10/11/2008 à 16h14

« Obama a gagné les primaires, les Clinton la transition »

Pascal Riché | Redchef Rue89


George Bush et Barack Obama à la Maison blanche, le 10 novembre (Reuters/Photo Eric Draper, de la Maison Blanche)

Barack Obama a été reçu ce lundi par le président sortant, George W.Bush, pour faire le tour du propriétaire et commencer à préparer la transition qu'il espère « douce et efficace ». (voir la vidéo)

L'équipe d'Obama se prépare maintenant fébrilement à prendre les commandes le 20 janvier. L'équipe de transition est en train de se mettre en place. Pour ceux qui la rejoignent, après avoir fait campagne sans compter leur temps pendant des semaines, c'est une période à la fois excitante et périlleuse qui s'ouvre : chaque expert qui ambitionne de rejoindre la Maison blanche ou une des grandes administrations fédérales, essaye de se placer, exploitant les moindres recoins de son réseau, et prenant garde à ne pas être doublé par d'autres.

« La campagne, c'est quand vos adversaires essayent de vous frapper dans le dos. La transition, c'est quand vos amis s'y mettent », résume une démocrate engagée dans cette transition.

L'équipe compte des centaines de juristes, économistes, experts de think tanks en tous genres. Plus de 100 personnes, après avoir reçu les accréditations nécessaires auprès des services secrets, ont été dépêchées dans les différentes administrations fédérales pour se préparer.

Une partie d'entre eux travaille déjà dans les bureaux du Trésor américain, afin que le plan de sauvetage de l'économie mis en route par Henry Paulson ne connaisse pas de heurts liés au passage de pouvoir.

L'ex-secrétaire général de la Maison blanche de retour


John Podesta (outfoxed/Flickr)

Parmi ces experts, un adage commence à circuler : « Obama a gagné les primaires démocrates, les Clinton ont gagné la transition. » Avant même les résultats de l'élection, les amis de Bill et Hillary Clinton étaient en effet aux commandes du travail visant à préparer l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche.

C'est un proche ami du couple, John Podesta, qui co-dirigera l'équipe. Ancien secrétaire général de la Maison Blanche, il est originaire de Chicago, mais ce n'est pas un ami proche d'Obama (lors des primaires, il a fait campagne pour Hillary). Il a par contre énormément d'expérience, connaissant les moindres arcanes de Washington. Après l'arrivée de George W. Bush au pouvoir, il a fondé un nouveau Think Tank, le Center for American Progress, qui a servi d'asile à de nombreux experts démocrates. Podesta a également écrit un livre programmatique, « The Power of Progress ».

Dans cette équipe de transition, Podesta n'est pas le seul à avoir travaillé sous Clinton : elle compte William Daley, ancien Secrétaire au Commerce des Etats-Unis (et frère du maire de Chicago), Federico Peña (ancien secrétaire au Transport et à l'Energie), Carol Browner, qui présidait l'agence pour la protection de l'environnement....

Obama a également pris conseil auprès des anciens secrétaires au trésor de Clinton, Robert Rubin et Lawrence Summers (le second retrouvera-t-il son poste ? Son nom est fréquemment évoqué). Susan Rice, conseillère en politique étrangère d'Obama, a également travaillé à la Maison blanche et au Département d'Etat dans les années 90. Et Rahm Emanuel, qu'il a nommé « chief of staff » (l'homme fort de la maison blanche) a également travaillé avec Bill Clinton.

1992, une transition douloureuse

Barack Obama a tout de même placé l'une de ses proches, Valerie Jarett, aux côtés de Podesta à la tête de l'équipe : ils la co-dirigent. Un autre de ses proches conseillers, Pete Rouse, veillera également au grain.

Les Clintonniens savent bien, en tout cas, quels sont les pièges à éviter en période de transition. Ils ont un souvenir douloureux de la transition de 1992, qui a avait tourné au désastre, donnant aux premiers mois du mandat des airs pour le moins chaotiques.

La tâche n'est pas simple : il s'agit de préparer des équipes, d'asseoir des hiérarchies, d'obtenir la collaboration de l'administration sortante, tout en concoctant des réformes qui prendront le contrepied des politiques suivies par cette dernière...

Barack Obama s'est résolu à ouvrir la porte aux Clintoniens après sa victoire aux primaires, mais ira-t-il plus loin, maintenant qu'il est élu ? Premier test : la nomination de son secrétaire d'Etat. Selon l'agence Bloomberg, qui cite deux conseillers, il a envisagé la possibilité de nommer Hillary Clinton à ce poste, mais n'a toujours pas tranché.


Bill Clinton et Barack Obama en Floride, le 29 octobre (Jason Reed/Reuters)

Photos : George Bush et Barack Obama à la Maison blanche, le 10 novembre (Reuters/Photo Eric Draper, de la Maison Blanche)
Bill Clinton et Barack Obama en Floride, le 29 octobre(Jason Reed/Reuters)

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 19h19 le 10/11/2008
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    C'est la chose la plus logique à faire , de prendre beaucoup d » anciens de Clinton pour la transition , non ?
    Décidément , cet Obama a vraiment l » air plus intelligent et posé que certains autres dirigeants élus récemment dans le monde occidental qui font n » importe quoi et que nous ne nommerons pas ...

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 20h55 le 10/11/2008
    • Internaute
      sur le fil

    Beaucoup d'anciens de l'administration Clinton donc...
    Comme le dit Numerosix, c'est peut etre le signe qu'Obama est un homme avisé (avis que je partage), ou bien, que cette réapparition des porte flingues Clintonniens soit le fruit de négociations lorsque Hillary a déposé les armes au début de l'été. Je pense que rien n'est gratuit, et le subit adoucissement des relations Clinton-Obama ne devaient certainement pas etre uniquement du au premières chaleurs de l'été, mais avait du etre obtenu en échange de contre-parties. Rien de répréhensible.

  • jean breton
    • Posté à 21h03 le 10/11/2008

    Le problème c'est que Obama n'est pas Clinton.
    N'oublions rien car les électeurs, eux n'oublieront pas.
    Les Noirs et la gauche ont imposé Obama contre H Clinton.
    Obama a été élu sous les acclamations des Noirs.
    Et eux, il veulent que ça change.
    Que rien ne soit plus comme avant.
    Et ça, cet espoir formidable, Clinton n'avait pas suscité ça du tout.
    Obama cherche les alliance à droite, chez Clinton, mais aussi bien plus à droite.
    Il cherche une unité nationale.
    Mais une unité nationale ne fera pas : « plus jamais comme avant. »
    Alors il va rapidement se rendre compte que gouverner très à droite après avoir reçu le soutien des travailleurs les plus exploités, ce n'est pas si facile.
    Malin comme il l'est il va même s'en rendre compte avant de finir son gouvernement.
    Sinon, il aura beaucoup de gens pour le lui rappeler.

  • yamato
    • Posté à 23h55 le 10/11/2008
    • Internaute

    Frédéric de Prusse : « M. Voltaire, pourquoi tant d'efforts à faire de vos ennemis des amis, au lieu de les combattre ?

    Voltaire : “est-ce que je ne détruit pas mes ennemis en m'en faisant des amis ?

    Il a peut-être copié ?