Bush peut partir avec le sentiment du désastre bien fait


(De Washington et de nos archives) Le 21 janvier 2009, un petit homme souriant se présente devant les grilles de la Maison-Blanche et demande à l'agent du « secret service » qui monte la garde : « Dites, est-ce que George W.Bush est là ? » « Non, répond l'agent, il n'est plus président vous savez ? » L'homme part. Le lendemain, il revient : « Dites, est-ce que George. W. Bush est là ? » « Je vous ai déjà répondu que non, il n'est plus président. » L'homme sourit et remercie poliment. Le troisième jour, le revoilà : « Dites… » Le garde s'énerve : « Pour la troisième fois, IL N'EST PLUS PRESIDENT ! » Le petit homme répond alors : « Oh oui, je sais, mais j'aime tellement l'entendre dire ! »

Fernando la Guarda, qui m'a raconté cette histoire est un militant démocrate de Washington. Avocat, il a un peu délaissé son job les derniers jours avant les élections pour aller chercher les électeurs, en faisant du porte-à-porte, dans des quartiers modestes de Virginie. Pour lui, l'enjeu de cette élection était avant tout de mettre clairement un terme à l'épisode Bush. De le fermer comme on claque une porte. Comme des centaines de milliers d'autres démocrates américains, ce n'est donc pas tant contre McCain que Fernando a milité : c'est contre Bush. Pour qu'avec une nette victoire d'Obama, il n'y ait pas de « troisième mandat ».

Comment un président peut-il afficher un bilan aussi calamiteux ?

Georges Bush a profondément marqué l'histoire des Etats-Unis en ce début du XXIe siècle. Mais alors qu'il rêvait d'ouvrir une nouvelle ère politique, sa présidence n'aura été qu'une parenthèse pitoyable. Sa guerre en Irak a terni durablement l'image des Etats-Unis dans le monde. Sa croisade pour la « ownership society » (société de propriétaires) se termine par la crise immobilière et financière la plus grave de tous les temps… Et les Etats-Unis ont perdu huit précieuses années, dans les batailles qui s'imposent pourtant à eux : changement climatique, couverture santé, pauvreté…

Pourquoi tant de décisions ont échappé au sens commun ? Le contexte historique du moment -ce mélange délétère de globalisation et d'unipolarité du monde- n'explique pas tout. Une partie de la réponse réside dans les tréfonds de la psychologie du « président par accident », dans sa « boîte noire », pour reprendre l'expression de Jacob Weisberg, auteur de « The Bush Tragedy », qui compare cette présidence à un crash aérien. George W. Bush est un homme pris dans un complexe nœud familial. C'est un personnage shakespearien, dont le destin voisine celui du prince Hal devenu Henri V.

J'ai pour la première fois découvert George W.Bush en 2000 à travers le mobilier de son bureau texan. Je venais d'arriver aux Etats-Unis, où je devais reprendre la correspondance de Washington pour le journal Libération. Il fallait alors préparer un portrait du gouverneur du Texas, en cas de victoire de ce dernier à la présidentielle. A l'époque, personne n'y croyait vraiment : Al Gore était le grand favori des sondages.

Le vilain petit canard d'une des plus puissantes dynasties politiques

Ce jour-là, à Austin, le gouverneur du Texas n'était pas là, il était quelque part sur les routes de la campagne. Une de ses proches collaboratrices m'a ouvert son bureau. Elle m'a laissé un moment seul à l'intérieur. J'ai un souvenir très précis du mobilier, qui m'avait frappé : c'était celui d'une chambre d'enfant.

Houston à la Bataille de San Jacinto (Wikipédia).Des tableaux représentant des scènes de western ; un fauteuil entièrement fait de cornes de vaches ; une armoire vitrée contenant des dizaines de balles de baseball dédicacées, ainsi que le maillot jaune de Lance Armstrong. Et un portrait de Sam Huston, président de la République du Texas, puis sénateur des Etats-Unis, enveloppé dans une sorte de toge. J'avais interrogé mon hôtesse sur ce drôle de tableau : « Le gouverneur l'aime, car il lui rappelle qu'on peut avoir eu des problèmes de boisson et être un grand homme », m'avait-elle répondu sans ambages. Ce que je prenais pour une toge était en réalité une serviette : Sam Huston, sur ce tableau, est en cure de désintoxication.

George Bush, vilain petit canard d'une des plus puissantes dynasties politiques américaines, est un grand malade qui s'est soigné par le pouvoir. Sa maladie est classique : c'est une relation mal dénouée avec son père, son écrasant homonyme. Père étudiant brillant, père absent après la mort de sa petite sœur, père roi du pétrole, père président mais père méprisé par la droite dure pour ne pas avoir « terminé la guerre » du golfe. Père qui n'a jamais pris trop au sérieux son « first son » (son premier fils), préférant de loin le cadet Jeb…

La famille Bush (Wikipédia).

Bush, qui honore et déteste son père, a sans cesse mis ses pas dans les siens (études, pétrole, Maison-Blanche, Irak), mais en trébuchant sans cesse. Devenu président, son obsession était d'être digne de son père, de le dépasser, de l'oblitérer. Papa était modéré ? Je serai radical. Favorisait-il les équilibres internationaux ? Je ferai de l'unilatéralisme mon cap. N'avait-il pas osé pousser la guerre jusqu'à Badgad ? Je finirai le boulot !

Mai 2003: Bush sur le porte-avions USS Abraham Lincoln (Larry Downing/Reuters).

Bush a entraîné le monde dans sa cure sanglante. A Washington, je l'ai observé pendant six ans. Je ne l'ai croisé que de très loin, à l'occasion de conférences de presse ou de brèves déclarations dans le bureau ovale. Mais il m'a tenu compagnie tous les jours ou presque, parce que je devais relater, quasi quotidiennement, sa guerre au terrorisme, sa guerre à l'anthrax, sa guerre en Afghanistan, sa guerre en Irak, sa guerre aux impôts, sa guerre aux juges libéraux, sa guerre contre le mariage gay, ses guerres perpétuelles…

Un second mandat qui lui permet enfin de « tuer le père »

La folie semblait souvent aux commandes de ce pays. L'image la plus névrotique, sans doute, fut celle d'un Bush sortant d'un avion de chasse, sur le porte-avion USS Abraham Lincoln, le 1er mai 2003, devant cette bannière grotesque, « mission accomplished ». Il avait expliqué aux journalistes qu'il avait lui même piloté l'engin et que cela l'avait botté. Pour comprendre son excitation, il faut chercher le père, encore : ce dernier était un as, un pilote émérite, ayant accompli 116 vols pendant la Seconde Guerre mondiale, à partir d'un porte-avions. A travers cette représentation théâtrale sur le pont de l'USS Lincoln, Bush fils envoyait un message clair : regarde Papa, mission accomplie, j'ai écrabrouillé Saddam, j'ai fait mieux que toi, et me voilà dans ta tenue de héros !
(Voir la vidéo)



Un an et demi plus tard, George W. Bush a réussi à se faire réélire, effaçant l'image du président par accident léguée par les résultats controversés du scrutin de 2000. Pourquoi cette réélection, alors que le chaos régnait en Irak ? Mon sentiment, c'est que les Américains se sentaient encore « en guerre » et n'ont pas voulu changer de général au milieu de la bataille, fût-elle désastreuse. Ce fut en tout cas un second grand moment de jubilation pour Bush : enfin son destin sortait des rails tracés par le paternel qui, lui, n'avait pas réussi à se faire réélire en 1992. Cette fois, pour la première fois, le fils avait surpassé le père, se détachant de son ombre.

Cette réélection a achevé de donner au monde le sentiment que le « bushisme » avait gagné l'ensemble des Américains. De mon expérience, pourtant, ce pays n'a cessé de rester vivant et contrasté pendant les années Bush. La lumière médiatique portée sur le président, sur la droite chrétienne ou sur les néoconservateurs a éclipsé de multiples évolutions encourageantes au sein de la société américaine entre 2000 et 2008. Moins visibles, elles étaient tout aussi puissantes et l'élection de Barack Obama permet enfin de les révéler.

Le conservatisme le plus pur, le nec plus ultra de la modernité, selon lui

En 2004, juste après la réélection de George Bush, j'avais écrit une tribune pour prendre le contrepied de l'impression générale qui prévalait en France. Non, écrivais-je, la victoire de Bush ne reflète pas une poussée des « valeurs » de droite dans ce pays : la religion recule plutôt, de même que l'homophobie, le soutien à la peine de mort, le racisme. Les préoccupations concernant l'environnement ou la couverture santé progressent. L'image d'une Amérique se recroquevillant uniformément autour de valeurs réactionnaires ne correspondait pas à la réalité : celle-ci était bien plus complexe. Dès 2004, malgré la défaite de Kerry, le balancier avait commencé son mouvement de retour. Un mouvement qui n'a cessé de s'amplifier depuis, gagnant le champ économique et social.

Si le 11-Septembre a façonné le premier mandat de Bush, donnant à ce dernier la boussole qui lui manquait, le second mandat, lui, a été marqué par une autre catastrophe, plus nationale, mais tout aussi décisive : l'ouragan Katrina, qui a dévasté la Nouvelle-Orléans sous les yeux hébétés des autorités. J'ai vécu sur place ce moment bouleversant. La situation humanitaire à la Nouvelle-Orléans était une abomination et Bush n'a pas été à la hauteur. Je me souviens qu'une consœur, reporter d'un journal modéré, m'avait dit alors, d'un air abattu :

« Comme toujours dans ce pays, les horreurs se résument à deux mots : race et classe. »

Katrina a exposé à la lumière ces deux blessures profondes, réveillant du même coup une réaction salutaire de l'opinion. Obama aurait-il réussi le parcours qu'il a fait sans cet ouragan ? Je ne le pense pas. Un fil lie Obama à Katrina. (Voir la vidéo : les excuses de Bush)



Depuis, un réalignement critique est à l'œuvre aux Etats-Unis, au point que certains parlent même d'une « troisième révolution » (les deux première étant le « welfare state » (Etat-providence) de Roosevelt et le néolibéralisme de Reagan). Les sondages montrent clairement que sur la question du rôle de l'Etat dans l'économie, ou des impôts, il y a un « avant » et un « après » Katrina.

Enquête du Pew Research Center for the People & the Press.Par exemple, selon une enquête du Pew Center (« Trends in political values and core attitudes, 1987-2007 », ci-contre), les Américains qui jugent que « le gouvernement a la responsabilité de prendre soin de ceux qui ne peuvent pas le faire pour eux même » est passé de 51% en 2002 à 69% en 2007… Pendant le second mandat de George W. Bush, tant sur leur rapport au monde que sur leur rapport à l'économie, les Américains se sont remis en cause.

L'un d'entre eux, pourtant, n'a jamais douté, jamais questionné ses convictions : c'est George W. Bush. Il a vissé sa vie politique sur le conservatisme le plus pur, y voyant le nec plus ultra de la modernité. S'est-il rendu compte, lorsqu'il assistait à l'enterrement de Ronald Reagan dans la cathédrale de Washington, que c'était aussi cette vision du monde qu'on enterrait ?

Résultat de cet entêtement : Bush risque de rester dans l'histoire des Etats-Unis comme l'un des pires présidents que ce pays ait jamais eus. Il lègue une dette faramineuse, un chaos en Afghanistan et en Irak, des inégalités effroyables, une image du pays dégradée, et pour couronner le tout, une crise financière qu'il a favorisée en appelant tous les Américains à devenir propriétaires (thème de sa « ownership society »).

L'environnement et les consommateurs sacrifiés sur l'autel de l'industrie

Mais rien ne dévie jamais la course de George W. Bush vers le mur. Avant de quitter la Maison-Blanche, et alors que le modèle économique néolibéral fait eaux de toutes part, il entend passer une dernière loi de dérégulation, qui aura pour objectif, au nom de l'efficacité, d'affaiblir les règles protégeant l'environnement et les consommateurs. Les industriels applaudissent une nouvelle fois, avec le même entrain que mettait l'orchestre du Titanic.

Son œuvre ainsi parachevée, George W. Bush pourra alors retourner dans son ranch. Il a atteint son objectif, gommer son père. Le « George Bush » qui restera dans les livres d'histoire ne sera pas le 41e président, mais le 43e.



Photo : Sam Houston à la Bataille de San Jacinto (wikipédia). La famille Bush (Wikipédia). Mai 2003 : Bush sur le porte-avions USS Abraham Lincoln (Larry Downing/Reuters).

249 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de pablico

De pablico

18H28 | 07/11/2008 | Permalien

il n'a pas tué son père avec le dos d'une cuillère…

Il fut un temps où l'on mettait nos espoirs, dans le progrès, la paix, la science.
Maintenant on les met dans l'élection d'un président des États Unis… (ce qu'on a vécu, commenté pendant des mois, même ici)

On ne marche pas sur la tête ?

Portrait de zphilou

à pablico Portrait de pablico De zphilou

19H25 | 07/11/2008 | Permalien

+1)….A méditer… ! !

Portrait de Socrate Tchatcha

à zphilou Portrait de zphilou De Socrate Tchatcha

viouuuu du vent | 20H29 | 07/11/2008 | Permalien

Son petit bec va nous manquer ? ? ? Il paraît qu'en Californie, pour fêter son départ, tous les couvercles d'égouts porteront son nom (un projet) ! ! !

Il mérite au moins cette reconnaissance.

http://adjimdanngar.over-blog.net/

Portrait de kawouede

à zphilou Portrait de zphilou De kawouede

21H39 | 07/11/2008 | Permalien

Pareil que zphilou, après pablico
et pourtant y a d'la joie
http://www.verts-paris11.org/spip.php ? article134

Portrait de Gina Grimont

à pablico Portrait de pablico De Gina Grimont

20H55 | 07/11/2008 | Permalien

@pablico
Entiérement d'accord ! Je suis effrayée que les gens attendent tout des hommes-femmes qu'ils élisent. Comme des enfants qui attendent tout de leurs parents ! Plus de révolte, rien ! Le bulletin dans l'urne, basta.

Portrait de Béatrice1

à Gina Grimont Portrait de Gina Grimont De Béatrice1

| 23H15 | 07/11/2008 | Permalien

Moi ce qui m'effraie, c'est votre discours. C'est un appel à la violence ?

Portrait de Teberli

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Teberli

Enseignant | 14H41 | 08/11/2008 | Permalien

Moi, ce qui m'effraie, c'est votre défense de l'indéfendable et votre volonté de faire prendre aux riverains vos vessies pour des lanternes.

Si mettre un bulletin dans une urne tous les quatre ans suffisait à caractériser une démocratie, ça se saurait. Mais, et vous le savez très bien, ce que vous cautionnez et défendez, c'est une pseudo-démocratie qui laisse les politocards gouverner à leur guise une fois le nombre de bulletins acquis.

La vraie démocratie, renseignez-vous il en existe de très bonnes définitions, ne se contente pas de gouverner à la place des citoyens.

La démocratie, au sens dévoyé par les libéraux de droite et de gauche et par les dictatures de droite et d'état n'est pas morte, elle vit dans le coeur de tous les hommes dignes, et essaie de sortir des griffes et du carcan des idées fausses de droite comme de gauche.

La démocratie est en marche et les petites ou grandes manoeuvres des puissants ne l'empêcheront pas de triompher. Les citoyens réalisent en grand nombre qu'ils doivent être acteurs de leur avenir et créer les outils de la justice sociale, de la démocratie et du respect des hommes et de la nature. Un nouveau parti politique - le NPA -leur ouvre des perspectives et accueille avec grand plaisir les idées, les revendications, les énergies, les hommes et femmes qui ne se résignent pas et ne se contentent pas de la démocratie bidon qu'on leur a vendue élection après élection. Bienvenue aux citoyens, à tous les citoyens qui veulent sortir de l'Age de Guerre, pour eux, la planète et leurs enfants pleins d'espoirs légitimes.

Portrait de Thucydide

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 18H49 | 08/11/2008 | Permalien

La passivité est tellement confortable !

Portrait de jjhb

à Gina Grimont Portrait de Gina Grimont De jjhb

cosmonaute | 03H45 | 08/11/2008 | Permalien

D'autant plus effrayant que les personnes élues pratiquent le faites ce que je dis mais pas ce que je fais.

Georges mérite le tribunal pénal international… Mais ne rêvons pas. Pourquoi pas Jacques en zonzon ?

Portrait de jacques13

à jjhb Portrait de jjhb De jacques13

17H26 | 19/01/2009 | Permalien

Mais ne rêvons pas. Pourquoi pas Jacques en zonzon ?
Tiens une petite chanson pour calmer ta déception…

http://fr.youtube.com/watch ? v=UVR4tsVoVy0

Portrait de pablico

à Gina Grimont Portrait de Gina Grimont De pablico

12H30 | 08/11/2008 | Permalien

La presse nous a monté cela en mayonnaise, depuis près d'un an.
Une sorte de messie universel.
Pourquoi a-t-elle fait cela, la presse dans son ensemble ?

Portrait de Teberli

à pablico Portrait de pablico De Teberli

Enseignant | 14H49 | 08/11/2008 | Permalien

Pour nous faire croire que par miracle les choses peuvent s'améliorer.

Beaucoup croient aux miracles et beaucoup jouent au loto.
Beaucoup seront déçus.

Le changement sera effectif et profitable à tous lorsque le capitalisme sera remplacé par la démocratie et la justice sociale dans le respect des hommes et de la nature.

Il n'est pas nécessaire de croire au Père Noël passé un certain âge, ni à ce que raconte la presse aux ordres des grands groupes ou les média des gouvernants et des puissants.

Portrait de pablico

à pablico Portrait de pablico De pablico

18H44 | 19/01/2009 | Permalien

comme c'est un vieux commentaire, je vais me fendre d'un nouveau :

george est un primaire, pourquoi ?

Il chasse le terroriste.
Mais ce n'est pas le terroriste qu'il faut chasser, c'est en amont : le fanatisme.
Le terrorisme n'est que le bras armé du fanatisme.
et « dieu sait » si il y a des fanatiques et de tous bords, et dans tous les camps…

mais comme d'habitude on chasse l'effet et non la cause…veille erreur éternelle…

l'ombre et non la proie.

Portrait de skalpa

à pablico Portrait de pablico De skalpa

actif et militant ? | 20H36 | 19/01/2009 | Permalien

En 1993, Zebda chantait :
« Georges Bush aux assedic » (ils parlaient du père)…

Ca y est pour le fils !

Wahou ! ! ! !

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Jambalaya

De Jambalaya

Le contenu de ce champ apparaît ent... | 17H57 | 07/11/2008 | Permalien

« Non, écrivais-je, la victoire de Bush ne reflète pas une poussée des “valeurs” de droite dans ce pays : la religion recule plutôt, de même que l'homophobie, le soutien à la peine de mort, le racisme. »

Passionnant…
Comme si les valeurs de droite se limitaient à l'homophobie, le racisme, la peine de mort et la religion… Il devait être gratiné cette article, plus caricatural tu meurs !

Portrait de thierry reboud

à Jambalaya Portrait de Jambalaya De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H06 | 07/11/2008 | Permalien

Ah, mais peut-être que les valeurs de droite (et en particulier de la droite étasunienne) se retrouvent effectivement, au moins au titre de symptômes, dans le soutien aux religions, l'assentiment aux valeurs traditionnelles de la famille traditionnelle, dans une lecture quelque peu rudimentaire de la loi dite du talion ou dans la conviction que certains, plus que d'autres, doivent conserver la prééminence…

Que les valeurs de droite ne se limitent pas à cela, je veux bien vous croire sur parole (puisque vous les connaissez sans doute mieux que moi), mais il me semble qu'on peut à bon droit trouver dans cette énumération une sorte d'épine dorsale au minimum des valeurs de la droite mises en pratique.

Portrait de Jambalaya

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Jambalaya

Le contenu de ce champ apparaît ent... | 18H15 | 07/11/2008 | Permalien

Mouais !

Il ne me semble pas qu'Obama soit un partisan farouche de l'abolition de la peine de mort. Il parait même qu'il souhaiterait élargir son application aux viols de mineurs. Comme quoi, faire du soutien à la peine de mort une valeur de droite me parait un peu abusif.

Idem pour la religion, on peut être de gauche et croyant. Obama l'est, Hillary l'est, en quoi est-ce une valeur spécifiquement de droite ? Et puis, c'est un peu limite de mélanger religion, racisme et homophobie. Caricatural même.

Ensuite il faudrait définir ce qu'on entend par homophobie. Pour certains s'opposer au mariage homosexuel ou à l'adoption par un couple homosexuel suffit à vous ranger dans la catégorie homophobe…

Quant au racisme, voila un sentiment humain qui hélas transcende les frontières partisanes droite/gauche…

Portrait de thierry reboud

à Jambalaya Portrait de Jambalaya De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H24 | 07/11/2008 | Permalien

Tiens, pour une fois nous allons être d'accord, au moins sur les prémisses : je n'ai jamais, mais alors jamais considéré qu'Obama ou Clinton sont de gauche.

Je persiste donc (c'est une opinion) à faire du soutien à la peine de mort quelque chose qui procède des valeurs de la droite. Idem pour la religion, l'homophobie ou le racisme…

En l'occurrence, je ne suis pas sûr que Riché ait mélangé : il me semble plutôt qu'il a énuméré, ce qui n'est pas vraiment la même chose.

Enfin, sur le racisme, si vous avez incontestablement raison quant à ce que vous énoncez dans votre conclusion, il reste que l'anti-racisme demeure constitutif des valeurs de la gauche.

Il me semble que la question est de distinguer entre les valeurs et les pratiques.

Portrait de Jambalaya

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Jambalaya

Le contenu de ce champ apparaît ent... | 18H39 | 07/11/2008 | Permalien

« Je persiste donc (c'est une opinion) à faire du soutien à la peine de mort quelque chose qui procède des valeurs de la droite. Idem pour la religion, l'homophobie ou le racisme… »

Errare humanum est, persevare diabolicum !
Je ne vous convaincrai pas apparemment et vice-versa mais quand même allez expliquer à un « catho de gauche » qu'il est un peu de droite sur les bords !

« En l'occurrence, je ne suis pas sûr que Riché ait mélangé : il me semble plutôt qu'il a énuméré, ce qui n'est pas vraiment la même chose. »

Bah disons que ça prête à toutes sortes d'amalgames pas très sympas pour les croyants.

« Il me semble que la question est de distinguer entre les valeurs et les pratiques. »

Oui je vais m'y atteler. En attendant bon we !

Portrait de thierry reboud

à Jambalaya Portrait de Jambalaya De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H52 | 07/11/2008 | Permalien

Tenir une opinion pour une erreur en dit assez long sur ce que pourraient être les valeurs de droite, ou j'exagère ? (Ce n'est qu'une plaisanterie, mais je n'ai pas pu résister ; -) ! )

Bon week-end à vous aussi.

Portrait de andycap

à Jambalaya Portrait de Jambalaya De andycap

photographe | 18H57 | 07/11/2008 | Permalien

Les français parlent de la politique américaine…. un peu comme ils parlent anglais… il leur manque quelques bases… Gauche-droite ça va pour votre sarko-ségo… mais là vous parlez des américains. Vous avez dû rater un virage… et le père Noël il est de gauche ou de droite ?

Portrait de Alt-Z

à andycap Portrait de andycap De Alt-Z

Jeune délibéral. | 19H35 | 07/11/2008 | Permalien

Schématisons donc, en évitant la caricature (bien que les valeurs énumérées par M. Reboud se retrouvent plus facilement dans la pensée de droite, mais admettons…) : la droite donne la primauté à l'économie, la gauche au soci(ét)al. J'ai bon ?

Le reste en découle, et dès lors même si la grille de lecture n'est pas la meilleure à appliquer aux Etats-Unis, elle demeure valable. Et efficace pour le peu de repères que nous avons sur le sujet, en France.

(Tiens d'ailleurs, c'est toujours marrant de demander à quelqu'un de droite ce qu'il considère être la finalité de « l'Economie ».)

Portrait de Jambalaya

à andycap Portrait de andycap De Jambalaya

Le contenu de ce champ apparaît ent... | 20H00 | 07/11/2008 | Permalien

C'est une ordure… Je vous laisse la conclusion !

Portrait de Jambalaya

à andycap Portrait de andycap De Jambalaya

Le contenu de ce champ apparaît ent... | 20H01 | 07/11/2008 | Permalien

C'est une ordure… Je vous laisse la conclusion !

Portrait de andycap

à Jambalaya Portrait de Jambalaya De andycap

photographe | 20H30 | 07/11/2008 | Permalien

c'est le moment d'aller vous couchez Jambalaya, vous fatiguez….
bon w.e.

Portrait de sccber

à andycap Portrait de andycap De sccber

21H00 | 07/11/2008 | Permalien

De droite, incontestablement.

Portrait de Béatrice1

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Béatrice1

| 22H21 | 07/11/2008 | Permalien

Bonsoir Thierry.

« peut-être que les valeurs de droite (et en particulier de la droite étasunienne) se retrouvent effectivement, au moins au titre de symptômes, dans le soutien aux religions, l'assentiment aux valeurs traditionnelles de la famille traditionnelle »

Je connais assez mal la droite française, mais pour ce qui est de la société américaine, vous vous trompez, mon cher Thierry. Ce serait si simple. Bush, ce suppôt de la droite la plus conservatrice, quand il faisait ses meetings, était toujours rejoint sur scène par la famille de Dick Cheney : une fille avec son mari et ses enfants, l'autre fille - ouvertement homosexuelle - avec… sa partenaire. De McCain et d'Obama, c'est McCain qui est divorcé… McCain n'est absolument pas homophobe, pas plus que Giuliani qui fut considéré pendant longtemps comme le favori chez les Républicains (divorcé lui aussi). Etc…

Les questions sociétales ne suivent pas le clivage droite/gauche. Ce n'est pas dans un mouvement de droite que des militants (mariés ! ) ont été exclus pour avoir eu des relations sexuelles, mais à Lutte Ouvrière. Le PC était (est toujours ? J'ai quelque peu perdu le fil) extrêmement conservateur du point de vue des moeurs. Ce sont aussi les premiers à avoir mené un coup de force contre un foyer d'immigrés… Par ailleurs, les seules personnes que j'aie entendu tenir des propos ouvertement antisémites en France étaient d'extrême gauche (je précise que je ne fréquente pas, et n'ai jamais fréquenté l'extrême droite - c'est là que je me serais attendue à en entendre), et la seule fois de ma vie où j'ai entendu « Mort aux Juifs », c'est au cours d'une manif du MRAP, qui n'est pas spécialement connu pour être de droite !

D'autre part, j'ai été frappée quand j'ai adhéré à Amnesty International France (avant l'abolition de la peine de mort) de la grande proportion de catholiques qui s'y trouvaient - catholiques de gauche.

Le soutien aux religions est une réalité générale aux Etats-Unis, de quelque religion qu'il s'agisse, et quelle que soit la religion ou l'absence de religion de la personne concernée, qu'elle soit de droite ou de gauche : la liberté de conscience est à la base de la constitution US.

Bref, vous devriez réviser un peu vos clichés, je crois.

Portrait de thierry reboud

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H43 | 07/11/2008 | Permalien

Bonsoir Béatrice.

D'où le peut-être : parce que vous avez raison, la droite étasunienne, pour autant qu'elle ne mette pas le monde à feu et à sang, je m'en tamponne assez complètement. Après tout, si ça convient aux Etasuniens, ça les regarde (et si ça ne leur convient pas aussi, d'ailleurs).

Ce que vous dites de LO est très juste, mais ils sont assez peu représentatifs de la gauche étasunienne, si je ne me trompe. L'état du PC (tout aussi peu représentatif de la gauche étasunienne, non ? ), je ne le connais pas et je ne sais pas si quelqu'un le connaît encore.

Mais pour ce qui concerne les remarques antisémites, sans doute moins virulentes mais parfaitement assumées, je vous suggère de faire un tour dans des familles de la bonne droite bourgeoise bien française (pour l'étasunienne, je n'en sais rien), elles ne sont pas mal non plus. Sans compter qu'à chaque fois que j'étais présent lorsque des gauchistes faire des remarques antisémites, il s'est toujours trouvé quelqu'un pour remettre les choses en place, alors que dans les familles de la bonne droite bourgeoise bien française… (En même temps, je ne vois pas le rapport dans le cadre des commentaires à cet article.)

Que le soutien aux religions soit une chose fort commune aux Etats-Unis, oui, certes ; mais enfin, n'importe qui sait cela, je crois même (pour le coup) que c'est l'un des clichés les plus justifiés et les plus répandus qui soient. Et puis ça dépend aussi de ce que vous appelez la gauche étasunienne… Si c'est le Parti Démocrate, je vous le laisse bien volontiers, je crois que vous êtes preneuse.

(D'autre part, sur la question des religions et particulièrement des cathos-de-gauche, c'est l'occasion ou jamais de vous dire que vous prêchez un converti, vu que j'en ai aussi rencontré dans des partis ou des syndicats de gauche : reste que, sur le plan des valeurs, le soutien a priori aux religions… Bon, bref, là aussi, il s'agit d'une opinion : nous n'avons pas la même, c'est tout.)

Côté clichés à réviser, faites-moi un jour penser à vous en indiquer deux ou trois.

Portrait de Béatrice1

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Béatrice1

| 23H37 | 07/11/2008 | Permalien

LO et le PC me semblent tout de même assez représentatifs de la gauche française, non ? Pour ce qui est de la liberté des moeurs, on fait mieux. Puisque de toutes façons vous niez l'existence même d'une gauche américaine, je vous cite des exemples bien de chez nous, pour vous montrer qu'il est pour le moins imprudent d'affirmer que « gauche = antiracisme et homophilie », et « droite = racisme et homophobie »… Il est là le rapport dans le cadre des commentaires de l'article.

Vous connaissez la « bonne droite bourgeoise bien française », pour affirmer ce que vous affirmez ? Moi je m'en tiens à ce que j'ai vu et entendu. J'ajouterai une chose à votre liste de valeurs de gauche : c'est la TOLERANCE, qui est très très mal représentée dans la gauche française, mais qui est la clé de voûte de la gauche américaine. C'est là que le soutien à priori à la liberté de conscience est et doit être une valeur de gauche.

Oui, je suis totalement preneuse du parti Démocrate, qui EST à gauche, quoi que vous en pensiez - il va du centre-gauche à une gauche extrême (comme Howard Dean) sans aller pour cela jusqu'au soutien aux dictatures. Il m'a parfois énervée, parfois désespérée, mais je l'ai toujours soutenu - dans sa version moderne : sous Lincoln, j'aurais été républicaine.

PS : J'aime autant l'horrible barabarisme « états-unien » dont vous vous gargarisez que « royaume-unien » ou « afrique-du-sudien »…

Portrait de thierry reboud

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 00H24 | 08/11/2008 | Permalien

1- LO et le PC représentatifs de la gauche française ? Vous avez pensé à régler votre montre ou vous êtes encore en plein décalage horaire ? Notez qu'au moins c'est rigolo.

2- Je ne nie absolument pas l'existence d'une gauche américaine (ne serait-ce qu'en Argentine, tenez, ou au Mexique, ou en Bolivie…), je me contente de ne pas savoir ce qu'il en est d'une gauche étasunienne, et j'ajoute un cadeau-bonus : je doute le Parti Démocrate soit de gauche… mais ce n'est qu'une opinion personnelle.

3- Ben moi aussi je me contente de vous causer de ce que j'ai vu et entendu ! Il n'a pas tort, PMB : vous devriez peut-être un peu mieux connaître la droite française (et puis sans doute la gauche aussi, tant que vous y serez).

4- D'après ce que vous-même écrivez, la tolérance est une vertu étasunienne tout court. Sans compter que des-gens-de-la-gauche-française qui prônent une liberté de conscience absolue, ben j'en connais aussi. Sans rire. Et même à l'extrême-gauche. Si. Dingue, non ? (Notez bien que, pour le coup, si vous écriviez que la tolérance n'est pas particulièrement une vertu politique française, à droite ou à gauche, je vous suivrais sans doute plus volontiers.)

4- C'est super trop craquant que vous soyez preneuse d'un Parti Démocrate qui est à gauche (quoi que j'en pense). Faut bien que quelqu'un se dévoue, et je ne m'y serais pas collé. (Howard Dean à l'extrême-gauche, vous dites ça pour rire ou bien ? Et Laurent Fabius, c'est un anarchiste ? )

5- Sous Lincoln, vous auriez été républicaine, fort bien. Confidence pour confidence, sous Louis XI, je crois bien que j'aurais été lecanuétiste. (C'est juste pour rire, hein : n'essayez pas de me faire chanter, je ne paierai pas.)

6- Je n'utilise jamais l'horrible barbarisme états-unien, plutôt crever, et surtout pas pour me gargariser. Pour les gargarismes, on trouve bien mieux en pharmacie, je vous assure. (Au passage, je me demande bien pourquoi pourquoi vous aimez tant cet horrible barbarisme, mais des goûts et des couleurs…) Je préfère me servir du néologisme étasunien : est-ce ma faute à moi si américain possède un sens équivoque et que, par conséquent, étasunien est plus précis ? Sans compter qu'il a un effet collatéral que je trouve réjouissant : il agace les Gallo-Tazus, et ça, ça me fait carrément craquer. (Je sens que vous allez me demander ce que j'entends par Gallo-Tazus. Je me trompe ? )

7- Re-confidence pour re-confidence, j'utilise plutôt britannique et sud-africain.

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