
Alors que la Croisette s'amuse, l'Amérique du Sud déguste

Après « Blindness » (le film d'ouverture signé par le Brésilien Fernando Meirelles), « Leonera », de l'Argentin Pablo Trapero, sur les prisons pour femmes et le destin foudroyé d'une héroïne ordinaire, prouve que le cinéma local a des choses (dures) à raconter et à filmer. Ainsi va la vie à Cannes : pendant que les célébrités s'essuient les pieds sur les tapis rouges, l'actualité du festival, dans les salles, ne rime pas avec futilité.
Cannes, terre de contrastes. Les autochtones, en bas des marches du bien nommé « palais » du festival, s'interrogent avec des mines de conspirateurs sur l'éventuelle présence de Carla S. en ces lieux bénis du people.
Dans le même palais, à la grande séance de presse du matin (8h30), les journalistes, visage pas encore (trop) fripé, commencent à s'insulter (« Cette place est la mienne, connard ! “).
Bref, alors que le festival entame son folklore annuel, les films, eux, racontent comment ils voient le monde. Et la frivolité n'est pas exactement la tenue de rigueur.
Une héroïne paumée et le quotidien glauque d'une prison pour femmes
Cette année, l'Amérique du Sud ouvre les débats. ‘Leonera’, de Pablo Trapero, chef de file du nouveau cinéma argentin, confirme le talent sobrement réaliste et l'humanisme non-démago de ce metteur en scène discret et modeste, déjà remarqué avec ‘Mundo Grua’ et ‘El Bonaerense’.
Dans son nouveau film, Trapero suit au plus près le destin contrarié de Julia, une jeune femme enceinte, emprisonnée suite au meurtre énigmatique du père de son enfant. Le réalisateur, évitant la plupart du temps les ornières misérabilistes, filme l'itinéraire de son héroïne paumée, le quotidien oppressant et glauque d'une prison pour femmes.
En creux : les aberrations du système judiciaire et un certain état délétère du machisme local. Remarquablement interprété par la jeune Martina Gusman, ‘Leonera’ souffre d'un rythme un rien répétitif, mais témoigne à chaque instant d'une dignité formelle et d'un refus du pathos bienvenus. Une oeuvre simple, économe de ses effets et qui touche juste.
Quand l'homme est un loup pour l'homme et l'aveugle un chien pour l'aveugle.
On n'en dira pas autant de ‘Blindness’, le film d'ouverture présenté hier au soir aux ouailles en smoking. Dans sa nouvelle fiction, Fernando Meirelles (‘La Cité de Dieu’) se risque à la métaphore poids lourd avec la description esthétisante d'une mégalopole anonyme affligée par un mal mystérieux : une violente épidémie de cécité.
Face au péril, la communauté se protège en envoyant en quarantaine les néo-aveugles dans des camps sinistres. Les exilés ne tardent pas à y être confrontés à leurs plus vils instincts : pouvoir exercé sur plus faible que soi, oppression sexuelle, etc.
Bientôt (une heure de pellicule, quand même), tout le monde devient aveugle, sauf, ça va de soi, le spectateur et l'héroïne (Julianne Moore, que l'on a connue plus clairvoyante). Le film décrit alors l'anarchie et le chaos. Un monde où, suivez le regard du cinéaste, l'homme est un loup pour l'homme et l'aveugle un chien pour l'aveugle.
L'occasion de bien belles images spectaculaires qui se rincent l'œil sur la déréliction ambiante et épousent parfois le point de vue des personnages. Ce qui, dans la grammaire sommaire de ‘Blindness’, revient à user et abuser du fondu au blanc…
La leçon de morale est un rien basique et, surtout, la mise en scène, ultra-complaisante, contredit l'appel au calme et à l'amour de son prochain asséné par le cinéaste. Gageons que le jury a gardé l'oeil ouvert, et le bon, devant ce spectacle borgne.
► Leonera de Pablo Trapero - avec Martina Gusman, Eli Medeiros…
► Blindness de Fernando Meirelles - avec Julianne Moore, Mark Ruffalo…
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De Beeks
12H59 | 15/05/2008 |
le festival de cannes est le seul festival dédié à un objet dont on ne voit pas la couleur ,la canne .vous me direz avec toutes ces marches à monter (28 exactement) elle n'est pas la bienvenue, il faut bien reconnaitre qu'un plan incliné c'est moins glamour .alors encore une fois la canne laisse sa place aux films .
à Beeks
De Schrödinger
quark | 14H06 | 16/05/2008 |
D'ici à ce qu'on l'appelle le Genghis festival…
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 13H32 | 15/05/2008 |
mike tyson serat logé seul au hilton
clara morgan au albion grey
bon festival
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 13H35 | 15/05/2008 |
Tiré du livre « L'Aveuglement » du Prix Nobel portugais José Saramago, « Blindness » relate une mystérieuse épidémie de cécité qui se répand à une vitesse foudroyante dans une mégalopole non identifiée
Seule une femme (Julianne Moore) épargnée par l'épidémie conserve son sens moral dans un univers qui s'effondre : les liens sociaux se défont, la lutte pour la nourriture se généralise, les femmes deviennent une marchandise.
Ou le contraire, moins politiquement correcte, mais plus adapté aux marchés du Maghreb ( scenario refusé a Cannes) :
Tous aveugles et enfin libérés du pouvoir maléfique des images : Télé, Affiches de Pub ignoble, jeux vidéos violents, films stupides .., les habitants redeviennent enfin civilisés et s'entraident tous. Seule une connasse voyante libérée devenue ivre de pouvoir parmi les aveugles sème encore la terreur et la peur sur la ville..
Hi ! hi !
De Phil2922
Retraite invalidité | 13H41 | 15/05/2008 |
Sean Penn (président du jury) a déclaré qu'il aurait toujours en tête les désastres de Birmanie et de Chine en tête quand il visionnera les films…
Le premier prix sera un désastre cinématographique… ? !
http://phil195829.overblog.com
De nada
16H09 | 15/05/2008 |
Sean Penn est un artiste, c'est vrai qu'il a de la gueule ! mais pas celle du désastre plutôt celle du respect, de la liberté et même de l'amour !
Quant aux désastres subis par la Birmanie et la Chine, c'est à chacun de nous d'en prendre la douleur et refuser l'immoralité de certains gouvernements, bien plus cruelle qu'aucun réalisateur ne pourra filmer sous peine d'affabulation.
De The last Puppet
Etudiant | 18H24 | 15/05/2008 |
L'Amérique du Sud oui.
Le festival de Cannes oui.
Mais la comparaison s'arrête là.
De alonzanfan
04H26 | 16/05/2008 |
dans un monde qui va de plus en plus mal le festival de connes est la somme de tout ce qui est le plus detestable et je sait de quoi je parle car je suis cannois.
De mick69
10H43 | 16/05/2008 |
qui sont les 3 personnes sur la photo ?
à mick69
De Schrödinger
quark | 14H08 | 16/05/2008 |
Alors on peut trouver Ginette sur la gauche qui embrasse sa petite soeur Marie-maude. Au centre c'est l'oncle Ernesto, tu le reconnais pas ?
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 13H18 | 16/05/2008 |
Je n'aime pas du tt ce titre qui fleure bon la démago a plein poumon : sous entendu on a pas le droit de s'amuser, les artistes sont des branks, seul le politique est important, le reste ne compte pas………….Cannes c'est la coke les orgies….