
Course à la Maison Blanche : le point sur les principaux candidats
Après les caucus d'Iowa de jeudi et avant les prochaines primaires dans le New Hampshire mardi, Dick Howard passe en revue les positions des différents candidats à la Maison Blanche. Le prof de philosophie politique de Stony Brook, l'université d'état de New York, se risque même à quelques pronostics (Huckabee ne tiendra pas la distance, Richardson se retire)… N'hésitez pas vous aussi à nous faire partager vos avis et scénarios.
Côté démocrate
- Barack Obama inaugure une politique post-raciale. Il va devoir maintenant être plus spécifique. Il réussit à parler d'unité dans un parti démocrate divisé depuis le mouvement des droits civiques des années 1960.
- Hillary Clinton, la sénatrice de New York, a perdu son étiquette de candidate inévitable. Son casse-tête : réussir à incarner l'expérience et le changement à la fois.
- John Edwards joue la carte populiste et compte sur le soutien des syndicats, mais ceux-ci ne sont pas aussi influents dans toutes les primaires.
- Les sorties de route : Les sénateurs Chris Dodd et Joe Biden quittent la course les premiers… alors qu'ils étaient les plus expérimentés, Joe Biden en politique étrangère et Chris Dodd sur la crise des » subprimes » . Bill Richardson, lui aussi très compétent, pourrait être le prochain à jeter l'éponge
Côté républicain
- Mike Huckabee. Le parti républicain avait, surtout depuis Reagan, réussi à rassembler ses trois ailes : les conservateurs sociaux (défenseurs des fameuses » valeurs morales » ), les conservateurs sur la politique fiscale de réduction des impôts et les néocons en politique étrangère… La victoire en Iowa d'Huckabee, un républicain qui a critiqué la politique étrangère de Bush, est le signe d'une rupture de cette coalition.
- John McCain en sort aussi victorieux. Sans faire campagne en Iowa (tout comme Rudy Giuliani), il y a fait un score décent et son rival Romney est affaibli par son score. McCain pourrait faire un bon score dans le New Hampshire, dont il avait gagné les primaires en 2000 face à George Bush. Mais le sénateur d'Arizona soutient une réforme de la politique d'immigration incluant la légalisation de clandestins. Une idée qui déplait à toute une frange de la droite.
- Mitt Romney, comme Hillary Clinton, sort des caucus d'Iowa privé de son image de candidat inévitable du parti. En Iowa, les électeurs lui ont fait payer son hypocrisie. Il a adopté trop de positions différentes pour tenter de plaire aux trois courants du parti républicain, y compris sur les questions religieuses quand il a dû défendre le fait d'être mormon tout en flattant les évangélistes.
- Rudy Giuliani, ancien maire de New York, a fait le pari de ne pas s'investir dans les premières primaires (qu'il craignait de perdre) pour n'entrer en scène qu'à la fin du mois avec les primaires de Floride. Le pari est risqué. L'éthique de gens dont il s'est entouré a été mise en cause. Sa campagne ne semble s'appuyer que sur le 11 septembre. Assez pour pouvoir sortir son épingle du jeu ?
- Ron Paul, le trublion libertaire du parti républicain, a récolté 10% des voix aux caucus d'Iowa. Il a peu de chance d'emporter la nomination du parti, mais s'il décidait de se présenter aux élections nationales sous une étiquette d'indépendant, il pourrait décider de l'élection comme Ross Perot avait en 1992 permis à Bill Clinton de devenir Président. (Nota bene : lorsque Dick Howard évoque le rôle du candidat indépendant Ralph Nader en 2004, il parle en fait des élections de 2000).
- Fred Thompson, l'acteur de Police District, n'a pas l'air d'y croire lui même et semble là pour faire plaisir à sa femme.
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De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 02H44 | 06/01/2008 |
Le précédent Kerry démontre l'importance de la dynamique de départ, surtout dans un paysage morcelé.
Huckabee a les défauts de Reagan et Bush réunis, mais son style plait pas mal à la base. Pour Rudi, le facteur santé semble éliminatoire. McCain n'a pas dit son dernier mot et a parfaitement limité la casse.
Le moins mauvais du lot, Romney, s'est effectivement dispersé à vouloir manger à tous les rateliers.
Clinton n'est pas encore morte. Elle demeure en avance sur les délégués et autant que la base, c'est l'appareil qui fera la différence. Or Obama présente désormais le profil d'un vainqueur crédible, et une bonne partie de l'establishment démocrate ne verrait pas d'un mauvais oeil la fin de la clinton-dependance.
Après le NH, on sera assez fixé sur les chances de McCain et sur l'ampleur des coups portés à l'hypercandidate Hillary.
De Hououji_Fuu
Racaille Syndicale (oh yeah !) | 11H19 | 06/01/2008 |
La victoire de Barack Obama dans les primaires de l'Iowa le propulse au centre de la scène sous la lumière des projecteurs. D'un seul vcoup, il apparaît comme un vainqueur crédible, et évidemment, tous ceux qui n'avaient pas encore réellement arrêté leur choix se mettent à flotter de ci, de là.
La candidature de Barack Obama pourrait bien continuer à faire recette auprès des électeurs : il est jeune, avenant, c'est un candidat de couleur, et il parle de « changement ». Il constitue pour beaucoup, aussi bien aux USA qu'en Europe apparemment, un cocktail détonnant de puissants hallucinogènes. Il incarne le rêve américain aux yeux de ceux qui ne cherchent pas à voir plus loin. Il est nouveau, il n'est pas connu, il n'est pas associé à ce dégoût/dédain pour la politique de la plupart des gens (qui devraient d'abord s'en prendre à eux-mêmes, mais passons).
Et puis, quoi ?
Et puis, il est clairement derrière Hillary Rodham dans des domaines chers à la gauche comme les soins de santé, Obama continuant à défendre la non-obligation d'avoir un système de soins de santé pour tous, se limitant à le rendre obligatoire pour les enfants…
Et puis, au niveau de l'expérience des coups de la machine à casser et à détruire des républicains, il n'a pas d'expérience probante.
Et puis, il prétend être un anti-lobbies, alors que ses plus proches chefs de campagne sont eux-mêmes des lobbyistes.
Et puis, il a des positions peu claires, et un peu girouettes : il annonce qu'il va voter contre le Patriot Act, et puis vote pour. Il annonce qu'il va voter contre l'augmentation de budget pour la guerre en Irak, puis il vote pour…
Et puis, il demeure un adepte des grands discours au fond creux, parce que les « j'incarne le changement », « je vais faire tomber les barrières entre bleus et rouges », ce sont quand même des paroles vides au mieux, et ultra-naïves au pire. On ressort des grandes déclarations de « je ferai la paix et l'union de la nation » que normalement seuls des enfants peuvent gober comme ça.
Mais Obama est jeune, bien foutu, et il plaît. Des arguments certes sympas pour sélectionner un acteur pour un film hollywoodien. Mais pour choisir un président des USA, c'est un peu court, jeune homme…
Encore une fois, les « gentils électeurs » fonçent pour les paillettes, le beau sourire et l'instant kodak. Il n'y a pas d'analyse des discours, pas d'analyse du passé. On se moque de l'expérience, on joue à mépriser ce qui fait la vraie force d'un candidat une fois qu'il se trouve en position de diriger, et que les difficultés vont commencer. On joue sur le creux, les grandes phrases, les grand slogans. Tiens, ça me rappelle une élection en mai 2007…
Ah, si seulement on pouvait avoir un ticket Hillary/Edwards…
De notregeneration
22H46 | 06/01/2008 |
Plus de 239,000 militants démocrates, beaucoup plus que les 125,000 en 2004 et 2.5 fois plus que les républicains !
La machine politique bien huillée d'Hillary c'est retrouvée dépassée par une bandes de jeunes humanistes d'Iowa, et des femmes, beaucoup de femmes sont venues de partout de l'état pour mettre fin à la politique de conservatrice, à une guerre débile, et mettre fin à la politique de la peur…
http://notregeneration.com