
Mais quel est le secret de Barack Obama ?
Fin 2007, la course à l'investiture démocrate paraissait jouée : Hillary Clinton devançait Barack Obama dans les sondages avec un écart régulier de 20 à 30 points. Depuis le 3 janvier 2008, jour de la victoire surprise du sénateur de l'Illinois en Iowa, et de la décevante troisième place de la sénatrice de New York, le premier a connu une remontée rapide, qui le place à présent en tête de course, tant dans les sondages qu'en nombre de délégués.
A quoi correspond cette vague de popularité soudaine ? Plus on tente de comprendre le phénomène Obama, plus les facteurs politiques rationnels paraissent insuffisants. Son programme ne diffère que très peu de celui d'Hillary Clinton. Beaucoup d'observateurs créditent cette dernière d'un meilleur plan de couverture maladie universelle, et d'une plus grande expérience politique. Certes, Obama possède des qualités personnelles hors du commun : son intelligence, son charisme (qui rappelle celui de B. Clinton ou de J. F. Kennedy) et son éloquence -il semble hypnotiser les foules qui se pressent à ses meetings.
Mais pour expliquer l'ampleur du mouvement pro-Obama observé ces deux derniers mois, il faut sans doute avoir recours à d'autres hypothèses qui, pour ne rien simplifier, s'excluent mutuellement.
La première hypothèse repose sur la capacité d'Obama à étancher, mieux qu'Hillary Clinton, la soif de changement après huit années d'administration Bush. Sa supériorité dans ce domaine se joue moins sur le plan politique que sur le plan personnel : son âge, son histoire personnelle et son origine ethnique constituent ici ses atouts maîtres pour incarner le changement -voire la rédemption.
Hillary Clinton symbolise les années 1990, une décennie dominée par les mandats de son mari, par la grande violence des attaques de la droite républicaine contre les deux époux, et plus généralement par les guerres culturelles autour des questions posées par les bouleversements des années 1960 (libération sexuelle, féminisme, place des minorités et discrimination positive, patriotisme, etc.). En ce sens, elle demeure dans le monde de George W. Bush, comme l'autre plateau de la balance. Obama, de par son jeune âge et son discours invitant à dépasser le vieux clivages, offre la possibilité de transcender ces questions : « Adieu à tout cela », résume le commentateur Andrew Sullivan.
Mais c'est surtout la page de l'administration Bush qu'Obama permet de tourner autant politiquement que symboliquement. Il règne, chez certains Américains, comme un malaise diffus et parfois inconscient après sept années de « guerre contre la terreur ». L'usage de la torture, les procédures extra-judiciaires et la violation de l'Habeas Corpus, l'affirmation d'une présidence impériale – tout cela ne ressemble pas à leur Amérique idéale. Barack Obama, lui, s'offre symboliquement comme un agent de rédemption, comme le très religieux et largement inconnu Jimmy Carter s'est offert en 1976 pour restaurer le capital moral de l'Amérique après le Vietnam et le scandale du Watergate.
C'est ici que son histoire personnelle compte le plus. Sur le plan extérieur, l'administration Bush incarne le nationalisme, l'unilatéralisme et l'arrogance. Barack Obama, né d'un père kenyan, et qui a vécu en Indonésie une partie de sa jeunesse, incarne l'internationalisme, le dialogue, le métissage. Pas étonnant qu'il soit le candidat préféré du reste du monde -un signal subliminal qui n'est pas anodin dans l'Amérique de Bush.
Mais c'est sur le plan intérieur que le facteur racial joue le plus. L'administration Bush restera liée aux images des réfugiés noirs pauvres de La Nouvelle-Orléans piégés dans le Superdome après l'ouragan Katrina en 2005. L'élection du premier président noir, à l'inverse, permettrait de renouer avec les moments historiques de l'abolition de l'esclavage et de la lutte pour les droits civiques, de reconstituer instantanément un capital moral dilapidé par l'administration Bush, de changer radicalement le visage que l'Amérique offre au monde. Autant de prouesses symboliques que l'élection de la première femme à la Maison blanche n'égalerait pas.
Las, la deuxième hypothèse pour expliquer le phénomène Obama est bien plus terre-à-terre. Elle ressortit d'un phénomène politique beaucoup plus traditionnel et, en passant, se moque de la première hypothèse, sans forcément être mieux établie.
La relative vacuité des discours d'Obama sur « l'espoir » ou « le changement », la caractère vague de certains points de son programme, la légèreté de son expérience passée, et même ses absences ou ses abstentions lors de certains votes délicats -autant de faiblesses objectives qu'Hillary Clinton s'épuise à attaquer- constitueraient en réalité ses principaux atouts. Chacun peut ainsi reconnaître en lui ses propres aspirations, projeter en cet Obama plastique le président qu'il idéalise, l'avenir dont il rêve et surtout l'Amérique qu'il aime. Y compris l'Europe.
► Précision, 04/03/2008 : Justin Vaïsse nous demande de préciser que, suite à une erreur de communication, ce texte a également été publié par Le Monde dans son édition datée du 5 mars 2008.
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De Alamain
11H08 | 01/03/2008 |
Comme en France, il suffit de vendre des discours creux, faussement courageux, le coeur sur la main et la larme à l'oeil, des directions de réformes mais surtout rien de vraiment précis et avec tellement de « sincérité »…
Exemples : la rupture, la place du pays dans le monde, le pouvoir d'achat, le travail, la protection du faible, etc …
La plupart des gens a envie de croire à un monde meilleur, moins difficile au quotidien …et la croyance, c'est une question d'émotion, pas de raison.
Il semble qu'Obama soit bien meilleur en « émotion » que Clinton…et ce n'est pas un grand secret.
à Alamain
De vincicom
Responsable "informatique" dans une... | 11H14 | 01/03/2008 |
Oui, j'aurai dit la même chose, mais en plus court : il copie Sarkozy la méthode Sarkozy !
Une belle communication, de beaux discours, faire passer les autres pour des vieux chnok, …
Malheureusement, les médias ont fait comme en France, ils le suivent et c'est Clinton qui s'en prend plein la tronche après …
J'espère que Clinton gagnera : Obama peut bien attendre 4 ou 8 ans ( il n'a que 47 ans … ), pourquoi pas, en tant que Vice-président ! Comme ca il aura les discours et les compétences …
à vincicom
De ART MONIKA
11H38 | 01/03/2008 |
C'est vrai que tout se joue à l'image et à la notion de « rupture » puisque les programmes sont similaires.
Ce n'est pas pour rien qu'Obama dit bien apprécier Sarkozy.Il sait que, comme l'a montré papa Freud, la « foule » est aveugle et choisit le plus « charismatique ». Le tout est de savoir ce que recouvre le charisme. En ce qui nous concerne, nous savons ce qu'ont généré le « charisme » de Mr Sarkozy et l'adhésion de 53% des électeurs à cet homme.
Comme le disait méchamment un Journal à propos d'Hillary « She is so yesterday ». Elle s'est un peu usée avec son mari, et elle apparaît (sans doute injustement) comme appartenant au passé. L'article de Rue 89 est bien clair là dessus.
Cela dit, je regrette que, une fois de plus, une femme ne soit pas en mesure d » accéder à la Magistrature suprême.
à ART MONIKA
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 12H16 | 01/03/2008 |
@vincicom et artmonika,
s'il s'inspire de vos commnentaires, de ceci :
http://www.dailymotion.com/video/x4fccq_cloclo-revival-made-japan-lundi-…
et de l'âge de notre président, il laisse passer au moins quatre ans…
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De cooper59
pour la decroissance ! | 11H07 | 01/03/2008 |
y'a pas de secret , Clinton ne passe plus aupres des medias US ou d'une bonne partie des dems , et les femmes preferent Obama a Clinton , on se demande bien pourquoi ! lol !
à cooper59
De spartacus1
11H38 | 01/03/2008 |
Tu l'as regardé ?
De cooper59
pour la decroissance ! | 11H10 | 01/03/2008 |
Et comme dit Alamain , c'est celui qui donne le plus d'espoir qui gagne ! c'etait deja comme ça du temps de Cro Magnon , y'a rien a faire , on n'arrivent pas a se debarrasser du culte de la personnalité et de l'apparence , ça me rappelle quelque chose !
à cooper59
De spartacus1
11H40 | 01/03/2008 |
Pas tout à fait d'accord, Churchill a gagné des élections en 1940 en promettant aux anglais « du sang et des larmes ».
Bon, il est vrai que les anglais sont un peuple assez spécial.
à spartacus1
De Zontar
étudiant | 12H11 | 01/03/2008 |
Et le contexte était assez spécial, lui aussi.
à Zontar
De Squarepusher
looking for freedom... | 13H36 | 01/03/2008 |
Oui effectivement je ne pense pas que c'est comparable !
http://silentbo.blogspot.com
à spartacus1
De marc23
20H48 | 01/03/2008 |
Spartacus
C'est surtout la situation qui était spéciale
à cooper59
De Chlore
13H17 | 01/03/2008 |
Il y a espoir et espoir …
Le jour ou un candidat me dira que je vais en ch.. quelques années mais qu'ensuite cela ira mieux (ou au moins pour mes enfants) et en exposant ses arguments sans omettre ceux qui fâchent peut être bien que je retrouverais le chemin des urnes que j'ai oublié depuis plus de 20 ans si je suis convaincu.
Marre des bonimenteurs, démagogues, utopistes qui vous vous promettent que l'on rase tous le monde gratis.
De DidierB63
Devant un écran | 11H19 | 01/03/2008 |
On peut parler des heures de la « vacuité » de ses discours sur le changement et l'espoir, il n'en reste pas moins que ça marche.
Et nous devrions le comprendre mieux que d'autres, puisque nous avons élu Nicolas Sarkozy sur le même thème du changement, du renouveau démocratique, etc..
Reste à espérer que les Américains ne seront pas aussi déçus que nous.
http://polemiquons.over-blog.com/
De Peureux anonyme
12H11 | 01/03/2008 |
Le soutien des faucons de la droite américaine et des médias qu'ils contrôlent doit aussi aider Mr. Obama.
Il leur est certainement préférable que le candidat républicain affronte Mr. Obama, qui sera présenté alors comme un noir communiste, plutôt que Mme Clinton, qui pourrait attirer une partie de la droite modérée.
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 11H31 | 01/03/2008 |
1. Barak Obama est d'abord un homme de consensus, la ou Hillary Clinton pense qu'il faut se battre pour imposer ses idees, lui croit au dialogue, tous les presidents americains etaient des hommes de consensus.
2. Barak Obama, n'est pas issue de l'esclavage, et n'a donc pas de revenge a prendre sur les blancs, ce qui fait que ces derniers peuvent voter pour lui.
3. Maintenant que des blancs votent pour lui, tous les noirs voient que le reve est possible. Et enfin,
4. apres deux Bush, les americains ne semblent pas vouloir d'un deuxieme Clinton (meme si le premier « nettoye » apres le premier Bush).
5. Certainement aussi que la presse de droite prefere avoir un candidat noir en face de John Mc Cain, car l'Amerique ne votera jamais pour un president noir, alors qu'elle pourrait voter pour une femme.
6. J'attends avec impatience le dechainement des attaques de cette meme presse de droite contre Barak Obama si jamais il remporte l'investiture democrate, cela va etre sanglant.
à Venezuela
De jkz
entrepreneur | 14H37 | 01/03/2008 |
Votre analyse aurait pu être intéressante si elle ne s'était pas enfermée dans un archaïsme intellectuel de « noir » contre « blanc ». Helas, Obama est à la fois noir et blanc, donc un métis. Il faut le dire aussi. En plus, il faut regarder le contenu et non le contenant qui fait beaucoup de mal dans la civilisation humaine. Une fois encore, l'Amérique ce n'est pas le vieux continent qui pense toujours que les gens différents ne peuvent accéder aux hautes responsabilités. L'Amérique elle, a toujours montré le contraire même si le tableau reste sombre. Mais dans l'ensemble, les gens arrivent à dépasser les clivages lorsqu'il s'agit des intérêts collectifs qui sont en jeu. Qui aurait parié que les Rice et Powell pouvaient représenter le diplomatie américaine au vu de leurs origines ? La sauce qui se cuisine ici est loin des réalités. Nous devons apprendre à regarder non pas la couleur de peau des gens mais leurs compétences et leur attachement à la république. Chez nous, il y a encore du chemin à faire. Mais aux USA, tout est possible….
à jkz
De marc23
20H55 | 01/03/2008 |
jkz
Rice ni Powell n'ont jamais été élus, que je sache. De plus, ils ont choisi d'être plus blancs que blancs et de ne pas hésiter à utiliser les plus ignobles mensonges à la face du monde entier , reniant ainsi leurs origines pour tout le monde y compris les américains. Ils ne sont représentatifs que de la tendance « oncle Tom » qui a toujours existé chez les noirs américains.
à Venezuela
De renlog
22H38 | 01/03/2008 |
Les Républicains préfèrent un candidat noir face à McCain ?
C'est mal connaître la réalité américaine.
Ce que les Républicains appellent de tous leurs voeux au contraire c'est d'affronter Hillary. Pour une simple raison : elle est haïe de la droite, d'une haine profonde. Comme McCain n'est pas très aimé non plus par la base pure et dure de son propre parti, le fait d'avoir Hillary comme adversaire garantirait que toute la droite se rassemblerait derrière lui pour faire cause commune.
Avec Obama, la donne serait complètement différente.
Il a prouvé qu'il est extrêmement populaire auprès des indépendants, or si les indépendants votent démocrate c'en est fini des espoirs de McCain.
Quant à prétendre que l'Amérique n'élira jamais un Noir, c'est avouer que votre dernier séjour aux States commence à
dater sérieusement. Le pays a changé profondément à ce sujet. Il suffit de voir la réaction collective à la récente affaire des « Jenna Six » pour s'en convaincre. Oui, il reste du racisme mais la majorité de la population le voit d'un assez mauvais oeil et surtout chez les jeunes.
De Humain
12H08 | 01/03/2008 |
Pour ce qui concerne la tactique électorale, il est plus facile de « tuer » politiquement Madame Clinton, pour ensuite se débarasser de Monsieur Obama me semble-t-il.
Monsieur Barak Hussein Obama se retrouvara immanquablement en face d'un républicain (lequel ? ) et les Américains risquent, eux, alors de se retrouver avec un nouveau scénario du type Kerry-Bush !
(Souvenons nous que Monsieur Kerry « devait » être élu, tout comme en France Jospin devait se retrouver au deuxième tour ! ! Tout cela était quasiment acquit)
Cela risque fort de faire l'affaire des républicains au final !
Les progammes ! Quel serait leur contenu réel ?
Qu'est-ce que cachent les intentions de ce démocrate ?
Une sécuriété sociale Américaine ? (Qui vroirait une telle chose ! )
Peut être y croit-t-il autant que Notre Ségolène Royal croyait au SMIC à 1500 Euros.
Par ailleurs Madame Hillary Diane Clinton est d'une Droite classique (bien que démocrate). En france elle ferait un UMP bon teint.
Barak Hussein Obama, loin d'être de gauche - au sens américain du terme- se placerait aussi à droite, sinon plus encore à droite que Madame Hillary Diane Clinton.
Quant au « vote noir » sans être marginal il est beaucoup moins important que le vote « hispanique » aux Etats-Unis.
Par ailleurs les antécédents de Monsieur Barak Hussien Obama ne me semblent pas superbement clairs. Mais allez donc savoir ! ?
Notons enfin que les médias se gardent de présenter la participation électorale qui, aux USA, est minimale ! !
De Thomas GREDAT
| 11H58 | 01/03/2008 |
Le secret de Barack Obama ? C'est très simple : l'Amérique aime les winners, ceux qui ne s'avouent jamais battus, ceux qui y croient jusqu'au bout. Et elle aime les retournements de situation ; il n'y a qu'à voir les films et les séries pour s'en convaincre : tout semble compromis, et arrive THE élément qui va permettre de sauver ce qui paraissait perdu.
En France, Obama aurait eu plus de mal, si l'on excepte la première élection de Chirac alors que Balladur était donné gagnant quelques mois auparavant. Aux Etats-Unis, on aime le spectacle, et croire que tout est possible fait partie de la culture de ce peuple depuis les origines. Obama offre un show et profite de sa dynamique de « ressuscité ». L'Amérique se reconnaît dans ce moral de vainqueur qui lui tend un si beau miroir d'elle-même.
à Thomas GREDAT
De Heureux Nouveau.
16H48 | 01/03/2008 |
Que fait le Ku Klux Klan ?
à Thomas GREDAT
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 01H53 | 02/03/2008 |
Obama ne vend que deux concepts : 1) il faut que les choses changent, et 2) VOUS pouvez changer les choses. Parfait. Simple. Américain. Pour les détails… ce que vous voulez. Ne vous inquiétez pas, c'est le même programme que les autres…
Problème. Chacun bâtissant son propre programme selon ses propres voeux et l'appelant Obama… il pourrai y avoir de grosses déceptions si Obama prend le pouvoir et ne peut naturellement rien faire, puisque le vrai pouvoir aux USA n'est pas politique. Déception. Or l'Amérique est à bout de souffle. À la première déception, ce pays va éclater. Une situation dangereuse qu'on ne voit pas du tout en France.
http://geocities.com/newsociety_2000/5177b.html
Pierre JC Allard
De Lauran
chercheur Paris | 12H00 | 01/03/2008 |
il y aussi des raisons, encore plus paradoxales, auxquelles personne ne pense et qui peuvent déranger cet argumentaire, certes astucieux :
- Au delà de la couleur, du métissage, n'y a t'il pas aussi un certain conformisme, paradoxalement, à voter pour Obama, qui est un homme, marié, sans problemes conjugaux connus. Est ce que, sur ce plan, Hillary ne souffre t'elle pas d'un certain conformisme de la société américaine, y compris dans les milieux démocrates ?
- Dans le même ordre d'idées, est ce que les citoyens de base, et certaines citoyennes, ne trouveraient pas plus naturel d'avoir un commandant en chef des forces armées, fut il de couleur, qu'une commandante ?
Ces deux questions en posent une autre. Est ce si évident que le changement le plus grand soit inconsciemment du coté Obama, et n'est ce pas le risque d'un changement encore plus dérangeant qui pousserait certains électeurs démocrates vers Obama ? Ce sont aussi des questions qui méritent d'être posées, sans que cela n'altère ne aucune façon les qualités et l'originalité de ces deux candidats, que je trouve personnellement, aussi intéressants l'un que l'autre.
J'espère en fait voir , in fine, un ticket constructif, où le ou la numero 2 ne soit pas que décoratif (ou décorative), avec une vraie réflexion sur leur différence de programmes et la nécessité d'en faire une synthèse… même si ces programmes sont peu différents et, il faut le dire, encore très libéraux pour un européen de gauche.
Lauran
De Sondons
Collectif | 12H03 | 01/03/2008 |
Les sondages ? Il existe encore des (pseudo) journalistes qui se fient aux sondages ? http://sls.hautetfort.com/
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 12H08 | 01/03/2008 |
Why Is Obama's Middle Name Taboo ? : http://www.time.com/time/politics/article/0,8599,1718255,00.html
De Alessandrini
20H13 | 01/03/2008 |
Concernant « La relative vacuité des discours » et « ses absences ou ses abstentions lors de certains votes délicats » :
Il est pourtant possible de tracer ses votes et de faire une évaluation de son programme. C'est très dommage que vous ayez choisi de parler une fois de plus du phénomène du « candidat noir » et du fait – très évident - qu'Obama évite d'articuler clairement son programme lors de ses discours, sans donner plus d'information à vos lecteurs. Pour ceux qui voudraient s'informer, je suggère une excellente analyse de ses votes du « running mate » (numéro deux de la liste) de Ralph Nader, Matt Gonzalez : « The Obama Craze : Count Me Out » 27.02.08 http://www.beyondchron.org/articles/The_Obama_Craze_Count_Me_Out_5413.ht… . Glen Ford (Black Agenda Report) et Alexander Cockburn (Counterpunch) ont fait de bons exposés aussi, mais un article en français qui ne se perd pas dans les banalités du genre « Obama représente le changement » serait très utile.
De Pierrrrre
13H08 | 01/03/2008 |
»…Mais quel est le secret de Barack Obama ? … »
==> Il est jeune, beau et élancé…
ne faut pas chercher plus loin.
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 13H27 | 01/03/2008 |
Il est moins question du secret d'Obama que de la lassitude de l'électorat (de tous les électorats ? ) pour le déjà vu qui ne marche pas… Et le papier le dit très bien : Clinton is old school ! Le vieux monde est fatigué mais veut encore croire au mythe prométhéen / faustien de la jeunesse, effectivement rédemptrice après l'Irak. Le parallèle avec le cas français est tentant, non dénué de similitude, mais, tout aussi roué qu'il faille être pour parvenir à la présidence des États-Unis, on ne perçoit pas chez Obama la mégalo monomaniaque dont est désormais affublée la France. Un président métis ne compenserait-il pas inconsciemment les assassinats de MLK et des frères Kennedy ? Souvenons que tout a basculé il y a une quarantaine d'années alors que l'histoire n'était pas si mal partie… Obama est une belle séance de rattrapage. Quel serait le résultat concret, in situ, in vivo ? Bien malin qui saurait le dire !
De jkz
entrepreneur | 13H50 | 01/03/2008 |
Il est trop réducteur de faire de comparaison entre le populisme de Sarko et le pragmatisme d'Obama. Il faut savoir qu'Obama est dans un pays grand ayant de possibilités énormes de mettre en pratique leurs propositions. Des marges de manoeuvre que la France n'a pas. Lorsque Sarko dit qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses pour donner un coup de pouce au pouvoir d'achat, ce genre d'arguments ne peut exister aux USA. S'ils n'ont pas d'argent, ils n'hésiteront pas à l'emprunter. Alors, chers internautes, n'allons pas vite en besogne en affirmant qu'Obama fera la même chose que Sarko et qu'il n'a pas de projet de société. Raisonner ainsi c'est écrire d'avance l'histoire des peuples. Et si cela était vrai, aurions-nous encore l'envie de croire en des promesses électorales dans notre propre pays ? Soyez plus intelligents que les arguties que j'ai lues ça et là sur Obama. Je parie ma tête : je suis persuadé qu'Obama va rompre avec l'arrogance et le conservatisme américains que l'on connaît depuis plus de 60 ans. Après la chute du mur de Berlin, c'est la chute du conservatisme américain qui est annoncée. Pour une bonne nouvelle c'en une et je m'impatiente de la voir aboutir.
De V comme vendetta
Ecrivain | 14H00 | 01/03/2008 |
Le charisme de l'espoir, ou comment Disney réinvente la fable du Cargo Cult. Obama rejoue sur du velours la campagne de Clinton, Bill. Obama a repris les thèmes de la campagne de 1992, ou Bill Clinton, héritier spirituel de Carter et de Kennedy, pas John mais Bob, avait anéanti les espoirs de Bush père, avec son dorénavant célèbre : « The Man From Hope ». Le feeling messianique ne rebondit pas là ou il aurait dû. Clinton Hillary refait la campagne perdante de Al Gore. Les américains adorent les outsiders qui se rêvent gagnant, qui ont lutté leur vie entière contre l'adversité sans l'aide de quiconque, ou tout au moins la Story qui rebrode sur ces thèmes éculés d'une façon crédible, et notamment pour Barack Obama et Bill Clinton, l'absence de leur père respectif. Barack Obama, c'est aussi la transformation du spin-doctor des années 90 en coach tendance sociopsycho. Obama ou la nouvelle grande loterie, « If I can dream it, I can get it », nouvelle pub d'une loterie que les New Yorkais voient tous les jours affichée dans leur métro. Pourquoi ne gagnerais-je pas le gros lot ? Le charisme est hors de toute rationalité, hors de tout langage explicatif, c'est une aura religieuse calquée sur un lexique corporel. Obama respire l'aisance, la danse, le charme et l'esprit. Sa grande force est d'incarner, encore une notion religieuse, une alchimie ressentimentale en modèle explicatif du monde. « Hope in the face of difficulty, hope in the face of uncertainty, the audacity of hope, » Obama dixit dans son fameux discours de la convention démocrate de 2004. « In the end, that is God's greatest gift to us, the bedrock of this nation, a belief in things not seen, a belief that there are better days ahead. » Ces phrases tirées de son livre, « The Audacity of Hope » auraient pu être tirées de la dernière Encyclique de Benoit XVI, « Spe Salvi », aussi sur l'Espérance. Revenons sur le système de la loterie : que faire quand on n'a plus un sous en poche ? Quand l'entourage financier et capitaliste tourne à la déroute ? Choisir Obama, c'est tenter le miracle contre le management, c'est choisir Pavlov contre la globalisation, l'incertain généralisé, le non-prévisible mis comme système d'explication (tous les sondages donnaient Clinton Hillary gagnante). L'élite américaine est incapable de donner au peuple américain des repères crédibles autres que la panique perceptible dans leurs yeux. C'est la fin du règne des faux-habiles, mais contrairement à ce que la raison nous avait fait croire, l'ère du miracle spectaculaire n'impliquera pas le retour à l'histoire bénite de la maison sur la colline. Au lieu de retrouver l'esprit des fourmis de la fable, l'ère du crédit appelle la loterie : comment gagner plus tout en consommant plus. Un marxiste de pur obédience dirait qu'Obama n'est que la cristallisation d'une superstructure devenue folle à force de vivre à crédit et d'être financée par l'épargne du monde entier, et surtout celle venant d'Asie. Tout est à vendre aux USA, on y négocie l'espoir au plus offrant quand tout le reste n'a plus aucune valeur. Obama est l'anti-Reagan, il promeut à tout va que l'État, le Léviathan de Hobbes, s'occupera de tous vos soucis pour le meilleur des mondes. Un Léviathan revu par Disney, ou plutôt, comme dans la chanson de Gainsbourg, un nouveau sacrifice au Cargo Cult.