas). Une histoire simple, une histoire pas gaie… Quatre frères et leur maman, une fois encore enceinte, conjurent comme ils peuvent leur quotidien tristounet dans les bas quartiers de Sao Paulo.
L’un s’adonne à la religion du foot, l’autre à la religion des filles, le troisième à la religion des bus (il rêve de devenir conducteur), le dernier, enfin, à la religion tout court. Tous sont irrémédiablement hachés par la mécanique acérée du déterminisme social qui, au Brésil comme ailleurs, ne laisse guère de chances aux gens nés dans les mauvais quartiers.
Walter Salles et Daniela Thomas abusent des artifices dramatiques. Jouent avec insistance des possibilités du montage alterné (un coup le foot, un coup la prédication, un coup le bus, et hop, on recommence). Mais Linha de Passe, petit frère respectable des grands noms du néoréalisme italien, ne laisse pas indifférent, car il enregistre quelque chose de juste concernant les rêves illusoires qui se cassent le nez contre les rudes réalités locales. Mineur et maladroit, certes, mais pas anodin.
Décor de Serbis : un cinéma porno où le spectacle n'est pas qu'à l'écran
Avec Serbis, le philippin Brillante Mendoza se situe à l’entrecroisement des deux dominantes thématiques du festival. D’un côté, le délabrement social (peu ou prou en filigrane dans tous les films de la compétition). De l’autre, la dislocation de la famille (motif majeur chez Arnaud Desplechin - »Un conte de noël- et Nuri Bilge Ceylan -Les Trois singes »).
Dans un cinéma d’une grande ville bruyante (très bruyante) des Philippines, quelques personnages, toutes générations mêlées, vivent, survivent, font ce qu’ils peuvent. Le cinéma en question, baptisé The Family, ne diffuse que des films pornos et les spectateurs de l’endroit ne rechignent pas à imiter ce qu’ils voient sur l’écran.
Probablement influencé par l’inimitable John Cassavetes (nervosité stylistique, caméra portée à l’épaule) et le taiwanais Tsai Ming Liang (sensualité moite, attirance pour les dérives glauques), Mendoza fait preuve d’une réelle virtuosité formelle.
Son film, hélas, se contente d’aligner les morceaux de bravoure vaguement provoc. Dans « Serbis », on voit ainsi des sexes de tout genre et toute longueur, des fellations non-simulées, un furoncle explosé en gros plan à coups de bouteille, les chiottes pour hommes envahies par un torrent de pipi, etc.
Une telle ostentation ne servirait-elle pas à camoufler une vacuité plus que relative ? Mendoza n’en fait-il pas beaucoup trop ? Tout cela est-il bien raisonnable ? A la fin de « Serbis », une chèvre (oui, une chèvre) investit la salle de cinéma porno et les spectateurs, pourtant en plein ébat, piquent un fou rire et prennent la fuite. On les soutient.
« 24 City » : la Chine droit dans les yeux
Retour aux choses sérieuses avec le nouveau film du chinois Jia Zhang-Ke, un des jeunes cinéastes les plus passionnants apparus ces dernières années. Avec « 24 City », le metteur en scène de « Xiao Wu, artisan picpocket et Still Life » signe un documentaire atypique et mélancolique, politique et sensible. Un film important qui, à l’instar des autres opus du réalisateur, regarde la Chine droit dans les yeux et ne baisse pas le regard.
La ville de Chengdu, aujourd’hui. Un gigantesque usine militaire, autour de laquelle la vie de la cité s’organise depuis des décennies, s’apprête à mettre la clé sous la porte. En lieu et place, sera bientôt construit un centre urbain ultramoderne, conforme avec l’image rutilante et dynamique que les dignitaires chinois aiment renvoyer de leur pays.
Patiemment, Jia Zhang-ke interroge des ouvriers de plusieurs générations qui ont sué dans l’usine. Il recueille des bribes de souvenirs, des réminiscences parfois intimes concernant les conditions de travail, les idylles, les amitiés, les joies menues et les peines profondes.
Docu ? Oui et non. Le cinéaste a certes enregistré d’authentiques témoignages, mais il a aussi travaillé fictionnellement avec des comédiens, histoire que son film témoigne à la fois d’une réalité brute (celle de Chengdu) et d’une subjectivité impressionniste (la sienne).
Le résultat -puissant politiquement et intense émotionnellement- constitue un document majeur sur la Chine d’aujourd’hui et ses métamorphoses. Un film qui confirme l’importance capitale de Jia Zhang-ke dans le cinéma contemporain. Vous avez dit l’événement cannois le plus important du week-end ? ► Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg, avec Harrison Ford, Karen Allen, Shia Labeouf - en salles le 21 mai.
► Linha de passe de Walter Salles et Daniela Thomas - avec Joao Baldasserini, Vinicius De Oliveira.
► Serbis de Brillante Mendoza - avec Gina Pareno, Jaclyn Jose.
► 24 City De Jia Zhang-ke, avec Lu Liping, Joan Chen.
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« Nul ne peut l’ignorer: le grand cirque « Indiana Jones » déploie son chapiteau ce dimanche à Cannes. »
Ben en fait, j’étais pas au courant…

C’est grave?
http://kprodukt.blogspot.com
Je ne comprend pas pourquoi il est plus vieux ! Normalement Indi’ a bu dans le Saint Graal ce qui lui a donné la vie éternelle, non ?
Quoi !!! on m’aurait menti ??? Oh lalalalalala
Mais non, ahlala !
Il ne pouvait bénéficier de la vie éternelle que dans l’espace où se situait le Graal. Faut revoir tes classiques, mon vieux !
;o)
mais non c’est pas ça non plus !il pouvait en beneficier partout a condition que la coupe le graal ne sorte pas du temple ,la jolie nazie depasse la dalle avec la coupe ce qui provoque l’effondrement du temple et annule la vie internel de indy .enfin c’est comme ça que je le vois
Ha non! Je suis du côté de Soma Sema ! Le vieux chevalier le dit : « c’est le prix de la vie éternelle » (sous-entendu : de rester cloitré) !
Bon… je ne pense pas être sélectionné dans le top ten des commentaires avec ce genre d’intervention !
A propos d’Indiana Jones : il ne semble jamais renoncer une seconde à la lutte contre des ennemis issus des totalitarismes, lesquels veulent toujours s’approprier un bien commun de l’humanité pour en faire un instrument de pouvoir faciste… en fait, c’est un héros que rien n’arrête, qui ne s’avoue pas vaincu même dans les situations les plus désespérées. Un genre de modèle archétypal.
Je vais peut-être en étonner quelques-uns mais ça fait plusieurs années que j’étudie le discours politique qui sous-tend quelques énormes blockbuster de ces dernières années, destinés à draîner des masses gigantesque de public soi-disant « moutonneux et dépolitisé »
(c’est d’ailleurs ce parallèle que j’explore dans mon blog en gestation : comment la fiction héroïque -donc très populaire- parle à l’humanité ce langage « que tous peuvent comprendre et aimer »)
Et ma conclusion c’est que Lucas et d’autres ont une fortune monstrueuse, c’est vrai, mais qu’ils l’utilisent dans le bon sens (surtout Lucas d’ailleurs, Splielberg ayant eu quelques dérapages mémorables)… avoir de l’argent, en soi, n’est pas un crime, c’est ce qu’on en fait qui importe… d’ailleurs c’est bien ce que réclament beaucoup de gens, d’en avoir plus.
Bref, ces cinéastes fabriquent de « purs divertissements » donc aptes à toucher tous les publics… des « paraboles » en quelque sorte : une philosophie cachée dans une histoire, de manière à ce que tout le monde puisse avoir envie d’y aller, et qui parlent toujours de la révolte nécessaire dans des termes épiques qui ne peuvent QUE séduire…
Et c’est leur fortune, leur succès, leur apparente innocuité qui les rend intouchables. Mais à la longue, tout cela reste puissament inscrit, dans l’imaginaire commun de millions de fans.
Le public « décérébré » en question d’ailleurs ne s’y trompe pas, Darcos a déjà gagné son surnom de « Darcos Vador »… le nombre de vidéos sur le Net qui parodient la sarkozie en Empire de Starwars est impressionnant… et les silhouettes des stormtroopers sont des décalques de ceux des CRS qui répriment brutalement les lycéens de Grenoble.
Celle-là date d’avant les élections, où je vous le rappelle, un nombre étonnant de gens étaient prêts à donner à Sarko le bon dieu sans confession, où une grande partie de la Presse l’encensait, séduite et béate… une époque où je ne pouvais m’empêcher de me rappeler souvent les paroles de Padme Amidala, incarnation de la Démocratie dans ses aspects les plus purs « Ainsi meurt la liberté, sous une pluie d’applaudissements »
sarko star warsenvoyé par perigord24
Superbe production…. (A Lohiel)
Le problème ?
C’est qu’elle apparait comme réaliste.
au dela des bons sentiments affichés, je pense que ces films americains véhiculent en general une idéologie politique assez pernicieuse:
- un individualisme forcené (le héros se bat seul face à une multinationale)
- seuls des « surhommes » et des héros peuvent régler les problèmes du peuple (sous-entendu, il est déconseillé aux masses de se révolter)
- le culte des armes et de la violence (sous-entendu, ferme ta gueule si tu n’as pas un gun)
Aucun éloge des combats collectifs.
attention, je parle pas de tous les blockbuster…
mais non, l’individualisme dans Star Wars n’est pas du tout une valeur mise en avant… l’entrée de Han Solo dans la saga est d’ailleurs une manière de refuter ces comportements égoistes, fussent-ils le fait de personnages sympathiques
ça raconte une histoire de résistance au facisme, alors, oui, il y a des fusils (à un certain niveau d’oppression, la non-violence n’est plus possible… je crois que les méthodes de Gandhi n’auraient rien pu contre Hitler)
…mais il y a surtout des armes philosophiques (la Force, le Sabre « de lumière »), à double tranchant d’ailleurs… rien dans SW n’est tout noir ou tout blanc, même le « monstre Vador » fut un jeune homme attachant, autrefois… c’est plus le paradigme du IIIe millénaire, là, qui est déroulé sous nos yeux, que celui du second…
Indiana Jones se bat seul, oui, mais peut-être parce qu’il est le seul qui y croit encore, à la nécessité de préserver les trésors culturels de l’humanité ? Quand à son fouet, il faudrait en trouver la dimension psychanalytique ^^
Quoiqu’il en soit, je crois que ces histoires d’insoumission à la fatalité totalitaire, de la manière dont elles sont présentées et compte tenu du nombre de gens qui les voient, font doucement bouger « le centre de gravité » de la conscience politique universelle, jusqu’à rendre plus facile l’émergence d’idées différentes…
en tout cas, elles ont beaucoup plus de succès (et de panache !) que le classique « gentils américains saluant le drapeau contre méchants terroristes de tout poils » … et c’est il me semble une excellente chose
Je reconnais que StarWars est un divertissement agréable et très bien ficelé mais de là à lui trouver une portée politique anti-fasciste… Dans le premier épisode par exemple, je trouve assez minable que les grands chevaliers libèrent le jeune esclave Anakin et se tirent en abandonnant sa mère, elle aussi esclave. Quel manque de panache, quel respect de l’ordre établi…
Quant à l’apologie de l’emploi des armes, je sais bien qu’il en faut dans un western spatial, mais dans la vie réelle en Occident il n’y avait pas besoin d’armes pour éviter l’arrivée du régime libéral-fascisant sarkozien. Pour vaincre pacifiquement aux élections, il aurait « suffi » que la gauche ait des idées claires et justement ne se perde pas pendant 20 ans dans le divertissement festif, le tout culturel à la sauce Jack Lang au détriment du réel. Le genre, on en a rien à foutre des SDF, mais on petitionne pour la liberté d’expression du film « Baise moi ».
Dans StarWars, l’apologie de l’individualisme, à mes yeux se dissimule dans le fait que les héros (très sympathiques au demeurant) sont hors-norme, vingt fois plus courageux et astucieux que le spectateur citoyen lambda.
Un sociologue célèbre, Mac Luhan, disait le medium est le message. Je ne suis pas loin de penser que le message du medium cinema est, quelque soit le film : dormez braves gens, divertissez-vous pendant que se prepare la demolition de vos libertés…
Ton point de vue se défend, bien sûr… je suppose que ça doit marcher comme ça pour un certain nombre de gens. Ils en restent à la Fiction, et point. Retour case dodo.
…mais de l’autre côté, fais une recherche de vidéo, tu verras à quel point des parodies de StarWars sont souvent utilisées pour porter des idées *subversives*, parfois avec beaucoup de talent …sur l’instant, je me rappelle en particulier de ceci, pour le bio (en anglais) :
http://www.dailymotion.com/video/xcg82_store-wars-parodie-star-wars_poli…
donc il y a des deux… rien n’est jamais ni tout noir ni tout blanc :)
Dans Indianna, il y a un ressort que vous n’avez pas mentionné, à savoir l’archétype du « héros caché » dans « les Aventuriers.. » surtout où on a d’un coté le héros explorateur cavalant devant un rocher qui déboule dans la jungle, et de l’autre, le professeur un peu rond de cuir, avec lunette et maladroit. Bon, il fait craquer ses étudiantes, mais mis à part ça il est normal…
Le « héros caché » est typique du super héros américain (Clark Kent/ Superman en est l’archétype), mais on le retrouve aussi chez nous avec Edmond Dantes/ Comte de Monte Christo, Le Bossu/lagardère…
En ce qui me concerne je vois dans les blockbuster que vous étudiez plus une réinterprétation des archétypes de la culture populaire, de Dumas à Tinitin, par exemple, qu’une forme nouvelle.
Sur le fond, je suis d’accord sur le fait que ces oeuvres impriment l’inconscient collectif, d’une manière quasi planétaire et donc doivent être étudiés.
Mais pour un Spielberg (je ne cite pas Lucas qui n’est pas pour moi un bon cinéaste, de très TRES loin s’en faut, mais un producteur de génie), combien de Roland Eymmerich, Bruckeimer, combien de films où le héros à la machoire carrée filmé en légère contre plongée, salue,la larme à l’oeil, d’un coup de pignet sec la bannière se déployant au vent?
à Déluge
bémol : Roland Emmerich a brutalement retourné sa veste avec « le Jour d’Après »… qui a agi comme un électrochoc auprès du grand public à propos du changement climatique (rappel : au début des années 2000, personne n’y croyait - je militais pour le « réveil » à l’époque, j’en sais quelque chose, je me faisais prendre pour une illuminée - et il a bien aidé)
la fin, où un président des Etats-Unis « SDF » est obligé de présenter des excuses aux pays du Sud (qui ont accueilli les réfugiés) est assez croquignolette, d’ailleurs :)
typiquement, le défaut idéologique de la fantasy (starwars) c’est que le ou les héros est « un élu ».
mais sinon, je suis d »accord avec le propos collectif et anti-totalitaire de starwars. Cela se retrouve dans tout ce qui est dérivé autour du concept des rebelles (de la bd à jeux vidéo) et la nouvelle trilogie montre réellement comment le fascisme profite d’une démocratie à bout de souffle.
Après, y a évidemment que cela reste un divertissement, et que jeux vidéo comme film, le plus simple et amusant est le héros surpuissant et héroïque. Ainsi, en marge des jeux vidéo collectifs (starwars galaxie, empire etc), y a les jeux mettant en scène le jedi solitaire surpuissant qui résout tout.
Notons encore Han Solo est un personnage qui a tort dans le début de starwars car individualiste et sans foi, que Luke est un effronté naif qui doit apprendre à se contrôler, que l’ambition et l’arrogance de Anakin en fait un monstre. etc. C’est tout de même un message des plus explicites : le héros, le jedi doit s’oublier pour le bien de tous.
Cela se retrouve même dans les textes et autres jeux de rôle pondu sur starwars dans les années 80/90.
Ce n’est pas du tout de la philosophie grandiloquente de bar, c’est juste ce qui est répété en boucle entre 2 coups de sabre-laser. zioung!
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A mon sens, la jeune génération actuelle a besoin d’un « Star trek ». Un divertissement optimiste, qui montre des gens se battant pour un progrès, que le futur peut être beau, tolérant et mérite de le préserver.
Il est impressionnant de regarder le contenu social de startrek , puis de startrek ng (dénonciation de l’esclavagisme, de la torture, du totalitarisme borg), de star trek deep space nine (socialisme, terrorisme vs logique d’état)
Et comment la fin de ces séries s’est accompagné d’une désillusion sur le futur et comment les meilleurs séries télés et films actuels sont cyniques (dr House en tête).
Je ne crois pas que le message soit « dormez ». Pas pour tous les artistes et producteurs.
Non.
Mais insidieusement, ils disent « voyez le spectacle du combat et du progrès, soyez satisfait que l’idée vit encore » et une fois dehors avec notre pop corn on retourne à l’acceptation que le futur est devenu cynique : triomphe du mal accepté.
Il faut impérativement des spectacles qui montrent que le futur peut être beau, que le monde vaut le coup. N’y voyez pas une propagande qui dirait au gens « tout est beau, chut », mais plutôt aux gens ‘oui, c’est possible ! en avant !’
Tout comme quand startrek montrait une Terre où chinois, russe et américains exploraient l’espace ensemble et où oui, un officier noir est un capitaine de station sans que personne en fasse une célébration ou un scandale : c’est normal.
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Les années 60 avait besoin de startrek. Les années 2010 en auront besoin.
totalement d’accord avec toi… et tu signales quelque chose que j’ai oublié de dire plus haut : si ces films participent à la passivité, ce n’est sûrement pas un but des réalisateurs
de toutes façons, il y aura toujours des *passifs* et des gens qui croient en la nécessité de la résistance… et c’est parce qu’il y croient que finalement, dans le vrai monde aussi, toutes les dictatures finissent mal.
allez, j’entrouve la porte de mon cahier personnel ;) dont je ne diffusais pas l’adresse jusqu’ici :
http://lohiel.over-blog.net/
j’adhère assez au point de vue de Lohiel (la réplique de star wars m’avait aussi interpellée)
par contre il faut cesser une bonne fois pour toute de séparer cinéma d’auteur et cinéma grand public (qui déjà ne sont pas deux entités imperméables l’une à l’autre).
j’irais voir Indiana Jones comme j’irai voir autant que possible les autres films en compétition.
on peut vouloir se distraire à un moment, à un autre s’ouvrir les yeux sur le monde, encore un autre admirer une oeuvre d’art…je sais gré à l’auteur de l’article de ne pas avoir enfoncé indiana jones sous le seul prétexte que c’était un blockbuster.
cannes a raison de mêler différentes genre de films, au moins il a le mérite de faire connaitre les films. quand j’étais ado, j’en suis venue au cinéma d’auteur à partir des films dont on parlait à Cannes. maintenant c’est une passion.
Il n’y a même pas nécessairement de distinction…
Prenez Duel, le premier film de Spielberg (1971). Film d’action, un méchant camion en veut à une petite voiture et la poursuit du début à la fin. Le film a terriblement vieilli. Mise en scène, lumière, jeu d’acteur…
La même année, Altman réalise un western, McCabe and Mrs Miller, avec Warren Beatty. Le film n’a pas pris une ride, et fait même figure d’œuvre d’avant-garde à côté des productions actuelles. C’est un film d’action, mais contrairement à Duel, un sacré film d’auteur, et quel auteur ! Alors divertissement et film d’auteur ne sont pas nécessairement contradictoires.
duel étaitun film d’auteur.
un auteur jeune et fou nommé Spielberg.
Comme THX de Lucas.
Brian de Palma fut un temps un troublion, un énième cinglé sorti des années 70.
-
Ils ont vécu une belle vie ces gens là et sont maintenant rangés, je les comprends parfaitements et je les acclame encore pour leur réussites passées mais quand même pour leur divertissement présents.
Tant que le contenu n’est pas rance, je ne vois pas de mal à un divertissement léger. Je n’oublie pas pour autant qu’ils ont été des « auteurs » aussi.
« Un auteur jeune et fou », pas d’accord. Jeune, à la rigueur. Dès le début, son style archi-classique est un copié-collé d’Hitchcock. Il n’a rien apporté de nouveau au cinéma. Encore une comparaison ?… Regarde « Les dents de la mer » et « Rencontres du troisième type », et juste après « Les duellistes » et « Alien » de Ridley Scott. Tu constateras la même chose. Les films de Spielberg semblent avoir vingt ans de plus. S’il y a quelqu’un qui a séparé divertissement et film d’auteur, c’est bien lui.
De Ridley Scott, plus que « les Duellistes » qui je trouve a vieillis dans son esthétisme mais qui reste beau, il y a « Blade Runner » LE film qui après 28 ans n’a pas vieilli d’un poil, mise à part la musique (heureusement peu présente) de Vangélis.
Pas un truccage numérique, une imagerie dont l’influence n’a cessée depuis, le pessimisme de K.Dick (quoiqu’on ait dit à l’époque) jamais aussi bien transcrite sur un écran et surtout une maestria à couper le souffle font de ce film, pour moi, le chef d’oeuvre de l’anticipation (« Los Angeles, 2019, six répliquants s’infiltrent dans la ville.. »).
Je l’ai vu à sa sortie et je ne m’en suis pas remis.
Tout juste Déluge. Mais comme je voulais faire une comparaison, j’ai cité des films réalisés dans les mêmes années. Blade Runner, c’est un peu plus tard.
Effectivement, mais c’est plus fort que moi, dès que je peux brailler que Blade Runner est un chef d’oeuvre, c’est plus fort que moi, je peux pas m’en empêcher…
« All those moments will be lost in time, like tears in the rain. »
Trop fort.
Blade Runner !
En sortant du ciné, à l’époque, je savais plus où j’habitais, un fabuleux coucher de soleil sanglant descendait sur la ville - et j’étais sonnée.
J’en ai offert récemment le DVD à mon fils de 21 ans qui habite à Bruxelles avec quelques colocataires, tous artistes.
Aux vacances suivantes je lui ai demandé s’il l’avait regardé (les « films des parents » hein, ça a pas toujours du succès)… réponse :
« tu parles… il a tourné en boucle des soirées entières… on était tous fous »
^^
D’accord avec deecurt. S’il fallait que je ne voie que des films d’auteur, je crois que ça pourrait devenir pénible. J’ai rigolé avec les Cht’is, c’est grave…?
http://phil195829.overblog.com
Quand je regarde un indiana jones, j’ai l’impression de vois OSS 117 sauf que là ça se veut sérieux avec une ambiance péplum avec des méchants autochtones, des vilains nazis et un »archéologue »muni d’un fouet et un colt (je croyais que l’attirail de base c’était une pelle et une brosse à dent pour des fouiller mais bon) dans la peau du héros, Spielberg nous proposera-t-il une comédie encore plus kitch pour le dernier opus, suspens, suspens.
Avec « Serbis », le philippin Brillante Mendoza se situe à l’entrecroisement des deux dominantes thématiques du festival. D’un côté, le délabrement social (peu ou prou en filigrane dans tous les films de la compétition). De l’autre, la dislocation de la famille
-Qu’elle époque qu’ on vit , Madame Soubise!
-Je vous le fait pas dire; Si c’est t’y pas malheureux, Monsieur Indiana …
Et c’est ainsi qu’une tribu d’anciens Égyptiens et Israélites construisit l’Arche d’Alliance, afin d’abriter leur saint des saints, un grand crâne de cristal en quartz clair qui les connectait énergétiquement avec les incroyables énergies multi-dimensionnelles du 3e au 10e niveau dimensionnel qui venaient du Crâne de Cristal en Quartz Rose de l’Humanité.
On avait donné à chacune des 5 races 9 crânes de cristal, un était en Améthyste et 8 étaient des crânes de Quartz clair. Le centre de chaque race garderait le crâne d’Améthyste, alors que les crânes de quartz clair se déploieraient dans les 8 directions à partir du centre. Et c’est ainsi que le crâne d’Améthyste resta à Sumer pour l’ensemble de la race blanche et que l’un des crânes de quartz clair voyagea avec la tribu égyptienne/israélite vers l’ancienne Égypte avec l’Arche d’Alliance.
Moïse/Ankhnaton fit passer ses fidèles et l’Arche à travers les marais de la Mer Rouge pour que les lourds chariots de l’armée égyptienne ne puisse pas poursuivre le groupe d’anciens Égyptiens qui devint connu sous le nom d’Israélites. Des centaines d’années plus tard, cet événement historique se retrouva écrit allégoriquement avec Moïse qui ouvre la Mer Rouge, quand les Israélites ont commencé à rédiger l’Ancien Testament alors qu’ils étaient retenus captif à Babylone du pays de Sumer aujourd’hui appelé l’Irak.
???!!!
Il s’agit d’un des délires autour de « légendes » de cranes.
Notez, au passage, le propos racial (raciste, en ce qui me concerne) typique de la Fantasy (invention de noms grandiloquents, d’événements clés , d’un passé flou, etc)
-
attention, je ne dis pas que la fantasy prône forcément une méchanceté et une hiérarchisation des gens en « races », bien au contraire, beaucoup de textes et oeuvres de fantasy se veulent aimantes et tolérantes.
mais typiquement, et cela se voit encore ici, la fantasy sépare l’humanité en ‘race’. rien que ce principe me dérange, même avec plein de bon sentiments, sans que forcément je parte en croisade contre Tolkien (que j’adore), « Donjons et dragons » ou autre. Mais je me méfie des bon sentiments , plutôt que de dire « toutes les races sont égales », il serait plus beau de dire « nous sommes tous l’humanité ». On nous épargnerait bien des mensonges et drames.
Si je comprends bien, l’auteur de cet article a préféré un film porno philippin où l’on s’éclate des furoncles à coups de bouteilles à un film d’aventures américain (donc forcément mauvais - surtout si il est produit par Spielberg et Lucas dont on connait l’habileté à réaliser des navets intergalactiques). Mais il est vrai qu’il est tellement plus marrant de parler du « délabrement social », en plus c’est à la mode dans notre monde ultralibéral et néofasciste. Et bien pardonnez-moi mais j’irai certainement passer 2h devant un vrai « divertissement », même américain, plutôt que de me coltiner les sempiternels navets estampillés « films d’auteur » que nous sert le festival de Cannes depuis une bonne dizaine d’années.
faut pas tomber dans l’excès inverse non plus…
ne voir que des films d’auteur ou n’en voir aucun relèvent de la même manière d’un snobisme un peu stupide.
Je vois qu’il est toujours d’actualité de dénigrer le simple divertissement… « Heureusement ma brave dame qu’il nous reste les films d’auteur ! On n’y comprend pas forcément grand-chose, mais ça permet de briller dans les dîners en ville ».
Il semble toujours sacrilège pour certains « journalistes » ou certaines « têtes pensantes » de pouvoir aimer les deux, pire, de revendiquer parfois le droit à se divertir et parfois le droit de « réfléchir ».
bien dit!
donc la suite c’est indiana biloute dans l’enfer de cannes
claude lelouche et jean pierre mocky ont trouvé ça bien
donc la suite indiana biloute contre les baraques à frites
On en parle tellement et depuis tellement longtemps sur la toile que cela m a passé l envie d aller le voir..
Du coup ca va se finir en download et par une projection privée sur mon videoprojecteur.
et si de temps à autre, on pouvait se divertir et juste savourer un bon divertissement. Même avec des invraisemblances et un scénario un peu simpliste.
quand nous étions petits, on nous racontait bien que trois petits cochons construisaient des maisons ou qu’un chaperon rouge fut dévoré par un loup du ventre duquel il sorti quasi en pleine forme, et celà ne nous posait pas problème.
et puis le public fait la différenceet
Une abomination. Un scandale. Un crime.
En sortant de la salle, aujourd’hui, à deux heures trente du matin, j’écumais de rage : le dernier Indy n’est pas décevant, maladroit ou moyen. C’est un navet monumental.
Ne vous fiez pas à ce qu’on vous a dit : les critiques de cinéma veulent sauver une industrie en crise. Il n’y a pas un seul élément de vrai dans leurs remarques. Oubliez les cascades à l’ancienne, la quasi-totalité des scènes d’action est noyée dans un tsunami d’effets spéciaux. Vous n’y croirez pas une seule seconde ; même en essayant, vous ne vivrez jamais le film. Oubliez l’« esprit Indiana Jones », il ne figure pas au générique.
J’ose à peine vous expliquer le désastre, tant il me déconcerte encore. Shia Leboeuf est littéralement transparent comme tous les seconds rôles du film, sans exception. Le personnage de Marion n’existe pas, sinon pour décorer une scène de retrouvailles absolument consternante. Celui de Mac change de camp toutes les vingt minutes grâce à des prouesses scénaristiques inconnues jusqu’alors. Quant aux « méchants », russes ou mayas, ils restent anecdotiques.
A défaut de vous raconter une histoire qui n’existe pas, je vous mets en garde. Attention, danger ! Les vingt premières minutes d’Indiana Jones 4 sont extraordinaires, géniales, drôles, inventives, pétillantes ! Cascades trépidantes, dialogues décapants, plongée captivante dans les années 50… Harrison Ford est magnifique, vous croyez au chef d’œuvre. Votre cœur de fan explose de joie… d’où mon avertissement… Car dès que la chose en cristal entre dans l’histoire, tout s’effondre. L’humour disparaît, le pauvre Harrison Ford pédale dans le vide, ou plutôt dans une histoire délirante dont le bouquet final figure derechef parmi les scènes les plus ridicules de la dernière décennie. On croirait voir « Astérix aux Jeux Olympiques »… Je n’exagère pas. Imaginez le pire, vous êtes encore loin du compte.
Lorsque Shia LaBeouf s’est mis à jouer à Tarzan avec des singes numériques (oui, vous avez bien lu), il était clair que le film avait touché le fond. Sans parler de dernière scène avant le générique, déconseillée aux cardiaques…
Comment vous décrire l’immense tristesse vécue dix-neuf ans après « La dernière croisade » ? Cela ne s’explique pas. Ou plutôt, un certain Spielberg et Lucas devront rendre des comptes… Ils ont essayé d’assassiner Indiana Jones, mais ils n’ont pas réussi.
Les vrais cinéphiles oublieront jusqu’à la simple existence de cette chose et siffleront toujours « la marche des aventuriers ». Désormais, et à jamais, le feutre et le fouet vivront à travers la seule, et unique, trilogie « Indiana Jones ».
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Ni plus ni moins qu’un article émanant d’un adulte adolescent en quête d’identité.
On lui a appris que pour faire partie du « milieu intelectuel », il faut se montrer comme étant hostile à tout art populaire et acessible, et clamer haut et fort qu’on aime le cinéma d’auteurs, l’art abstrait. Il faut aussi, qu’on en ait ou pas, clamer sa détestation de l’argent et de tout ce qui tourne autour. Le dernier Spielberg est donc la cible idéale pour cela.
Vraiment sans aucun intérêt.
Je voudrais nuancer un peu le point de vue de Lohiel.
Tu dis que ce genre de film populaire défend l’idée démocratique au détriment de régimes tyranniques néfaste pour l’humanité. Mais est-ce exactement le cas si on examine les scénarios?
Je donne simplement quelques exemples issus de la saga indiana jones. Un super héros Américain va sauver le patrimoine de l’humanité pour l’arracher aux mains des méchants dans les pays du tiers-monde et le mettre dans les musées. Un super héros Américain sauve un village de pauvres petits indiens mourrant de faim et de soif et incapables de remédier tous seuls à leurs problèmes à cause de leurs superstitions ridicules. Bref, le super héros Américain est partout, sublime et salvateur face à un monde désoeuvré qui a besoin d’aide pour ne pas tomber dans le désordre et le chaos. Finalement, Indy n’est peut être pas si différent du gentil soldat Ryan qui vient libérer la France de l’oppresseur. Comme si les Etats-Unis étaient les seuls vecteurs de la démocratie dans une négation totale de l’autocritique et d’un système qui sent beaucoup plus le néo-colonialisme qu’une libération de l’homme…
En gros, je trouve que les films de Spielberg encensent plus les Etats-unis capitalistes qu’une véritable idée de la démocratie. Un peu comme comme les justifications vaseuses de la guerre en Irak. Peut être que je fais un transfert d’idéologie pas très exact, mais je pense que cette dimension est à prendre en compte dans la construction idéologique véhiculée par les blockbusters.