A quoi sert un comité de soutien français à Obama?

BHL, Jack Lang, Sonia Rykiel, Pierre Bergé… Du beau linge au comité français de soutien à Barack Obama. Mais dans quel but?

Partisans d'Obama à Durham en mai 2007 (Brian Snyder/Reuters).

BHL, Jack Lang, Sonia Rykiel, Pierre Bergé… Il y a du beau linge au "comité d’honneur" du comité français de soutien à Barack Obama. Dans quel objectif exactement? Gagner les délégués des primaires de la gauche parisienne? Ou pensent-ils sérieusement que leur opinion va peser dans l’élection américaine?

Le comité français en question, c’est surtout une personne, un étudiant en école de commerce de 22 ans. Samuel Solvit a monté un site Internet, arrose les médias de communiqués comme s’ils pouvaient faire basculer le vote de Pennsylvanie.

Outre les noms déjà cités, sa liste comprend aussi, attention l’orthographe, "Frédéric Mittérand", le politologue Olivier Duhamel, le maire de Paris Bertrand Delanoë, le député Charles de Courson…

Un message en France

Ces obamaniaques français ne s’attendent pas à avoir la moindre influence sur la campagne américaine. "Je ne ne suis pas naïf quand même", insiste l’homme d’affaires de gauche Pierre Bergé, mais c’est une "manière d’afficher des convictions". Il soutient "quelqu’un de nouveau qui a un discours nouveau" contre "l’establishment" des Clinton et de "ce que l’on entend depuis des années". Jack Lang dit voir en Obama un homme qui "incarne un idéal qui transcende tous les clivages" et espère que ce qu’il représente "aura une influence chez nous". Olivier Duhamel estime que la candidature, voire l’élection d’un noir à la Maison-Blanche sont des événements "d’une telle portée historique qu’on a envie de s’y associer et de soutenir". Il en attend un peu de "réflexion du monde politique français et des élites françaises sur le retard considérable dans la diversité".

Que l’on se passionne en France pour ces primaires démocrates américaines n’a rien de très surprenant. Ces élections ont bien plus d’écho hors des Etats-Unis que les précédentes, note Chip Seward, démocrate américain à Paris, un des délégués d’Hillary Clinton élu lors des primaires des "démocrates de l’étranger" dont les 23 000 voix se sont réparties aux deux tiers pour Barack Obama et à un tiers pour Hillary Clinton. Sur theworldwantsobama (le monde veut Obama), des non-Américains expliquent pourquoi ils souhaitent qu’Obama soit le prochain président des Etats-Unis.

Pour quel impact? "Ils ne peuvent pas faire grand chose à part apporter un soutien moral", répond Chip Seward. "La loi américaine interdit aux non-citoyens de contribuer financièrement à la campagne." Les figures politiques françaises qui soutiennent Barack Obama ont une autre idée de ce à quoi pourrait servir leur soutien: "crédibiliser l’idée qu’il est reconnu internationalement" répond le député nouveau centre Charles de Courson, qui a le sentiment qu’Hillary Clinton s’attaque d’abord à son manque de stature internationale.

Un effort contre-productif?

Des Français qui voudraient faire campagne pour Barack Obama n’auraient-ils pas d’abord intérêt à se taire? En 2004, le démocrate John Kerry a fait tout ce qu’il pouvait pour faire oublier ses liens familiaux à la France, tenant son cousin Brice Lalonde à distance. Son service de presse demandait aux journalistes français de lui parler en anglais, même si le candidat parlait français. C’était un an après l’entrée en guerre contre l’Irak, la France n’avait pas la côte. John Kerry cherchait aussi à échapper aux accusations d’élitisme. Des connivences françaises auraient eu l’air de le couper de l’Amérique ordinaire.

On n’en est plus là, assure le politologue Olivier Duhamel. "Le regard (américain) sur la France a évolué. On a un président plus pro-américain. Les Américains ont révisé leur jugement sur l’Irak." Pierre Bergé estime qu’Obama est dans une problématique différente et que les soutiens à l’étranger peuvent lui profiter: "il a besoin de tous les petits ruisseaux".

Mais dans une course au centre, qu’aurait à gagner un candidat démocrate à se targuer du soutien de Français? Jack Lang devrait en savoir quelque chose. A l’hiver 2006, il a tenté d’organiser une tournée américaine pour Ségolène Royal au cours de laquelle elle devait rencontrer Barack Obama et Hillary Clinton… Voyage tombé à l’eau. La campagne d’Hillary clinton a nié qu’une telle rencontre n’ait jamais été prévue. Jack Lang assure que si, mais "notre charmante candidate a tout foutu en l’air", en annulant sa tournée.

Plus généralement, l’idée d’être le candidat favori à l’étranger n’est pas forcément un avantage pour Barack Obama, note Slate. Etre le préféré du reste du monde n’a pas empêché Bush père en 1992, Al Gore en 2000 puis John Kerry en 2004 de perdre les élections.

Aux dernières présidentielles, le Guardian avait appelé ses lecteurs britanniques à écrire aux électeurs d’Ohio pour voter pour John Kerry. L’initiative avait été très critiquée aux Etats-Unis (de quoi se mêlent-ils ?) Et quand John Kerry s’était piqué d’être le candidat favori de "dirigeants étrangers", cela s’était retourné contre lui, le vice-président Dick Cheney présentant George W. Bush comme un président "qui ne demanderait pas la permission de l’étranger pour défendre son pays".


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17H35    22/04/2008

Déjà Obama n’est pas noir mais métis, ce qui signifie qu’il est tout aussi blanc que noir, alors arrêtez avec votre « racisme positif », oui son père est africain, mais bon sa mère était une blanche américaine. si vous tombez sur une photo de ses parents, il est plus clair que son père et plus foncé que sa mère… un métis quoi.

Ensuite j’ai tjs été partisan d’une certaine participation du Monde dans l’élection américaine, plus que toute autre élection présidentielle, son impact est aussi importante pour un grande partie de l’humanité que sur sa population locale. demandez juste aux irakiens, iraniens, syriens, palestiniens, israéliens, sud-américains, européens, géorgiens, etc… si cette élection et les scrutins passés vont avoir une influence sur leur vie de tous les jours…! J’avoue que ça reste au stade du délire, mais honnêtement cette influence est réelle.

Pour finir, souvenons tout de même que l’échiquier politique américain va du Modem (à sa gauche) jusqu’au MPF (à sa droite) sans passer par la case socialisme. alors quand je vois des membres du PS se rallier aux candidats démocrates, je me dit que le PS est bel et bien mort, et qu’il devrait sans doute changer son nom, n’ayant de socialiste que le nom, et encore!

Je suis persuadé que ce genre de comité ne sert strictement à rien, les gens qui ont font partie connaissent même sans doute tout aussi bien le programme de Obama que les soutiens de Ingrid Bétancourt, du Dalai Lama et du Tibet Libre les nobles causes qu’ils défendent ardemment!

 
Par Myra
17H48    22/04/2008

Je pense qu’un Pst noir a la tête d’une des plus grandes puissances (blanche)du monde Occident( et chez qui il y avait la segregation il y a moins de 50 ans) restera un fait historique.
le fait d’élire une femme n’est pas en soi « peanuts », mais des femmes au pouvoir il y en a. Ce serai la 1ere aux USA, mais pas dans le monde ( Bachelet, Johnson-sirleaf, …)
le portée du message n’est pas la même. C’est ma lecture de l’évènement
Et je suis une femme !!!!

 
Par Beeks
17H51    22/04/2008

magnifique un noir président des USA ,la gauche caviar en est folle et la droite (décomplexée) l’adore. petit coup de loupe sur notre vie politique la gauche comme la droite a beaucoup de mal à placer un noir conseiller municipale alors candidat à la présidentiel , vous me direz on n’a pas eu de Martin Luther King et on est loin de faire du jour de la mort d’Aimé Césaire un jour fériè en gros ce comité de soutien sert à se donner bonne conscience

 
17H56    22/04/2008

Bonjour,
Sur la question du métissage d’Obama, il est le premier à ne pas en parler et à préférer se présenter en Noir qu’en métisse.
Vous pouvez, si vous parlez anglais, écouter cette chronique intéressante de la radio publique américaine NPR.
http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=17958438

 
19H50    22/04/2008

Pierre_Caracas:
Barack Obama n’a pas commence dans la vie en « bourgeois noir des hautes classes ». Sa mere l’a eleve seule, avec des bons alimentaires, pour une bonne partie de sa jeunesse. Ca a commence a aller mieux pour lui quand il est parti vivre a Hawaii et puis bien sur apres quand il est devenu avocat. Lisez son livre!

 
Par sissa
20H23    22/04/2008

C’est bien évident qu’un comité de soutien français pour Obama ne peut que lui nuire.
Franchement, imaginez un instant que des américains aient créé un comité de soutien pour Sarkozy lors de la dernière élection. Il se serait certainement formé une polémique sur le thème « de qui se mèlent-ils ». Là c’est exactement pareil.
Il est quand même logique que les français n’aient pas leur mot à dire sur l’élection du président américain.
Par ailleurs, la composition très gauche caviar du dit comité n’est pas pour arranger les choses(même si la notoriété des membres aux USA est certainement très très voisine de zéro)

 
Par Sacha_49
20H51    22/04/2008

Je me trouve aux USA depuis quelques temps déjà et je me permets d’essayer de vous faire passer les sentiments qui m’animent à propos d’Obama. Ca va beaucoup plus loin qu’une légère comparaison avec les bords droite-gauche francais, puisque l’on sait que démocrates et républicains mènent à peu près la même barque. Le plus important vient de la personne même d’Obama.
Cet homme manifeste d’abord un grand renouveau. Ca fait presque trente ans que l’Amerique retombe dans un conservatisme assez primaire (sécurité, peur du terrorisme, anti-immigration…). Depuis 2001, ce mouvement est exploité par les businessmen religieux du gouvernement genre Cheney et l’Amérique des grandes revendications libertaires disparait. Obama, c’est d’abord un nouveau souffle formidable (certes en partie du fait qu’il est noir) pour cette Amerique de la diversité et des libertés, qui est dans le coeur de chacun, mais qui n’ira qu’aux musées si MacCain passe.
Cet homme est également le seul à avoir quelques « mains libres » dans un pays qui n’est ni gouverné par le peuple, parce que la démocratie n’existe de facon effective qu’au niveau local et parce les gens se désintéressent complètement de la politique, ni au niveau gouvernemental, car les gens du pouvoir sont submergés par ceux qui ont l’argent et les renseignements. Obama a des origines et un discours formés par un contact avec le réel que les autres n’ont pas et qui lui fait garder un certain lien avec cette population bien lointaine. C’est ce qui fait qu’autant de personnes se sentent naturellement attirées vers lui (cf, l’Obamania).
Enfin, Obama a une réelle aversion pour la traditionnelle politique internationale « réaliste » des USA, c’est-à-dire cette idée permanente de se poser en leader mondial, d’écraser les autres nations pour maintenir l’ordre et de créer ainsi une sorte de lutte des bons contre les démons. Le fait qu’il veuille changer cela, même s’il ne le dit pas explicitement pour ne pas vexer les patriotismes, est bon pour le monde entier. Clinton, elle, suit clairement cette tradition réaliste, en y mettant bien sur une petite touche démocrate pour la bonne conscience.
Le sentiment que j’ai quand je vois Obama parler est qu’il se retient toujours. Il est en campagne. Il doit charmer une population qui, malheureusement, parait pour sa majorité bien loin des enjeux que je viens de décrire, vivant dans une petite bulle. Alors ca donne des discours en permanence édulcorés pour plaire à tous et ne pas choquer. Et quand il se lache un tout petit peu, il blesse en constatant la vérité: les gens se raccrochent à leurs armes et à la religion pour se rassurer et se donner des réponses.
Obama est le seul à avoir quelques réelles convictions politiques. Il a un controle énorme sur lui-même pour éviter de rentrer dans le tas des démagos et de critiquer ouvertement tous les stéréotypes de l’Amérique que tout le monde déteste et dont les américains eux-mêmes ont honte. Une fois au pouvoir, il aura toujours une main libre pour claquer ceux qui pensent être à la source des pouvoirs. Et sincèrement, pour cette raison, je me demande s’il ne va pas finir comme Kennedy.
Pour toutes ces raisons, et le fait que les USA ont une influence énorme sur le développement mondial, il est primordial qu’il soit soutenu par tout ceux qui ont les moyens de se faire entendre. Mais comme je l’expliquais plus haut, ca peut également être mauvais étant donné que certains arguments comme « les intellectuels francais, qui se la racontent, soutiennent Obama alors on va voter pour Mac Cain » circulent malheureusement. Ca semble stupide à première vue, mais c’est seulement qu’Obama paraitrait donc s’éloigner un peu de l’identité américaine qui, comme on le leur a tous appris à l’école, est si divine.

 
Par Martin D
09H09    23/04/2008

les français voient en Barack OBAMA ce qu’ils ne sont pas capable ne serait-ce que d’imaginer ==> pas de noirs ni d’arabes députés ou maires alors qu’ils représentent 10% de la popp. totale…..pire, même dans les films français ils ne sont pas présentés !

 
10H49    23/04/2008

exactement, le jour où les mêmes hypocrites aideront à élire des députés noirs, arabes, asiatiques ou autres, ils auront peut être une raison de la ramener. je ne suis pas un fervent défenseur des états unis, et au delà des clivages raciaux qui existent et expliquent beaucoup de choses là bas, on ne peut que reconnaitre que trouver des noir(e)s ou des personnes issues des ‘minorités visibles’ à des postes à responsabilités est chose courante, Condi et Powell en sont les exemples les plus médiatisés. La République française considère les quotas et autres statistiques ethniques comme tabous, ce qui résulte en une non-connaissance abyssale du facteur racial en France, et le nier en affirmant que la République transcende tout revient à se mentir à soi même et à nier la nouvelle donne française… c’est triste! il suffit d’écouter les discours africains et sécuritaires de notre président pour se rendre compte de l’état d’esprit de nos élites sur la question raciale…

 
Par sinclair
17H07    23/04/2008

Vu que je n’apprécierai pas du tout que des américains crée un comité de soutien pour un élu Français. Je trouverai cela aussi déplacé que suspect. Donc je n’ose qualifier un tel comité, s’il existe vraiement?; il doit d’ailleurs exister car en france tout est possible.