Tribune: les primaires aux USA ou l’illusion démocratique

Jamais les élections primaires américaines n’avaient suscité un intérêt aussi vif et soutenu dans le monde. La couverture médiatique du premier vote qui s’est tenu dans l’état d’Iowa a déclenché une frénésie médiatique sans aucune mesure avec l’importance de l’événement. Les candidatures hétérodoxes d’Hilary Clinton et de Barack Obama, côté démocrate, et de John McCain, côté républicain, n’expliquent qu’en partie un tel engouement.

Le public fatigue

Les primaires américaines seraient-elles aussi "addictives" que le Super Bowl ou la Coupe du monde de football? Rien n’est moins sûr. Le site de la BBC a récemment été pris d’assaut par des membres du public qui se sont plaints de "primary fatigue". Certains, exaspérés, demandaient pourquoi la BBC devrait apporter une aussi coûteuse attention à des votes non décisifs, plus de dix mois avant le scrutin présidentiel.

On pourra rétorquer qu’il s’agit d’une étape fondamentale de l’élection la plus importante pour l’humanité. Elle justifierait donc un tel déploiement médiatique, quitte à négliger le traitement d’informations nationales et européennes de premier plan. Après tout, ne partageons-nous pas indirectement le destin de la plus influente démocratie du "monde libre"?

Les partisans des primaires estiment que ces élections mettent en scène ce qu’il y a de meilleur au sein de la démocratie américaine. Les records de participation à ces primaires tranchent en effet avec la médiocre participation à l’occasion du vote présidentiel. Ces primaires ne constituent-elles pas un vecteur essentiel de politisation citoyenne? Ne permettent-elles pas l’organisation de débats qui renseigneront sur les intentions des différents concurrents?

Prime au consensus centriste

En réalité, les primaires n’ont pas, jusqu’à présent, rempli ces fonctions. La percée de l’évangéliste Michael Huckabee a amené John McCain à se repositionner sur les thèmes de la morale et de l’ordre chers à la droite républicaine. Les différences sont ténues entre Obama et Clinton sur les questions internationales (ex-partisane de l’intervention armée, Mme Clinton promet vaguement de retirer les troupes d’Irak, tandis que M. Obama ne se démarque pas nettement du consensus inter-partisan sur la "guerre contre le terrorisme") et nationales (assurance santé). Les médias privilégient les tenants du consensus centriste et négligent les candidatures atypiques (Ron Paul ou Dennis Kucinich).

Les candidats rivalisent donc de prudence, s’engagent de manière floue et adoptent peu ou prou des positions identiques. Bon gré, mal gré, ces candidats deviennent les stars d’un feuilleton à forte densité humaine.

Prime aux clichés

Plus d’un mois après le début de ce divertissement médiatico-politique, qu’a-t-on retenu des primaires? Les larmes d’Hilary dans le New Hampshire ; l’agressivité maladroite de Bill; l’élégante gestuelle de Barack. Le débat "s’élève" par instants quand les commentateurs dissertent sur le sexe ou la couleur de peau des candidats. Le paroxysme de l’analyse va à ceux qui émettent quelques généralisations -souvent non fondées sur le plan scientifique- à propos du "vote Noir" ou "Latino". A quelques exceptions près, les primaires organisent une parodie démocratique, dont sortent renforcés les principaux clichés et préjugés socio-politiques.

Prime aux "faiseurs d’opinion"

Les primaires accordent une influence sur-dimensionnée aux "faiseurs d’opinion": aux sondeurs qui prédisent les résultats état par état (dont la "large victoire" d’Obama dans le New Hampshire, alors qu’il fut finalement battu par Clinton) et surtout aux commentateurs qui décrètent sentencieusement les "moments décisifs" (le momentum) que la campagne serait censée avoir atteinte (attestés par des sondages souvent contradictoires, par le montant des sommes collectées par les candidats, par les discours d’auto-promotion des spin-doctors des candidats repris complaisamment par les médias, etc.).

Le tirage au sort serait moins coûteux

On le voit, un tel système gangréné par le pouvoir de l’image consensuelle et par l’argent ne peut traiter l’ensemble des candidats de manière égale et juste. Les primaires consacrent avant tout le triomphe de la forme sur le fond. Les électeurs sont amenés à trancher entre Clinton et Obama, deux candidats en apparence aussi capables et déterminés l’un que l’autre; deux compétiteurs que rien de politiquement fondamental ne vient séparer. Les électeurs doivent choisir entre des personnalités qui viennent ni plus ni moins "vendre" leur récit de vie. Plutôt que de procéder à ces primaires si coûteuses en temps et en argent, Noam Chomsky a suggéré d’investir un candidat par tirage au sort.

Ce système rapide et économe ne serait pas moins aléatoire que les votes à répétition que l’on inflige aux américains et… au reste du monde par médias interposés. On pourrait sourire de telles pratiques si celles-ci n’étaient sur le point de faire leur apparition en Europe. Le système des primaires a déjà été adopté par le Parti démocrate italien (un regroupement post-social-démocrate et post-démocrate-chrétien). Ségolène Royal et la direction du Parti socialiste souhaitent introduire ce mécanisme de sélection en vue de la prochaine élection présidentielle. Si cette mesure était reprise à son tour par le PS, cela sanctionnerait la mort du parti d’Epinay comme lieu de débats sérieux, contradictoires et pluralistes.


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22H41 19/02/2008
 
Luca | Étudie dans un IEP de Province
22H53 19/02/2008

Votre article est très pertinent et je me permet de rajouter une remarque.Le système des super-délégués est clairement anti-démocratique. Avec ce système un candidat désigné par l’ensemble des votants pourrait par manque de soutien dans son parti ne pas remporter la mise(comme c’est arrivé en 1984 me semble-t-il) ce système a sans doute été mis en place pour éviter qu’un candidat trop « socialiste » ou libéral n’obtienne l’investiture.

En clair les super délégués lors des primaires et les grands électeurs pour l’élection présidentielle sont les 2 principaux griefs à adresser au système électoral américain, avec le système des primaires qui pose de nombreuses questions que vous venez d’expliciter.

 
General de G. | (E.R.)
23H21 19/02/2008

Enfin un commentaire censé sur les primaires américaines!
Merci de cette démythification argumentée de la démocratie représentative américaine, somme toute assez…primaire. Il était temps que l’on explique aux Français tentés par cette expérience qu’il s’agissait d’une vraie mauvaise idée, concrètement inapplicable en France, mais aussi et surtout contraire à notre culture démocratique républicaine. Il y a suffisamment de dérives actuelles dans notre système sarko-médiatisé pour y rajouter la perversion du faux débat lancinant pendant des mois, régenté par l’argent, dévoyé par les sondages et « feuilletonisé » par les média.
Laissons aux Américains leurs valeurs démocratiques, qui ont une histoire. Compte-tenu du déficit extérieur de la France, il n’est pas utile d’augmenter nos importations en provenance de ce pays, fussent-elles politiques.

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
01H59 20/02/2008

La campagne électorale américaine ne vise pas à informer la population pour lui proposer des choix, mais à en sonder les opinions pour modeler le programme unique néo=libéral des candidats, afin qu’il semble coller à ce que la population veut.

Pierre JC Allard http://nouvellesociete.org/5168.html

 
23H23 19/02/2008

J’ai ete frappe d’entendre Clinton dire la semaine derniere qu’ayant gange dans deux gros etats (Californie et New York), elle etait plus legitime que Barack qui a gagne dans une multitude de primaires ou caucus plus petits. Il faut dire quand meme que ce systeme dans lequel la bataille est d’ordinaire pliee au bout de quelques combats mineurs laissait generalement de cote des etats dont le vote ne comptait finalement jamais.

Cette fois-ci, les democrates vont devoir vraimet demander l’avis de tous les etats (a defaut de tous les electeurs democrates), c’est un mieux. Mais cet etalement dans le temps fausse malheureusement la donne, car le retentissement mediatique va croissant, et je suis sur que bien des electeurs de Californie regretteront leur choix en avril ou mai, lorsque ce sera trop tard.

 
00H26 20/02/2008

Et maintenant le tirage au sort!!! au secours d’Hillary. Et puis si elle n’est pas élue comme candidate démocrate, la démocratie américaine devient nulle ??
Un peu de sérieux. Vraiment ce n’est pas la première fois que les USA font leurs primaires ainsi. Si les partis veulent changer leurs modes de sélection de leur candidat c’est à eux de le faire. ca n’a rien a voir avoir l’élection finale qui aura lieu le 4 novembre. Ce Monsieur voudrait aussi peut être que le vote final se fasse par tirage au sort.

Ce qui vous embête, c’est que les victoires se succèdent pour OBAMA et que ça commence à le géner fortement.

Et si OBAMA est élu président le 4 Novembre 2008, vous direz aussi que la démocratie américaine est un leurre ?

 
Erka | Scientifique, USA
01H01 20/02/2008

Ce n’est pas ce qui est écrit, vous devez vous tromper d’article.
Entre deux candidats de centre droit relativement charismatiques mais dont les programmes sont aussi plats que l’encéphalogramme de George Bush et aussi mous qu’un sac de sable, pourquoi ne pas tirer le gagnant au sort, effectivement.

 
11H51 20/02/2008

Le tirage au sort a été utilisé à une époque dans la Grèce antique pour choisir les « députés ».
Apparemment, ça ne marchait pas plus mal que le reste.
Au moins, on était sûr que toutes les couches sociales ou intérêts des citoyens, bien sûr, pas des esclaves :) étaient représentés, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui chez nous.

 
00H47 20/02/2008

J’ai beaucoup de mal à suivre votre pensée Mr Marlière.
Vous dites préfèrer le tirage au sort au choix fait entre « des personnalités qui viennent ni plus ni moins « vendre » leur récit de vie. »
Donc d’après vous le débat sérieux, contradictoire ne peut être celui de savoir qui, quelle personnalité doit porter les idées que l’on souhaite voir arriver au pouvoir? Cela vous serait si indifférent que cela à Mr Marlière?
ou pensez-vous que les citoyens français/américains ne sont pas aptes à faire le choix de la personne qui doit les représenter dans un combat éléctoral?
Ballotés qu’ils seraient par les sondages et l’argent, les faiseurs de momentum etc.
Alors pourquoi leur confier le droit de vote? Et ne pas proposer dans la continuité de votre idée de revenir sur l’idée du suffrage universel direct?

Pour quelqu’un qui défendait, il y a encore quelques jours, becs et ongles, l’idée du référendum sur le traité européen, j’avoue avoir vraiment du mal à vous suivre.

 
01H11 20/02/2008

Heu y a rien de bien nouveau dans cette tribune…
Si il y a bien une menace sur le processus démocratique (un de plus aux états unis, après ceux évoqué par votre article, puis par le coup d’état électronique de Bush en 2000) c’est bien dans la signature du Partenariat de Sécurité et de Prospérité nord américain. Où les gouvernements élus par le peuple devront obéir au doigts et à l’œil aux plus grands patrons mexicains, étatsuniens et canadiens. Ceux ci demanderont a des hauts fonctionnaires d’expliquer aux gouvernements les mesures que les patrons décideront de mettre en place.
Les peuples d’Amérique du nord n’auront alors plus aucune prise sur leur dirigeant et on pourra dire adieu à la démocratie.

On peut trouver une excellente documentation sur le site RISAL, site essentiel sur l’amérique du sud et centrale:

« C’est dans un silence médiatique quasi-total que la nouvelle initiative d’intégration continentale nord-américaine a vu le jour. À première vue, le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP) apparaît comme un vaste programme d’homogénéisation de plusieurs secteurs, tant économiques que sécuritaires. Il s’agit de plus d’une centaine d’initiatives rattachées à des échéanciers très serrés, abordant un éventail de sujets allant de la coopération en matière de renseignement à la collaboration en matière d’approvisionnement en électricité. On s’explique donc plutôt mal qu’un accord ayant une telle portée soit passé pratiquement inaperçu lors de son lancement, en mars 2005, par les chefs des gouvernements des États-Unis d’Amérique (EUA), du Canada et du Mexique. Le présent texte veut montrer que, dans le contexte du droit canadien, la création et la mise en œuvre du PSP induisent un important déficit de la légitimité démocratique… »

http://risal.collectifs.net/spip.php?article2325

A quand un article sur le PSP dans rue89?

Mise a part ça que penser de cet article?:

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1716

Fidel Castro est sur son lit de mort, mais visiblement il fait des petits chez les néoconservateurs….

 
10H50 20/02/2008

( commentaire inutile )

Merci pour ce papier , ça élève un peu le niveau qu’on a pu voir sur rue89 ces derniers temps à propos de ces primaires étasuniennes.

 
François Doutriaux | Juriste et enseignant chercheur
01H39 20/02/2008

pardonnez mon intervention, cher Richardtrois, mais le probléme des primaires américaines et du systéme des grands électeurs/délégués est ancien, et Mr Marlière est loin d’être le premier a en dénoncé les défaillances criantes.

L’idée du tirage au sort, volontairement provocatrice, de Mr Chomsky vise simplement à mettre en évidence le colossal gachis d’argent et de temps que représentent les primaires :

1°/ la construction même de cette « précampagne » et son étalement dans le temps faussent totalement le jeu. Vous évoquez le suffrage universel direct : outre le fait qu’il ne s’agit pas, contrairement à l’idée reçue, d’une fin en soi (la démocration d’opinion a démontré amplement les ravages qu’elle pouvait causer ces dernières années), pourriez vous admettre que le président de la république française soit élu sur une période de 100 jours, avec un département votant par jour, et des résultats proclamés avant les votes suivants? Il est trompeur de parler de démocratie à propos d’un processus dont la nature même biaise le jeu électoral à ce point.

2° historiquement, le systéme des primaires actuelles a remplacé celui des « élections libres », qui permettaient aux délégués de voter pour le candidat de leur choix : les primaires en elles-mêmes ne préjugeaient donc pas totalement du choix du candidat. Ce systéme succédait lui-même à la désignation directe par les « faiseurs de candidats » dans le cadre des deux grands partis, ce que les historiens américains désignent comme les « cabinets enfumés » (par les cigares ^^) où quelques barons de l’industrie, seuls à même de finançer les campagnes, désignaient ensemble un candidat acceptable…

Le systéme actuel a-t-il vraiment rompu avec ce principe, eut égard à l’importance quasi prépondérante des finançements dans les primaires puis l’élection elle-même?

D’un état à l’autre, les modalités du vote (caucus ou vote ouvert par exemple, possibilité de désigner un candidat du camps adverse ou non, etc…) varient considérablement. Certains étâts avancent la date de leurs primaires pour bénéficier d’une couverture médiatique maximale, d’autres se regroupent au contraire dans le même but (super thuesday).

Le coût publicitaire et les frais de campagne des primaires sont devenuq tels que de nombreux candidats font l’impasse sur les plus petits états afin de concentrer leurs moyens financiers sur les plus gros réservoirs de délégués.

La connaissance des résultats modifie d’ailleurs les soutiens finançiers au gré de l’avancement de la campagne (l’ensemble prend une année pour un mandat de 4 ans…), produisant une prime exponentielle à l’argent. Ce qui explique peut-être pourquoi la presque totalité des présidents américains sont issus du sérail, des riches états du sud et appartiennent (directement ou par alliance) à des fortunes familiales colossales.

Parler de légitimité démocratique pour soutenir le systéme des primaires suppose donc une certaine naîveté ou une bonne dose de mauvaise foi.

3° l’élection américaine ne participe pas du scrutin universel direct dont vous parlez : elle ne comporte qu’un seul tour, se fait au suffrage indirect et favorise largement la réprésentation majoritaire par l’attribution de la totalité des grands électeurs au premier candidat dans la plupart des états (ex : élection 2000 : Al gore obtient 500 000 voix de plus que Bush mais ce dernier, en comptabilisant 500 voix de plus en Californie (dans des conditions sur lesquelles, par charité, on ne reviendra pas), emporte l’intégralité des grands électeurs de l’état le plus peuplé, et partant les élections…).

Ceci bien évidemment sans évoquer les fraudes liées aux machines à voter.

Le systéme électoral américain élimine donc naturellement les candidats indépendants et ne traduit en rien l’idéal démocratique dont vous vous faites écho.

4° En ce qui concerne le « débât sérieux et contradictoire » dont vous parlez, je vous rappelle que les principales thématiques, récurrentes, des élections américaines sont : la vie privée (et passée) des candidats, les droits des homosexuels, l’avortement et la libre circulation des armes à feu. A titre secondaire, des sujets moins effarants (pour un archaïque et passéiste européen ^^) se sont incrustés dans la campagne avec la guerre en Irak (mais la quasi totalité des candidats est sur la même ligne, plus ou moins floue) et le systéme de santé américain (dont la dégénérescence a semble-t-il atteint le point de non retour).

Faire du modèle électoral américain un parangon de vertu démocratique me paraît donc pour le moins discutable…

 
09H52 20/02/2008

Merci Doutriaux pour cet éclairage.
Je ne considère pas les primaires US comme le parangon de vertu démocratique. Loin de là.
Mais je m’élève contre la conclusion de Mr Marlière qui après avoir développé longuement les défauts du système US liquide en une ligne l’idée de primaires à gauche en France. Comme-ci nous étions contraints de reproduire les excès et les erreurs des autres. Comme-ci les propositions à gauche en France s’inspirait du modèle US (quelles propositions ?).
D’où mon évocation du suffrage universel direct, en France, puisqu’en définitive cet article est à usage hexagonal.
Je trouve que cette conclusion lapidaire sur les primaires à gauche en France donne un éclairage assez douteux à l’argumentaire développé sur les élections US.

 
François Doutriaux | Juriste et enseignant chercheur
14H11 20/02/2008

je suis parfaitement d’accord avec vous sur ce point : l’absence totale de présélection des candidats à droite et le processus plus démocratique à gauche mais présentant des limites certaines (vote des seuls membres du parti, débat relativement limité, impact des consignes des fédérations, etc…) ne sont pas satisfaisants.

Ceci étant, la lucidité politique impose de considérer la mise en place de « primaires à la françaises » avec circonspection : Monsieur Sarkozy n’avait-il pas organisé de trés coûteuses festivités pour célébrer son investiture par l’UMP avant même le « vote » de son parti?

Le probléme est, concrétement, de savoir si des primaires représenteraient autre chose qu’une dépense d’argent et d’énergie sans réel apport sur le plan démocratique.

Pour la plupart des partis (UMP, FN, PC, etc…), une primaire n’aurait à peu prêt aucun intérêt. Seules les formations plus démocratiques, constituées de courants (ce qui constitue également leur plus grande faiblesse), pourraient tirer avantage de primaires au suffrage universel direct en terme de légitimité des candidats et d’union des partis derrière celui que le peuple aurait souverainement désigné : les verts et le PS.

Le jeu en vaut-il la chandelle?

Eut égard aux risques de « dérapage » d’un systéme de primaire, je ne suis pas certain qu’aller au delà d’un vote des militants soit réellement une bonne idée sur le plan pratique, même si la chose est séduisante sur le plan théorique.

 
15H44 20/02/2008

M. doutriaux

« Seules les formations plus démocratiques, c……………….. : les verts et le PS. »

Je suis désolé d’avoir à vous contredire mais votre paragraphe rompt totalement avec le reste de votre raisonnement. Il montre seulement une extraordinaire partialité. Le PC par exemple détermine son candidat par un vote des adhérents. En quoi le PS serait-il plus démocratique ? Parce qu’il y a des courants ? Ce n’est en aucun cas un critère de démocratie mais bien au contraire une occasion de magouilles diverses et d’ambitions fratricides. Je ne parle même pas des verts. Cela permet tout simplement de se faire élire sur une politique et d’en faire une autre : belle démonstration de démocratie.
Vous gagneriez dans ces conditions à expliciter ce que vous entendez par démocratie au lieu d’énoncer des lieux communs isssus directement du détournement de vocabulaire mis au point par l’idéologie dominante.

 
François Doutriaux | Juriste et enseignant chercheur
16H21 20/02/2008

je ne suis ni membre ni sympathisant des verts ou du PS :-) Mon opinion (il s’agit d’ailleurs d’avantage d’observation que de Doxa) est fondée sur la structure et le mode de fonctionnement interne des partis politiques français. Il ne s’agit ni de partialité, ni de lieux communs, et je ne pense pas (trés loin de là) appartenir aux tenants de l’idéologie dominante.

Les deux seuls formations attestant d’un réel débat démocratique (encore que trop limité et perturbés par des influences internes pernicieuses) dans le choix des candidats sont, en France, le PS et les verts.

L’aspect fratricide des courants (ou les magouilles si vous voulez rentrer dans un registre partial ^^) était ce que je soulignais par ma remarque (leur principale faiblesse).

Ceci étant, la pluralité des opinions au sein d’une formation politique me paraît effectivement être l’un des critères fondamentaux quant à son caractère démocratique…et malheureusement un handicap considérable dans la conquête du pouvoir, comme l’a tristement illustré la dernière présidentielle.

Pour ce qui concerne le PC, que vous avez manifestement en sympathie (et que je ne rabaisse nullement en dessous du PS ou des verts, mais dont je persiste à constater que son fonctionnement interne n’est pas démocratique), je me permets de vous rappeller qu’historiquement, il interdit formellement toute formation de tendances en son sein. Cette notion de « centralisme démocratique », longtemps douteuse justement sur le plan démocratique, a été abandonnée en 1994 avec le 28° congrés sans pour autant que les courants soient autorisés : les statuts du 31° congrés disposent d’ailleurs que le PCF s’interdit tout fonctionnement en tendances.

S’il existe bien évidemment des courants (les buffetistes et les huistes essentiellement, ainsi que les différents groupes minoritaires « reformateurs »), les discussions entre les deux orientations majeures portent essentiellement sur le bien fondée (ou non) d’une alliance structurelle avec le PS.

Pour les élections par les militants, je vous rappelle également que Marie-George Buffet a obtenu un score de 96% en 2007 au sein du parti.

Personnellement, un tel résultat - digne d’une république bananière, sans vouloir vous vexer - ne permet pas de soutenir sérieusement que la désignation du candidat communiste se fait de manière démocratique.

 
22H30 20/02/2008

A f. doutriaux

C’est bien ce que je disais : vous persistez à confondre l’existence reconnue de courants comme un critère de démocratie : C’est bien du ressort de la doxa et non du raisonnement.
J’affirme que la discussion libre ( sans référence à une tendance organisée) à tous les niveaux, suivie du vote de tous est le plus démocratique.

« Pour les élections par les militants, je vous rappelle également que Marie-George Buffet a obtenu un score de 96% en 2007 au sein du parti.

Personnellement, un tel résultat - digne d’une république bananière, sans vouloir vous vexer - ne permet pas de soutenir sérieusement que la désignation du candidat communiste se fait de manière démocratique. »

Cette affirmation est totalement subjective et ne correspond à rien. En quoi serait-ce anti-démocratique que 96% des adhérents soient d’accord ?

Il s’agit là encore d’apriori sans fondement logique
Vous pourriez m’objecter que pour être totalement démocratique, un tel vote exigerait que tous les adhérents aient participé à toutes les réunions et aient tous voté, mais justement, vous ne faites pas cette objection car elle s’appliquerait à tous les Partis.

Si je semble m’exciter un peu sur cette question, c’est qu’elle présente à mon avis une grande importance : la démocratie n’est pas soumise à la nécessité d’une proportion donnée d’opposants. Cette conception amène à considérer comme démocratique le système états-unien alors même que les oppositions y sont principalement formelles et à considérer comme une affreuse dictature le système cubain, sans tenir compte des contraintes de la réalité objective.. Voila à quoi servent les a-priori dans ce domaine.

 
François Doutriaux | Juriste et enseignant chercheur
00H25 21/02/2008

cette discussion est stérile :-)

Je ne vous parle pas de courants stratifiés dans le marbre, simplement de la possibilité de formaliser un minimum des oppositions internes.

Affirmer que la « discussion libre » suffit à affirmer le caractère démocratique d’une formation est, encore une fois, extrêmement naïf ou de mauvaise foi. Dans une organisation aussi vaste qu’un parti politique, l’interdiction formelle de constituer des courants est la garantie quasi absolue que l’opposition individuelle sera noyée dans la masse ou incapable de peser efficacement sur le débât. Encore une fois, ce n’est pas tant l’absence de tendances au sein du PC qui démontre ce déficit démocratique, mais surtout l’interdiction statutaire d’en mettre en place.

La discussion libre fonctionne au niveau des cantons suisses (et encore…), pour un tout petit nombre de personnes dans un cadre électoral limité. Nous parlons ici de primaires pour les présidentielles…

Quant au score de 96%, je souhaiterai que vous m’indiquiez une élection dans un pays démocratique et dans la seconde moitié du XX° siécle qui a vu un parti obtenir un score comparable. Ce qui s’en approche le plus est le second tour Chirac/Lepen, et en dépît de circonstances extraordinaires, le premier fut loin de dépasser les 95% et la quasi majorité des électeurs qui votérent pour lui le firent avec des moufles ^^

La chose n’est absolument pas subjective : par définition, un corps électoral qui pratique la quasi unanimité refléte soit une fraude dans les votes, soit une tromperie dans les candidatures (candidature unique, opposants de pure forme, etc…), soit le suivi strict de d’instructions (les fédérations…).

Il est impossible, au-delà d’un nombre limité de participants, d’obtenir une telle unanimité.

Que nous ne soyons pas d’accord (ce qui est heureux, sans cela nous n’aurions pas ce débât), ne signifie pas que je m’appuie sur la doxa ou l’idéologie dominante…la sociologie électorale enseigne depuis longtemps (et on peut difficilement dire, parent pauvre de l’université, qu’elle collabore de l’idéologie dominante) ces bases fondamentales de la démocratie : existence d’une ou plusieurs oppositions formalisées, pluralité des opinions et courants d’idées.

bien cordialement ceci étant

 
11H28 21/02/2008

Bon, nous ne serons pas d’accord ; ce n’est pas grave. Je continue à dire que dans un corpus représentant une communauté de pensée et d’objectifs ( un Parti ), la discussion ayant eu lieu , il n’est pas anormal que 96% des votants se mettent d’accord sur une candidature et que c’est là la vraie démocratie : se mettre d’accord. C’est ce qui montre justement la communauté de pensée et d’objectif.

En ce qui concerne les états, c’est plus compliqué, je l’admets et ce genre de score ne peut s’expliquer, hors dictature et fraude ( mais la fraude n’est-elle pas courante aux USA, qualifiés pourtant de grande démocratie ?) que par une situation historique précise : élan révolutionnaire, nécessité de se rassembler contre un ennemi puissant ( c’est pour ça que je parlais de Cuba). Ce n’est plus vraiment de la démocratie mais la démocratie doit-elle être l’alpha et l’oméga de toute organisation humaine, en toute circonstance ?)
Je pense que nous sommes arrivés au bout de nos explications mas j’ai passé un bon moment avec vous.

Sentiments démocratiques

Marc

 
11H20 20/02/2008

Merci encore M. Doutriaux pour vos commentaires.

Cependant.

Pourquoi justement ne pas « évoquer les fraudes liées aux machines à voter » ?
Ainsi que l’établissement des listes d’électeurs par des sociétés privées, libres d’écarter telle ou telle catégorie d’élécteur
Et le comportement partisan des officiels responsables des bureaux de vote, et des dirigeants des compagnies privées en charge de donner les résultats.

Il me semble que le premier droit du citoyen dans une démocracie est de s’assurer que son vote a bien été compté, de façon juste et vérifiée…Le New Hampshire cité dans l’article fournit un bon exemple du contraire.

Tant que cette condition basique ne sera pas remplie, on ne pourra parler que de « faithbased election ».

 
02H00 20/02/2008

Je crains qu’on y vienne. Pas aux caucus (ce serait pourtant rigolo, la salle des fêtes de Petit-Quevilly chauffée à blanc avec d’un côté les partisans de Laurent Fabius tapant du pied face à ceux de Ségolène Royal).

- A ma droite, pas de primaire mais un candidat dit « naturel » (un candidat naturel, en France, c’est un homme (une femme) qui a su dézinguer avec art ses adversaires, de sorte qu’il ne reste plus que lui).

- A ma gauche, on affichait une pseudo-primaire. Et c’est vrai qu’au vu du résultat, je ne suis pas sûr que l’expérience vaille le coup d’être rééditée : un vrai-faux débat ennuyeux à mourir (les candidats n’avaient pas le droit de s’interpeller) auquel se sont ajoutées quelques petites vacheries en sous-main qui n’ont pas dû aider les militants dans leur choix « démocratique ».

Cela dit, les candidatures atypiques n’ont pas non plus l’onction des médias.
Cela dit, les candidats qui s’adossent à un parti puissant (et riche) sont aussi privilégiés.
Cela dit, on s’emporte sur les tailleurs de Ségolène, et sur les promenades en moto de Laurent ; donc, sur le futile au détriment de l’essentiel.
Cela dit, on manie aussi la rumeur et l’anathème.
Cela dit, on sonde, on sonde, on sonde.
Cela dit, qui pense sérieusement que toutes les candidatures seraient «traitées de manière égale et juste» ?
Cela dit, croira-t-on qu’il n’y ait pas eu une primaire — larvée, sournoise — entre Sarkozy et Villepin ?

Bref, on n’échappe pas (plus ?), loin s’en faut, aux déviances du système américain. Mais à tout prendre, gardons nos traditions délicieusement équivoques. Je ne suis pas certain qu’elles soient beaucoup plus démocratiques, mais elles coûtent moins cher.

 
02H20 20/02/2008

Primaires:

Le concept de primaire en soit n’est pas mal, c’est comme le 1er tour en france. De meme pourquoi pas des primaire au PS.

Le probleme c’est que tout le monde ne vote pas en meme temps, et les gens votent plus en focntion des resultats precedents et de ce qu’en disent les commentateurs que des programmes des candidats.

 
09H18 20/02/2008

Les primaires existent depuis longtemps en France, du moins dans les partis démocratiques car ce sont les adhérents qui décident. Ce qui fait le changement, c’est la volonté de demander l’avis des « sympathisants » c’est à dire en fait, prendre des sondages comme mode de sélection. On a vu le résultat avec le choix de Ségolène Royal. Car on peut considérer que les adhésions à 20 euros ne sont que des tickets pour devenir « sympathisants ».

 
02H26 20/02/2008

sur le systeme electoral US en general:

comme tout ce qui constitue la societe americaine, c’est comme ca parce que ca profite a quelque interet prive.

De plus ce systeme a ete pense par les peres fondateurs pour empecher la victoire de candidats extremes, ou non-establishment.

Un cycle d’election de 10 mois favorise les candidats qui ont beaucoup d’argent (les pub TV sont le nerf de cette guerre), donc les candidats soutenus par Exxon, Boeing Pfizer, General Motors ou les autres.

 
05H07 20/02/2008

l’ « élection » aux usa n’est qu’une procédure qui permet de « lisser » la politique qui sera appliquée au niveau social.

la politique US est décidée en coulisse par les divers réseaux. la mascarade officielle n’est qu’une procédure de lissage, de prise de température.

L’élection de GWBush l’a révélé en 2000 (Floride) et 2004 (Ohio)

Nous, en France, avons bien fait voter des morts, usé de messages subliminaux et trafiqué les votes d’outre-mer…

Le sentiment de changement est le même qu’en 2000 après 8 ans de clinton.

Les Usa sont un pays trop important pour laisser le peuple décider de lui même. c’est de cette manière que résonne le système.

Ce qui est excitant c’est de se dire qu’au moins, le système montre que si vous êtes talentueux, vous pouvez être coopté… quelque soit votre origine…

Si un marchand de cacahuète (Carter) a pu être président…

Les primaires et caucus paraissent longs parce que chaque état vote. ce n’est pas un vote national.

La présence d’une femme blanche ou d’un homme métis n’est qu’un clin d’œil du système.
Leur réussite est d’avoir su se faire « repérer » par les faiseur-de-roi (Industriels, spin doctors de talents, autres hommes d’affaires nationaux et internationaux influents etc.)

Victoire, probablement par double digit, de Obama dans le Wisconsin et à Hawaii

 
09H19 20/02/2008

rappelez-moi quand le PS a eu pour la dernière fois des « débats sérieux, contradictoires et pluralistes » ??? avant Mitterand non ?

 
DebMutant | vogue la galère
09H30 20/02/2008

J’ai toujours pensé que l’on pourrait déterminer les gagnants des grandes rencontres « sportives » de la même façon.
Cela éviterait des blessés, le dopage, et de jeter tant d’argent dans les poches de ceux qui en ont déjà trop.

 
all
09H47 20/02/2008

Un tirage au sort nous entrainerait dans l’univers de « Loterie Solaire » de Philip K. Dick.
Il se trouverait toujours un groupe pour truquer la tombola, et quelqu’un pour assassiner le prez.

 
09H53 20/02/2008

L’intérêt particulier pour ces primaires vient peut-être partiellement du succès de l’excellente série « The West Wing » vue dans le monde entier, et dont le septième épisode décrit avec un réalisme incroyable une campagne présidentielle, qui ressemble étrangement à celle en cours (émergence d’un candidat latino).

 
jjezfm | Internaute
11H13 20/02/2008

article intéressant, mais la chute est (involontairement ?) hilarante :

« cela sanctionnerait la mort du parti d’Epinay comme lieu de débats sérieux, contradictoires et pluralistes. »

Non, sans blagues, y a encore des débats sérieux au PS ? (pluralistes, ça, pas de doute)
en voilà un scoop qui mérite l’attention des media !!

 
11H40 20/02/2008

Le PS en exemple de lieu de debat democratique ?
Mon ordi a du buger… Meme si je ne partage pas le fonds de l’article (ca sent encore le sempiternel « les votants sont des cretins qui votent en somnabules »), je dois dire que la fin m’a rejoui : l’ensemble de l’article est donc bien une plaisanterie. Ben oui, avec une bonne blague a la fin : le PS, lieu de debat… (j’ai meme pas mis de 2s2 a debat, c’est dire !)

 
11H44 20/02/2008

Effectivement, le débat démocratique aux USA est pleinement entré dans une guerre d’image… à ce propos, à voir cet article qui décrypte l’attitude des candidats pendants leurs « performances » : http://www.contre-feux.com/humeur/lettre-de-san-francisco-sur-les-candid…
A chacun son style, sa démarche, sa méthode…

 
11H45 20/02/2008

Je me permets de faire remarquer que ce système dit « démocratique » revient ni plus ni moins qu’à faire avaliser par des partis des candidats auto-déclarés et financés par les milliardaires. Le peuple n’a plus qu’à choisir entre deux personnes qui représentent les mêmes intérêts : ceux des grandes puissances d’argent.

A tout prendre , je préfère le système cubain : le peuple localement discute et vote pour des candidats proposés par les syndicats et les comités locaux puis les candidats ainsi choisis sont avalisés (ou non ) par un vote plus général.

Lequel des deux systèmes est le plus démocratique ?

 
Chris.A | Ni pour,ni contre,bien au contraire
23H24 20/02/2008

Très bon article qui met en lumière les dérives de la démocratie aux USA. Et en bons suiveurs que nous sommes, nous européens, on importe le savoir-faire de l’Oncle Sam : hyper-médiatisation des élections, primauté de la forme sur le fond lors des débats, hyper-consultations des faiseurs d’opinions en tout genre, informations sondagières et tronquées,etc.
Résultat : on élit plus un Président, mais un bon vendeur de tapis ou un faux-prophète !!!

D’ailleurs, un très bon film sorti l’an dernier expose l’imposture de nos démocraties. Il s’agit de  » Man of the year « , avec Robin williams dans toute sa splendeur.

 
V comme vendetta | Ecrivain
23H44 21/02/2008

Excellent article. Cette idée de tirage au sort est stupéfiante d’intelligence révolutionnaire, Noam Chomski nous dit l’article, l’a suggéré, il ne l’a sûrement pas expérimenté lors de son voyage au Nord Vietnam en 1970, bref…, mais peut être viendrait elle de Grèce, on tirait alors des boules noires ou blanches. Mettre de l’aléatoire dans un processus dont tous nous disent qu’il est régie par une rationalité historique, voilà l’avenir. La Métis à la place du Logos. Le Hasard surplombant une violence voilée. Un des derniers mythes à renverser, celui de l’acceptation du processus démocratique dans ses actes les plus communs et les plus populaires, les plus structurants aussi. Même si derrière l’aléatoire se cache l’indifférencié, la perte des repères et des équilibres, au sens géographique et physique du terme, la nausée, et donc la fin meurtrière de tout processus violent.

 
stephanemot | Auteur à Séoul
04H29 22/02/2008

Les Etats-Unis ne sont pas une démocratie modèle. Le Président est élu à l’issue d’un processus ahurissant dont les règles évoluent en cours de route.

Un citoyen n’a pas le même poids en fonction de l’Etat dont il dépend.

Le système est en crise ouverte depuis le coup de la Floride en 2000 et il est grand temps de toiletter tout cela après novembre prochain.

 
16H13 24/02/2008

C’est idiot et ce n’est pas en se drapant derrière Chomsky que l’argument prend de la valeur. Ce qu’il faut retirer du système des primaires américaines c’est que dans près de la moitié des états américains, les primaires ne sont pas réservées aux seuls membres des partis concernés, cad qu’un sympathisant républicain peut très bien voter pour l’élection du candidat démocrate (et inversement), c’est ce qu’on appelle les élection primaires « ouvertes ». Les élections « fermées » cad réservées aux seuls membres des partis concernés, ne sont organisées que dans à peu près un tiers des états américains. On peut alors facilement imaginer les calculs faits par des milliers de « vrais-faux » électeurs pour saborder les candidats qu’ils ne veulent pas voir arriver en tête des partis adverses. L’argument du « 1 seul vote par électeur » (l’électeur ne peut voter que pour un seul parti de son choix) sensé limiter ce genre de manoeuvre, n’est malheureusement pas dissuasif, le « sacrifice » du vote chez les opposants étant parfois préféré au vote réel…C’est ça qu’il faudrait peut-être remettre à plat. Ainsi d’ailleurs que le calendrier électoral quasi-dictatorial fixé par le parti démocrate, qui a eu pour effet de purement et simplement annuler les votes de Floride en faveur de Clinton (mais cela aurait tout autant pu être Obama) du décompte final, la Floride étant, ne l’oublions pas, un états très important en nombre de grands électeurs…