Pourquoi il ne faut pas enterrer trop vite John McCain

Racisme enfoui, indécision, « surprise d'octobre » : distancé dans les sondages, le candidat républicain a des raisons d'espérer.

Un bulletin de vote de la présidentielle 2008 (Gary Hershorn/Reuters)

Les sondages lui donnent aujourd'hui sept points de retard (dans une fourchette qui va de - 1 à - 14 points) sur Barack Obama. Deux enquêtes publiées mardi évaluent l'écart à dix points. Pourtant, pour certains analystes politiques, la partie n'est pas pliée pour McCain.

Voilà les derniers espoirs de ceux qui imaginent que la vapeur puisse encore se renverser en faveur du républicain :

L'effet Bradley : les racistes enlèvent leur masque dans l'isoloir.

L'effet Bradley, du nom d'un candidat noir en Californie donné gagnant dans les sondages et qui perdit aux urnes, voudrait qu'une fois dans l'isoloir, les électeurs se rappellent qu'Obama est noir et qu'ils n'aiment pas les Noirs. (On a d'ailleurs envisagé qu'il y ait pu avoir un anti-effet-Bradley pendant les caucus des primaires, où en s'exprimant à mains levées, les électeurs auraient la possibilité d'afficher leur ouverture d'esprit devant leurs voisins.)

D'où les derniers sous-entendus de la campagne de certains républicains -comme l'animateur de talk-show de droite Rush Limbaugh- sur le ralliement de Colin Powell à un candidat noir (comme ironise le HuffingtonPost, ces gens-là n'avaient pas l'air de trouver Powell si noir quand il donnait de fausses preuves d'armes de destruction massive en Irak à l'ONU).

Les pro-Obama pourraient oublier d'aller voter.

Le profil démographique des électeurs pourrait avantager McCain. Les nouveaux inscrits sur les listes électorales (le parti démocrate en a gagné 5%) iront-ils voter le 4 novembre ? Barack Obama a galvanisé l'électorat jeune et l'électorat noir… mais leurs taux de participation sont traditionnellement plus faibles que ceux des plus âgés qui, eux, préfèrent McCain.

Le grand réservoir d'indécis ne demanderait qu'à se laisser convaincre de voter McCain.

La campagne est très volatile. Il y a encore beaucoup d'indécis, deux fois plus qu'à la présidentielle de 2004. C'est pour le camp McCain le signe qu'Obama a encore du mal à convaincre.

McCain dégaine une nouvelle arme : il est anti-Bush.

Depuis le succès de sa petite phrase « Je ne suis pas George Bush » au dernier débat, il l'a reprise dans ses meetings. C'est aussi la même rupture qu'il met en avant dans sa dernière publicité :

«  Les huit dernières années n'ont pas été terribles, non ? Je vais rendre les quatre prochaines meilleures. Nous avons besoin d'une nouvelle direction, et j'ai un plan.  »

McCain compte continuer à creuser les doutes que les électeurs ont sur Obama.

Un sondage indique qu'il y a encore 45% des électeurs qui ne pensent pas qu'Obama soit qualifié pour être président. C'est, selon Karl Rove, sept points de plus que le taux le plus élevé de sceptiques sur le sujet pour George Bush en 2000, dont le CV n'était pourtant pas particulièrement réputé.

En concentrant la campagne sur quelques Etats, McCain décroche une combinaison gagnante en grands électeurs.

McCain table maintenant sur une victoire en s'assurant de gagner quelques Etats stratégiques gagnés par Bush en 2004 (Floride, Caroline du nord, Virgine, Ohio, Missouri, Colorado et Nevada). Que sur fond de crise économique, un sondage donne un point d'avance à McCain en Ohio, Etat particulièrement affecté par la crise, est une des rares bonnes nouvelles pour le camp McCain.

Espérer qu'un scandale de fraude électorale fasse boule de neige et salisse Obama.

Le FBI a ouvert une enquête sur les pratiques d'Acorn, une coalition d'associations sympathisantes démocrates, qui s'est targué d'avoir inscrit 1 300 000 nouveaux électeurs sur les listes électorales.

Plusieurs milliers de fiches ont été mises en cause (parce qu'elles reprennent le même nom, celui d'un mort, ou un nom inventé). Barack Obama a pris ses distances avec l'association mais McCain compte bien continuer à l'exploiter.

La crise économique est oubliée.

Barack Obama a pris de l'avance sur John McCain depuis la crise bancaire. Pour David Frum, ancien conseiller de George Bush, tout n'est pas perdu… Il suffirait, plaisante-t-il, que le Dow Jones gagne 5000 points et que l'immobilier prenne 20 %… et ce serait gagné pour McCain.

Sans aller jusque là, McCain peut espérer que les soucis économiques soient éclipsés par d'autres sujets (sécurité nationale, etc.). C'est ce qu'on appelle dans la vie électorale américaine la « surprise d'octobre ».

En 2004, on avait dit qu'une apparition surprise de Ben Laden quatre jours avant le scrutin avait profité à Bush. Le message de soutien à John McCain diffusé lundi par Al-Qaida aura-t-il autant d'effet ?

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9 commentaires sélectionnés

Portrait de Luca

De Luca

Étudie dans un IEP de Province | 13H39 | 22/10/2008 | Permalien

Tiens, une question que je me pose par rapport à la photo de l'article, on voit d'autres noms de candidats sur le bulletin de vote, quels sont-ils ? A part Nader qu'on connait bien maintenant.

Portrait de du_rhum_des_femmes

De du_rhum_des_femmes

(pascontent) | 13H19 | 22/10/2008 | Permalien

Et la fraude aux machines à voter ? Si je me souviens bien, en Floride en 2000, tout n'était pas tout rose…

Portrait de maxime.biais

De maxime.biais

www.biais.org | 15H07 | 22/10/2008 | Permalien

A priori il y a 3 autres « third party candidates » _importants_ :

Ralph Nader (independent), Bob Barr (libertarian party), et Cynthia McKinney (green party)

Un article interessant sur ces candidats oubliés et leur apparition (ou non) dans les sondages :
http://www.gallup.com/poll/109435/Support-ThirdParty-Candidates-Appears-…

Portrait de bonbon rose

De bonbon rose 52604

à croquer | 14H44 | 22/10/2008 | Permalien

Souvenez-vous que 8 jours avant l'élection de Bush, Al Gore était donné gagnant …

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Unsafe at any speed | 15H34 | 22/10/2008 | Permalien

J'ai déjà dit à maintes reprises sur Rue89 que je mangerais mon chapeau si Obama était élu. Cet engagement tient toujours, surtout si le feutre est comestible !

La pulsion raciste aux Etats-Unis est combattue depuis des décennies parce qu'elle est politiquement incorrecte, mais diverses études indiquent (avec des écarts de résultats considérables montrant bien la volatilité du sujet… à partir du moment où on en discute ouvertement) que le nombre de racistes « dissimulés » varient entre 6% (étude de l'université Stanford) et… 25% (étude de l'université d'Alabama). Ce dernier résultat est sans doute imputable au fait que l'Alabama est un état du sud où le racisme est endémique, même si en surface les gens ont appris à vivre en société et se côtoient quotidiennement.

Le facteur racial joue un rôle d'autant plus important qu'il a toujours été au premier plan des préoccupations depuis la fondation des Etats-Unis, et que le racisme d'aujourd'hui peut prendre des formes voilées même chez les personnes apparemment les plus ouvertes. C'est ainsi notamment que peu de Blancs seraient prêts à accepter l'idée même de métissage qu'incarne Obama, et a fortiori d'avoir un gendre ou une bru « de couleur ». Il faut ajouter la terreur qu'inspire le ghetto et la possibilité que votre quartier de résidence, si vous êtes Blanc, soit peu à peu « gangrené » par un ghetto perçu comme une pieuvre envahissante (entraînant la dépréciation des biens immobiliers ainsi « contaminés »). Ce n'est pas pour rien que les Obama eux-mêmes, bien qu'aisés, vivent dans un quartier plutôt bourgeois, mais qui a toutes les caractéristiques d'un ghetto.

La différence, cette fois ci, c'est que le mouvement antiraciste est autrement plus puissant qu'il y a deux ou trois décennies, et qu'une véritable lame de fond semble porter Obama. Ce mouvement a eu un double impact : il a mobilisé des pans importants de la population blanche dans les états les plus progressistes, mais il a aussi neutralisé ceux des anciens leaders Noirs qui ne trouvaient pas Obama suffisamment noir, comme Jessie Jackson, ancien candidat aux primaires démocrates, mais qui n'a jamais eu l'ombre d'une chance précisément parce qu'il représentait les Noirs des ghettos. Jackson a déclaré au début de la campagne d'Obama que lui et ses amis allaient « lui broyer les couilles » (sic), mais sa voix a été noyée par la déferlante pro-Obama dans les quartiers noirs.

Le facteur racial dans les « swing states » est assez difficile à mesurer parce que ces états ont des composantes rurales ET urbaines sensibles à d'autres facteurs que la race. L'Ohio, notamment, fait partie des états grands producteurs de céréales, mais il est aussi fortement industrialisé dans sa frange nord, et est très affecté par la crise économique. Il est difficile d'imaginer que la crise puisse bénéficier à McCain au présent stade.

Tout compte fait, je crois davantage à une victoire d'Obama qu'il y a quelques mois, mais les réserves énoncées par Guillemette semblent tout à fait à propos (surtout au vu des magouilles qui peuvent avoir lieu au niveau du dépouillement du scrutin dans certains états…).

P.S. Je ne crois guère à l'impact (censé être favorable à McCain) de l'annonce émanant d'une officine jugée proche d'Al Qaïda.

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 15H44 | 22/10/2008 | Permalien

1) Vous mentionnez l'anti-effet-Bradley qui aurait joué en faveur d'Obama dans les caucus des primaires démocrates. Vous oubliez de noter que dans beaucoup d'Etats où les démocrates avaient voté dans les isoloirs, Obama l'a emporté haut la main. Eugene Robinson, journaliste afro-américain du Washington Post, s'était penché sur le phénomène de l'effet Bradley dans un article du 11 janvier 2008 après la victoire surprise d'Hillary Clinton dans le New Hampshire (Hillary : 39,09% ; Obama : 36.45%). Robinson avait conclu que les instituts de sondage avaient plutôt sous-estimé l'incidence des femmes dans cette primaire (57% de femmes avaient voté contre 43% d'hommes). Les sondages avaient en fait très bien prédit la position d'Obama (32% dans les sondages de décembre 2007). Par ailleurs, toujours selon Robinson, une étude compréhensive des récentes élections dans lesquelles participaient des candidats noirs qui avaient gagné ou perdu montre que les sondages étaient corrects : David Dinkins vainqueur de Rudy Giuliani à New York en 1989 ; Douglas Wilder, élu gouverneur en Virginie la même année ; Harold Ford, perdant aux élections sénatoriales du Tennessee en 2006. Dans ces trois cas, ce sont les intentions de votes des blancs qui avaient été sous-estimés. La seule exception qui confirme la nouvelle règle, c'est la déroute, en 1990, de Harvey Gantt, pourtant favori, devant le géant conservateur Jesse Helms, sénateur de la Caroline du nord. Les démocrates sont « politiquement corrects » et très peu d'entre eux sont « racistes » (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/01/10/AR200801…).
2) Vous dites : les électeurs « plus âgés […] préfèrent McCain ». Cette assertion est contredite par les sondages dont voici d'ailleurs, selon Gallup, les taux par groupe d'âge entre le 13 et 19 octobre 2008 :

18-29 ans : 59% (Obama) 38% (McCain)
30-49 ans : 50% (Obama) 45% (McCain)
50-64 ans : 52% (Obama) 41% (McCain)
>65 ans : 45% (Obama) 43% (McCain)

(http://www.gallup.com/poll/108034/Candidate-Support-Age.aspx)

3) Les indécis penchent en faveur d'Obama, du fait de l'appui de Colin Powell et du désastre économique.
4) McCain n'ira nulle part avec la distance qu'il veut soudain créer de toutes pièces entre lui et George Bush, comme le montre d'ailleurs ce clip d'Obama qui le montre affirmant qu'il a voté à 90% pour les législations proposées par Bush :

5) Good Luck, Senator McCain !
6) Est-ce le remake de la stratégie des primaires de Rudy Giuliani qui s'était terré en Floride ?
7) Il n'y a pas eu « fraude électorale » mais bien indélicatesse des « enrôleurs » recrutés par ACORN qui les payait 8 dollars de l'heure : certains s'étaient donc contentés de copier le bottin local, d'inventer des noms, de mettre sur leurs formulaires d'enrôlement d'entières équipes de football américain ou même Mickey Mouse en personne ! Il y a un républicain qu'on a récemment arrêté pour fraude intentionnelle des registres d'enrôlement. Pendant qu'on y est, on doit aussi signaler la campagne de suppression des votes entreprise activement par le Parti républicain comme documentée dans l'article de Robert F. Kennedy Jr et Greg Palast titré « Block the vote » qui vient de paraître dans Rolling Stone magazine (http://www.rollingstone.com/politics/story/23638322/block_the_vote).
8) « La crise économique est oubliée ! » On rêve ou quoi ? Et la récession donc, qui n'a pas encore pris toute son ampleur ?

Portrait de cyberprimate

De cyberprimate

Crêmier | 17H38 | 22/10/2008 | Permalien

1. « L'effet Bradley : les racistes enlèvent leur masque dans l'isoloir. “

L'effet Bradley date de 1983. C'était il y a maintenant un quart de siècle. Et Tom Bradley était totalement noir, lui. Il y a encore des poches de racisme aux USA, mais le pays a énormément changé. Et on sait déjà qu'un ‘contre-effet Bradley’ se produira puisque non seulement 94% des noirs voteraient pour Obama (sondage du 21 oct), mais qu'ils pourraient bien davantage venir voter que les dernières fois (on a déjà observé ce phénomène durant les primaires démocrates).

2. ‘Les pro-Obama pourraient oublier d'aller voter.’

Jamais de toute l'histoire du parti démocrate on a observé un tel enthousiasme et une telle mobilisation sur les campus, dans les centres d'appel, les ventes de tee-shirt, les chansons sur Youtube, etc… Et avec le nouveau système de vote, un tiers des votes auront été envoyés avant la date du 4 novembre. L'oubli de voter n'affectera donc que les deux tiers de votes restants.

3. ‘Le grand réservoir d'indécis ne demanderait qu'à se laisser convaincre de voter McCain.’

Les indécis sont constitués pour majorité des ‘indépendants’ au profil plus pragmatique qu'idéologique, et dont les sondages indiquent qu'ils penchent davantage pour Obama sur absolument tous les sujets (économie, écologie, santé, etc…) sauf sur la défense. Ces indépendants sont par nature aussi moins sensibles à la campagne paranoiaque ‘Obama copain des terroristes’ de Palin et McCain. En outre, les indépendants pensent dans leur très grande majorité que Palin est inadéquate pour le job de vice-présidente… C'est un peu le problème de McCain : pour gagner une élection il faut convaincre les indécis du centre, or il a orienté toute sa campagne en direction de sa base de droite (les conservateurs) avec laquelle il est en difficulté depuis des années.

4. ‘McCain dégaine une nouvelle arme : il est anti-Bush.’

ce n'est pas une nouvelle arme. Dès la convention républicaine, sa campagne parlait déjà de ‘maverick’. Il intensifie juste davantage sa rhétorique. Difficile de changer radicalement d'image en 2 semaines quand on s'y emploie sans véritable succès depuis 3 mois…

5. ‘McCain compte continuer à creuser les doutes que les électeurs ont sur Obama’.

Oui, mais McCain continue à creuser les doutes sur …McCain lui-même, quand de plus en plus d'Américains réalisent que son indépendance d'esprit produit des choix risqués (Palin) et traduit un style assez erratique comme on l'a vu dans sa gestion du Krach.

6. ‘En concentrant la campagne sur quelques Etats, McCain décroche une combinaison gagnante en grands électeurs.’

Mais il ne concentre sa campagne que sur des états Républicains. On gagne une élection en attaquant des états du camp adverse. Cette stratégie uniquement de défense trahit sa faiblesse électorale. Et puis il y a cette réalité : McCain est désormais condamné à gagner tous les ‘swing states’ où il fait campagne. Un seul perdu et c'est Obama qui l'emporte.

7. ‘Espérer qu'un scandale de fraude électorale fasse boule de neige et salisse Obama.’

C'est une piste de campagne qui vient d'être déjà abandonnée par McCain puisque des fraudes dans son camp sont apparues tout récemment, avec notamment une arrestation policière pure et simple. Dans certaines d'entre elles on aurait inviter à tout faire pour que des citoyens qui ont perdu leur logement, et voudraient logiquement punir le pouvoir en place, ne puissent pas être sur les listes électorales. Ce qui est anti-constitutionnel.

Pour ceux qui comprennent l'anglais :
http://www.msnbc.msn.com/id/3032553

8. ‘La crise économique est oubliée.’

…par personne aux USA, il suffit de lire la presse. On ne parle que de ça. La surprise d'octobre s'est produite en septembre. C'était le Krach de Wall street.

A moins qu'un dingue profite des risques inconsidérés que prend l'équipe Obama avec la sécurité de son candidat. Sur cette photo, on voit bien que n'importe quel sniper muni d'un bon fusil à lunette peut l'atteindre… (les fusils de précision peuvent aller au delà de 1000 m)
http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2008/10/22/h_4_ill_1109617_obama_…

Portrait de Thomas_Ashland

De Thomas_Ashland

Etudiant Erasmus Mundus | 20H45 | 22/10/2008 | Permalien

Il y a un post intéressant quant au Bradley effect sur l'indispensable blog 538…
http://www.fivethirtyeight.com/2008/10/bradley-effect-revisited.html

Portrait de NicoloPicolo

De NicoloPicolo

in Texas | 22H35 | 22/10/2008 | Permalien

Bon appétit ! : )

Eh bien moi, il y a 3 mois j'étais super pessimiste pour Obama.
Et puis la campagne de McCain, le choix de Palin, la crise financière sont passés par là.
Les débats télévisés (je n'avais jamais réellement entendu parler Obama ni McCain auparavant) sont passés par là.
Bref, si je regarde autour de moi il y a quelques panneaux pro McCain dans les jardins.
Mais dans certains quartiers (même aisés) c'est le raz de marrée des « Obama-Biden 08 ». Là où il y a 4 ans 1 seul « Kerry » trônait… Et bon je ne suis pas particulièrement dans un état hyper démocrate : )

Les pro-Obama sont hyper mobilisés « grâce » à la campagne de McCain. Les Républicains sont inquiets de devoir voter McCain-PALIN : )
Je ne vois vraiment pas comment McCain pourrait remonter le 50/43 actuel (pour info les votes ont déjà débuté).

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