
Sarah Palin, candidate à la Maison-Blanche en 2012 ?

Et si, en cas d'échec de John McCain le 4 novembre, Sarah Palin devenait la candidate du parti républicain à l'élection présidentielle de 2012 ? A cette date, la colistière de McCain n'aura que 48 ans. La gouverneur d'Alaska aura pu faire des progrès en politique étrangère. Ses interviews désastreuses de ces derniers mois auront pu être oubliées.
Ce qui nourrit les spéculations ? Des comportements interprétés comme le signe qu'elle est déjà en campagne pour la prochaine élection.
Elle a contesté publiquement plusieurs décisions prises par l'équipe républicaine (l'emploi des robots téléphoniques, le retrait des équipes et des publicités du Michigan, considéré comme perdu). Elle a assuré à James Dobson, grande figure de la droite religieuse, que McCain respecterait les engagements du parti républicain sur l'opposition au mariage gay, alors que le sénateur d'Arizona n'a jamais défendu un amendement de la constitution pour interdire les mariages homosexuels.
Sur le blog de Newsweek, Andrew Romano note qu'à chaque fois qu'elle contredit McCain, elle semble flatter des opinions de la base religieuse du parti républicain dont elle est devenue l'égérie.
Aux Etats-Unis, les perdants sont supposés laisser le champ libre
Le couple Palin-McCain est sur la brèche. Des accusations anonymes fuitent dans la presse : des conseillers de McCain qui lui reprochent d'ignorer leurs conseils, un autre qui l'accuse de travailler à son avenir politique plus qu'à l'élection du candidat républicain. « Elle se voit devenir le prochain leader du parti. »
Dick Morris, l'ancien stratège de Bill Clinton, l'imagine bien se présenter face à Hillary Clinton en 2012 (c'est lui qui pensait qu'Hillary serait la candidate démocrate face à Condoleezza Rice en 2008, il faudra vraiment revenir sur tous ces pronostics foireux).
Si les spéculations sur l'avenir de la gouverneur d'Alaska peuvent surprendre, c'est que la vie politique américaine ne donne généralement pas cher de l'avenir des perdants. A l'exception de Richard Nixon, qui avait été battu par Kennedy, aucun candidat républicain ou démocrate ne s'est jamais représenté à la présidentielle.
Les Etats-Unis sont le pays de la deuxième chance dans bien des domaines, mais pas dans celui-là. On ne s'y présente pas d'année en année jusqu'à ce qu'on gagne comme l'ont fait Mitterrand et Chirac en France.
Les perdants passent à autre chose, retournent en coulisse. John Kerry, candidat malheureux de 2004, est retourné occuper son poste de sénateur du Massachusetts, mais n'a pas joué un rôle visible dans la campagne (si ce n'est qu'il fut un des premiers à soutenir Obama).
Son principal atout : elle garde l'attention des médias
Al Gore a quitté la vie politique pour devenir Monsieur Environnement. Bob Dole, l'adversaire de Clinton en 1996, a fait des pubs pour le Viagra. Traité après sa défaite comme un paria par son parti, Michael Dukakis, l'ex-gouverneur du Massachusetts rival de George Bush père en 1988 est devenu prof, partageant son temps entre l'UCLA en Californie et la NorthEastern University à Boston.
Joe Biden, le sénateur du Delaware colistier de Barack Obama, s'était bien présenté en 1988 aux primaires démocrates (il s'était retiré très rapidement après une affaire de discours plagié), mais il a attendu vingt ans avant de se représenter.
Il est bien trop tôt pour savoir quel rôle politique jouera Sarah Palin en 2012. Mais elle semble bien décidée à ne pas porter le chapeau d'une éventuelle défaite républicaine. Qu'à quelques jours du scrutin, l'avenir de Palin fasse l'objet de discussions prouve une chose : son principal atout reste l'attention des médias.
Photo : Concours de strip-tease sur le thème Sarah Palin à Las Vegas (Tiffany Brown/Reuters)
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De xavier-xavier
muntagnolu | 16H46 | 31/10/2008 |
Que des personnages comme Sarah Palin (et d'autres comme Bush) puissent avoir une telle place dans la vie politique américaine est tout de même étonnant.
Sur ce point, j'ai lu avec intérêt l'article d'un britannique,George Monbiot, dans the Guardian, intitulé « Comment des crétins incultes ont-ils réussi à s'imposer à Washington ? » (c'est traduit sur http://www.legrandsoir.info/spip.php ? article7338)
De cyberprimate
Crêmier | 16H51 | 31/10/2008 |
Quand un maverick nomme un autre maverick, ce maverick fait des choix de maverick en se libèrant du premier maverick, qui est alors victime de son propre choix de maverick. Pas étonnant que ça parte en couille…
De Erka
Scientifique, USA | 18H55 | 31/10/2008 |
A propos du choix de McCain, lire l'instructive analyse et reportage du NewYorker sur le pourquoi du comment :
http://www.newyorker.com/reporting/2008/10/27/081027fa_fact_mayer ? curren…
Comme dit en conclusion un des copains de McCain : « Son moral est tres bas et il est mal a l'aise vis a vis de tout le monde en ce moment. Il est en colere. Mais c'etait son choix [au final] »
Comme quoi quand une ambitieuse et talentueuse (on ne peux pas vraiment le nier, meme si ses positions sont completement delirantes) politique croise au bon moment la trajectoire d'une campagne GOP un peu desorientee par la qualite du candidat d'en face… tout est possible, meme de se tirer une balle dans le pied apres quelques heures de reflexion. McCain me fait presque pitie tellement son choix s'est revele nul, c'est triste a dire.
Par contre au niveau de l'absence de seconde chance, il faut rappeler que McCain qui s'etait quand meme bien fait laminer par Bush durant les primaires de 2000 a reussi un come-back.
De Squarepusher
looking for freedom... | 20H35 | 31/10/2008 |
Et un article de fond sur le concours de strip-tease sur le thème Sarah Palin à Las Vegas, on n'y a pas droit ? ; )
De foss
consultant informatique | 10H27 | 01/11/2008 |
« A l'exception de Richard Nixon, qui avait été battu par Kennedy, aucun candidat républicain ou démocrate ne s'est jamais représenté à la présidentielle. »
Adlai Stevenson a été le candidat démocrate aux éléctions de 1952 et 1956, à chaque fois battu par Dwight D. Eisenhower.
Grover Cleveland s'est représenté en 1892 (et a gagné) après avoir été battu en 1888. Il avait déjà été élu en 1884.
William Jennings Bryan a été le candidat démocrate en 896, 1900 et 1908, chaque fois battu.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 17H36 | 01/11/2008 |
Je vois qu'on spécule beaucoup sur un avenir hypothétique à trois jours de l'élection de 2008 !
Alors supposons qu'Obama soit battu mardi. Selon le précepte au titre duquel un candidat battu une fois ne se représente pas, il ne serait pas candidat en 2012 ?
Un battu n'est pas battu pour toujours, aux USA comme ailleurs. Tout dépend de l'écart entre le vainqueur et le vaincu. Mondale et Dukakis, battus à plates coutures, ne se sont pas représentés aux primaires démocrates parce que ce n'étaient pas des « bêtes » politiques comme leurs adversaires (Reagan, Bush Sr) ; ils croyaient tous deux qu'il y avait une vie après la politique, qu'ils connaissaient bien pour avoir été sénateur (Mondale) et gouverneur (Dukakis). Par contre, Adlai Stevenson s'est présenté deux fois de suite contre Eisenhower (1952, 1956), malgré de faibles chances de gagner contre un « héros » de la 2ème guerre mondiale, et il est resté en politique par la suite, d'où le poste d'ambassadeur à l'ONU auquel il a été nommé par Kennedy.