
Barack Obama est-il un Bill Clinton bis ?

(De Denver) « Ensemble nous avons gagné une campagne dans laquelle j'étais prétendument trop jeune et sans expérience pour être commandant en chef… Ça vous dit quelque chose ? » Avec sa référence à la campagne présidentielle de 1992, Bill Clinton fait hurler le public de démocrates. « Ça n'a pas marché en 1992, parce que nous étions du bon côté de l'histoire, et ça ne marchera pas en 2008… » Mercredi soir, Bill Clinton, a fait la promotion de Barack Obama. Et il l'a fait avec un enthousiasme remarquable, quand on sait que les deux hommes ne s'aiment pas.
C'est vrai qu'on aurait pu se croire en 1992. Quand l'ancien président est entré sur scène, les hauts parleurs hurlaient « Don't Stop » de Fleetwood Mac, refrain de sa première campagne présidentielle. L'Amérique doit se débarrasser de son gouvernement actuel et repartir dans la bonne direction, dit-il. « Yes we can ! » scande le cœur des délégués démocrates en reprenant le slogan d'Obama. Seize ans plus tôt, à sa Convention d'intronisation, Bill Clinton leur faisait répéter « we can do it ! »
Deux prétendants héritiers de JFK
Plutôt qu'avec Bill Clinton, c'est avec John F. Kennedy que Barack Obama a préféré cultiver la comparaison. Caroline, la fille du président assassiné, et Ted, son frère, ont fait activement campagne pour lui. Ils étaient le premier soir sur scène en même temps que Michelle Obama et son beau-frère. Comme s'ils faisaient partie du même clan. Bill Clinton en son temps aspirait aux mêmes comparaisons. A la Convention de 1992, dans son petit film biographique, on avait vu des images d'un jeune Clinton adolescent saluant JFK.
Les parallèles commencent tôt. Clinton et Obama ont tous deux été élevés par leur mère et leurs grands-parents. Ils sont allés très vite en politique, Bill Clinton jeune gouverneur d'Arkansas, Barack Obama jeune sénateur d'Illinois. Quatre ans avant leur nomination respective de candidat du parti, ils se faisaient connaître en prononçant un grand discours à la Convention. Celui d'Obama en 2004 fut électrisant ; celui de Clinton en 1988, abominablement long, à bailler d'ennui.
« Changement » et « espoir »
En 1992, Bill Clinton, 42 ans, promettait une nouvelle génération. Barack Obama, 47 ans, assure qu'il faut choisir entre « l'avenir et le passé ». Clinton se présentait aux présidentielles en « agent de changement », il était « a man of Hope » (un homme d'espoir, jeu de mot sur Hope, la ville dont il est originaire en Arkansas). Le changement est aussi le leitmotiv de la campagne d'Obama, dont la dernière autobiographie est titrée « l'audace de l'espoir ».
Tous deux ont fait campagne en proposant de dépasser les clivages des deux partis. Bill Clinton avait rejeté les « vieilles orthodoxies de la gauche et de la droite ». « Il n'y a pas une Amérique rouge et une Amérique bleue », disait le célèbre discours d'Obama de 2004.
Comme Bill Clinton en 1992, Barack Obama met l'accent sur l'économie (« it's the economy, stupid ! »). Comme en 1992, une majorité d'Américains se dit mécontente de la direction que prend le pays. Il y a seize ans, les intervenants de la Convention démocrate s'étaient surtout employés à démolir le bilan de George Bush père. Depuis trois jours, les « speakers » de la convention d'Obama tirent à vue sur la candidature de John McCain parce qu'il poursuivrait les politiques de Bush.
Enfin, note un journaliste américain, l'atmosphère de 1992 n'était pas très différente de celle d'aujourd'hui. « Les démocrates jusqu'à la convention en 1992 se demandaient s'ils avaient choisi le bon type. » L'année de sa candidature, Bill Clinton a véritablement émergé après sa convention, ses intentions de vote bondissant de seize points dans les sondages. Celle de 2008 permettra-t-elle à Obama de convaincre les sceptiques ?
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De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 10H24 | 28/08/2008 |
Ben si Barack Obama a le même effet que Bill Clinton sur la vraie économie - salaire médian et taux de pauvreté - c'est cool : http://freakonomics.blogs.nytimes.com/2008/08/26/because-elections-are-determined-by-the-median-voter/
(c'est scandaleux comment la première courbe plonge après 2000 tandis que la deuxième se met à remonter, j'aimerai bien avoir les mêmes données pour la France)
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 12H14 | 28/08/2008 |
Au moins, Clinton aura fait le boulot qu'il devait faire à la Convention. Avant, il y avait des raisons d'en douter, vu ses positions pour le moins ambiguës (pour rester poli ! ) vis-à-vis d'Obama durant la campagne.
Maintenant qu'il y a ralliement général à la candidature d'Obama, on va pouvoir entrer dans le vif du sujet… à moins que les spécialistes de la com » de McCain n'y fassent obstacle à grands coups de pubs mensongères, sournoises et racistes. On en a déjà eu des exemples particulièrement putrides.
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 12H29 | 28/08/2008 |
J'ai trouve Bill beaucoup plus efficace dans son soutien a Obama qu'Hillary la veille : mordant, drole, cool, et peut etre meme sincere.
Et Kerry tout simplement eblouissant dans sa charge contre Bush, Rove et McCain : http://blogules.blogspot.com/2008/08/meg-whitman-avec-mccain.html .
A cote, Biden a fait pale figure, mais son fils a largement compense.
De sunra7
14H32 | 28/08/2008 |
Arrrêtons une minute avec les Clinton. Quelqu'un a écouté le discours de Kerry, Gott Himmel ! Il était sous influence en 2004 ou quoi. Le meilleur discours de la convetion jusqu'ici.