23/08/2008 à 21h27

Un biiip à 2 heures du matin... Ça doit être Barack



Le SMS de Barack Obama (Guillemette Faure/Rue89).

(De Denver) Je dormais quand j'ai entendu le biiip du SMS. « Barack a choisi le sénateur Joe Biden pour être le vice-président de notre nominé. » Il y a deux semaines, j'avais reçu un e-mail. « Guillemette, soyez la première au courant… » (On s'appelle par nos prénoms) Barack me donnait un numéro auquel envoyer un texto pour être la première prévenue de son choix de colistier.

A lire aussi


Cela ne s'est pas passé tout à fait comme ça. Deux heures plus tôt, les médias avaient déjà annoncé le choix de Biden. La chaîne ABC savait que les services de sécurité étaient déjà envoyés à son domicile du Delaware. Des « responsables de la campagne » anonymes avaient parlé à la presse. Mais ces envois de SMS au milieu de la nuit nous apprennent plusieurs choses sur la façon dont Barack Obama mène sa campagne.

Son sens du marketing direct

D'abord cet effort de collectes de numéros de téléphones (ils en ont ramassé 30 millions) qui fait suite à celle d'adresses électroniques. Depuis que je me suis inscrite sur son site, je reçois chaque jour des e-mails de Barack Obama, de son staff ou de sa famille. Dans son dernier message de ce matin, il me propose d'écrire un petit mot de bienvenue à Joe Biden (il lui fera suivre).

Puisque mon code postal est à New York, le directeur de son équipe de campagne new-yorkaise m'a aussi contactée cette semaine pour me proposer de m'inscrire à un « camp Obama », une session de deux jours à la fin de laquelle les « diplômés » seront « coordinateurs sur le terrain » d'équipes déployées dans les états stratégiques.

Si je suis ce stage, j'en tirerai une expérience proche de celle d'Obama quand il était activiste dans le sud de Chicago et « cette expérience a tranformé la vie de Barack et l'a aidé à être ce qu'il est aujourd'hui ». L'e-mail me dit que la campagne de Barack s'appuie sur « l'enthousiasme de supporters ordinaires » mais qu'elle a besoin de « leaders ». (Il me connaît mon Barack…)

Sa capacité à mettre en scène chaque moment de la campagne

En 2004, on a un jour appris un jour que John Edwards était le colistier de John Kerry. Barack Obama, lui, a orchestré deux semaines d'attente, de fuites, de « vous aimeriez bien savoir ? » aux journalistes qui toute la journée surveillaient leurs textos.

D'autres étapes de sa campagne ont fait l'objet de spectaculaires mises en scène : de sa tournée européenne avec le discours à Berlin (McCain est sorti seul de l'Elysée, Obama a fait une conférence de presse avec Sarkozy), jusqu'à son discours jeudi, le dernier soir du grand raout des démocrates, qui n'est pas prévu dans l'enceinte de la convention, mais dans un autre stade qui peut accueillir plus de 70 000 personnes.

Evidemment, à faire les choses en grand, on est bien plus exposé en cas de faux pas, fait remarquer le Los Angeles Times. Il ne faudrait pas qu'il pleuve jeudi par exemple. Et il aurait fallu, comme promis dans le premier e-mail, réussir à garder le nom de Biden secret pour que les supporters d'Obama inscrits pour recevoir ses SMS soient effectivement prévenus les premiers…

  • 9925 visites
  • 45 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Stump
    Stump
    Etudiant
    • Posté à 01h49 le 24/08/2008
    • Internaute
      Etudiant

    Allez je me suis inscrit au camp, simple curiosite je vis aussi a ny.

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 07h25 le 24/08/2008
    • Internaute
      Author & Chief AtoZ Officer

    J'ai prefere l'e-mail, moins intrusif.

    Et effectivement, les media ont vendu la meche quelques heures plus tot.

    Une rumeur avait auparavant circule sur le web : un imprimeur ayant soit-disant recu commande de stickers Obama - Bayh...

    En attendant, Biden est le seul choix ne mettant pas en peril l'integrite du candidat Obama. Son seul defaut : il porte mal la jupe.

  • ysengrimus
    • Posté à 16h38 le 24/08/2008
    • Internaute

    Ce Biden a un style oratoire plus trado qu'Obama. Tribun percutant, avec la touche de pathos populiste et un charme de communicateur vieillot mais bien réel. Il sera parfait pour rameuter les retardataires en les rassurant et les galvanisant dans un mouvement oratoire unique… Son propos : « Obama, plus je travaille avec ce gars, plus je découvre un merveilleux gars qui est pragmatiste et d'équipe », va rassurer ceux qui cultivent les hésitation raciales et sociales d'usage envers Obama.

    Ils vont gagner.

    Paul Laurendeau

  • Stephane MOT
    Stephane MOT répond à Venezuela
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 04h54 le 25/08/2008
    • Internaute
      Author & Chief AtoZ Officer

    Je demeure persuade du contraire.

    Le probleme, c'est que le ticket Obama-Clinton ne pouvait pas fonctionner pour une bonne et simple raison : les ex-adversaires ne pouvaient plus se respecter mutuellement.

    Obama a choisi Biden pour son jugement. Ils ne sont pas toujours d'accord (cf Irak) mais leurs discussions sont productives. C'est un veritable partenariat qui peut mener a une presidence d'exception.