Deux ans de campagne, deux ans de pronostics foireux

A Atlanta, une pro-Obama signe son soutien sur un bus des démocrates (Tami Chappell/Reuters).

L'Amérique n'est pas prête pour un président noir. Les supporters d'Hillary Clinton aigris par la nomination d'Obama vont voter McCain. De toute façon, c'est l'argent qui décide… Pendant deux ans, les élections ont été l'occasion d'un feu d'artifices de grandes vérités et de pronostics… Ils sont tous ou presque tombés à l'eau.

Les prévisions foireuses, ça peut commencer très tôt. En avril 2005, la crème des « insiders » prédisent ensemble une finale présidentielle entre George Allen, sénateur de Virginie, et Hillary Clinton. Si quelqu'un se souvient de George Allen… (il s'est fait laminer politiquement en 2006 après avoir traité un observateur politique de macaque, Youtube a fait le reste).

La palme du pronostic raté à Guy Sorman qui en janvier pronostique la victoire de McCain face à Hillary :

« On parie ? Hillary Clinton arrivera en finale, mais déchiquetée par Obama. Le côté héroïque de Mc Cain fera la différence. »

Mince, on regrette de pas avoir parié.

Au-delà des paris ratés, la liste de ces grandes vérités montre à quel point cette élection présidentielle américaine a bousculé tout ce que l'on croyait être les règles de la politique américaine.

On vous en fait un résumé de ce que les Américains appellent des « common wisdoms », des idées couramment admises en politique. A relire avant de faire des paris sur les élections de 2012.

  • Dans la course à la présidentielle, c'est un désavantage d'être sénateur. L'Amérique n'a pas élu de président sénateur depuis J. F. Kennedy.

Tiens, et on se retrouve avec Obama, Clinton, McCain… trois sénateurs en lice pour les derniers mois de campagne.

  • L'argent est le nerf de la guerre.

Les caisses vides de McCain (à l'été 2007, on parlait de sa candidature au passé) ne l'ont pas empêché d'être le candidat du parti tandis que le millionnaire Mitt Romney, qui a investi 45 millions de dollars de sa fortune personnelle n'a même pas été jugé indispensable dans le rôle de vice-président républicain.

  • L'important, c'est le « momentum », le moment où un candidat a le vent en poupe, ce qui crée une dynamique et son avance se confirme.

Dans cette campagne quasiment tous les candidats ont eu leur « momentum » (Giuliani, Huckabee, McCain ont tous été favoris à tour de rôle, Hillary Clinton a eu son « momentum » après la victoire des primaires du New Hampshire) sans que cela ne dure. Tout comme les soi-disant « bosses » des sondages des candidats après les conventions des partis se sont immédiatement évaporées.

  • Les Clinton contrôlent l'establishment du parti démocrate. Obama n'a aucune chance aux primaires.

Finalement, alors que Barack Obama et Hillary Clinton ont chacun récolté 18 millions de votes pendant les primaires. C'est grâce aux voix des « super délégués » (les officiels du parti) qu'Obama a battu sa rivale.

  • Hillary a un formidable atout : le tellement charismatique Bill Clinton.

Finalement, l'ancien président aura souvent été un boulet pendant les primaires.

  • La force d'Hillary, c'est sa discipline et celle de son équipe.

Sa campagne a fini gravement dans le rouge. L'équipe n'avait pas prévu que les primaires pourraient durer au-delà du super Tuesday. Les démissions de membres de l'équipe, les bagarres entre son stratège Mark Penn et ses autres conseillers ont fait les bonheurs de la presse. Toutes les notes internes ont fuité (pour être publiées dans le magazine Atlantic Monthly). Pendant ce temps là, rien de ce qui se tramait dans le camp Obama n'a jamais filtré.

  • John McCain n'a pas d'avenir politique parce qu'il a été trop faucon en Irak.

Ça ne l'a pas empêché d'être le candidat républicain et le républicain préféré des démocrates (jusqu'à ce qu'il soit le candidat républicain). D'ailleurs la guerre a à peine été un sujet de la campagne générale.

  • John McCain ne sera jamais le candidat républicain parce que la base du parti ne l'aime pas.

Manifestement, elle aimait encore moins les autres.

  • John McCain ne peut pas gagner les primaires du parti républicain parce qu'il a défendu la régularisation des sans-papiers.

Qui se souvient qu'on ait vraiment débattu de l'immigration dans cette campagne ?

  • Hillary Clinton va faire deux bouchées d'Obama.

Elle va gagner « avec une grande marge » d'après son mari Bill. Même quand elle se plante d'une vingtaine de points en Caroline du Sud, l'ex-stratège de Bill Clinton pronostique que c'est cette défaite qui va permettre à Hillary de gagner les primaires. (oui, le même Dick Morris qui avait plus tôt prédit une élection générale entre Hillary Clinton et Condoleezza Rice).

  • Les longues primaires vont laisser le parti démocrate tellement divisé que son candidat ne pourra pas gagner.

Le parti démocrate n'a jamais été aussi uni derrière son candidat. Quatre démocrates sur cinq disent avoir une opinion « très positive » d'Obama.

  • Obama ne sera pas élu à cause de l'effet Bradley.

En 1982, le candidat noir Tom Bradley était en tête des sondages de sorties d'urnes pour être gouverneur de Californie mais a perdu. D'où l'idée que les électeurs trouvent politically correct de dire qu'ils vont voter pour un Noir mais ne le font pas.
Non seulement ça n'a pas été le cas mais dans certains Etats, pendant les primaires et caucus, il a fait mieux que ce que les sondages prédisaient. En revanche, les 72 ans de McCain lui ont peut-être plus porté tort que la couleur de peau d'Obama.

  • Aucun démocrate n'a gagné la Maison Blanche sans le Tennessee depuis 1960.

Sauf cette année. Pardon McCain, mais cette année, ça n'était pas plus vrai que « le gagnant du Missouri gagne la Maison Blanche ».

  • La force du parti républicain, c'est sa discipline et son organisation (bénévoles, base de données).

Cette année, c'était la force de la campagne de Barack Obama.

Photo : à Atlanta, une pro-Obama signe son soutien sur un bus des démocrates (Tami Chappell/Reuters).

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Lecteur écriveur | 10H02 | 06/11/2008 | Permalien

« Et même McCain : son discours de concession avait une autre allure que la ridicule apparition de Ségolène au soir du 2è tour ! »

La célébrissime chaise vide de Giscard était pas mal non plus.

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Lecteur écriveur | 10H06 | 06/11/2008 | Permalien

(Edith de Nantes)

Portrait de Lavrenti

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Lavrenti

11H42 | 06/11/2008 | Permalien

Les deux discours ont été remarquables à tous points de vue, celui de McCain peut être plus encore que celui d'Obama.

L'hommage rendu de manière tres appuyé, l'explication du pourquoi il considere que c'est une grande victoire et en quoi cela grandit son pays, l'appel tres clair à travailler avec le nouvel élu pour le bien du pays, la longueur de discours dans des circonstances tres difficiles et alors que l'emotion etait palpable, tout ça montre bien que McCain vaut beaucoup mieux que ce qu'il a montré pendant sa campagne et qu'il est le seul de son camps à être à la hauteur.

Quand au discours d'Obama, c'était celui d'un chef d'état, d'un élu representant son pays est ses citoyens, lui aussi absolument remarquable, nettement au dessus de la mélée, à la hauteur.

C'est le type d'expression politique qui montre que certains individus, dans un contexte propice comme l'est le fonctionnement institutionnel des etats unis, peuvent honorer leurs concitoyens, leur pays et s'honorer eux mêmes par leur comportement et par leur discours.

C'est à des années lumières de l'étalement d'égo que nos dirigeants nous livrent en pature de ce coté de l'atlantique.

Portrait de Jaycib

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 16H52 | 06/11/2008 | Permalien

Merci de cet hommage inattendu, Béatrice ! Et bravo d'avoir compris qu'Obama avait une bonne chance de passer. Si je le soutenais complètement depuis grosso modo Noël 2007, j'avais des souvenirs cuisants d'échecs répétés de la cause intégrationniste depuis ML King (y compris dans les établissements ou j'ai enseigné, malgré l'affirmative action), et je ne suis toujours pas sûr qu'Obama aurait gagné s'il n'y avait pas eu la crise financière, économique et sociale… à laquelle il était parfaitement préparé en tant que « campaigner ».

Je me félicite donc de la victoire d'Obama tout en appréhendant la suite des événements, car la crise va être longue et particulièrement difficile pour ses partisans afro-américains des ghettos (je ne parle pas des autres…). Pourra-t-il répondre à leurs attentes ? Elles sont en effet LEGITIMEMENT insatiables. Ma propre boule à l'estomac, c'est celle-là !

Notre parcours est différent. Vous êtes une visiteuse régulière des Etats-Unis… mais j'en suis encore citoyen (par naturalisation en 1972). Mon retour en France dans les années 90 est dû à mon état de santé (insuffisance rénale terminale depuis 1980 ; j'en suis à ma deuxième transplantation), et l'on est bien mieux soigné pour cela en France.

Le projet d'assurance maladie d'Obama m'intéresse « au premier degré », par conséquent. Reagan a tout foutu en l'air dans ce domaine au début des années 80. Auparavant, la « sécu » à l'américaine tenait la route.

Cela dit, il y a bien d'autres raisons d'être opposé aux néo-conservateurs !

Portrait de Béatrice1

à Jaycib Portrait de Jaycib De Béatrice1

| 17H32 | 06/11/2008 | Permalien

Oui, je suis bien d'accord sur Reagan, et je suis désolée que vous ayez dû rentrer en France pour vous faire soigner, c'est une véritable honte pour les Etats-Unis.

Mais en ce qui concerne l'affirmative action, je suis pleine d'admiration pour un pays qui a su prendre le problème des discriminations à bras le corps comme ils l'ont fait. Les Américains se sont habitués à voir des Noirs et des Latinos à des postes de responsabilités depuis des lustres maintenant, grâce à cette politique, et pendant que je voyais la condition des Noirs s'améliorer à grande vitesse outre-Atlantique, je voyais celle des Arabes se dégrader à toute allure dans la ZEP où j'enseignais - car les Zep sont de véritables ghettos. Je regrette vivement que nous ne soyons pas encore capable de voir en face que nous avons un problème - condition sine qua non pour commencer à essayer d'y trouver des remèdes. Nos jeunes de banlieues ont un besoin urgent de « role models », qu'ils ne sont pas prêts de trouver chez les décideurs français, malheureusement.

Bref, moi qui manifestais pour les droits civiques aux côtés des Noirs, j'ai pleuré à chaudes larmes en voyons Jesse Jackson pleurer hier, et en voyant ce vieux Noir sangloter en récitant un discours de Martin Luther King : « We ARE the people, and we'll GET there - and we GOT there »…

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 15H06 | 05/11/2008 | Permalien

on regrette de pas avoir parié
de NE pas….
un peu de tenue grammaticale, il y a des jeunes gens influençables qui lisent vos papiers : D

Et heureusement que les prévisions sont parfois foireuses, sinon ça devient de la divination !

Enfin, c'est tout de même une bonne chose que de revenir sur ces points, ça permet de refaire une analyse à froid. C'est toujours utile d'affiner sa vision politique du monde. Même si ce ne sont pas des jurisprudences mais des faits qui pourront se reproduire… ou pas.

Portrait de Bee

De Bee

15H26 | 05/11/2008 | Permalien

« L'argent est le nerf de la guerre.
Les caisses vides de McCain (à l'été 2007, on parlait de sa candidature au passé) ne l'ont pas empêché d'être le candidat du parti tandis que le millionnaire Mitt Romney, qui a investi 45 millions de dollars de sa fortune personnelle n'a même pas été jugé indispensable dans le rôle de vice-président républicain. »

C'est élément est le plus fort de ceux que vous citez et votre réponse est (volontairement ? ) plus qu'orientée puisque vous ne comparez pas Obama et McCain mais uniquement McCain et Mitt Romney dont tout le monde se fiche.

Or l'argent aux Etats-Unis est le nerf de la guerre pour être élu président, c'est incontestable.

Or Obama a récolté plus de 600 millions de dollars contre un peu moins de 300 pour son rival. Au delà de toutes les envolées lyriques sur ses qualités humaines et ses talents, c'est surtout cette différence que l'on retrouve à l'arrivée.

C'est un peu agaçant de voir cet élan de joie presque niaise sur la victoire de l'idéal et des idées, du noir sur le racisme etc.

Obama n'a pas gagné pour ces raisons, sa qualité principale est de savoir très bien s'entourer, il a orchestré, minuté et organisé de main de maître une campagne entièrement planifiée ne laissant aucune place à l'improvisation. Sur ces dernières années c'est celui qui a le plus professionalisé sa campagne, et c'est ce qui l'a fait gagné.

Je suis très heureux qu'il ait gagné, plus que McCain ait perdu qu'Obama ait gagné pour être franc, mais qu'on arrête de nous faire croire à la victoire d'un idéal sur le libéralisme américain. La victoire d'Obama, c'est la victoire de l'argent et du marketing utilisé à outrance sur tous les fronts tout au long de la campagne.

Ce même marketing, d'ailleurs, qui vous fait tous jubiler à présent, et qui pousse des journalistes à écrire des article célébrant une victoire « contre toute attente », « contre tout ce que tout le monde disait » (vous remarquez des similitudes avec le discours de Chicago d'hier ? ).

Maintenant commence la partie intéressante, il sera jugé sur ses actions en tant que président, pas sur sa campagne. J'ai de grands espoirs pour ce président et pour sa science tactique, s'il applique la rigueur de sa campagne à la résolutions des problèmes aux USA alors nous aurons une grande présidence.

Portrait de Guillemette Faure

à Bee Portrait de Bee De Guillemette Faure (auteur)

Rue89 | 15H29 | 05/11/2008 | Permalien

Mais au départ les Clinton avaient bien plus de moyens qu'Obama. Ce qu'Obama a rappelé dans son discours d'hier, c'est que sa campagne a démarré sans argent (pour en lever des sommes astronomiques ensuite).

Portrait de Bee

à Guillemette Faure Portrait de Guillemette Faure De Bee

16H38 | 05/11/2008 | Permalien

Mm C'est loin des souvenirs que j'en ai. Vous me prenez de court il est vrai, à mon travail sans source fiable d'information, mais si je me souviens bien, et ce qu'une recherche rapide (certes peu fiable) sur Internet semble confirmer, c'est qu'Obama avait dès le lancement de sa campagne galopé en tête de la « fundraising race'. Ayant depuis très tôt dans la course bénéficié de l'efficacité impressionnante de son équipe.

Alors ensuite cela dépend de quoi l'on parle ; si l'on parle de finance personnelle évidemment c'est un autre débat.

Mais je crois qu'on perd de vue la pertinence de l'argument si l'on parle uniquement de l'argent au départ de la campagne.

L'argument était “l'argent est le nerf de la guerre”. A cet argument, la réponse est indubitablement oui, Obama en étant la plus claire expression.

Portrait de CrocMignon

à Bee Portrait de Bee De CrocMignon

Fan de Carla et fane de carotte | 17H12 | 05/11/2008 | Permalien

« Obama n'a pas gagné pour ces raisons, sa qualité principale est de savoir très bien s'entourer, il a orchestré, minuté et organisé de main de maître une campagne entièrement planifiée ne laissant aucune place à l'improvisation. Sur ces dernières années c'est celui qui a le plus professionalisé sa campagne, et c'est ce qui l'a fait gagné. »

C'est justement ce sens de l'organisation et cette capacité à bien s'entourer (tout le contraire d'un Petit Nicolas) qui me fait espérer qu'il sera un bon président. Peut-être même un grand président, on peut toujours rêver.

A part ça, je suis très heureux de voir que ce sujet s'accompagne de commentaires de qualité, ce qui n'est peut-être (peut-être…) pas toujours le cas.

Alors, bravo et amitiés à tou(te)s !

Portrait de Maximillien Robespierre

à CrocMignon Portrait de CrocMignon De Maximillien Robespierre

Chomeur Fatigué | 23H16 | 05/11/2008 | Permalien

Et oui, la boutique de Sarko était parait-il un bordel sans nom ! Je n'ose imaginer ce que ça devait être chez Sego et les autres. Quitte à conquérir le pouvoir, ils pourraient le faire au moins de façon méthodique, précise et rigoureuse. Du propre quoi !
Regardez Troski, il était vachement bien organisé : -)

Portrait de Béatrice1

à Bee Portrait de Bee De Béatrice1

| 21H54 | 05/11/2008 | Permalien

C'est qu'il ait été capable de lever des sommes pareilles qui est proprement stupéfiant - et qui était une bonne indication de ses chances de gagner. Car cet argent que la population lui a donné par poignées, il ne l'a pas volé !

Portrait de Belgassim

De Belgassim

Ingénieur | 15H21 | 05/11/2008 | Permalien

Désolé, je me suis trompé de sujet : -(

Portrait de Guillemette Faure

De Guillemette Faure (auteur)

Rue89 | 15H56 | 05/11/2008 | Permalien

Je profite de cet article pour rendre hommage à mon confrère François Sergent, chef du service monde de Libération, que j'ai entendu pronostiquer la victoire d'Obama aux primaires et le 4 novembre dès le début de l'année.

Portrait de Tal Lasker

De Tal Lasker

16H03 | 05/11/2008 | Permalien

Lors d'un sondage de rue 89, avant les primaires nous n'étions pas nombreux à parier sur Mc Cain et Obama, et encore moins nombreux à voir Obama président. Les articles de Guillemette m'ont été fort utiles. Ce qui était très curieux avec Obama c'était la manière dont nous en parlaient déjà les médias alors qu'il n'était qu'un jeune sénateur, à priori inconnu. Il serait très intéressant de comprendre comment certains cadors démocrates (je pense en particulier aux sénateurs) ont rapidement tu leurs ambitions, lui offrant staffs et spins, car son court passage au sénat(4 ans) était déjà pensé comme une rampe de lancement pour la présidentielle.

Portrait de Coldo

De Coldo

pas là | 16H24 | 05/11/2008 | Permalien

Attendez attendez attendez… Que je comprenne bien…
Ce que vous voulez dire, c'est que depuis le début les journalistes racontent n'importe quoi dans le seul but de remplir du papier ? ! ! ! !

Ah ben ça alors, c'est une surprise…

J'attends encore le journal qui titrera en une : « On ne sait pas ».

Portrait de Docteur Panel

à Coldo Portrait de Coldo De Docteur Panel

Sondologue | 14H04 | 06/11/2008 | Permalien

…Et le journal qui titrera en une « on ne sait pas » attend encore son premier lecteur…

Dans le fond je suis d'accord avec vous. C'est comme les sondages : quand il n'y a pas de différence significative entre deux candidats, ou dans l'évolution de la cote d'une personne, les journalistes amplifient les choses pour que l'info soit plus attrayante.

Mais en même temps les lecteurs aiment bien entendre des arguments, des raisons de croire à tel ou tel pronostic. et finalement - vous me trouverez trop indulgent j'en suis sûr - ces ânerie ont une fonction, qui est d'affûter la réflexion des lecteurs avec des informations, même si les pronostics qu'elles soutiennent s'avèrent faux. Certes Obama n'a pas souffert de l'effet Bradley, mais l'effet Bradley a existé, et c'est pas idiot de le savoir ou d'en tenir compte. Il a démarré sa campagne avec pas un rond, et a fini plein aux as : c'est édifiant aussi.

Portrait de Tom Roud

De Tom Roud

16H43 | 05/11/2008 | Permalien

Moui… mais enfin le commentaire qu'on entend surtout dans la rue ces jours-ci à New York, c'est que s'il n'y avait pas eu l'« economic meltdown », Obama n'aurait jamais été élu. Ce qui est bien possible vu que l'économie a été la raison majeure du vote des uns et des autres.

Portrait de Bee

à Tom Roud Portrait de Tom Roud De Bee

16H51 | 05/11/2008 | Permalien

Absolument vrai. L'une des raisons principales de la défaite de McCain est sa totale inadéquation à la crise financière. C'était le candidat Républicain « parfait » pour faire face à la guerre, mais sur le terrain économique il était désarmé.

L'essentiel de la campagne s'est joué sur un terrain qui n'était pas le sien ni celui de sa colistière, et c'est ce qui l'a perdu.

Tant mieux.

Portrait de johnGalt

à Tom Roud Portrait de Tom Roud De johnGalt

libre penseur | 18H02 | 05/11/2008 | Permalien

Je suis d'accord avec Tom Roud. L'avantage d'Obama n'est devenu decisif qu'apres l'annonce du « 700 Billion bail-out ». C'est la que l'Americain moyen a compris qu'il s'etait fait rouler par Wall Street pendant des annees.

Dans ce sens, « c'est l'argent qui decide » n'est pas un mauvais pronostic.

Cela reste tout de meme une magnifique victoire.

Portrait de carassol

De carassol

18H51 | 05/11/2008 | Permalien

Commentaire intéressant.
Il faudrait aussi retrouver aujourd'hui les prédictions de nos devins, devineresses et autres horoscopologues faites en décembre et janvier. Cela pourrait aussi valoir son pesant de rires.

Portrait de sissa

De sissa

19H06 | 05/11/2008 | Permalien

Vous en avez oublié un : il y a un an, beaucoup annonçaient comme certain un duel Clinton-Giulani pour la présidence.

Portrait de Maximillien Robespierre

De Maximillien Robespierre

Chomeur Fatigué | 23H11 | 05/11/2008 | Permalien

Merci à Rue89 de rappeler que les pronostics de tous ces experts en politique sont aussi fiables que ceux de leurs con-génères en économie.

Rendez-nous Mme Irma et Nostradamus eux au moins étaient drôles.

Faites vous même vos précisions. En cas d'erreur punissez vous en mangeant un chocolat et si vous avez raison mangez deux chocolats. Ca n'a aucun effet sur les prévisions mais c'est bon pour le moral…

Portrait de stephanemot

De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 02H08 | 06/11/2008 | Permalien

McCain n'avait aucune chance contre Obama.
S'il a non seulement maintenu le suspense mais aussi failli l'emporter, c'est « grace » a la campagne negative de Hillary apres le Super Tuesday.

Le plus grand adversaire d'Obama a ete comme prevu Hillary Clinton.

Et si cette derniere a perdu, elle le doit avant tout a elle-meme et a sa facon de gerer sa campagne.

Portrait de Sustainable_Gupta

De Sustainable_Gupta

Reparti | 10H51 | 06/11/2008 | Permalien

Quel article idiot !
Maintenant que tout est joué, on s'amuse à dire que les analystes qui se sont trompés sont des gourdes. Ces analyses montrent simplement qu'un scrutin est une chose difficile à analyser, pas que les analystes sont incompétents.

Et vous Guillemette Faure analysiez les choses comment il y a six mois ?

Portrait de Kamikanaze

à Sustainable_Gupta Portrait de Sustainable_Gupta De Kamikanaze

Bombe virtuelle | 15H57 | 06/11/2008 | Permalien

Au contraire, je trouve cet article de Guillemette Faure très subtile au moment où on nous gave avec de l'Obama dans tous les sens !
(et pourtant, je fais partie des enthousiastes…).

C'est bien de recadrer ces sondages, ces données où tout est joué… non l'opinion humaine n'est pas si manipulable que cela, il restera toujours ce petit « delta » de la contradiction chez l'être humain, c'est ce qui fait son charme et nous distingue de la machine !

Portrait de Red-Sky

De Red-Sky

Battant abattu | 12H59 | 06/11/2008 | Permalien

Un autre thème très « rabaché » par certains analystes français est « l'inexpérience d'Obama, facteur d'élimination ». A mourir de rire pour tous ceux qui connaissent un peu les EU.
Tout ceci montre surtout que le grille d'analyse des français est fausse : analyser la société américaine avec la culture, l'idéologie française ne peut que conduire à l'erreur. La réalité américaine est très différente de ce qu'on en dit généralement dans les médias français et le mieux est d'aller se faire son opinion sur place (très grosse secousse assurée ; j'ai connu des « anti-américains » qui sont restés faire leur vie la-bas… ! ! ! ).
Eviter l'erreur française qui consiste à n'aller qu'à New-York et San Francisco (deux villes européennes) mais préférer l'Oregon, le North-Dakota ou le Colorado…

Portrait de Guillemette Faure

à Red-Sky Portrait de Red-Sky De Guillemette Faure (auteur)

Rue89 | 18H55 | 06/11/2008 | Permalien

L'inexpérience d'Obama n'était pas qu'un thème d'analyse français, c'était aussi un thème de campagne d'Hillary Clinton puis de John McCain.

Portrait de Panama

De Panama

enseignant | 20H28 | 06/11/2008 | Permalien

La réalité américaine est très différente de ce qu'on en dit généralement dans les médias français…

C'est d'ailleurs ce que n'ont cessé de dire les médias français ; -)

Portrait de TARPON

De TARPON

15H17 | 06/11/2008 | Permalien

Le plus important n'est pas de savoir si on a « trouvé » le nom du gagnant mais de savoir si on a trouvé le candidat qui saura etre à la hauteur de la situation.Apres tout ce sont ces memes journalistes qui ont soutenu Bush contre Al gore qui ont entrainé les etats unis là où ils sont .Qu'ils aient manipulé l'opinion au profit d'un candidat sans mesurer les consequences ne serait pas une premiere.Attendons de voir comment leur candidat va se sortir du gueppier financier ,de la recession economique,des guerres irak et afghanistan d'ailleurs Wall street a salué en baisse l'arrivée D'Obama…
On verra peut etre dans un an les memes journalistes nous expliquer pourquoi ils se sont trompés et là non plus ce ne sera pas une premiere.

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