05/01/2008 à 13h57

Extraits du discours d'Obama remerciant l'Iowa


Un lecteur, Valery Gaillard, a traduit pour vous le discours prononcé par le candidat Barack Obama après sa victoire au Caucus de l'Iowa.

Merci, l'Iowa.

Vous savez, ils avaient dit que ce jour n'arriverait jamais. Ils avaient
dit qu'on avait visé trop haut. Ils avaient dit que ce pays était trop divisé, trop désenchanté pour se rassembler autour d'un projet commun.
Mais en cette nuit de janvier, à ce moment décisif de l'histoire, vous avez fait ce que les cyniques avaient dit qu'on ne pourrait pas faire.

Vous avez fait ce que l'état du New Hampshire peut faire dans 5 jours. Vous avez fait ce que l'Amérique peur faire cette année, en 2008.

Dans ces files d'attente qui s'étendaient autour des écoles et des églises, dans les petites villes, dans les grandes villes, vous vous êtes venus ensemble, les Démocrates, les Républicains et les Indépendants, pour vous lever et dire que nous sommes une même nation. Nous sommes un peuple. Et pour nous, le temps du changement est venu.

Vous avez dit que le temps est venu de dépasser l'amertume et la médiocrité qui dévorent Washington.

De mettre fin à la stratégie politique de la division et la remplacer par celle de l'addition. De construire une coalition pour le changement
qui dépassera les états rouges (républicains) ou bleus (démocrates).

Parce que c'est ainsi qu'on va gagner en novembre, et qu'on fera face aux défis qui nous attendent, en tant que Nation.

Nous choisissons l'espoir contre la peur.

Nous choisissons l'unité contre la division et nous envoyons le message fort que le changement arrive en Amérique.

Vous avez dit que le temps est venu de répondre aux lobbystes - qui croient que leur argent et leur influence parlent plus fort que nos voix
-
que ce gouvernement ne leur appartient pas. Il nous appartient. Et nous sommes ici pour le reprendre.

Le temps est venu pour un président honnête par rapport aux choix et aux
défis qui nous attendent, qui vous écoutera et apprendra de vous, même quand on sera en désaccord, qui ne vous dira pas seulement ce que vous voulez entendre, mais ce que vous avez besoin de savoir.

Et si, dans le New Hampshire, vous me donnez la même chance que dans l'Iowa ce soir, je serai ce président pour l'Amérique.

Je serai un président qui, enfin, rend la couverture maladie abordable
et accessible à chacun en Amérique, de la même façon que je l'ai fait
dans l'Illinois, en rassemblant les Démocrates et les Républicains pour
faire le boulot. Je serai un président qui mettra fin aux réductions d'impôts pour les compagnies qui délocalisent et accordera ces réductions d'impôts aux poches des classes moyennes qui le méritent.

Je serai un président qui rassemblera l'intelligence des fermiers, des scientifiques et des entrepreneurs pour libérer cette nation de la
tyrannie du pétrole une fois pour toute.

Et je serai un président qui mettra fin à cette guerre en Irak, et enfin ramènera nos troupes à la maison, qui restaurera notre prestige moral,
qui comprendra que le 11 septembre, ce n'est pas un moyen de rassembler des votes sur la peur, mais un défi qui devrait unir l'Amérique et le monde
contre les menaces communes du 21ème siècle.

Les menaces communes du terrorisme et des armes nucléaire, du changement climatique et de la pauvreté, du génocide et de la maladie.

Ce soir, nous sommes un peu plus proches de cette vision, grâce à ce que
vous avez fait ici dans l'Iowa.

[...]
Dans quelques années, vous regarderez en arrière et vous vous rappellerez que c'était le moment, c'était l'endroit, où l'Amérique s'est remise à espérer.

[...]
L'espoir, c'est ce qui m'a amené jusqu'ici. Avec un père du Kenya, une mère du Kansas, et une histoire qui ne pourrait arriver qu'aux États-Unis d'Amérique.

L'espoir est la base de cette Nation. La croyance que notre destin n'est pas écrit pour nous mais par nous, par tous ces hommes et toutes ces
femmes qui ne se contentent pas du monde tel qu'il est, mais qui ont le courage de reconstruire le monde tel qu'il devrait être.

Voilà ce que nous avons commencé en Iowa, et c'est le message que nous pouvons maintenant emporter vers le New Hampshire et au-delà.

Ce même message, nous l'avons porté quand les choses allaient bien et quand elles allaient mal ; c'est celui qui peut sauver le pays, brique après brique, bloc après bloc : celui qu'ensemble, les gens ordinaires peuvent faire des choses extraordinaires.

Parce que nous ne sommes pas un rassemblement d'États rouges ou bleus.
Nous sommes les États-Unis d'Amérique. Et maintenant, pour cette élection, nous sommes prêts y à croire de nouveau.

Merci, l'Iowa.

Traduction : Valery Gaillard

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  • thierry reboud
    • Posté à 14h54 le 05/01/2008
    • Internaute

    Je crois que nous aurons bientôt des élections au Parlement européen.
    Je rêve que la couverture que Rue89 leur accordera soit au moins aussi complète que celle accordée à cette pré-élection étasunienne.
    Je rêve que vous rendiez compte des débats qui auront lieu en Grèce, en Lituanie, au Portugal ou en République tchèque comme vous nous informez de l'actualité de l'Iowa, du Nouveau-Hampshire, du Montana ou de l'Arkansas.
    Je n'ignore pas, bien entendu, que l'élection présidentielle en métropole ne manquera pas d'avoir des répercussions sur la vie dans les colonies. Mais enfin, nous n'en sommes qu'au processus de désignation des candidats !

    • Valéry
      Valéry répond à thierry reboud
      • Posté à 17h34 le 05/01/2008

      Oui, la remarque est pertinente. Et en même temps, l'engouement exceptionnelle de cette campagne se mesure à la lassitude engendrée par l'ère néo-conservatrice. Par ailleurs, certains signes semblent indiquer qu'on entame un nouveau cycle politique, dans les deux camps. Enfin, quoi qu'on pense des Etats-Unis et de leur(s) politique(s), force est de constater qu'ils démontrent un exercice de la démocratie plutôt revigorant.

      • jide
        jide répond à Valéry
        • Posté à 18h01 le 05/01/2008

        Jusqu'à présent, leur exercice de la démocratie m'a convaincu du complet échec de la démocratie dans ce pays. L'exemple même que cet échec est possible. Je souhaite évidemment n'avoir été témoin que d'une mauvaise passe de l'histoire américaine...
        La politique américaine a de telles répercussion dans le monde qu'il est légitime d'observer ce qui s'y passe attentivement. On est tous dans le même bateau ...

        Lien

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à thierry reboud
      Redchef Rue89
      • Posté à 19h14 le 05/01/2008
        éditeur
      • Journaliste
        Redchef

      Thierry,
      Je comprends votre remarque, mais l'enjeu de l'élection américaine, nous semble-t-il, dépasse celui de la plupart des élections dans le monde. Privilège de l'hyperpuissance...
      C'est un enjeu pour les Américains (pour leur couverture maladie, pour leurs libertés publiques...) mais aussi pour la planète. La personnalité du prochain président peut faciliter, ou non, une réconciliation des Etats-Unis avec le reste du monde. Et sa position sur l'Irak ne sera pas neutre sur la suite des événements dans la région.

      • thierry reboud
        • Posté à 22h44 le 05/01/2008
        • Internaute

        Bonsoir Pascal.
        Merci pour votre réponse, et désolé si j'ai paru abrupt.
        La mienne s'adressera donc aussi à Valéry (le traducteur du discours ? ).
        A titre personnel, je ne suis pas convaincu qu'un discours d'après-caucus soit si novateur que cela par rapport à ceux qu'il a pu tenir avant le caucus.
        En tout état de cause, la définition de la ligne éditoriale vous appartient et je ne songe pas à le contester. Il s'agissait plus, selon moi, d'une remarque que d'une remise en cause.
        N'empêche (même si ce n'est qu'une suggestion), une couverture des élections européennes de 2009 comme celle-là, putain, ça serait bien !

      • Perjovem
        Perjovem répond à Pascal Riché
        Antiquus facturum à Divodorum
        • Posté à 04h18 le 06/01/2008
        • Internaute
          Antiquus facturum à Divodorum

        Désolé, mais si cette primaire « démocrate » était comme la primaire « républicain » : entre mâles blancs : vous n'en parleriez pas. C'est le même niveau que votre dernière pantalonnade sur Miss France.

        Ce qui vous excite : c'est la confrontation : le noir vs la femme.
        Et en tant que gauche bien pensante, la victoire d'Obama vous émoustille.
        Arf, comme si un président US avait un quelconque pouvoir face aux « faucons », aux lobbies, à Microsoft, Coca-Cola, aux puissances médiatiques et (ou) financières...

        Per Jovem !

    • Terence
      Terence répond à thierry reboud
      • Posté à 01h31 le 06/01/2008

      Pour que les élections au Parlement européen suscitent un intérêt, encore faudrait-il que ledit parlement ait un minimum de pouvoir politique, ce qu'il n'a pas. C'est la commission qui concentre tous les pouvoirs, et comme par hasard elle n'est pas issue du suffrage universel. Comme par hasard.

      Deuxièmement l'Europe, c'est surtout plus de politiques communes, mais le capital au pouvoir qui décide à notre place et à la place des politiques. Les politiques aujourd'hui, c'est bien pour amuser la galerie des journaux mondains et s'envoyer en l'air avec les représentants du capital, sans plus de craintes de l'ostentation (pourquoi se gêner ? ). Pas plus. Il suffit de comparer Waldeck-Rousseau, Gambetta, Jaurès, enfin tous ceux de la troisième avec ceux d'aujourd'hui pour comprendre ce que signifie la mort d'un État et le début du vide libéral.

      Si on voulait qualifier le parlement européen, comment devrait-on l'appeler ?

      Tribunat sous le consulat ? Il a le droit de discuter des lois mais pas de les voter ?

      Corps législatif sous le premier Empire ou le Second Empire phase autoritaire, où il n'a qu'un rôle consultatif ?

      L'Europe en tant que telle n'est pas une démocratie au sens politique du mot, c'est l'Empire du capital. Laisser faire, laisser passer et pour les salariés patience et résignation.

      Alors voter pour des quasi-pantins, rien à faire.

  • lifeinpittsburgh
    lifeinpittsburgh
    Bloggeur à Pittsburgh, USA
    • Posté à 05h05 le 06/01/2008
    • Internaute
      Bloggeur à Pittsburgh, USA

    Cette Présidentielle est importante, certes. Mais reconnaissons tout de même avec Thierry que l'emphase médiatique donnée aux primaires de l'Iowa est sans rapport avec l'enjeu, même vu d'Amérique...
    L'Iowa représente moins de 1% du corps électoral américain et n'est « que » le premier sur la longue liste de primaires à venir...

  • jcb29arz
    • Posté à 23h41 le 07/01/2008

    I HAVE A DREAM... BARACK OBAMA WILL BE...
    THE 44th AMERICAN PRESIDENT !

    I have a dream (Je fais un rêve) est à la fois le nom du discours le plus célèbre de Martin Luther King et une partie importante de l'American Civil Rights Movement.

    Martin Luther King Jr, né à Atlanta, États-Unis le 15 janvier 1929 et mort assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, était un pasteur baptiste afro-américain, militant pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis et un activiste politique.

    Ce message d'espoir est célèbre dans le monde entier, bien au-delà des frontières des États-Unis.

    Le discours fut prononcé sur les marches du Lincoln Memorial pendant la Marche vers Washington pour le travail et la liberté à Washington DC le 28 août 1963. Il illustre clairement le désir de voir dans le futur les Noirs et les Blancs coexister harmonieusement et vivre égaux.

    Le titre du discours I have a dream vient de son passage le plus connu :

    « I say to you today, my friends, so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.

    I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed : “We hold these truths to be self-evident : that all men are created equal.”

    I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at a table of brotherhood.

    I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice and oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.

    I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character. I have a dream today !

    I have a dream that one day down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of interposition and nullification ; one day right down in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.

    I have a dream today.

    I have a dream that one day every valley shall be exalted, every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plains and the crooked places will be made straight and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together. »