Barack Obama, président d’une Amérique post-raciale?
La course à l'investiture démocrate pour les présidentielles en 2008 se resserre, Barack Obama ayant rattrapé une partie de son retard sur la favorite, Hillary Clinton, à six semaines du début des Primaires démocrates. Il est même en tête dans l’Iowa, qui sera, le 3 janvier, le premier Etat à se prononcer.
Chercheur au Centre de recherche nord-américain, j'ai écrit avec Olivier Richomme une biographie du leader démocrate, et je vois en lui l’expression du dilemme de l’Amérique contemporaine.
Deux chiffres résument la double évolution démographique de l’Amérique de la première moitié du XXI siècle. En 2050, 21% des Américains seront d'ascendance raciale ou ethnique mixte. En 2060, les minorités (Hispaniques, Noirs, Asiatiques etc.) seront devenues majoritaires. Selon que l’on insiste sur l’un ou l’autre chiffre, on met l’accent sur des phénomènes apparemment contradictoires.
Le premier chiffre, en soulignant l’évolution de l’Amérique vers le métissage, exprime la confusion identitaire croissante qui conduirait vers une Amérique post-raciale. Le deuxième chiffre, en insistant sur l’idée de minorités majoritaires (Majority-Minority) et de Blancs non hispaniques devenus minoritaires (Minority-Majority), souligne la prégnance des identités au sein d’une Amérique conçue qui resterait "la démocratie des minorités". L’avènement d’Obama synthétise cette contradiction.
Un président capable de dépasser les clivages ethniques...
De père kenyan, de mère blanche originaire du Kansas ayant des ascendants cherokee, Obama sait jouer de cette diversité identitaire pour conquérir une Amérique de plus en plus métissée. Rappelant devant des associations juives que son prénom signifie "béni" en hébreu, soulignant avec malice que l’on prend fréquemment sa demi-soeur indonésienne "pour une Mexicaine" afin de conquérir le coeur -et surtout les voix- des Hispaniques...
En 2004, son discours à la convention démocrate exprimait cette volonté de dépassement des clivages raciaux: "Il n’y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche, ni une Amérique latine ou asiatique: il y a les Etats-Unis d’Amérique." Après le cyclone Katrina, il rejette l’argument, exprimé par des leaders afro-américains, selon lequel Bush aurait agit trop lentement parce que les victimes étaient "noires".
Ce sont "les pauvres", quelle que soit leur couleur, qui sont pour lui délaissés par l’administration républicaine. Obama ne se veut pas le "candidat des Noirs": "Vous ne devez pas voter pour quelqu’un parce qu’il vous ressemble." Il sait que la diversification croissante de l’immigration complexifie les identités et rend caduque les classifications rigides du recensement américain et croit en l’évolution des comportements électoraux: de nombreux Blancs ont votés pour lui lors de son accession au Sénat fédéral.
...ou le premier président noir des Etats-Unis?
Pourtant, Barack Obama refuse d’être le porte-drapeau d’une "Amérique post-raciale". Il sait que les clivages raciaux sont toujours prégnants, que le combat pour l’égalité n’est toujours pas gagné. Il comprend l’inquiétude des militants noirs, pour qui la reconnaissance du métissage -70% des Africains Américains pourraient se reconnaître métis- pourrait affaiblir la solidarité raciale -"black unity"- et amoindrir le poids politique de la communauté.
Dans son livre "L'Audace d'espérer" (paru aux Presses de la cité), il argumente en se servant d’exemples personnels:
"Bien que j’occupe un poste qui me protège de la plupart des coups que l’homme noir moyen doit subir, je peux réciter la litanie d’affronts mesquins dont j’ai été la cible durant les quarante-cinq ans de ma vie.
"Des agents de sécurité qui me suivent dans les centres commerciaux, des couples de Blancs qui me donnent leur clé de voiture alors que je me tiens devant un restaurant, attendant moi-même un voiturier etc."
Les événements récents à Jena, en Louisiane, témoignent de la prégnance de la tension raciale dans le Sud des Etats-Unis. Tous les indicateurs socio-économiques, de la mortalité infantile à l’espérance de vie, témoignent qu’il y a toujours un fossé entre la majorité blanche et les minorités.
Dans ce contexte, Obama est un symbole contradictoire. Fils unique du rêve de Luther King, sera-t-il le président d’une Amérique qui ne regarderait plus la couleur de ses enfants? Ou, premier président "noir", son avènement marquera-t-il l’importance des identités dans la vie politique américaine?
Une enquête d’octobre 2007 donne un début de réponse, révélant que Obama est loin derrière Clinton dans les intentions de vote de la communauté noire (33% contre 57%). Si les hommes noirs choisiraient -de peu- Obama (46% contre 42% pour Clinton), les femmes noires voteraient massivement pour la candidate (68% contre 25%), faisant jouer la solidarité féminine -"sista vote"- plutôt que raciale.
François Durpaire a écrit avec Olivier Richomme "L'Amérique de Barack Obama" (éd. Démopolis).
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Si obama perd les primaires, cela sera a cause des noirs
Americains qui ne l'aiment pas. Les noirs americains n'aiment
pas obama parceque son pere etait kenyan; les noirs americains
auraient prefere's qu'il soit ancien fils d'eclave comme eux.
S'il perd les primaires, cela sera a cause de ses freres de
couleurs. C'est un peu curieux, mais c'est la verite'.
Je voulais justement reagir pour dire la meme chose que vous.
Il est americain par sa mere blanche.
Il n'est pas noir americain et ceci fait toute la difference.
Les noirs americains ne le reconnaissent pas comme l'un d'entre-eux, il n'a pas leur culture et je me demande meme s'il parle le "ebonics" (il l'a peut etre appris grace a son epouse).
quelle réponse de raciste inconscient de l'être! Comment ça "la faute des noirs"? Pourquoi classifier par couleur? Si Obama n'est pas investi c'est qu'on lui aura préféré Hilary.
pourriez vous arrêter de tout mélanger : LES races pour les humains n'existent pas : il n'y a qu'une race humaine. (la notion date de la fin du XIXe siècle)
relisez les définitions de race, ethnie, type (morpho, linguistique, etc...), genre humain, espèce humaine...
votre phrase : "De père kenyan, de mère blanche originaire du Kansas ayant des ascendants cherokee..."
ne veut absolument rien dire.
Il existe une cinquntaine d'ethnies dans ce que vous appelez le Kenya (notion de pays avec frontières et même pas de région transfrontalière). Le père est-il Kikouyou, Kalenji, Massaï, etc... ??
La mère est "blanche" (slave, indo européenne ???)
"Cherokee" est un peuple (le nom de ce peuple vient d'un mot Creek...
Bref....
Je suis bien d'accord, et l'auteur aussi amha, que la notion de race ne recouvre aucune réalité biologique chez l'être humain.
Néanmoins, cette notion existe en droit américain et c'est une grille de lecture pertinente pour analyser une partie de la vie politiques des États Unis
Tout à fait d'accord. Le papier apporte certes un bol d'air frais du large. Mais hélas, puisqu'il est écrit pour le public français, pourquoi transposer tel quel les prismes étatsuniens?
Un rappel de l'indigence du concept opératoire de "race" n'eut pas affaibli l'idée centrale du papier.
Dommage.
ALPHA
les incultes ont replié votre message. C'est affligeant, mais nombreux sont ceux qui ne comprennent rien, ne savent rien et ne veulent pas apprendre.
tant pis pour ces animaux !
vos précisions me semblent indispensables, car rien ne nous oblige à adopter la 'vision' raciste des états-unis
Il bouffe à tous les rateliers, tout pareil que le nôtre. Vous verrez qu'il sera élu.
Et vous verrez qu'en matière de racisme, la femme n'a rien à envier dans son sort aux personnes d'origines diverses et à la peau noire.
Et tous vous dirons que le sexisme est tout de même moins grave qu'être noir.
Mais, un cherokee ne sera jamais président des USA. Alors .... Mieux vaut être noir, c'est plus vendeur !
I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: “We hold these truths to be self-evident: that all men are created equal.”
that all men are created equal
sauf qu'aucune preuve de cette création n'existe
En Fr. quesque cela veux dire ?
N'est-il pas étrange que l'on commence à parler des "minorités" lorsqu'elles deviennent "visibles", Clairement lorsq'un noir souhaite accéder au pouvoir.
J'observe que l'on a rien d'autre à opposer à ce Monsieur que sa couleur, métissée d'ailleurs.
Le reportage insiste sur le dilemne qui se pose à une femme noire : voter pour un noir métissé ou une femme (blanche elle, sinon...)?
Invraisemblable, le postulat de base pour arriver à une telle conclusion serait que l'on vote pour un élu qui nous ressemble physiquement! Par conséquent, si un tel postulat a du sens, je vous remercie de me fournir les éléments qui le corrobore.
Pour sortir du racisme, comme du sexisme et de toutes les discriminations, il est impératif de garder à l'esprit que "tous les hommes naissent libres et égaux" et pas seulement "en droit". Ainsi, le vote des américains ne devrait pas analysé sous le spectre "aspect physique" mais sous le spectre qui ait du sens , celui des idées politiques. Recadrons le débat, en somme.
Enfin un commentaire réfléchi, qui ne ressemble pas à un extrait de débat sur TF1. Plus que recadrer, il élève le débat. Merci.
Vous théorisez dans le vent, on vote pour quelqu'un parce qu'on le préfère à d'autres; il peut être noir, bleu ou rouge. Tout n'est pas ethnique ou racial.