
Les armes à feu s'invitent dans la campagne américaine

Quelques mois après le massacre qui a fait 32 morts à Virginia Tech, les armes à feu pèseront-elles sur l'issue la campagne électorale ?
Depuis les années 60, le contrôle des armes est un enjeu de premier plan sur la scène politique américaine. Dans un pays où l'affiliation partisane dit peu sur les valeurs défendues par les candidats, leurs prises de position sur la question du » gun control » est un des critères-clés qui permettent de leur attribuer l'étiquette de » conservative » ou de » liberal » .
Les démocrates en ont été les champions sous l'administration Clinton, mais une cuisante défaite au Congrès quelques mois après l'instauration de contrôles sur les ventes par la loi Brady en 1993 et la défaite d'Al Gore en 2000 les ont rendus prudents.
John Kerry, quatre ans plus tard, a pris soin, lui, d'apparaître à la télévision l'arme à l'épaule lors d'une partie de chasse. Même Hillary Clinton, qui pourrait attribuer sans trop mentir la baisse des taux d'homicides de la décennie écoulée à la loi signée par son époux, prend soin d'éviter ce sujet risqué, pourtant de nature à lui attacher une partie de l'électorat démocrate, surtout féminin.
Défendre le contrôle des armes, c'est prendre un risque dans les états-clés
C'est qu'une élection présidentielle, en raison de la mécanique électorale, se gagne état par état. Les voix à prendre avec le contrôle des armes le sont dans des états déjà acquis aux démocrates, comme celui de New York, dont elle est sénatrice ; les voix à perdre, dans des états moins peuplés, mais cruciaux, les fameux » états-balance » .
Le challenger républicain ne peut pas, lui, se contenter du silence. Alors qu'il était maire de New York, Rudolph Giuliani n'a pas ménagé sa peine pour tenter d'obtenir d'une loi fédérale un moyen de mettre un terme au flot d'armes illégales en provenance d'autres états, qui inondait sa ville.
Aujourd'hui qu'il brigue un mandat fédéral, il doit revenir sur ses prises de position, en répétant que les lois existantes sont bien suffisantes si elles sont appliquées avec fermeté, et en se déclarant fervent partisan d'une interprétation du deuxième amendement à la Constitution qui ouvrirait aux Américains un incontestable droit aux armes.
La Cour suprême a accepté d'interpréter le deuxième amendement
La question des armes est également un terrain miné pour d'autres candidats à l'investiture républicaine. Mitt Romney, qui en tant que gouverneur du Massachusetts a signé une loi interdisant les armes d'assaut, cherche maintenant à faire passer deux sorties de chasse pour la passion d'une vie. John McCain doit faire oublier qu'il a milité pour des lois » raisonnables » de contrôle après le massacre du lycée Columbine.
Que ce soit pour les démocrates ou pour les républicains, aborder le sujet de front pourrait donc revenir à se tirer une balle dans le pied. Mais la question pourrait bien resurgir sur le devant de la scène de manière tonitruante au printemps.
Pour la première fois en près de soixante-dix ans, la Cour suprême vient en effet d'accepter de se saisir d'un cas qui va l'amener à s'exprimer sur le sens qu'il faut donner au deuxième amendement : » Une milice bien administrée étant la garantie d'un Etat libre, le droit du peuple à posséder des armes et à les porter ne sera pas entravé. »
L'ambiguïté de ces vingt-sept mots arrange bien à la fois les partisans et les adversaires du contrôle. Les premiers font une lecture littérale de la seconde clause, qui garantirait le droit à chaque citoyen de s'armer. Les seconds insistent sur la première, qui mentionne la nécessité pour les états fédérés de disposer d'une milice, c'est-à-dire d'une armée de conscription : pour eux, c'est au peuple dans son ensemble que le droit aux armes est reconnu, en d'autres termes à l'Etat.
Ni les uns ni les autres ne tenaient à ce que la Cour se penche sur la question, en raison du risque de voir leur interprétation contredite. Il aura fallu l'acharnement des libertariens du Cato Institute -un think tank qui conteste la constitutionnalité de l'interdiction des armes par le District of Columbia- pour l'y forcer.
En 1939, la Cour avait déjà eu à statuer sur une affaire portant sur le deuxième amendement. La particularité du cas l'avait cependant autorisée à rendre un arrêt oblique. Jack Miller était accusé d'avoir transporté d'Oklahoma en Arkansas une arme de moins de 18 pouces de longueur, ce qui constituait une violation de la loi fédérale de 1934, qui règlementait non pas la détention ou le port, mais l » » importation » d'un état à l'autre de ce type d'arme.
Si la cour avait alors décidé que cette loi n'entrait pas en contradiction avec le deuxième amendement, c'était au motif que le fusil à canon scié de Miller n'était pas un type d'arme en usage dans une armée de conscription. Les partisans du droit aux armes ont eu beau jeu depuis de faire remarquer que les 9 mm et les pistolets automatiques sont, eux, d'un usage militaire courant.
Les avocats du Cato Institute ont pris soin cette fois de présenter un cas qui ne ménagera pas une telle échappatoire aux neuf juges. S'il est évident que la décision ne passera pas inaperçue, il est difficile aujourd'hui d'estimer quelles seront ses conséquences électorales, pour la présidentielle comme pour les élections au Congrès.
Paradoxalement, les républicains pourraient tirer bénéfice d'une interprétation contraire à leurs vues : si le deuxième amendement n'interdit pas le contrôle, alors les démocrates qui y sont favorables pourront paraître d'autant plus menaçants aux amateurs d'armes. Ce que les groupes de pression pour le droit aux armes, National Rifle Association en tête, même s'ils auront subi un revers, ne manqueront pas d'exploiter.
► Didier Combeau vient de publier » Des Américains et des armes à feu : Démocratie et violence aux Etats-Unis » (éditions Belin).
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De
20H55 | 29/11/2007 |
Je ne pense pas que ce sujet cristallisera les oppositions entre les Républicains et les Démocrates. L'enjeu du scrutin, c'est l'évolution de la situation en Irak….à moins que la crise financière et monétaire bouleverse la donne.
De pablico
14H11 | 30/11/2007 |
Je comprend que l'on puisse détenir un fusil de chasse.
Un fusil de chasse étant fait pour chasser.
Mais quel est l'utilité des autres armes à feu ?
Peut-être craindre une invasion. Mais une invasion de qui, de quoi ?
Détenir une arme, c'est ne pas faire confiance à sa police, sa justice et son armée. En un mot les institutions d'état.
à pablico
De
14H59 | 30/11/2007 |
Vous avez raison,aux USA un ami amateur d'armes m'a dit que si il avait tout un arsenal c'etait plus pour pouvoir defendre sa libertée au cas ou la democratie disparaiterait (c'est ce qui est en train de se passer,a petit feu,et pas qu'au USA) face a l'armée ou a la police que par peur des cambrioleurs. A mediter je pense
à pablico
De
22H36 | 30/11/2007 |
mais non les armes c'est pour ce défendre tu vois bien que chaque fois que les martiens débarque sur terre ils vont en amerique et que lorsque king kong sort de son ile il va ou hein ? et les tyranosaures hein ils vont ou, a new york bien sur, alors faut les comprendrent les ricains forcement ils se mefient maintenant ils sont armés…..
De OsK
22H07 | 29/11/2007 |
Mon dieu, votre plume est si agile, que ne la débarassez vous de ce vilain américanisme « L'administration Bush » dites vous… Mais non… « The Bush Administration » c'est le gouvernement Bush !
à OsK
De
10H04 | 30/11/2007 |
Bravo : enfin quelqu'un qui comprend l'anglais et ses nuances.
De
00H29 | 30/11/2007 |
ca me parais fantaisiste de voir disparaitre la liberté d etre armé aux USA c'est une partie intégrante de leur culture ont ne touche pas a la constitution surtout sur ce sujet le 1er qui le fera perdra l'élection
De
01H06 | 30/11/2007 |
Mieux vaux les laisser tous s'entretuer.
Je me demande comment on a fait pour vivre en france un pays ou on ne peut posseder d'armes que dans certains cas particuliers hummmm ……. en fait faut juste se rendre compte que ca sert a rien
Moi j'y arrive ; ) pourquoi pas eux
De skalpa
actif et militant ? | 01H22 | 30/11/2007 |
Faites gaffe, Charlton Heston va s'énerver

http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De Suzanna
10H57 | 30/11/2007 |
beau voyoucrate ! Mais plutôt décati à l'heure actuelle…Hélas, il a de l'avenir quand on lit les réactions des courageux démocrates. Les « États blancs » laisseront un sale héritage dans l'histoire des E-U.
De
09H23 | 30/11/2007 |
J'avais écrit quelques lignes (qui ont disparues) expliquant que le sujet ou problème « ARMES » est un faux « sujet ou problème ». Les USA sont nés des colons, tous armés qui se sont liquidés, ont liquidés les « natives »…. durant des dizaines d'années, l'histoire est ainsi, on ne la refera pas ! Le problème de la violence, que l'on associe aux armes est un problème plus profond, lié aux médias, aux jeux….. qui exacerbent la violence . Le passage du virtuel au réel peut aller trés vite pour des êtres sans espoir. Le débat LÉGITIME sur les armes ne doit pas cacher le débat NÉCESSAIRE sur la société CAPITALISTE DE CONSOMMATION (plus important a mes yeux). J'ai été élevé après la deuxième guerre mondiale, aux milieu des armes qui se trouvaient partout , dans chaque maison, pour autant je n'est jamais vu ni entendu parler de massacres ni de rixe mortelles par armes a feu.
http://bonsensisme.canalblog.com/
De Claude Lebrun
13H16 | 30/11/2007 |
La loi fédérale interdit l'untilisation des fusils d'assaut et des pistolets-mitrailleurs en « automatique » et tous les modèles vendus sont bloqués au coup par coup. Une leçon des « sulfatages » dans les rues de Chicago dans les années 30. Comme quoi la législation peut évoluer même si lentement.
à Claude Lebrun
De
22H04 | 30/11/2007 |
Les armes bloquées au coup par coup ? ? ça c'est la théorie, allez a une bourse aux armes au Texas, a Houston par exemple elle rempli complètement l'Astro , vous y trouverez tout ce qui existe au monde du XVI ème a nos jours, j'ai été invité au stand de tir par des collègues, (tous les mercredi les coffres de voitures contiennent tous au moins une arme ou deux, parfois une dizaine) et j'ai eu dans les main une « Marlin » automatique 9 millimètres a 100 coups (en rafale) ! Bref celui qui va oser supprimer les armes aux texans est sur de faire moins de 10 % des votes. Remarquez aussi que le Texas, l'état probablement le plus armé n'est pas le plus violent (Je ne parle pas de Bush bée) La violence apparait souvent dans les ghettos, ou les zones de Trafic, elle est souvent a relier avec la drogue qui a déja tuée 3 de mes cousins en Californie .
J'adhère complètement aux idées d'un message suivant qui pense comme moi que les armes ne sont pas le probléme de la violence, la société étasunienne est devenue invivable pour les plus faibles qui sombrent dans la démence
De
14H24 | 30/11/2007 |
… je precise que dans certains états les étudiants sont tenus de porter une arme « visible » la possession d une arme fait parti d'un amendement de leur histoire les américains sont + nationaliste que nous
De
18H52 | 30/11/2007 |
En France ce n'est pas mieux. Le durcissement de la législation a retiré la plupart des armes aux honnêtes gens et seuls les voyous sont armés et bien souvent lourdement armés…
De
18H03 | 01/12/2007 |
Les honnêtes gens n'ont pas d'armes …
De
19H00 | 30/11/2007 |
les armes comme je l'ai lu dans un des messages n'est pas le problème. C'est presque vrais.
Toutes les catégorie d'armes y sont proposées à la vente même s'il y a des restriction on peux les acheter. On ne m'enleverras jamais de l'idée qu'un fusil d'assaut sert à aller à la chasse.
La majorité des états ou il y a la NRA en force sont les états du sud anciennement esclavagiste et qui pour la pluparts penses dans leur fond que l'état fédérale est une bande de parvennue (depuis la guerre de céssétion).
cela les conduit a une peur irraisonné d'une administration d'état antidémocratique ce qui les poussent à s'armé contre une éventuelle dictature qui s'installerait.
Mais pour autant la violence ne vient pas de la libre vente des armes car les voisins les plus proches des états-Unis le cannada on 2 millions de chasseur sur 15 millions d'habitant et il y a 7 millions d'armes appartennant à des particuliers et pourtant les chiffres de crime y sont dérisoires en comparaisont a celui des E-U.
Cette violence ne vient pas d'un passé violent.L'allemagne un des pays au plus grand passé de violence n'a que trés peu de problème de violence.
le problème vient de leur mode de vie leur façon de penser qui les rend violent sur leur territoire mais aussi aux niveau internationnale (Irak, Afganisthan, Vietnam…)
De
03H08 | 01/12/2007 |
Qu'on nous foute la paix avec le « probleme » des armes a feu.
Une etude statistic a demontre que les etats ou le port d'arme etait le plus dereglemente etaient aussi les plus surs (recherchez « John Lott » sur Wikipedia). Avec les permis pour porter une arme cachee (« concealed ») le delinquant ne sait jamais si sa victime potentielle est armee. Ca refroidit les ardeurs.
La ville de Washington D.C. a banni les armes de poing il y a 30 ans. C'est encore aujourd'hui l'une des plus violentes et dangereuses du pays. Trois decennies de controle et de reglementation a outrance pour un resultat nul. Il faut avoir de la bouse dans les yeux (ou dans la tete) pour oser pretendre que c'est la solution a adopter.
De Tita
oiseau | 11H14 | 01/12/2007 |
Ce genre d'interdiction ne me parrait guère très intéressante si on veut vraiment baisser la violence. Les drogues sont bien interdites mais elles sont néanmoins vendues… en cachette. C'est aussi sans compter toutes les armes qui sont déjà en circulation.
Evidemment, avoir une arme, c'est prendre le risque de s'en servir à un moment donnée, par peur (justifiée ou non), par énervement, etc…
Enfin, la propension à se servir d'une arme est largement influencée par les modèles sociaux (la culture, ce qu'on pense être la réalité, ce qu'on pense que les autres font dans des situations identiques etc…) et là, la TV, fort regardée aux EU, m'apparait encore plus dangereuse au vu des milliers de morts violentes qu'on y voit et qui ainsi banalisent l'arme et son usage.
De
07H48 | 02/12/2007 |
Je commenterai cet article par une citation avec laquelle je suis en parfait accord et tout particulièrement sur le dernier point : « The rifle is equally useful in securing meat for the table, destroying group enemies on the battlefield, and resisting tyranny. In fact, it is the only means of resisting tyranny, because a citizenry armed with rifles simply cannot be tyrannized. » -- Jeff Cooper
De
07H59 | 02/12/2007 |
Beaucoup d'Européens tiennent pour un acquis inébranlable leur démocratie. Le jour où nous autres européens serons sous le joug d'un système totalitaire indétrônable par les moyens démocratiques conventionnels nous serons alors content d'avoir en notre possession des armes à feu afin de nous protéger de la tyrannie et récupérer notre souveraineté populaire.
Les USA sont entrain de virer vers un système totalitaire effrayant, et le jour où les citoyens américains se réveilleront de leur apathie et aveuglement il sera déjà bien tard, mais au moins l'omniprésence des armes à feu dans leur société leur donnera les outils nécessaires pour renverser le gouvernement despotique en cas d'insurrection populaire.