
Ralph Nader : trouble-fête ou « outsider » bénéfique ?

Second couteau, mammouth de l'arène politique yankee (il a annoncé sa candidature le 24 février 2008 à l'aube de ses 78 ans) et candidat iconoclaste tout à la fois, Ralph Nader est encore en course, sous l'étiquette indépendante et pour la cinquième fois consécutive (trois fois sous la bannière du parti vert puis comme chef de file du Reform Party en 2004). Qui a peur de Ralph Nader ? Coup d'épée dans l'eau ou couteau dans la plaie, béante, d'une Amérique moribonde : qu'est ce qui fait encore courir cet homme –pas pressé- alors que les candidats des deux grands partis sont désormais connus et n'attendent plus que la consécration de leurs investitures respectives ? Pas exactement le troisième homme, encore moins l'homme à abattre, ce Sisyphe des temps modernes semble bien renaître de ses cendres tous les quatre ans, héros infatigable que des résultats symboliques n'ont pas découragé (après ses 2,7% en tant que candidat « vert » aux élections de 2000, il avait obtenu moins d'1% du vote populaire en 2004), Nader, le nadir des verts court encore, donc, sous l'étiquette « indépendante » cette fois, le « Green Party » investissant son candidat le mois prochain (David Cobb avait récolté 0,10% des voix en 2004). Le déclin de l'empire naderien ? Avec des ressources financières extrêmement limitées, on le voit rarement à la télévision américaine, on l'entend peu à la radio et s'il fait de temps en temps l'actualité, la couverture médiatique qui lui est consacrée est à la mesure de son poids dans la campagne. Le très sérieux centre de recherches Pew qui dissèque et mesure le « temps d'exposition médiatique » des « contenders » l'a même fait disparaître de sa grille la semaine dernière (Barack Obama représentait 62% du temps dédié à la campagne aux informations). Un sondage CNN du 7 juin dernier le créditait de 6% d'intentions de vote, alors que le candidat du Libertarian Party, Bob Barr, était lui crédité de 2%.
Une Amérique qui partage le « pie cake » avec les démunis et les minorités ethniques
Alors pourquoi s'intéresser à son cas ? La condescendance, pour ne pas dire le pur mépris pour sa campagne, sa personnalité même sans parler de ses combats idéologiques, tant de la part de la classe politique que du microcosme médiatique, est quelque peu mal avisée, comme le notait le très à gauche The Nation le mois dernier dans son article « La Très sérieuse campagne de Ralph Nader ».
Car s'il a certes connu une traversée du désert suite à sa « trahison » de 2000 (accusé d'avoir fait perdre Al Gore en lui volant des voix, sa popularité s'en était trouvée très fortement érodée), ce vétéran survivant de la politique d'en-bas, « warrior » infatigable, se bat pour porter haut son idéal : une Amérique plus juste qui partage plus équitablement le « pie cake » avec les plus démunis et les minorités ethniques.
Ancien ami de Michael Moore, qui l'avait abandonné pour se rallier aux rangs démocrates de John kerry il y a quatre ans, il partage avec lui sa virulence à l'égard d'un monde économique implacable, son soutien indéfectible pour les causes environnementales (en activiste écolo de longue date) et combat tout aussi fermement l'« intervention » irakienne et le bourbier actuel (il souhaite le retrait des troupes américaines et l'élaboration d'un plan de paix).
La vieille stratégie de l'alternative à un bipartisme dévastateur
Avocat diplômé des prestigieuses universités de Harvard et de Princeton, il est devenu célèbre par ses campagnes en faveur des droits des consommateurs dès les années 1960, en créant l'association de défense des consommateurs « Public Citizen », et milite aussi ardemment pour l'agriculture biologique et la protection de l'environnement face au tout-économique.
Stratégie certes éculée, mais qui peut s'avérer payante, il se présente aussi comme l'alternative à un bipartisme dévastateur et assimile souvent la gauche à la droite (Barack Obama étant pour lui « 100% acquis à la cause des grandes entreprises »). De la démocratie participative, il est peut-être l'inspirateur, sa campagne se jouant surtout au niveau local (la « grassroots politics », le militantisme « de la base ») et sur le Net.
Et contrairement à ses acolytes démocrates et républicains, en proie aux spéculations fiévreuses de la sélection du vice-président potentiel, le « ticket » de Nader est déjà annoncé, le « running mate » (colistier qui devient vice-président) s« appelle Matt Gonzales et est lui aussi une figure de l'activisme écologiste et anti-capitaliste en Californie.
Un certain écho chez les progressistes, les indépendants et les jeunes
Cassandre et Némésis, ce redresseur de torts est là pour interpeller la conscience américaine et rappeler à un peuple tout entier ses erreurs passées, pour marteler un message de paix, d'équité sociale et d'engagement environnemental. Et ce message trouve un certain écho, auprès des jeunes surtout (ces célèbres “Nader's raiders”, des étudiants qui le placent en tête de sondage, devant les deux partis traditionnels sur certains campus renommés comme Cornell University).
Tout comme les nombreux autres candidats indépendants et de petits partis, sa candidature sert, et ce n'est déjà pas si mal, à diffuser un autre message que ceux des deux grosses machines, colosses rouleaux-compresseurs que sont le parti démocrate et le GOP (“Grand Old Party”, l'autre nom du parti républicain).
Ne négligeons pas sa candidature d'un revers de manche complaisant mais par trop expéditif, car il a déjà joué un rôle prédominant -certains démocrates diront même dévastateur au cours de campagnes précédentes. Déjà présent aux élections présidentielles de 1996 (remportées par Bill Clinton pour un deuxième mandat) et de 2000 (George Bush, version fils), il a surtout fait l'actualité en novembre 2000 lorsqu'avec près de 3% du vote populaire, il avait joué les trouble-fête en privant Al Gore de près de 100 000 voix en Floride (George W. Bush avait obtenu seulement 600 voix de plus que Gore dans cet état clé).
Et il pourrait bien à nouveau, dans une campagne McCain/Obama extrêmement serrée (le dernier sondage publié par l'institut Gallup hier donnait Obama vainqueur avec 46%, McCain à 44%), “voler” quelques voix, de progressistes, d'indépendants et de certains jeunes démocrates que le tourbillon de l'“Obamania” n'a pas encore emporté…
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De Phil2922
Retraite invalidité | 16H47 | 24/06/2008 |
Une proposition à Nader : Qu'il se maquille en Noir et porte une jupe…ainsi il aura une chance de déstabiliser tout le monde et de se faire plus de voix… ! !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De pablico
17H43 | 24/06/2008 |
sur la photo de présentation il a un petit air de elkabbach
De zoblugubre
16H48 | 24/06/2008 |
Pourrions-nous avoir plus d'informations sur son programme ?
De Pépé la Jactance
insituable | 16H54 | 24/06/2008 |
Que Nader ait de bonnes idées ne fait aucun doute.
Ce qui ne fait aucun doute non plus, c'est qu'il permet depuis huit ans à la droite américaine de garder le pouvoir. Merci qui ?
à Pépé la Jactance
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 00H38 | 26/06/2008 |
Nader a clairement inscrit sa nouvelle candidature contre le Parti Démocrate (http://blogules.blogspot.com/2008/02/never-say-nader-again.html ).
Juste renvoi d'ascenseur : en 2004, il avait dû sa présence au scrutin de nombreux Etats aux efforts de lobbies conservateurs comme le CSE (http://stephanemot.blogspot.com/2007/06/red-blogule-to-ralph-nader-indep… ).
De zoblugubre
17H11 | 24/06/2008 |
Ah
Les démocrates sont de gauche ? Première nouvelle.
De Francois Toulouse
18H23 | 24/06/2008 |
Renoncer à la possibilité d'une candidature comme celle de cet homme serait, aux Etats-Unis comme en France, un renoncement à ce qui fait l'essence de la démocratie, c'est à dire un réel multi-partisme, comme à une vraie politique alternative, on peut être contre, il faut lui laisser la possibilité de s'exprimer et de faire campagne.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H51 | 24/06/2008 |
Pourquoi nous reservir un papier sur Nader ? Il n'a pas l'ombre d'une chance, n'a jamais été un postulant sérieux à la Maison Blanche. C'est une curiosité.
Je n'en veux pas à Nader le critique acerbe de la société américaine, j'en veux à la « grosse tête » qu'il est devenu, à son ego surdimensionné, au fait qu'il n'a jamais cherché sérieusement à se constituer un appareil politique susceptible de changer la donne. Il aurait pu gagner en crédibilité en présentant des candidats proches et capables dans des élections locales ou pour la Chambre ou le Sénat, et accumuler ainsi un capital politique, mais il s'en est toujours dispensé (à quelques rares exceptions près).
Pour lui, se présenter à la présidentielle est devenu une sorte de rituel, une quasi-marotte. On n'avait pas tout à fait tort de lui reprocher sa campagne bidonnée en 2000.
Je déplorerais qu'il puisse faire perdre des voix à Obama, même si je ne crois pas trop à ce scénario.
à Jaycib
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 20H02 | 24/06/2008 |
Nader ou l'éternel redresseur de torts. Celui qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. L'affreux gauchisant qui a fait perdre Al Gore, puis Kerry, …
C'est quand même lui conférer plus de poids qu'il n'en a réellement. Si Gore a perdu les élections de 2000, il ne le doit qu'à lui même et surtout à cette directive - très louable au demeurant - des démocrates de ne pas répondre aux agréssions acerbes (méchante ou blessante ce que ne fait pas non plus Nader) venant des républicains par la même réthorique. Il n'y eut même pas, comble de l'absurde, une tentative de vilipander l'adversaire (ce que Obama fait systématiquement dès qu'il est attaqué). Je me souviens sortir des débats Gore-Bush avec le sentiment d'avoir assisté à un sabordage, plus le temps passait et plus Bush s'affichait comme une force brute de caractère qui quoi qu'il arrive défendra toujours l'Amérique, alors que Gore à force d'éviter le combat frontal apparaissait comme mal à l'aise et faible …
En 2004, rien ne pouvait empecher Bush de gagner, parce que personne ici n'a osé se dresser contre ses actions. Kerry avait plus de bagout que Gore, mais ce n'était pas assez. En 2004, c'est la peur qui a gagné. En 2008, ce pourrait etre l'espoir …
à MarcTibo
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 00H51 | 26/06/2008 |
D'accord avec Marc : Al Gore a mené une campagne suicidaire de bout en bout en snobant Bill Clinton, en prenant Liberman comme colistier, et tout simplement en refusant d'assumer le rôle de candidat. Face à Rove, Dubya, Jeb Bush & co., ça ne pardonne pas.
Obama a tiré les leçons de 2000 et 2004 à la fois au niveau des échecs Démocrates (ex ne pas laisser de place à la rumeur et au dénigrement, ne pas confondre « ne pas être offensant » et « ne jamais mener d'offensive »…) et des succès Républicains (ex optimiser les résultats électoraux avec un maillage du territoire au plus près des comtés).
à Jaycib
De Flood
Citoyen du monde | 23H39 | 24/06/2008 |
Besancenot, Voynet, Laguiller, Dupont-Aignan ils ont l'ombre d'une chance ? Ce n'est pas parce qu'il ne gagnera pas qu'il ne faut pas écrire sur lui. Au contraire cet article va tout à fait dans le sens de sa démarche : faire connaître ses idées.
En l'occurence personnellement je ne connaissais le personnage que de nom avant cet article et je l'assimilais un peu à un Ross Perot ! Il est normal pour quelqu'un de défendre ses idées dans un débat public, d'autant plus que ça apporte un zeste de gauche de la paysage politique américain (Mike Gravel était pas mal mais complètement marginal)
à Flood
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 09H24 | 25/06/2008 |
Mais les idées de Nader sont connues ! Les Américains entendent régulièrement parler de lui depuis des décennies. Mais c'est un « maverick » (cheval sauvage qui se tient à l'écart du troupeau, quoique pas nécessairement dépourvu de qualités), et cela, dans un contexte politique où tout appelle à un rassemblement populaire derrière le candidat, ne pardonne pas.
C'est la tradition politique américaine qui veut ça. On peut le déplorer, mais c'est un fait.
Les « efforts » de Nader, tout au moins sur le papier, visent à ouvrir une troisième voie à l'écart du parti démocrate. Ce n'est pas la première fois que l'on s'y essaye et c'est un projet parfois réalisable, à condition d'y mettre le prix. Ce que je reproche à Nader, c'est justement de ne pas y mettre le prix. Une élection présidentielle, surtout quand on ne part pas d'une position d'élu local ou sénatorial, se prépare longtemps à l'avance. Or, à quoi assiste-t-on avec lui ? A des minauderies répétées jusqu'à la déclaration finale de candidature. Il ne fait pas campagne, comme si son « charisme naturel » allait suffire à lui attirer des suffrages. Ce n'est pas un candidat qui accepte de se donner les moyens de son ambition, et en ce sens, il n'est pas sérieux. S'imaginant être la figure tutélaire de la gauche américaine, il nuit en fait à la cause de celle-ci, il la fige…
Et qu'on ne vienne pas transposer le paysage politique français à la place de son homologue amé&ricain ! Quand les minoritaires français se présentent, ce n'est généralement pas en vue de l'exercice du pouvoir. On le leur pardonne ici car on est habitué au morcellement, à l'éparpillement des voix, on est attaché à l'idée du « témoignage » qu'ils sont censés apporter, etc. Or, aux USA, où l'on a quand même un sens aigu des réalités, il s'agit de gagner, non pas d'être la mouche du coche des deux grandes formations politiques (le plus souvent des démocrates).
C'est bien le problème de Nader : se contenter d'être la mouche du coche. Il en a fait son pain quotidien. Cela le conduit à méconnaître les moments où un grand mouvement de bascule est susceptible d'être en gestation au sein du parti démocrate et du peuple, comme aujourd'hui. Je ne vois pas le mérite de ce « positionnement » présumé.
à Jaycib
De Lugi
10H57 | 25/06/2008 |
Cela dépend. On peut choisir de défendre son bout de gâteau ou défendre ses idées.
Ralph Nader n'a pas les moyens de faire campagne. Pas de soutiens de la part des médias, pas de financement. S'il ne se fait pas trop entendre au Etats-Unis ce n'est pas parce qu'il ne veut pas.
Il s'agit peut être d'un sous-marin pour morceler les voix, mais il est impossible de nier que quelque part dans les USA il y a une voix qui proclame des idées de gauche. C'est loin d'être inutile car même quand on est pas au pouvoir, même quand on a pas le pouvoir de l'opposition, les idées ont besoins d'être développées. Surtout si elles se révèleraient être les bonnes.
Je trouve exécrable la marginalisation systématique des minorité politique. De quel maux les accuse t'on ? Ah je sais. 2002. 2007 aussi tant qu'à faire. Ses salauds qui veulent pas se rallier derrière le PS. Mais on était pas en train de parler des Etats Unis ?
Ben justement. Il faut faire le parallèle avec la France, puisque le PS et l'UMP font des pieds et des mains pour que s'installe le bipartisme en France ici aussi.
Et quand même, le bipartisme, ça ressemble beaucoup au régime de la pensée unique, non ?
Que reste t'il de la souveraineté nationale aux Etats-Unis ?
Y a t'il une différence idéologique fondamentale entre les démocrates et les républicains ?
Qu'est-ce que la gauche aux Etats-Unis ? 2-3 électrons libre qui éveillent la conscience d'une minorité de la population le temps d'un JT ou d'un documentaire (Colbert, Moore, et d'autres)… Et Ralph Nader.
à Lugi
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H24 | 25/06/2008 |
Des financements, ça se trouve aux Etats-Unis. En fait, le pays en regorge, mais il faut faire campagne, démarcher, forger des alliances, bref, travailler aux niveaux local, régional, national !
La gauche aux USA ne se résume surtout pas à Moore ou Nader. Il y a des fondations privées, des associations, des sites internet qui prennent position sur des tas de sujets sensibles, souvent bien longtemps avant que les filons qu'elles/ils exploitent deviennent à la mode en France, il y a une presse politique prête à s'intéresser aux idées nouvelles, à dénoncer les abus, des énergies à revendre sur les campus et même dans les syndicats, aujourd'hui à la ramasse dans bien des secteurs, mais pas tous. Plus encore, il y a des tas de forces qui sont intrinsèquement de gauche, mais sans le savoir spontanément car la culture politique à l'européenne est absente du paysage. Il y a là une différence de taille qui dévoile bien la nature biaisée de la perception à la française : la gauche américaine est censée épouser nos schémas, autrement on ne reconnaît pas son existence.
Mais on a bien vu avec la campagne d'Obama que l'enthousiasme progressiste existe au sein de la population, que des vocations nouvelles peuvent être suscitées. Et si voulez voir de la liberté, de la solidarité et de la fraternité en action, allez voir la vidéo communiquée hier par la campagne d'Obama sur sa réunion de remerciements à ses troupes dans l'Illinois au début du mois de juin : Obama est moins impressionnant que ses supporters pluri-raciaux, qu'on sent déterminés, disciplinés, concentrés. Ce n'est pas eux qu'on convaincra que leur candidat équivaut à tel ou tel républicain.
Affirmer que le parti démocrate et le parti républicain se valent, c'est nier la réalité. Les néo-conservateurs ont tenté de coloniser les républicains, pas les démocrates. Ce ne sont pas les républicains qui préconisent un retour à une assurance maladie universelle, entre autres choses. L'équivalence supposée entre républicains et démocrates est une vieille antienne qu'on nous ressort à chaque occasion, mais qui n'est généralement fondée que sur une certaine perception de la politique étrangère américaine et de ses tenants et aboutissants (sous George W. Bush), ainsi que sur des données éparses relatives à la Sécu américaine, etc.
La gauche aux Etats-Unis, ce n'est certainement pas les électrons libres que vous citez. Ces « électrons » sont ceux qu'on vous PRESENTE en France, nuance. En revanche, où croyez-vous que Greenpeace ou le World Wildlife Fund soient nés, pour ne citer que deux exemples ? Ils ne présentent pas de candidats aux élections ? La belle affaire, ils n'en soutiennent pas moins des candidats, même si c'est le plus souvent de manière critique.
Moore est un artiste. Il a joué un rôle utile, mais il s'illusionne sur son importance réelle ; CE N'EST PAS UN POLITIQUE, C'EST UN AGITATEUR, POINT BARRE. Nader, lui, est un candidat perpétuel, mais qui n'entre en action qu'une fois tous les quatre ans sans avoir préparé le terrain. Il aurait pu devenir autre chose s'il avait eu le courage de ses convictions, qui finalement ne lui coûtent pas grand chose. Et le bipartisme américain que vous dénoncez s'accommode très bien de son existence, puisque Nader ne met aucun pouvoir établi en danger. On n'est plus à l'époque de Unsafe at Any Speed, son brûlot contre General Motors, qui date de plus de 50 ans !
Tout ce qui précède vous est livré un peu en vrac, sans trop de souci de la séquence des propos. Je m'en excuse. Mais il faut avant tout comprendre que les transpositions entre le « modèle » politique français et un paysage politique américain « brut de décoffrage », qui n'a connu ni le jacobinisme, ni la monarchie, ni une histoire de la gauche ressemblant un tant soit peu à la nôtre, n'ont guère de sens.
à Jaycib
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 00H55 | 26/06/2008 |
Nader n'est plus crédible depuis un moment. Jusqu'en 2000 inclus, ses candidatures avaient du sens, mais il n'apporte plus rien de neuf.
Pour moi, le véritable bipartisme américain n'est plus Républicains contre Démocrates, mais entre républicains et démocrates d'un côté (au sens défenseurs de la république et de la démocratie), et théocrates de l'autre : http://e-blogules.blogspot.com/2007/08/universal-declaration-of-independ…
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 20H24 | 24/06/2008 |
Beaucoup plus important que Nader dans la vie US, le maitre des mots, disciple de l'absurde que Camus n'aurait pas renié, Georges Carlin, grand comédien Américain satirique et irréverentieux de la vie US et au combien attachant nous a quitté Dimanche 22 Juin 2008 à l'age de 71 ans.
C'est un monument qui disparait.
« By and large, language is a tool for concealing the truth »
« D'une manière générale, le langage est un moyen de cacher la vérité »
De clive
21H41 | 24/06/2008 |
-« il avait joué les trouble-fête en privant Al Gore de près de 100 000 voix en Floride (George W. Bush avait obtenu seulement 600 voix de plus que Gore dans cet état clé)“-
A un détail près :
En 2000, dans le conté 216 (Volusia, Floride), 16022 votes pour Gore ont été comptabilisés négativement c'est-à-dire retranchés au lieu d'être ajoutés au total.
Bush a été déclaré vainqueur dans l'état, et donc dans le pays, avec 537 votes d'avance.
L'auteur(e) de cet article aurait pu, parlant de R. Nader, préciser qu'il a déclaré plusieurs fois que le système électoral US est frauduleux, que les Deux dernières présidentielles ont été volées…
interview ici :
http://www.bradblog.com/ ? p=5976
D'une manière générale, cette volonté systématique d'ignorer le ‘léger’ problème du système électoral aux USA sent très fort
Le mensonge
ou
Le déni
De peredespeuples
22H39 | 24/06/2008 |
Sooner or later, you gonna listen to Ralph Nader !
De tinga
23H15 | 24/06/2008 |
Ralph Nader demande aussi la réouverture d'une enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, l'auteur de l'article aurait pu le mentionner. Mais il est vrai qu'à rue 89, l'impossible VO ne choque aucunement, au contraire, on la défend avec le même zèle sinon plus que les sarko médias.
à tinga
De Feu
01H30 | 25/06/2008 |
Tout à fait d'accord, pourquoi même en France ne parle t ont pas plus de l'effondrement de ces tours qui ressemble fortement à une démolition de cheminées industrielles.
De jjezfm
Internaute | 08H56 | 25/06/2008 |
si c'est pas malheureux d'être le grand méchant parce qu'on « vole » des voix au candidat de la gauche officielle en diffusant un message de gauche !
c'est pas bien ça
et c'est pas chez nous qu'on verrait les électeurs quitter un parti officiellement à gauche sans l'assumer vraiment…
évidemment, si les candidats de gauche se préoccupaient un peu de défendre le peuple, les services publics et l'environnement, peut-être qu'un Nader serait moins utile ?
en attendant, bravo pour sa résistance et son courage
De Plipo
blablateur de trolls | 09H03 | 25/06/2008 |
@Tinga et feu
Alala, les adeptes de la théorie du complot me feront toujours rire. Si les journalistes de Rue89 ne relaient rien de vos théories loufoques c'est qu'il n'y a absolument aucun élément, qu'il soit scientifique, factuel, historique ou géopolitique qui soit fondé dans ce que vous proposez. Le boulot d'un journaliste et de relater et d'analyser des faits existants, basés sur des preuves objectives. Les « preuves » qui justifient vos théories n'ont absolument aucune réalité et son loin d'être objectives, et donc pour un vrai journaliste, rien à dire sur ce sujet.
Et ne me parlez surtout pas du genre de film débile comme loose change, parce que avec les même ficelles et les même mécanismes simplistes, je vous fabrique un film qui vous convaincra que Staline vous a sauvé d'une invasion extraterrestre.
Alors oui c'est bien un complot qui à eut lieu le 11/09, un complot de fanatique religieux. Et oui W et sa clique de sangsues en ont profité pour se faire un maximum de pognon, mais ça, c'est l'esprit malsain de l'opportunisme propre à la droite neo-con américaine. Alors je vous soutient complètement dans votre révolte contre ces fau ? cons, mais ne mythifié pas votre combat, ça n'a pour conséquence que de le décrédibiliser..
Bien amicalement !
P.S. : désolé pour le hors sujet..
De Boblarmey
09H44 | 25/06/2008 |
@Plipo
Sans adhérer totalement à la théorie du complot,il est tout de même inadmissible qu'un rapport officiel n'arrive à donner les causes de l'effondrement non pas des 2 tours mais de la troisième WTC7 qui rappelons le se trouvait à une distance élevée des 2tours et qu'elle n'a été percutée par aucun avion.
De Plipo
blablateur de trolls | 10H28 | 25/06/2008 |
@Boblarmey
Vous avez un lien vers une version numérique de ce rapport, ou ne serait-ce qu'un article journalistique qui en parle ? car oui c'est un fait troublant.. mais qui demande vraiment à être vérifié..
à Plipo
De le soudanais
ici et là | 16H17 | 25/06/2008 |
http://www.9-11commission.gov/report/911Report.pdf
A aucun moment il n'est mentionné dans ce rapport qu'une troisième tour (le WTC 7) s'est effondrée. D'ailleurs, si vous avez des amis américains, demandez leur ce qu'ils savent sur la troisième tour, vous serez surpris de leur réponse… : « Quelle 3ème tour ? ? » en général.
Plus troublant, le mythe qui voudrait qu'un Boeing 757 se soit écrasé sur le Pentagone :
http://911research.wtc7.net/mirrors/guardian2/pentagon/what-hit-it.htm
à Plipo
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 14H13 | 26/06/2008 |
Il existe de nombreux articles et vidéos reprenant les arguments respectifs des tenants de la théorie du complot et des experts (il suffit de taper 7WTC sur Google). Le rapport définitif de ces derniers (issus de toutes sortes d'agences indépendantes) est attendu en juillet 2008. Le retard de ce rapport est imputable au fait que les investigateurs, tous issus d'associations d'ingénieurs indépendantes, ont été monopolisés par l'analyse des causes structurelles de l'effondrement des deux grandes tours pendant plus de trois ans et que l'examen du problème posé par 7WTC n'a pu commencer qu'en 2004.
L'article de wikipedia concernant 7WTC indique bien quel était le problème structurel : le haut de l'immeuble, à partir du 7ème niveau, reposait sur une base initialement conçue pour un immeuble plus petit. Il y avait encorbellement structurel des étages 7 à 48 (ou 43, je ne me souviens plus exactement).
7WTC n'était pas éloignée des deux tours effondrées : 200 m. Il est avéré que des débris de l'effondrement de 1WTC ont été projetés à de grandes distances et ont endommagé plusieurs bâtiments aux alentours, pas seulement 7WTC, dont la façade sud-ouest a été éventrée sur plusieurs étages. L'incendie qui s'est ensuivi n'a pu être contrôlé car le système de sprinklers n'était équipé ni d'une commande centrale, ni de commandes individuelles fonctionnelles.
Les théories du complot sont fréquentes aux USA lorsque l'on tarde à expliquer les causes ou l'origine de tel ou tel événement. Cela vaut pour l'assassinat de John Kennedy, celui de George Wallace, l'avion écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2001, etc. Le complot n'est avéré que dans un cas : celui de l'assassinat de Martin Luther King, comme par hasard. Pour Kennedy, il faut attendre la déclassification des archives pour en savoir plus.
De Boblarmey
16H42 | 25/06/2008 |
@le soudanais
En france c'est pareil peu de gens se souviennent de l'effondrement de la 3eme tour (et surtout pas les médias) pourtant c'est un fait :
http://www.youtube.com/watch ? v=4k6GMddY-lQ
De le soudanais
ici et là | 11H17 | 26/06/2008 |
Il serait intéressant de connaître un peu plus le programme de Nader, à l'heure ou la candidat que certains voient encore comme le représentant d'une certaine gauche (Obama pour ne pas le nommer) déclare considérer Jérusalem comme capitale une et indivisible d'Israël ou qui encore affirme son souhait de voir la peine de mort appliquée « dans des circonstances très étroites pour les crimes les plus haineux » alors que la Cour suprême des Etats-Unis vient de déclarer inconstitutionnelles les exécutions capitales pour viol d'enfant.
Le bipartisme ou la mort du véritable débat et des réelles alternatives…
à le soudanais
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 14H46 | 28/06/2008 |
Le « programme » affiché par les candidats pendant la campagne a une valeur toute relative aux USA. Il est très rare que les électeurs lambda se déterminent en fonction d'un programme. En revanche, un candidat peut se retrouver en mauvaise posture s'il est soupçonné d'être « mou » sur la question de la criminalité (soft on crime) ou s'il semble remettre en question des orientations de politique étrangère établies. Les positions adoptées par Obama en ce qui concerne la peine de mort et Jérusalem visent :
1) à ne pas aliéner toute une frange de la population sensible à l'argument Républicain traditionnel sur la criminalité ;
2) à faire venir à lui les électeurs juifs et pro-Israël, car il a été beaucoup attaqué pendant la campagne des primaires pour son alignement supposé sur la position des Arabes (dixit McCain : « Obama est le candidat favori du Hamas », suite à la déclaration globale d'Obama selon laquelle les USA doivent discuter avec tous, y compris leurs pires ennemis).
La Cour suprême est toujours favorable à la peine de mort, mais elle considère (dans sa majorité) qu'un viol n'est pas équivalent à un meurtre et ne justifie donc pas une peine capitale.
On peut critiquer Obama pour son opportunisme, mais… il fera tout pour être président ! On ne peut préjuger de ses prises de position futures sur la base de manoeuvres visant strictement à gagner des électeurs dans les Etats où il est aujourd'hui donné perdant. Il considère, à mon avis avec raison, qu'il a beaucoup à faire pour combler le « déficit de confiance » dû uniquement à sa couleur de peau.