
Avant Spielberg, fragments de famille façon Desplechin

Se sont-il donnés le mot ? Et si oui en quelle langue ? Le Français Arnaud Desplechin et le Turc Nuri Bilge Ceylan, tous deux en compétition aujourd'hui, s'attaquent avec férocité à un thème inusable : la famille. Le résultat : « Un conte de noël » et « Les Trois singes », deux films sombres et ultra-stimulants qui témoignent de la bonne santé de la compétition cannoise. Pourvu que ça dure.
Jean-Claude Van Damme est en ville (un film consacré à sa personne sort en salles prochainement) et la Croisette, toujours outrageusement excitée par les galipettes promotionnelles et les coups marketing, ne parle presque que de ça.
A compter de demain, pas de doute, le sport national consistera à alimenter les rumeurs sur Spielberg et sa troupe de modestes saltimbanques, présents à Cannes pour assurer la promotion d'un tout petit film nommé « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal ».
Le cinéma français peut-il rêver de palme cette année ?
En attendant, on peut s'intéresser à autre chose. Par exemple au documentaire de Daniel Leconte (« C'est dur d'être aimé par des cons ») consacré aux démêlés de « Charlie Hebdo » avec les censeurs de tout poil, suite à l'affaire des caricatures de Mahomet. Présentation demain. On peut aussi se concentrer sur les films de la compétition. Coup de bol : ceux d'aujourd'hui sont excellents.
Priorité aux couleurs nationales. Privé de palme d'or depuis des temps ancestraux (Maurice Pialat avec « Sous le soleil de Satan », en 1987), le cinéma français peut-il rêver cette année ? Premier des trois concurrents (avant Philippe Garrel et Laurent Cantet) à tenter de répondre à cette angoissante question, Arnaud Desplechin et son « Conte de noël ».
Une fiction qui, en deux heures trente, dynamite les académismes d'un genre prisé par le cinéma hexagonal et souvent propice à un déluge de clichés : le film de famille.
Durant quelques jours, à la fin de l'année, une communauté déchirée se retrouve dans la grande maison familiale, à Roubaix (ville natale du réalisateur). Autour de Junon, la mère (Catherine Deneuve) et d'Abel, le père (Jean-Paul Roussillon), la fratrie s'installe avec ses névroses, ses conflits irrésolus, ses mesquineries, ses doutes.
Circonstances (très) aggravante : la maman souffre d'une leucémie et doit trouver parmi les siens un donneur de moelle osseuse, histoire de sauver sa peau. Enjeu d'autant plus rude que plane sur la famille le souvenir toujours à vif du décès prématuré, des décennies plus tôt, d'un fils atteint de la même maladie, et que personne ne put sauver pour cause d'incompatibilité génétique.
Desplechin signe un film d'une richesse thématique et formelle rare
Qui pour aider qui ? Qui est compatible avec qui ? Quelles dettes, quels liens au sein d'un groupe ? Le cinéaste reprend les motifs modérément guillerets de son précédent ouvrage (« Rois et reine »), écrabouille les figures imposées, et signe un film d'une richesse thématique et formelle rare dans le cinéma français.
Les prénoms des personnages donnent la mesure de l'ambition desplechinesque. « Un conte de Noël » mêle tout : l'intime et le mythe, l'abstraction et l'émotionnel, la comédie neurasthénique et le drame éprouvant, l'hommage en continu à Bergman et le clin d'oeil à Hitchcock…
Chaque personnage porte sur ses frêles épaules une part de la fiction. A Henri (Mathieu Amalric), la folie pas forcément douce et la haine de soi. A sa soeur Elizabeth (Anne Consigny), la douleur indicible. A Ivan, le benjamin (Melvil Poupaud), le mutisme énigmatique, les lourds secrets.
D'autres protagonistes enrichissent la palette de ce film qui grince, joue avec tous les procédés de distanciation (adresses à la caméra, ruptures de ton brutales, utilisation singulière de la partition musicale…) et entraîne dans son ballet dérangeant.
Une réussite ? C'est le moins que l'on puisse dire… Même si on peut regretter que, comme à son habitude, Desplechin emprunte parfois des détours inutilement alambiqués. D'ailleurs, pas de hasard, les plus belles scènes d'« Un conte de noël » sont aussi les plus simples.
Une étreinte entre deux personnages qui n'attendaient que ça depuis des lustres (d'ores et déjà la plus belle scène d'amour du festival). Une esquisse de réconciliation muette entre un frère et une soeur…
Chez Nuri Bilge Ceylan, pas de tentation maniériste, mais une grande sobriété
Cet intimisme maladif sera-t-il de nature à séduire le jury ? Le film de Desplechin sera-t-il considéré (à tort ! ) par les forces internationales comme un symptôme supplémentaire du nombrilisme made in France ? Autre débat…
Et en Turquie, quoi de neuf ? Depuis quelques années, un grand cinéaste discret et talentueux, caustique et désespéré, est apparu de ce côté-ci de la planète cinéma. Nuri Bilge Ceylan (« Uzak », « Les Climats ») revient en compétition avec « Les Trois singes », un film qui n'a rien d'animalier (encore que), mais qui, lui aussi, plante ses banderilles au cœur des dérèglements de la famille.
Le parallèle avec « Un conte de noël » est tentant. Pourtant, formellement, Desplechin et Ceylan ne partagent qu'une chose : le talent. Chez le Turc, pas de tentation maniériste, pas de zigzags fictionnels.
D'une sobriété à toute épreuve (le plan fixe règne ici en maître et les dialogues sont réduits à la portion congrue), « Les Trois singes » avance inexorablement vers son issue lugubre en privilégiant l'épure, les silences, les ellipses et les regards qui en disent plus, beaucoup plus, que tous les discours explicatifs.
Un homme, issu d'un milieu modeste, accepte d'endosser la responsabilité d'un accident de bagnole mortel à la place de son patron, un politicien fort peu sympathique. En échange d'une coquette somme d'argent, il croupit quelques mois en prison.
Pendant ce temps, son épouse et son fils, engoncés dans leur coin de solitude, cohabitent avec l'absence. Elle, sorte de Madame Bovary locale, navigue entre désirs adultérins flous et culpabilité. Lui, post-ado dépressif, reste couché toute la journée dans son lit et ne sait probablement plus de quoi il souffre. Bref, la joie…
En toile de fond, le portrait amer et corrosif de la société turque
Il convient de ne pas se fier à l'argument, misérabiliste en diable sur le papier. Nuri Bilge Ceylan, fils spirituel du regretté Antonioni, enregistre avec une acuité insensée la dislocation d'une cellule familiale rongée par l'incommunicabilité.
Subtil et cruel, il filme la violence des rapports conjugaux. La lâcheté s'agitant au plus profond de chaque personnage. Un attachement qui, lentement, se défait. Composition des plans, sens du cadre : la mise en scène sidérante d'intelligence incarne les enjeux du film et dispense le cinéaste de toute paraphrase.
En toile de fond, le portrait amer et corrosif d'une société turque où le retour du religieux et la permanence du machisme (thème récurrent depuis le début du festival) ne donnent aucune raison de s'enthousiasmer.
Il n'en va pas de même pour ce film maîtrisé et perturbant. Un diamant noir qu'il ne serait pas scandaleux de retrouver au palmarès le 25 mai.
► Un conte de noël d'Arnaud Desplechin - avec Catherine Deneuve, Mathieu Amalric - en salles le 21 mai.
► Les Trois singes de Nuri Bilge Ceylan - avec Ahmet Rifat Sungar, Hatice Aslan.
- 5093 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque


























27
(Pour réagir, connectez-vous)
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H14 | 16/05/2008 |
DES-PLE-CHIN
Pfff
La grande famille du cinéma français présente ses petites histoires de famille en competition pour le prix du meilleur film du cinema mondial de l » année ..
C'est un gag ?
à Numerosix
De franck_73
15H32 | 16/05/2008 |
C'est marrant que le premier à réagir soit quelqu'un qui n'aime pas le cinéma.
à franck_73
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H12 | 16/05/2008 |
On peut aimer le cinema et ne pas aimer Désèspléchin ,voire 99 % des films français actuels, je m'excuse ..
« Comment je me suis disputé ..( ma vie textuelle) “
à Numerosix
De franck_73
16H18 | 16/05/2008 |
Dire que tous les films français sont mauvais, c'est comme dire que tous les films américains sont commerciaux.
C'est ridicule autant qu'inexacte.
Et Desplechin est certainement un des metteurs en scène les plus doués de sa génération (je ne parle pas que du cinéma français). Aucun déchet dans sa filmographie et c'est assez rare.
à franck_73
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H27 | 16/05/2008 |
J » ai pas ecrit « tous » les films français actuels, mais « 99% ».
Combien il en sort par an ?
à Numerosix
De parti
punishment park | 17H20 | 16/05/2008 |
un peu plus d'une centaine…
à parti
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 17H58 | 16/05/2008 |
Le compte est bon .
Disons 97 % …
De Iris2
17H04 | 16/05/2008 |
Article bien écrit,qui me donne envie d'aller voir les deux films ! Au fait sont-ils déjà sortis comme cela arrive parfois ?
De choupette
education nationale | 17H48 | 16/05/2008 |
Desplechin… L'impatience me gagne depuis que je sais que son nouveau film sort mercredi prochain. Quelle joie ! « Comment je me suis disputé(…) » a été une révélation, les acteurs, le propos du film et Emmanuelle Devos pleurant dans sa douche, le sang de la vie nouvelle lui coulant entre les jambes, une scène sublime…
Un Conte de Noel semble, d'après ce que je lis ici et là, traiter de l'Autre mais version non pas petits étudiants tourmentés mais famille déchirée, bref de l'autre coté du miroir.
Comme je l'écrivais j'ai hate ! ! ! !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H27 | 16/05/2008 |
« le sang de la vie nouvelle lui coulant entre les jambes, une scène sublime… »
Le genre de film ou les nanas trainent leurs mecs qui trainent des pieds ..
J » adore ( quand c'est pas à moi que ça arrive)
Je lancerais bien le prix du film ou les nanas ont le plus trainé leur mec qui trainait des pieds, le prix « VENUS venue , MARS se barre “ ( et réciproquement, bien sur)
L” année dernière , le prix aurait été attribué à :
“4 mois, 3 semaines, 2 jours” , mais il avait déja reçu la palme d » or à Cannes ..
à Numerosix
De choupette
education nationale | 18H54 | 16/05/2008 |
euh ? ? ? ? ? ? ? ? ? « c'est le genre de film où… », je savais pas qu'il fallait être deux pour aller au ciné ? ?
m'enfin, tu m'as l'air d'un drôle de personnage numerosix (culture Astérix ? )mais pas aussi fin que ceux de Desplechin…
à choupette
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H01 | 16/05/2008 |
Vous parlez à mon avatar Mister Hyde ( Numerosix) ,chere Choupette . Rassurez vous , dans la vraie vie, je suis pas comme ça , en Docteur Jekyll .
Cordialement .
De Anthropia
18H54 | 16/05/2008 |
Le problème avec Desplechin, c'est qu'il pille dans l'intime, il suce pour mieux tromper et nourrir sa créativité à l'encéphalogramme plat.
Je ne peux pas lui pardonner Rois et Reines, désolée, je ne peux pas accepter le sale coup qu'il a joué à un petit garçon, il y a des limites, un truc qui s'appelle l'éthique.
Cela ne se fait pas, c'est tout.
http://anthropia.blogg.org
à Anthropia
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H03 | 16/05/2008 |
En gros , quand on aime la vie, on va pas au cinéma de Desplechin .
à Numerosix
De parti
punishment park | 19H29 | 16/05/2008 |
si…la vie des morts…
à Anthropia
De choupette
education nationale | 19H19 | 16/05/2008 |
j'ai toujouirs cru que « Rois et Reine » (une seule reine ! ! ) était un film, une fiction. Me suis je trompée ? ?
L'éthique du réalisateur ? ? faut m'expliquer là, les potins ne sont pas trop mon truc…
« il y a des limites » ok et qui décide de ces limites ?
à choupette
De Anthropia
00H12 | 17/05/2008 |
Oui il fallait lire le livre de Marianne Denicourt, ancienne compagne de Desplechin, qui s'est sentie souillée, trahie, dont on a utilisé l'histoire, qu'on a travestie, et dont le fils s'est vu utilisé et manipulé.
Le problème, c'est qu'il avait aussi fait un sale coup à un autre de ses amis pour une autre occasion.
Il est coutumier du fait, semble-t-il.
http://anthropia.blogg.org
à Anthropia
De choupette
education nationale | 10H27 | 17/05/2008 |
Si je comprends bien j'ai loupé LE livre de Denicourt, faut être sérieux 2 secondes…
Entre un film de Desplechin et le livre de Denicourt, je crois qu'il y a un fossé quand même, non ?
Déjà dans Comment je me suis disputé, elle avait pas un rôle top mais avec ce livre je crois que c'est son plus mauvais rôle.
Comme je le disais les potins…
à Anthropia
De brogilo
in angulo | 10H19 | 17/05/2008 |
Bonsoir Anthropia,
Mon fils a fait partie à l'époque des deux mille gamins sollicités dans les cours de récré, pour tenir le rôle du petit garçon.
On est vraiment pas du genre à courir les castings.
Je peux témoigner que ce fut une expérience belle et riche pour lui.
Il faisait partie des trois derniers sélectionnés pour le rôle et a donc eu l'occasion de rencontrer Arnaud plusieurs fois.
Il en garde un excellent souvenir (nous en avons reparlé ce soir)..
En tant que « papa » j'ai eu également, beaucoup de joie à converser avec une telle pointure.
Je sais ce que tu vas dire : c'est trop peu.
Mais, à aucun moment, je n'ai eu le sentiment d'avoir en face de moi ce « monstre » que tu décris.
J'ajoute que sur les trois enfants, j'aurais choisi le même que lui.
De Paul.Ghaust
20H11 | 16/05/2008 |
Peut-être que Desplechin est méchant, mais on s'en fiche s'il fait de bons films. Je crois que Flaubert était méchant aussi.
Franchement, la Vie des morts, Esther Khan (a-t-on jamais vu une reconstitution historique aussi belle, aussi simple, moins lourdement encostumée et décorée ? ) Ma Vie sexuelle… Léo parmi les hommes, beau film sur le théâtre et l'illusion font de lui un des grands cinéastes français. La liberté de ton, l'intelligence des dialogues, la beauté des images, la direction d'acteurs, la subtilité de la construction, l'originalité de la réflexion, la profonde culture cinématographique en font l'égal des plus grands. Franchement, je n'en vois pas que j'aime autant que lui, à part Jacques Audiard (Sur mes lèvres ou De battre mon cœur…)
Et oui, j'attends avec impatience… Les ironies faciles (des Guignols de l'info ? ) sur le cinéma français m'ennuient, elles me semblent relever d'une paresse intellectuelle et d'un manque de curiosité. On n'est pas obligé de ne regarder que des séries hospitalières américaines.
à Paul.Ghaust
De brogilo
in angulo | 20H49 | 16/05/2008 |
Carrément d'accord avec vous Paul pour ce qui est d'Esther Kahn, un film magnifique.
J'ai été le revoir plusieurs fois.
Pareil pour « De battre mon coeur s'est arrêté ».
Rien vu d'aussi marquant depuis longtemps.
à brogilo
De parti
punishment park | 22H13 | 16/05/2008 |
moi qui mon bon ( ? ) mot croyais défendre un film de desplechin…je vous trouve sévère…
à Paul.Ghaust
De Anthropia
00H14 | 17/05/2008 |
Je n'ai fait que parler de ma position, je ne vais pas voir des films de ce monsieur. Point barre.
Les autres font ce qu'ils veulent, je ne les juge pas.
à Anthropia
De choupette
education nationale | 10H32 | 17/05/2008 |
Vous ne les jugez pas mais vous nous parlez tout de même « d'éthique » et de « limite à ne pas dépasser ».
En parlant de jugement, Denicourt a été déboutée il me semble…
De alexandre-villeneuve
www.referencement-blog.net | 23H41 | 16/05/2008 |
Salut à tous,
La première des qualités de Déplechin est de savoir choisir et conserver la fidélité de ses acteurs.
Amalric est tellement énorme dans Rois & Reine et j'imagine dans un autre film de Déplechin « Comment je me suis disputé… » pour lequel il obtient le César du Meilleur espoir en 1997.
Sans parler de la grande Catherine Deneuve, dont le rôle dans Rois & Reine ne m'a néanmoins pas beaucoup marqué.
Ce conte de noël ne peut être qu'un miracle.
De oursonne
15H07 | 17/05/2008 |
Anthropia.. Je pense que si Marianne Denicourt n'avait pas fait ce procès, à part ses intimes, personne ne se serait douté qu'il s'agissait d'elle et si traumatisme il y a pour elle et surtout pour son fils, elle l'a rendu public et donc largement aggravé..
Quant au cinéma français, je pense que les guignols se moquent du coté très nombriliste de ce cinéma… Moi aussi j'aime bien certains films de Deplechin (même si les critiques sont unanimement délirantes à chaque sortie comme si le seul nom e Deplechin suffisait pour s'emballer).. Il y a quelques bon films français, mais quand même c'est rare… Et dans le cinéma américain, il n'y a pas que des séries, il y a quand même d'immenses réalisateurs (Eastwood, Penn, la liste est longue) et tout un cinéma indépendant qui produit de petites merveilles… Le cinéma argentin, israelien, turc nous sortent des bijoux en ce moment… Le cinéma français actuellement c'est pratiquement des hesitations amoureuses, j'aime je ne l'aime plus, je le quitte, je reviens…. Ou alors les choristes ou les ch'tis pas franchement un cinéma nouveau et créatif ! ! ! ! Je pense que c'est de cela que se moquent les guignols… Et c'est très juste.
De Phil2922
Retraite invalidité | 17H00 | 17/05/2008 |
Ce que chantait Renaud est toujours d'actualité : « On choisit ses copains, pas sa famille… ».
http://phil195829.overblog.com