Che Guevara-Sean Penn: même combat?

Benicio Del Toro incarne Ernesto Guevara dans

Rester indépendant au sein de la machinerie hollywoodienne. Se préoccuper de la chose politique et ne pas brosser l’Amérique dans le sens du poil. A priori Steven Soderbergh et Sean Penn partagent beaucoup. Ça tombe bien, le premier a présenté son « Che » mercredi soir. Un film atypique et déconcertant. Et le second, spectateur particulièrement attentif, est président du jury.

Sean Penn a annoncé la couleur dès la conférence de presse du jury, il y a une semaine, alors que le festival inaugurait ses fastes annuels. Il ouvrirait l’œil, et le bon, face aux films qui se préoccupent en premier lieu de la chose politique. Ses confrères Rachid Bouchareb (« Indigènes ») et Marjane Satrapi (« Persépolis »), membres du jury que l’on devine influents, ne songent probablement pas à le contredire.

La présentation, mercredi soir, du « Che » de Steven Soderbergh était donc attendue avec une impatience extrême. Fresque au (très) long cours de 4h30, divisée en deux parties, le film, comme son nom l’indique, retrace le parcours en son temps révolutionnaire de Che Guevara. Un projet atypique, a priori sulfureux, dont la mise en chantier, aux Etats-Unis, ne fut pas simple (trois années ont été nécessaires pour le mener à bien). Oui mais voilà: Steven Soderbergh est un garçon subtil, très subtil même. Pour lui, d’ailleurs, tout a commencé à Cannes…

Un Soderbergh fidèle à lui-même, donc surprenant

Flash-back: en 1989, un parfait inconnu débarque en compétition avec un petit film indépendant: « Sexe, mensonges et vidéo ». À la surprise générale, le président d’alors, Wim Wenders, lui décerne la palme d’or. Sur scène, à l’heure de recevoir son prix, Soderbergh, à peine trente ans, déclare que pour lui le plus dur commence. Diagnostic lucide. Ses films suivants (« Kafka », « King of the Hill »), pourtant épatants, essuient des flops au box-office. Le metteur en scène, du coup, hésite entre abandon du métier (il évoque sérieusement cette possibilité) et tournant professionnel radical en se consacrant à des fictions expérimentales (« Schizopolis »). Il opte finalement pour une troisième voie, plus singulière, plus fructueuse, plus intelligente surtout.

Amoureux du cinéma de genre, copain avec quelques personnalités alors relativement dans l’ombre du cinéma (en tête, un certain George Clooney), Soderbergh relance sa carrière en alternant films hollywoodiens malins et inspirés (« Erin Brockovich », « Ocean’s Eleven ») et fictions ultrapersonnelles (« Traffic », « Solaris »…), que les bénéfices engrangés au box-office par les opus de la première catégorie permettent de financer. Sur sa lancée, il monte même, avec Clooney, sa propre boîte de production (« Section Eight ») et initie le tournage de quelques objets atypiques et politiquement percutants, dont le remarquable « Syriana » de Steven Gaghan. Un pied dans le système, l’autre en dehors, Soderbergh aime pratiquer le grand écart. Il se prend parfois les pieds dans le tapis (« Ocean’s thirteen », « The Good German »), mais globalement sa filmo inspire le respect.

Sean Penn, son exact contemporain, n’a jamais tourné sous sa direction. Son parcours témoigne pourtant de préoccupations communes. Même souci de l’indépendance, d’une certaine probité, d’affirmer des choix radicaux. Son dernier film en tant que réalisateur, « Into the Wild », d’après le bouquin de John Krakauer, a remporté un important succès un peu partout dans le monde, alors qu’il ne cède rien, vraiment rien, aux académismes hollywoodiens. Bref, l’époque est loin où Sean alimentait la chronique en multipliant coups d’éclats people et coups de poing dans la tronche de ceux qui lui cherchaient des noises.

Alors, le « Che », film politique, œuvre, sur le papier, furieusement provoc, susceptible de séduire Penn? C’est bien possible, même s’il ne faut jamais oublier que les présidents du jury, quand ils sont cinéastes, prennent souvent soin de célébrer des confrères avec lesquels ils ne partagent esthétiquement rien ou pas grand-chose.

Aux antipodes de la reconstitution fastueuse et académique

Avec son nouvel opus, Soderbergh reste fidèle à lui-même et donc surprend. Très loin des conventions du film biographique; aux antipodes de la reconstitution fastueuse et académique, il fonctionne à l’épure, à l’économie et peut légitimement éveiller la déception tant il refuse avec une obstination de chaque plan les lois du spectaculaire, de la psychologie et de l’explication de texte.

La première partie évoque la prise de pouvoir à Cuba et fragmente à dessein la chronologie du récit. Discours du Che à l’ONU et interview donnée à une journaliste des années après la victoire. Rencontre avec Castro des années plus tôt. Combat dans les campagnes cubaines les plus reculées. Victoire militaire à Santa-Clara et route vers La Havane. Soderbergh agite son shaker temporel et dessine, en creux, un portrait kaléidoscopique de son personnage.

La seconde retrace le dernier combat du Che, en Bolivie et respecte, par contre, scrupuleusement la chronologie des faits. Comme une sorte de compte-à-rebours vers la déroute, la défaite, la mort. Dans les deux « blocs » (le film, lors de sa diffusion en salles, sera distribué en deux parties distinctes), Soderbergh privilégie les mêmes motifs (minimalisme de la reconstitution, prédilection pour les scènes ordinaires) et met en scène le Che non pas à hauteur de mythe, mais résolument à hauteur d’homme. Un choix qui dynamite les poncifs, mais, curieusement, rend le personnage (très) principal on ne peut plus aimable.

Car Soderbergh aime le Che et ses obsessions idéologiques, cela se sent au détour de chaque plan. Pour le cinéaste, pourtant, l’essentiel est ailleurs. En filmant, grosso modo avec les mêmes procédés, une ascension irrésistible, puis un lent cheminement vers la débâcle, le cinéaste, à sa manière, enregistre les deux facettes d’un idéalisme d’abord conquérant, puis réduit en miettes. La beauté de la fiction, réelle, réside dans sa simplicité factuelle. Son souci de toujours filmer au plus près les rapports et les conflits humains. Son obstination à filmer la guerre (car « Che » est avant tout un film de guerre) avec une radicale absence d’effets.

En quelque sorte, le nouveau Soderbergh -plus qu’intéressant mais, il faut le reconnaître, parfois monotone- raconte la même histoire que… « Into the wild », le dernier Sean Penn. Celle d’un homme épris de liberté totale, absolutiste jusqu’au bout de la barbe et achevant inévitablement de façon tragique sa course aveugle vers l’émancipation. Dans les deux cas, même désir de ne pas céder aux lois ordinaires du spectacle. Même fascination pour les temps morts, la contemplation anxieuse.

Il serait pourtant risqué de se hasarder à un pronostic concernant la présence du « Che » au palmarès. Et encore plus d’anticiper sur sa réception lors de sa sortie sur le territoire américain. Une chose est sûre: « Che » est un film qui ne ressemble à pas grand-chose de connu. A Cannes comme ailleurs.

Che De Steven Soderbergh - Avec Benicio Del Toro, Carlos Bardem, Demian Bichir… Sortie en octobre 2008.


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Numerosix | Prisonnier dans le village global
12H28 22/05/2008

Et a la fin , le Che meure et il se transforme en poster de Marilyn Monroe !

 
13H02 22/05/2008

Excellent !
Mais je l’ai eu tellement longtemps ce poster ;-)

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
15H07 22/05/2008

où en broderie sur jean, accompagné sur l’autre jambe du pantalon d’un portrait de ben Laden….
Vue à la Paz en dessous du marché au sorcière…

 
12H55 22/05/2008

Je cherchais justement une biographie du che… Quelqu’un en connait une qui est bien ?
Merci d’avance…

 
13H23 22/05/2008

celle ci :

Ernesto Guevara connu aussi comme le Che, par Paco Ignacio Taibo II

 
14H00 22/05/2008

Je suis d’accord, pour qui a le temps (car c’est un sacré pavé), la bio de Paco Ignacio Taibo II est incontournable.

A venir, du même auteur, Pancho Villa déjà publié en espagnol.

http://actu-du-noir.over-blog.com/

 
13H24 22/05/2008

loin d’être une biblio complète, mais déjà un site intéressant :

http://www.kayakif.on-web.fr/che/#

 
19H26 22/05/2008

che une légende du siècle de Pierre Kalfon

portrait sans concession sur toutes les facettes du personnages

 
08H57 23/05/2008

OK, merci à tous pour vos réponses !!!

 
Ryze | Travailleur social - Seine Saint Denis
12H56 22/05/2008

J’ai vraiment hate de voir ce film.
J’espere qu’il n’aura pas de souci pour le faire diffuser en salle^^

 
Ryze | Travailleur social - Seine Saint Denis
13H20 22/05/2008

A Cyprien
Ce n’est pas vraiment une bio mais le dernier livre de Besancenot et Lowie (pas sur du 2eme co ecrivain) sur la reflexion du Che, son cheminement interne vers sa conception tres particuliere du communisme et de la révolution est tres bien.
C’est  » CHE GUEVARA - Une braise qui brule encore »

 
17H44 22/05/2008

Che serait-il passé à l’émission de Drucker le dimanche après-midi ?

 
Ald | stagiaire exploité
13H11 22/05/2008
 
Ryze | Travailleur social - Seine Saint Denis
13H25 22/05/2008

Bah justement vous qui semblez si au courant dites nous.
Que certains cubains en veulent a Castro possible car au fil du temps il a un peu perdu de vue l’ideal pour lequel il se battait mais le Che qui a participé a la liberation de Cuba du joug de la dictature, a la revolution culturelle qui a permis une « liberation » du peuple (et oui c’etait pire avant) et qui est mort lachement assassiné par les soldats boliviens et la CIA peu de temps apres, oui je voudrait bien savoir ce qu’ils en pensent les cubains…

 
13H28 22/05/2008

Pour info, la ‘mode’ à Cuba ces dernières années pour les jeunes était de se faire tatouer le visage de Fidel Castro sur le bras … (sans révolver sur la tempe !)
J’imagine mal le jeune français se tatouant un Nicolas Sarokozy …

 
20H05 22/05/2008
 
13H04 23/05/2008

C’est ce que l’on appelle la masturbation intellectuelle.
pauvre type !

 
01H22 23/05/2008
 
07H44 23/05/2008

Ta trop lu BHL ma petite!
De plus le Che était un chef de guerre en guerre et comme tout chef militaire sa vie était combat, trahison, sanction. Mais tu doit être plus choqué par le fait qu’il n’y ait pas de tribunal militaire. C’est vrai que simplement en 1914 on a fusillé des jeunes gens simplement parce qu’ils faisaient preuve de lâcheté.
Entre légalité et illégalité la guerre est toujours aussi brutal, le Che l’était aussi mais pas plus que les autres…

 
15H13 23/05/2008

« C’est vrai que simplement en 1914 on a fusillé des jeunes gens simplement parce qu’ils faisaient preuve de lâcheté. »

Donc si je vous suis bien Che Guevara pour vous est a mettre au meme rangs que les généraux qui fusillaient les soldat en 1916.
Comme dizingage du Che je n’aurai pas révé mieux :-)

« Entre légalité et illégalité la guerre est toujours aussi brutal, le Che l’était aussi mais pas plus que les autres… »

C’est tout ce que je voulais entendre . Le Che ne vaut pas mieux que les autres

 
13H26 22/05/2008

j’ai de la famille en Amérique du Sud (Bolivie principalement) et là bas, le Che est une véritable idole. Je ne comprends donc pas trop le sens de votre question …

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
17H09 22/05/2008

Les Cubains peuvent être très critique contre Fidel Castro, par contre ils considèrent les deux grands morts, Cienfuegos et le Che comme des héros…

Aucun cubain, en tout cas ceux que j’ai rencontré dans ma petite expérience du pays (1 mois et demi par les moyens du bords sur l’île), ne renie la révolution et donc ses icônes.

Castro c’est un autre problème.

 
20H50 22/05/2008
 
22H22 22/05/2008

Ou comme en France sous Vichy,critiquer tes idoles pouvait couter la vie…Au fait,t’es pas encore blacklisté toi raclure?

 
Radadalamechantesorciere | De retour en Sarkoland
09H57 23/05/2008

Vouloir blacklister des gens qui disent ce qu’ils pensent ça fait très « Cuba dictateur » je trouve. Pourquoi pas les fusiller tant qu’on y est ?
Franchement les pauvres cubains qui ont fait la révolution pour détrôner un dictateur pourri ont eu à sa place un autre dictateur de merde (mais au moins celui-là il nouus fait rigoler).
Je les plains.
Le combat du che contre les dictatures d’extrême droite était noble, mais je ne sais pas si le résultat aurait été mieux qu’à Cuba s’il avait gagné.

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
22H55 22/05/2008

en Palestine de très nombreux palestiniens critiquent le Hamas, je parle aussi d’expérience là :)

un jour vous parlerez de ce que vous connaissez qui sait.

 
01H40 23/05/2008

Ou chez moi, personne ne critique ma mère.

La logique c’est rigolo. Mais bon, un peu d’honnêteté intellectuelle et de subtilité en plus sont indispensables si vous souhaitez un jour extraire votre pensée du vide…

 
01H43 23/05/2008

En outre ils peuvent être critique contre Fidel… mais j’ai le sentiment (en l’absence de source viable, je me contente de grapiller ce que je lis à droite à gauche) que dans l’ensemble il a toujours été un dirigeant plutot populaire, que les cubains n’aspiraient pas vraiment à remplacer.

Comme toujours des opinions informées sont les bienvenues!

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
03H48 23/05/2008

en 2004, les critiques contre Castro, même discrètes étaient fréquentes (les CDR veillent), déjà parce que la situation économique s’est fortement dégradé depuis la fin de la manne soviétique et qu’en plus ben ça fait 50 ans qu’il est dans la place, ça fait vraiment beaucoup trop ….
Par contre pas de remise en cause de la révolution ou de manière vraiment très marginale.

 
11H41 23/05/2008

« Par contre pas de remise en cause de la révolution ou de manière vraiment très marginale. »

C’est pour cela que dés que la porte cubaine s’entrouve , tout les cubains qui le peuvent se font la male .
Cela s’appelle voter avec ses pieds .

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
15H14 23/05/2008

La révolution d’un côté, qui a apporter éducation et santé sur une ile que les USA avec l’absurde constitution qu’ils imposés à l’indépendance (globalement Cuba était un protectorat américain).

Et l’incompétence d’un gvt Cubain doublé de plus de 40 de blocus de l’autre de l’autre explique le paradoxe que vous mettez en avant.

A titre de mémoire la révolution Cubaine n’a été nommé socialiste que bien après la révolution. Après la prise en main de l’ile par l’Union soviétique. Après la baie des cochons… Castro qui était un nationaliste, n’est devenu communiste que pour éviter l’échec de sa révolution.
Qu’il y est eu des communistes (Guevara entre autre) dans son gvt est un fait, cela ne faisait pas de la révolution cubaine une révolution communiste et c’est bien là l’immense tord des USA de l’avoir considéré ainsi. Mais avant tout une révolution nationaliste. 1959 est la date de l’indépendance de Cuba, pas 1898 qui est la naissance d’un protectora. A titre de mémoire Maceo et ses troupes, qui avait libéré la plus grande partie de l’ile, ne peut entrer dans Santiago pour participer à la rédition des Espagnols.
Les Américains trouvant bien trop colorés ses troupes noirs et métis à plus de 90%.

Le gouvernement Cubain à sa responsabilité dans la situation de Cuba, Castro a été un dictateur, mais ça n’empêche que les cubains que vous le vouliez ou non ne renient pas la révolution et que la situation de Cuba a bien d’autres responsables que les barbus ayant pris le pouvoir en 59.

 
15H20 23/05/2008

Je vais vous dire le fond de ma pensée . Entre Le Che et Castro , je préfére Castro
Mine de rien Castro etait plus humain (tout est relatif) plus pragmatique moins radical que le Che un intégriste cruel incapable de construire une seule chose positive .
On a vu ce qu’a donné Castro ..c’est déja pas brillant
Mais je frisonne en pensant ce qu’aurait pu donner le Che

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
21H21 23/05/2008

Sans aucune hésitation, je préfère Guevara à Castro, probablement car il est mort il y a 40 ans.

En faisant de la politique fiction, que serait aujourd’hui Cuba si les USA avaient été moins ridicules dans sa politique avec Cuba. Une chose est sur, Castro et frère ne serait plus depuis longtemps au pouvoir.

 
17H47 22/05/2008

Mon voisin connaît un cubain qui souvent quand on lui parle du Che fredonne avec reconnaissance :
« Aqui se quedara clara
la incréible trans parencia
de tu querida presencia
comandante Che Guevarra »

 
Tibokaya | Jeune flegmaticien mayennais
13H28 22/05/2008

Salut à vous !

J’ai des amis qui sont allés à Cuba dans un but officiellement touristique mais officieusement journalistique. De leur voyage est né un excellent livre : « A la Barbe de Cuba » (je vous le conseille vivement si la société contemporaine cubaine vous intéresse). Des témoignages de ce livre ressortent, quoi qu’on en dise, de l’admiration pour le Che, même chez les critiques du régime. Fidel Castro est très critiqué dans l’ensemble (sur la liberté d’expression, de la presse, de libre circulation, etc…), mais le Che fait partie de ces icônes respectées dont on a travesti et corrompu l’idéal.

Sinon, Cyprien, essaie « Che Guévara », de Charles Pasqua… Une vision naturellement objective et élogieuse de son parcours… ;o)

Achefkalement,

 
13H48 22/05/2008

de Ocean’s Eleven à Che, Hollywood Hollywood

Che Guevara-Sean Penn: même combat?
oui bien sur Che Guevara faisait la révolution depuis le Martinez en costume Armani franchement ridicule, alors c’est sur chacun son boulot mais il faudrait arrêter de comparer se qui n’est pas comparable trop de pseudo révolutionnaire tue la révolution .et non je n’ai rien contre Sean Penn .

 
14H51 22/05/2008

benicio del toro dans la peau du che, j’ai vraiment hate de voir ça !

 
NM
21H11 22/05/2008

Alors la tout a fait d’accord. Depuis le temps que j’atends un nouveau film de Benicio, alors le Che, un role qui va etre parfait pour lui. J’aime Sodeberg aussi.

 
15H25 22/05/2008

Il est étrange que le journaliste omette le film qui relança la carrière de Soderbergh, Out of Sight ; Scénario qui traînait à Hollywood sans qu’aucun réalisateur n’osa s’y casser les dents ; Sauf Soderbergh qui, de cet adaptation d’un roman complexe truffé de flashbacks, réussit avec talent à y glisser un thème qui lui était cher: la mémoire. Thème qu’il explora dans son film le plus personnel et le plus maîtrisé à mes yeux, The Limey (L’anglais). L’alternance entre projets personnels et grosses productions, Soderbergh la pratique comme beaucoup de cinéastes hollywoodiens avant lui, de Hitchcock à Spielberg, dans une certaine mesure. Gus van Sant, Greengrass, De Palma ont tous suivis le même chemin pour pouvoir financer leurs projets personnels. Traffic n’était pas vraiment un film politique, même s’il en avait l’apparence. Che en est-il un ? J’imagine que non. Sean Penn politisera-t-il le palmarès, en mettant la barre à gauche comme ses prédécesseurs ? Le message, même si parfois démagogue (Fahrenheit 9/11) ou le contexte social (L’enfant, 4 mois…), l’engagement politique à gauche (Moore, Ken Loach, Sean Penn) prévalent sur l’esthétique, l’étude des sentiments, l’ambiguïté, la complexité, la justesse, la sincérité, la profondeur d’autres films de cinéastes moins engagés politiquement (Apichatpong Weerasethakul, Hou Hsiao-hsien, Michael Haneke, Andrei Zvyagintsev, Ariel Rotter, Tsai Ming-liang) qui n’ont jamais réussi à obtenir la ‘prestigieuse’ Palme d’Or. C’est regrettable. Mais Sean Penn décevra peut-être, je l’espère, une politisation d’un festival, qu’il faut dire, ne semble plus être à l’avant-garde du cinéma d’aujourd’hui. Cannes célèbre finalement un cinéma d’hier : Le réalisme social des Dardenne, les dinosaures fatigués du festival comme Egoyan, Wenders, Eastwood, les arrivistes comme Sorrentino ou Lucrecia Martel, ambassadeurs d’un cinéma qui sent déjà le vieux. Les yeux cinéphiles se tourneront très vite sur Venise et Berlin où l’air cinématographique y est plus frais.

 
quetzal2012 | enseignant précaire
20H49 22/05/2008

Que les choses soient claires, à Cuba il n’existe certainement pas d‘« anti-Guevaristes » même parmi les anti-castristes, Le seul regret c’est peut-être l’utilisation commerciale qui en a été faite par la suite (Comme chez Leclerc : l’affiche sur fond rouge et une nuance de noir avec le slogan « La Révolution des prix »).
On sait bien qu’il y a Che Guevara l’homme (le combattant, le stratège de la Guerilla et ami de Régis Debray, le théoricien du « foquisme ») et Che Guevara le mythe, icône de la révolution cubaine, ce qui serait intéressant c’est une oeuvre qui donnerait à réfléchir sur le passage d’un état à l’autre et sur le processus de récupération et de galvaudage par la pub.

De plus, selon l’article, le film montre le Che « à hauteur d’homme ».

« En filmant, grosso modo avec les mêmes procédés, une ascension irrésistible, puis un lent cheminement vers la débâcle, le cinéaste, à sa manière, enregistre les deux facettes d’un idéalisme d’abord conquérant, puis réduit en miettes ».
Le problème c’est que, précisément, il n’ y a pas eu de débâcle, il a connu certes, pas mal de revers et de déceptions en Angola ainsi que son dicours à Alger où il dit toute sa rancoeur à l’égard de l’URSS mais le Che n’est pas mort en guerillero, il est mort assassiné et là est peut-être le point de départ du processus de mythification: cette dimmension presque oxymorique du destin d’un « guerillero assassiné »…

http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com

 
01H28 23/05/2008
 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
15H16 23/05/2008

Décidément vous ne comprenez rien à rien. Venez en Amérique du sud si vous voulez comprendre ce qu’est ce mythe.

 
Julie Tréma | radiocentrée
21H07 23/05/2008

Depuis un mois, les murs de la fac où je m’aventure hebdomadairement à Buenos Aires sont couverts d’affiches annoncant les festivités des « 80ans de sa querida presencia », des cérémonies sont prévues pendant quatres jours à Rosario pour non seulement commémorer sa naissance rajoutant une couche de tartine au culte, mais aussi réfléchir sur l’aujourd’hui et les 80 ans plus tard, où c’qu’on est .
C’est plus qu’une face sur un t shirt, soyez-en surs !

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
21H16 23/05/2008

Merci Julie, Sacré Argentin :). Toujours été fasciné par la capacité des sud américain pour honnir certaines figures historiques de leur vivant et de les adulés à l’excès après leur morts… Je pense à Bolivar, san Martin ou Belgrano pour ne citer qu’eux.

Connais-tu la rue Guevara à Buenos Aires?
Elle montre une autre facette du Che, ses origines prenant racine dans l’oligarchie argentine.

French et Guevara ce n’est pas n’importe quelle famille bourgeoise….

sacré pas qu’il a sauté le p’tit Ernesto.

 
19H36 22/05/2008
 
quetzal2012 | enseignant précaire
20H47 22/05/2008

votre intervention montre une sérieuse méconnaissance du sujet, vous semblez avoir une vision aussi manichéenne que celle que vous dénoncez, Le Che n’est ni un héros, ni un martyr mais mettre sur un même plan la prise de Moncada et le régime cubain aujourd’hui prouve que vous devriez un peu vous pencher sur le l’histoire cubaine d’autant que vous comparez le régime de Batista et de Castro, lorsque vous parlez des bobos…ça me fait doucement rire car vos propos sont très proches de ceux d’un non moins bobo (certainement vote maître à penser) j’ai nommé BHL!

 
15H01 23/05/2008

Je ne pense pas avoir une « sérieuse méconnaissance du sujet ». Mon analyse du « sujet » est différente de la votre c’est tout. Je respecte votre point de vue même si ce n’est pas le mien. je vous demande la même chose en retour.

Quant à BHL, laissez ce gugus là où il est. Je n’ai pas de maître à penser. Je n’ai que du bon sens.

Les cubains heureux de leur sort? Là c’est moi que cela fait doucement rire…

 
13H11 23/05/2008

Attention paticon
sur ce site, on n’a pas le droit d’écrire plus d’une connerie par ligne !

 
14H55 23/05/2008

En attendant, c’est vous qui écrivez le mot « con » à chaque ligne.

C’est amusant votre conception de la liberté d’expression…
Dès que l’on n’est pas de votre avis, vous répondez par une insulte.

Vous avez un sens développé de la démocratie mon cher JP deux fois.

 
19H38 22/05/2008

« Les honneurs ça m’emmerde » , Che Guevara.