Le Sarko-Obama show vu par la presse américaine
La conférence de presse à l'Elysée a soulevé des commentaires amusés et amusants outre-atlantique. Revue.

Nicolas Sarkozy n'a pas soutenu officiellement Barack Obama pour la présidentielle américaine. Il s'est arrêté à un cheveu. Le plus près possible d'un appel à voter pour lui sans avoir à le faire selon Time. « Le président n'arrêtait pas d'insister sur le fait que le peuple américain, et non pas un homme politique français, choisirait le prochain dirigeant des Etats-Unis, mais il semblait incapable de prendre ses propres mots au sérieux » à en croire le Washington Post.
« Les regards radieux de Sarkozy vers Obama n'avaient pas besoin d'interprétation », raconte le blog du Chicago Sun. Tous les journaux américains reprennent la phrase de Nicolas Sarkozy à propos de l'élection de novembre :
« Si c'est lui, la France sera très heureuse. Et si ce n'est pas lui, la France sera l'amie des Etats-Unis d'Amérique. »
Time se demande même si lorsque Sarkozy a parlé de son intérêt pour un candidat tourné vers l'avenir plutôt que vers le passé, c'était une fléchette décochée vers son rival républicain âgée de 71 ans, le sénateur John McCain, « son meilleur ami du mois de mars » ironise l'hebdomadaire, à propos de sa dernière visite à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a déjà rencontré le candidat républicain trois fois, mais note le Los Angeles Times, « il n'y avait pas de conférence de presse commune, McCain avait répondu aux questions des journalistes dans une cour sans Sarkozy ».
Nicolas Sarkozy avait des raisons d'être enthousiaste pour la venue d'Obama, décode le Washington Post : le président français a des problèmes de popularité et « semblait pressé d'être associé à un homme politique américain très populaire en France ». Maureen Dowd, chroniqueuse du New York Times, laisse entendre que la fascination est assez narcissique : Nicolas Sarkozy (« Sarkozy l'Américain qui aime tout dans notre culture de Sylvester Stallone à Gloria Gaynor ») s'emballe pour « un fils d'immigrant qui a percé dans l'aristocratie politique avec un nom qui sonne étranger ». Pour Maureen Dowd, on est en pleine romance, ne manque que Claude Lelouch pour jouer « un homme et un homme ».
Obama appelle Sarkozy à mesurer ses mots
Le Washington Post note que le président français était tellement bouillant d'enthousiasme que lorsqu'un journaliste lui a demandé s'il appelait à voter pour le sénateur démocrate, Barack Obama est intervenu pour lui demander d'être prudent dans sa réponse. Barack Obama semblait sensible à ne pas avoir l'air d'être trop proche de Nicolas Sarkozy observe aussi le Wall Street Journal. Le LA Times souligne qu'alors qu'il avait passé la nuit à Berlin et Londres, le sénateur démocrate s'est contenté d'une étape de quelques heures à Paris.
Et pour cause. « C'était inhabituel d'avoir un candidat démocrate à la présidentielle aux côtés d'un président français » note le New York Times. « Quatre ans plus tôt, le sénateur John Kerry avait passé des mois à combattre l'impression qu'il avait l'air “ français ” ou qu'il privilégiait une vision européenne du monde, des républicains en avaient fait une caricature qui avait probablement nui à sa candidature. » Obama a été diplomatique, remarque le Washington Post : « Quand un journaliste lui a demandé si c'était une bonne chose électoralement aux Etats-Unis que d'être populaire en France et si c'était la raison pour laquelle il était passé si brièvement à Paris », le sénateur pour n'offenser ni ses hôtes français si l'électorat américain « a esquivé la question ».
Plusieurs journaux dont USA Today remarquent que le sénateur démocrate a dit que c'était grâce à Nicolas Sarkozy que les French Fries (frites) avaient repris leur nom à la cafétéria du Congrès (les anti-français à l'époque du différend sur l'Irak les avaient rebaptisées Freedom Fries). Tiens, aucun journal ne précise que les French Fries ont repris leur nom en juillet 2006 et que Sarkozy a été élu en mai 2007.
Plus sérieusement, en revenant -à mots couverts- sur la période du « French Bashing », le LATimes relève l'éclairage qu'a apporté Obama : « les Européens, je crois, ont trouvé les Américains unilatéraux et militaristes et ont tendu à oublier les sacrifices extraordinaires qu'ont fait non seulement l'armée américaine, mais aussi les contribuables américains, en aidant à reconstruire l'Europe ». Certains Américains ont tendance à penser que « les Européens ne veulent pas se salir les mains sur certaines questions difficiles de sécurité et qu'ils critiquent tout le temps l'Amérique. »
Qu'est-ce qui a fait rire la presse ?
En tout cas, il y a encore des perceptions à corriger. Jake Tapper d »ABCNews note sur son blog que les médias français ont éclaté de rire après avoir entendu Sarkozy dire « les Français aiment les Américains » (écouter le son).
Autre curiosité de la conférence, la reprise dans la blogosphère de la question de Christiane Amanpour de CNN qui, pour résumer, interroge Nicolas Sarkozy sur l'espoir qu'inspire le parcours de Barack Obama chez les Noirs de France alors que lui, il y a deux ans, traitait les émeutiers des banlieues françaises de « racailles » (« en fait, le “racaille” de Sarkozy ne répondait pas aux émeutes qui n'avaient pas commencé »).
La presse américaine ne reprend pas la réponse (« Depuis mon élection y a pas eu d'émeute parce qu'on amis en place un plan de développement » a dit Nicolas Sarkozy qui espère que les images de Villers-le-Bel n'auront pas traversé l'Atlantique) mais sur le même sujet, Newsweek raconte la scène qui se déroule à l'extérieur de l'Elysée pendant la rencontre du Français et de l'Américain : « Dans la rue devant le palais de l'Elysée, la petite foule de Noirs supporters locaux d'Obama semblaient moins convaincus par la version française de l'égalité des chances » dit l'article, qui souligne « leur espoir que son succès politique (d'Obama) provoque des interrogations sur les questions raciales dans leur pays. »
Sur la forme de l'échange, Jake Tapper d'ABCNews souligne sur son blog que le ton de Sarkozy en répondant à Amanpour était très sarcastique (« merci pour votre contribution à l'amitié entre les peuples », « revenez madame ») avant de conclure en franglais : « c'est strange ».
Et pour ceux que ça intéresse, Carla Bruni n'était pas là. Barack Obama l'a dit à Maureen Dowd du New York Times : « Ce qui je crois a déçu mon staff. C'était la seule chose qui les intéressait vraiment. »
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à Pierrrrre
De Rineva
08H05 | 29/07/2008 |
oui c'est ça, pas DE gauche, mais gauche.
De dupontlajoie
cadre sud | 10H53 | 28/07/2008 |
Les commentaires sur les six cerveaux de SARKOZY expression employée par CARLA (qui sait y faire avec les hommes ! ! ! ! ! ! ! )devraient disparaître.Moi j'en suis à me demander s'il en a au moins un .Et si c'est le cas s » il n'est pas en roue libre compléte ,comme un court circuit cérébral permanent en quelque sorte.
Moi en tous cas il me fait honte ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
à dupontlajoie
De Pierrrrre
16H59 | 28/07/2008 |
»…Moi j'en suis à me demander s'il en a au moins un… »
→→ Pour vous, on ne se pose même pas la question…
Mais il est certain que vous en ayez deux, et fier de les montrer.
De sarkostique
11H10 | 28/07/2008 |
Sarkozy n'est pas fidèle en amour (il a la quéquette qui le démange comme tous les président de la raie publique).
Il l'est encore moins en amitié. Après avoir servi d'essuie pied à Bush voilà qu'il drague Obama car il est noir et surtout, surtout, populaire.
Les médias français n'ont rien vu, les médias américains sont ici comme souvent beaucoup plus professionnels.
http://sarkostique.over-blog.com
http://sarkostique.over-blog.com/article-21531141.html
De Zafran
universitaire | 13H11 | 28/07/2008 |
Barack OBAMA ou le parcours d'un Homme politique aux Etats-Unis d'Amérique
« A peine rentré aux Etats-Unis, Barack Obama doit faire face aux critiques »…(Le Monde 27.07.08)
C'est aussi cela, les Etats-Unis d'Amérique, toutes les critiques sont autorisées, y compris par rapport à une tournée internationale, presque sans faute, du Candidat démocrate Barack OBAMA.
Donc, rien à voir avec la France où le Président la République s'emporte, en perdant au passage son oreillette, sur une question de la journaliste vedette de « CNN » Christiane Amanpour relevant à juste titre le décallage entre « l'OBAMANIA » en France et le sort peu enviable que celle-ci réserve à ses noirs…et autres « minorités visibles ».
Alors quand, dans la même conférence de presse, Nicolas Sarkozy pointe « l'aventure exceptionnelle » de Barack Obama aux Etats-Unis…il ne se trouve évidemment pas un journaliste français pour lui faire remarquer ou comprendre qu'il s'agit ni plus ni moins d'un « parcours politique » d'un Homme aux Etats-Unis d'Amérique, et nullement d'une aventure éphémère relevant du fait du prince au Cameroun ou en France, telle que celle de Rama Yade, de Fadela Amara ou de Rachida Dati.
Là réside toute la différence ! ! !
Je vous remercie
à Zafran
De TARPON
18H14 | 28/07/2008 |
Je crois qu'actuellement etre journaliste français en France n'est pas facile depuis que les patrons de presse ont fait allegeance au pouvoir .
Neanmoins,les journalistes français ont depuis quelques decennies engagé une telle connivence avec les pouvoirs publics qu'on doit penser qu'ils en recoltent la sanction face à quelqu'un qui ne joue plus un jeu qu'il connait trop bien.
La reflexion faite à Amanpour aurait été un arret de mort pour un journaliste français .alors qu'aucun politique americain ne se risquerait à une telle reponse qui verrait toute la confrerie lui sauter dessus.Deux mondes..Où il apparait à Sarkozy tout d'un coup qu'il n'est que le maitre d'un petit pays dont les americains n'ont rien à cirer.Amanpour est anglo-iranienne et tres impliquée dans la candidature OBAMA.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H34 | 28/07/2008 |
« des interrogations sur les questions raciales dans leur pays »
Utiliser le concept de race pour les êtres humains, ce n'est pas sensé être une hérésie génétique comme humaniste ?
De toktomi
03H49 | 29/07/2008 |
Obama et Sarko n ont pas de raisons majeures de se tirer dessus ; ils auront besoins l un de l autre ,en économie et politique étrangère.
sympa de nous filer un ptit clin d oeil de « la presse ricaine »,meme quand ils paranoisent pas.
_Il est bien aux manettes européennes notre hyper-Convenant en smoment,combien de temps avant que l europe récupére le bébé afghan,mmm ?
De paulodef
éditeur | 10H30 | 29/07/2008 |
Vers de grandes déceptions…
Comme l'indiquait Yannick Mireur hier dans cette émission de C dans l'air, sur France 5, et dans cet article, je crains que les européens ne soient très déçus, même si Obama était élu (ce qui reste peu probable).
Avant d'être un symbole, Obama est et restera un stratège politique, et avant tout un représentant des intérêts de son pays.
à paulodef
De Pierrrrre
08H35 | 30/07/2008 |
»….un représentant des intérêts de son pays…. »
►→ et ça va tellement à l'opposé de la conception de la politique à la française.
De screugneugneux
râleur-NRV | 10H48 | 29/07/2008 |
« Et pour ceux que ça intéresse, Carla Bruni n'était pas là. Barack Obama l'a dit à Maureen Dowd du New York Times : “ Ce qui je crois a déçu mon staff. C'était la seule chose qui les intéressait vraiment. ”
c'est à mon sens la plus méchante des méchancetés, et ça devrai nous faire réfléchir…..
Au vue de la conférence de press, je trouve que sarkon n'a pas l'envergure d'un grand chef d'état, loin s'en faut. Phrases creuses, soubresauts incontrôlables et inutiles, verbiage sans intérêt, il jubilait de par la simple situation, c'était le gendarme defunes à New York……
Obama se demande ce qu'il mange pour avoir tant d'énérgie et etre tout le temps en mouvement…. ça viens pas de la nourriture je crois…..
Enfin, on avait l'impression quobama se sentait gêné d'être là, ou par la situation, je ne sais pas mais il est resté très sobre ( lui a de la classe au moins…)
obama a bien pris soins de ne pas apparaitre trop familier avec sarkon ( mauvais pour l'image ? ? ? ? ? )
C'est l'allemagne qu'a choisi Obama pour s'adresser à l'europe, pas la france…..
C'est au peuple allemand qu'Obama a choisi de s'adresser, et pas aux français…..
C'est en ALL. et en GB qu'obama à passé 24 H, en france il a fait une pause pipi /petits fours……
Il serai temps qu'on prenne conscience que nous ne sommes plus un grand pays, ni europe, et encore moins dans le monde…… ça nous vexe, mais c'est comme ça … ! ! ! ! ! ! !
à screugneugneux
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 21H48 | 30/07/2008 |
Obama se demande ce qu'il mange pour avoir tant d'énérgie et etre tout le temps en mouvement…. ça viens pas de la nourriture je crois…..
Je ne crois pas non plus. Du reste, quand il participe au Tour de France, il se garde bien de monter sur un vélo.
Résumons cet important ; -) évènement politique :
Du côté d'Obama, une brève visite de courtoisie pour se démarquer des dérapages de la sinistre équipe Bush versus Chirac et laisser espérer une potentielle pommade diplomatique sur une vilaine égratignure, en même temps que la marque d'un certain (et rassurant) respect pour l'UE via son président du moment.
Pour ce qui est de l'hôte, une occasion supplémentaire de faire son numéro habituel centré sur sa (vraiment très) petite personne et la réussite de son « coup » électoral, dont il ne s'est manifestement pas encore remis.
Attention, Monsieur Obama : ne mettez pas trop en avant une éventuelle popularité en Europe, ce n'est généralement pas très bien porté aux USA surtout par un candidat à la présidence fédérale.
De Pierrrrre
09H39 | 31/07/2008 |
»….Le Sarko-Obama show vu par la presse américaine….. »
→→ moi, je dirais plutôt, vu par Guillemette,
par le biais d'une référence sélective d'articles choisis,
afin de crédibiliser une opinion semblant ainsi venir d'ailleurs.