
Des « camps Obama » pour booster les troupes démocrates

(De New York) Le parti démocrate organise jusqu'au 4 octobre dans l'état de New York une série de camps d'entraînement pour supporters de Barack Obama. Loin de colonies de vacances, ces « Obama Camps » sont un élément central de la stratégie démocrate de conquête de la Maison-Blanche. Ambiance dans celui de Brooklyn, à New York, le week-end dernier.
Ce n'est pas l'armée, pourtant les méthodes sont les mêmes. Le discours guerrier, la glorification du leader, les cartes d'états à conquérir et l'exaltation des troupes. Pourtant, la bataille qui se prépare ici, dans une salle de cours du Pratt Institute de Brooklyn, est strictement électorale.
Le but : former des supporters démocrates de la première heure à l'exercice difficile de la pêche aux votes. Au menu de la formation de deux jours :
- faire le point sur la campagne et ses objectifs
- apprendre à courtiser les indécis par des exercices individuels et en groupe, supervisés par des cadres de la campagne démocrate
- booster le moral des troupes, avant que les petits soldats du Parti ne quittent dans quelques jours femme et enfants pour le champ de bataille électoral
Apprendre les techniques de persuasion, le démarchage par téléphone…
Dawn Smalls, manager de la campagne dans l'état de New York, animait le week-end dernier l'un des six camps Obama, celui de Brooklyn. Elle en explique le principe. (Ecoutez le son.)
Dans une campagne qui privilégie le contact direct avec les électeurs, les volontaires sont un maillon essentiel de la chaîne. En les formant au porte-à-porte, aux techniques de persuasion par appel téléphonique et au management, le camp Obama est censé remédier aux lacunes organisationnelles de la campagne de John Kerry en 2004. La désorganisation des volontaires sur le terrain aurait handicapé le candidat démocrate.
« Il y a quatre ans, les volontaires sont arrivés sur le terrain un peu avant l'élection et ne savaient ni quoi faire ni à qui s'adresser. Ils étaient complètement perdus », a expliqué Smalls aux participants en ouverture du camp :
« Nous voulons éviter cela à tout prix […] Par rapport à 2004, nous avons appris qu'il ne faut rien prendre pour argent comptant. C'est la première fois que nos volontaires sont présents dans les 50 états. Ce qui n'était pas le cas il y a quatre ans. »
En 2008, les démocrates ont donc fait les choses différemment. Et en plus grand. Ils ont échafaudé ce que le « Boston Globe » a appelé il y a quelques mois « la plus grosse opération de terrain dans l'histoire politique américaine. »
Apprendre les techniques de persuasion, le démarchage par téléphone…
En effet, dès les premières heures de la campagne, les supporters de Barack Obama ont investi villes et campagnes, permettant ainsi de faire basculer des communautés entières dans l'escarcelle d'Obama. Une stratégie qui a permis au sénateur de l'Illinois de remporter la course à l'investiture.
Ainsi, les participants à l'« Obama Camp » ont-ils été triés sur le volet en fonction de leur motivation, leur expérience dans le domaine politique ainsi que leur disponibilité -les participants doivent pouvoir être mobilisés pendant cinq semaines, jusqu'au jour de l'élection.
Dès leur arrivée au camp, ils reçoivent un manuel contenant le programme de la formation, des exercices et des conseils pratiques. Le programme est divisé en plusieurs sections, parmi lesquelles :
- Session 1 : rappel des objectifs de la campagne
- Session 4 : Barack Obama vs John McCain : les idées
- Session 5 : Contact avec les électeurs
« Je ne reconnais pas le pays qui m'attirait a mon arrivée »
Ce matin-là, sur le campus du Pratt Institute à Brooklyn, les participants apprennent à se construire une « histoire de soi », dont ils pourront se servir pour convaincre un électeur indécis de voter pour Barack Obama. L'exercice, supervisé par une équipe d'animateurs, doit s'exécuter en moins de deux minutes. (Ecoutez le son.)
Parmi la centaine de participants, Bernard Guerra, un entrepreneur français installé aux Etats-Unis depuis 1972, écoute attentivement, assis au premier rang :
« Pour moi, les Etats-Unis ont toujours été une terre d'opportunités. Mais je ne reconnais pas le pays qui m'attirait a mon arrivée. »
Le pays a changé en huit ans de présidence Bush, dit-il. La politique fiscale, la guerre en Irak ou encore l'absence de volonté de reforme du système de sécurité sociale l'ont poussé à faire une donation au parti démocrate, puis à s'inscrire au camp Obama il y a un peu plus d'un mois : (Ecoutez le son.)
Les volontaires seront affectés dès la semaine prochaine dans des états cruciaux, comme la Pennsylvanie voisine, où iront probablement la plupart des volontaires des trois camps Obama de New York.
L'objectif, martelé pendant la formation, est de rapporter à Barack Obama un minimum de 270 grands électeurs, des « super-électeurs » qui élisent le Président en fonction du vote populaire. En 2004, John Kerry en avait obtenu 252.
« Il faut faire au moins aussi bien. Sinon, c'est la honte », dit Dawn Smalls, en montrant une carte d'états à conquérir. « Les démocrates sont déjà sur le terrain. Nous consacrons la plupart de nos ressources à 22 États. Nous allons aller à L'Ouest et en Alaska. »
Une « carte d'identité électorale » pour chaque quartier, chaque rue
Mais avant le grand départ, certains participants font part de leurs inquiétudes : « Et si l'électeur ne m'écoute pas ? Est-ce qu'il y a des sujets de conversation qui les touchent plus que d'autres ? », demande une participante à l'équipe d'animateurs.
Réponse bien rodée de Tara Martin, une animatrice :
« Quand vous arriverez sur place, l'équipe de campagne aura établi un “ voter I.D. ” [carte d'identité électorale] pour chaque quartier, chaque rue, avec les tendances électorales des dernières années.
“Quand vous frapperez à la porte d'un électeur ou que vous lui passerez un coup de téléphone, vous saurez exactement qui il est et quelles sont ses préoccupations. Vous pourrez adapter votre discours personnel en fonction de cela. ”
Une intervenante prend le relais :
“ N'oubliez pas que vous avez plusieurs ‘ histoires de soi ’ : par exemple, moi je suis noire, je suis une femme. Dites que vous avez des parents immigrés qui ont réussi… Pensez aussi à la sécurité sociale, tout le monde a eu au moins un problème avec la sécurité sociale.”
Un autre orateur conclut :
“ Il faut penser en termes de temps et de volume. Vous allez avoir beaucoup de personnes à convaincre. Il ne faut vous attarder sur une personne. Si vous voyez que vous ne la convaincrez pas, passez à un autre électeur sans perdre de temps. ”
A l'issue du camp, les participants retrouvent leur famille, qu'ils laisseront dans quelques jours pour se rendre sur le terrain. Pour cette élection, 61% des démocrates seraient enthousiastes, contre 39% des républicains, selon un sondage projeté sur écran géant lors du camp.
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De Teez-teez
Back in the USSR | 12H44 | 24/09/2008 |
C'est un bon article, mais ce consumérisme m'effraie. On vend vraiment tout et n'importe quoi… moi je croyais que le vote, c'était quand les gens décidaient en leur âme et conscience, sur la base d'arguments rationnels, et en faveur du bien commun : (
à Teez-teez
De spartacus1
15H01 | 24/09/2008 |
Bienvenue dans la vie réelle !
Ça n'a pas été trop dur de quitter les bisounours ?
à spartacus1
De Teez-teez
Back in the USSR | 15H23 | 24/09/2008 |
t'as entendu parler du concept d'« ironie » ?
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H58 | 24/09/2008 |
Ha ben v » la que deboule la « Self Story Telling » , maintenant .
Ou s » arretera t'on ?
« Je vais vous raconter l » histoire de mes globules .. »
De watashi_baka
... | 14H52 | 24/09/2008 |
J'ai l'impression que les démocrates U.S. découvrent comment on mêne une campagne de terrain.
Et oui on prend la listes des inscrits sur les listes on découpe en catégorie Jeunes/Femmes/Vieux etc… et on envoies des militants choisis frappé à la porte avec un discours rodé mais naturel. Bref c'est une méthode classique de campagne.
à watashi_baka
De imorrison
17H52 | 24/09/2008 |
et voila - ça s'appelle « Get Out the Vote.'
C'est une battaile toute même.
De alex_le_prez
Etudiant en mécatronique | 15H26 | 24/09/2008 |
C'est fou, m'est en 4 minutes, la politique vient de perdre tout le romantisme que j'aurais pu lui prêter. Je trouve cela presque triste que des gens soient obligés d'en arriver à de telle bassesses pour gagner des voix. Moi aussi j'ai sans doute dû trainer un peu trop longtemps dans le monde des Bisounours….
Ale
De Avembe
Enseignant | 16H17 | 24/09/2008 |
Complètement américain…Pragmatisme, pragmatisme, PRAGMATISME…Sincèrement je suis plutôt admiratif …quad on sait comment tant de gens y compris HRC moquaient Obama on se rend tout simplement compte que ce bonhomme a mis en place une armada de tacticiens ! ! ! ! ! ! !
C toujours pareil..T'es Noir il faut que t'en fasses 4 fois plus que les autres mais bon .. ; ils sont motivés
franchement je préfèrerais qu'Obama gagne au vu des obstacles qu'il a rencontré et pu surmonter avec son équipe, ils le méritent VRAIMENT (il n'est qu'à voir l'organisation des levées de fonds…EXCEPTIONNEL ! ! ! ! ! ! )
S'il perd c'qui va bien m'énerver c'est qu'ils vont tous lui piquer ses idées ; déjà Mc CAIN a commencé en reprenant le slogan du changement à son compte ! ! ! ! !
Allez courage Obama ! ! ! ! !
à Avembe
De Antoine M.
Etudiant | 07H18 | 25/09/2008 |
Mouaip.. le slogan du changement, on peut pas dire que ce soit très novateur quand même.
Mais bon. ALLEZ OBAMA ! ROCK THE WORLD !
à Avembe
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 02H11 | 26/09/2008 |
Il vaudrait vraiment mieux qu'il gagne et, si il gagne, il vaudrait vraiment mieux qu'il réussisse. L'Amérique ne prendra pas une autre déception. Elle est tout près d'une guerre civile.
http://nouvellesociete.org/5139.html
Pierre JC Allard
http://les7duquebec.wordpress.com/2008/09/01/le-quitte-ou-double-d%E2%80…
De Stump
Etudiant | 16H57 | 24/09/2008 |
J'avais promis a Guillemette que j'irai, malheureusement pas retenu, ils ont surement une base de donnee pour verifier les parrainages bidon…
En tous cas tout est resume ici ce qui comble ma curiosite, jusqu'a maintenant a Manhattan j'ai encore pas vu la moindre trace de campagne, mis a part quelques affiches sur des fenetres de particuliers, ils vont forcement tout miser sur les swing states.
De Jenesauraisvoir
Sur un rocher de cristal | 17H05 | 24/09/2008 |
Je ne vois pas ce qu'il y a de si inconvenant dans le fait d'essayer de convaincre son concitoyen avec la méthode que décrit l'article.
Il ne faut pas persister à croire que la politique « noble » c'est d'écouter une seule personne nous parler - avec moult trémolos dans la voix – de ce qui vous concerne à peine. A moins que l'on attende du politique de se perdre dans les détails de son programme et de cultiver une expression très élaborée et fort circonvollutante (passez-moi l'invention, mais il faut bien ça pour faire comprendre) de certains Rocard et Jospin dont on sait le succès.
Et qui peut nous dire exactement ce que représente le courrier dont nous sommes inondés à chaque élection. Combien le lisent et réalité. N'eut-il pas fallu qu'une personne qui connait le contenu de ces documents (ou à qui on aura fait une lecture commentée) se déplaçât pour le défendre auprès de l'électeur ?
N'oublions pas qu'il s'agit avant tout d'échange avec un électeur qui sera seul dans l'isoloir et que personne n'obligera de voter blanc ou noir (voilà que je fais de l'humour comme Monsieur Seguin) s'il n'a pas été convaincu par son interlocuteur, fut-il VRP ou grand rhéteur devant l'éternel !
Alors taisez-moi donc ces cris d'orfraies que je ne saurais entendre !
à Jenesauraisvoir
De imorrison
18H04 | 24/09/2008 |
Je vous ai compris.
De imorrison
18H12 | 24/09/2008 |
« A l'issue du camp, les participants retrouvent leur famille, qu'ils laisseront dans quelques jours pour se rendre sur le terrain. »
5 semaines, oui.
De Alex Engwete
Consultant | 18H53 | 24/09/2008 |
à Alex Engwete
De General Subverciòn
kouign aman délocalisé | 19H44 | 24/09/2008 |
c'est du lobbyisme pour Colgate…
De antonh
curieux | 20H41 | 24/09/2008 |
l'embrigadement est un vieux sport en politique, la difference est que tout devient affaire de spécialistes et doit etre porté à son maximum d'efficience…
De imorrison
23H38 | 24/09/2008 |
Bon. Ca s'appelle organisation et mobilisation. Rien de commercial, sinistre ou sournois.
Je me suis inscrit aujourd'hui ici à D.C. Samedi je passe la journée en « camp » - c'est à dire je fais un training avec les autres Deputy Field Officers pour se mettre au point avant d'aller sur le champ de bataille. : )
Après le camp, j'irais dans la Virginie où je vivrai avec une famille hôte pour mener les opérations jusqu'au 4 Novembre – 5 semaines. Y'en a partout dans le pays qui vont faire pareille –bénévolement.
Quelles sont ces opérations ? Eh ben, trouver ceux qui risquent à voter Obama et les encourager/inspirer à aller voter. [N'oublions pas que aux USA il y'en a plein qui ne se lève pas pour aller voter – souvent ils disent que « les hommes politiques sont tous les mêmes » ou « de toute façon ça ne change rien » ]
Cette élection, les Dems sont bien organisés et on va essayer d'éviter des catastrophes telles Florida »00 et Ohio »04.
Les deux grandes opération : Voter Protection et Voter Mobilization.
Le projet Voter Protection vise à organiser des gens pour être présent aux stations de vote pour assurer qu'il n'y a pas des tentatives de disenfranchisement – c'est-à-dire des tentatives pour décourager certains populations d'aller voter. Ce projet implique surtout les avocats car ils puissent réagir directement. Ils vont être au courant des réglementations en vigueur et – en cas grave – ils puissent aller faire une motion d'urgence au tribunal. Le découragement des voters, ça existe ? Et oui, « my friends'.. eh oui. Et les Republicans sont assez forts là-dedans.
Le projet Voter Mobilization vise à chercher ceux qui risquent voter Obama et de faire certain qu'ils votent. On ne va pas les tordre le bras. On va simplement souligner l'importance de cette éléction et l'importance de leur vote. Ce projet utilise des banques des donnés fournit par une boite privée. Les Republicans utilise un moyen semblable – sauf ils utilisent leur propre service d'information – et ça fait longtemps qu'ils sont plus efficace que les Dems.
Je suis très contents de voir que les Dems s'organisent de façon rapide et efficace – enfin.. et aussi que Obama ne se laisse pas faire et qu'il donne des coups quand McCain frappe.
Ces efforts m'inspirent à croire que – dès qu'il sera président – il y aura encore plus des telles initiatives pour reformer notre système de santé et d'éducation.