
Pourquoi n'existe-t-il pas d'Obama français ?
Il y a quelque chose d'hypocrite dans l'« Obamania » qui souffle sur la France : Obama, noir, jeune et non roublard, est l'archétype de ce que ne produit jamais la classe politique française. Un grand classique en France, où l'on se plaît à vanter les mérites de recettes venues de l'étranger sans rien faire pour qu'elles soient concoctées « sur place ».
La portée de la candidature du sénateur noir, vue de France, est peu discutée voire passée sous silence. Comment expliquer qu'un tel « phénomène » ne se soit toujours pas produit dans notre pays ? Cela fait 160 ans que la France a aboli définitivement l'esclavage, et force est de constater que l'intégration réelle des « minorités » dans la sphère économique et politique est infinitésimale. A l'Assemblée nationale, la très grande majorité des députés noirs sont les représentants des DOM-TOM ; avec une seule exception sur 577 élus, la députée George Pau-Langevin.
Où est l'Obama français ?
La courageuse Christiane Taubira eut du mérite en son temps. Malheureusement, l'engouement suscité par sa candidature ne dépassa pas le premier tour de la présidentielle de 2002. Il faut remonter à l'époque coloniale pour retrouver les traces d'hommes politiques noirs talentueux et situés à de hauts niveaux de responsabilité : Gaston Monnerville, ancien président du Sénat, a failli devenir président de la République par intérim en 1969 s'il n'avait renoncé à son poste quelques mois auparavant ; Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d'Ivoire, eut le rang de ministre d'Etat à plusieurs reprises. Comment comprendre que des personnalités issues des colonies françaises dans les années 1950 et 1960 étaient associées à la gestion du pays des Lumières, et qu'aujourd'hui nous n'ayons pas d'Obama français ?
Le rôle des partis
Le parcours d'Obama n'a été possible que dans la mesure où les structures du Parti démocrate lui ont permis d'émerger, au-delà de ses attributs indéniables : charisme et talent. Tout comme le Parti républicain a permis à Condoleezza Rice et Colin Powell d'émerger à des hauts niveaux de responsabilité et de visibilité.
A ceux qui répliquent qu'il faut un début à tout, que la présence de Rachida Dati et Rama Yade au gouvernement en est un, et que cela devrait nous réjouir, je réponds qu'il n'y a rien de nouveau. La pratique qui consiste à confier des postes ministériels à des Noirs (Antillais ou Africains) ou des personnalités d'origine maghrébine n'est pas nouvelle : que l'on songe à Léon Bertrand, à Roger Bambuck, à Kofi Yamgnane…
Aux dernières années de l'époque coloniale, des personnalités comme Léopold Sédar Senghor en 1955-56, Hammadoun Dicko en 1957, Modibo Keïta en 1956-57 furent aussi titulaires de portefeuilles ministériels. Le dernier d'entre eux sera même vice-président de l'Assemblée nationale. On peut encore citer entre autre Gabriel Lisette entre 1959 et 1961 ou une femme, Nafissa Cid Sara, entre 1957 et 1962.
Le Cran silencieux
Il est donc plus qu'urgent et nécessaire de redoubler de pédagogie sur la portée de la candidature d'Obama. A ce sujet, j'avoue mon étonnement devant le relatif silence du Cran (Conseil Représentatif des Associations Noires), j'aurais aimé entendre cette organisation expliquer le sens de la candidature Obama pour les Noirs de France. En tous cas, j'en attends plus qu'un communiqué.
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à Béatrice1
De mechante langue
00H37 | 23/07/2008 |
« L'assimilation n'a jamais été abandonnée, on a toujours enseigné aux enfants des écoles que leurs ancêtres étaient des Gaulois… »
C'est totalement faux . Et encore plus faux dans les colléges de banlieue. On peut meme dater l'abandon de la politqiue d'assimilation en france , vers la fin des années 70.
« Un Noir (ou un Arabe) est “ différent ” de nous parce qu'il a un mal de chien à trouver un logement et un emploi ! C'est une véritable honte et le nier ne fait qu'aggraver les problèmes. »
Je n'ai nullement dit que je niais cela .
J'ai contesté votre affirmation selon laquelle le fait d'etre noir rendrait inapte a l'assimilation
à mechante langue
De Béatrice1
| 00H39 | 23/07/2008 |
Vous vous trompez complètement, c'est une enseignante de ZEP qui vous le dit.
« J'ai contesté votre affirmation selon laquelle le fait d'etre noir rendrai inapte a l'assimilation »
J'ai dit exactement le contraire : le fait d'être noir ne rend « inapte » à rien du tout - c'est ce qu'on appelle « assimilation » en France qui est une vue de l'esprit. On juge une politique à ses résultats, pas à ses belles intentions, et les minorités en France sont largement traitées comme une catégorie de sous-citoyens.
à Guy Numa
De Thomas Tribout
Travailleur asocial | 05H45 | 23/07/2008 |
On ne peut pas nier qu'il y ait une fascination (curieuse) chez certains universitaires français de couleurs pour le modèle anglo-saxon.
Sans faire de la manière française une panacée, on ne peut pas dire que l'histoire américaine soit sur ce point bien glorieuse…
Il y a et il y a eu des discriminations en France mais rien d'aussi ignoble et d'aussi voulu qu'aux états-unis.
à Thomas Tribout
De Béatrice1
| 13H36 | 23/07/2008 |
« Il y a et il y a eu des discriminations en France mais rien d'aussi ignoble et d'aussi voulu qu'aux états-unis. »
Sans blague ! Demandez donc leur avis aux intéressés, pour voir…
à Thomas Tribout
De Béatrice1
| 13H36 | 23/07/2008 |
« Il y a et il y a eu des discriminations en France mais rien d'aussi ignoble et d'aussi voulu qu'aux états-unis. »
Sans blague ! Demandez donc leur avis aux intéressés, pour voir…
à Béatrice1
De Thomas Tribout
Travailleur asocial | 18H41 | 23/07/2008 |
Je n'ai jamais vu et ne connait pas de magasins, de bus, d'école interdit aux noirs en France…
Pas plus qu'un KKK France qui ait compté un million de mombres et qui pendent les Français d'origine africaine aux platanes…
Je ne dis pas que la France est parfaite, je dis juste qu'une banlieue française vaut 100 fois un ghetto américain.
Le système social Français soigne aussi les sans-papiers, aux états-unis il faut aligner le papier pour accédr aux soins, le papier monnaie…
à Thomas Tribout
De mongarsrikou
21H45 | 22/07/2008 |
heu, la mixité, c'est pour rire ? Et aux USA, l'égalité « pratique » n'a qu'une petite cinquantaine d'année (et encore, ça dépend des états), la société « multiraciale » américaine, c'est la case de l'oncle Tom jusqu'y a pas si longtemps. En France on a jamais fait fait de places réservées aux nègres (bon, on jette les arabes des trains, d'accord)… La même connerie mais pas du tout le même racisme !
à mongarsrikou
De Béatrice1
| 00H41 | 23/07/2008 |
En France on faisait des places réservées au « nègres » dans les colonies et aux Arabes en Algérie, à l'époque où l'Algérie c'était la France (3 départements français), et on enfermait les immigrés dans des bidonvilles épouvantables. Les Français jettent toujours un voile pudique sur ces faits, pourtant le Vieux Sud est aussi spécifique pour les Etats-Unis que l'Algérie l'était pour la « métropole ». Pour faire cesser la Case de l'oncle Tom, la moitié de l'Amérique (de l'époque) a fait la guerre à l'autre moitié, la moitié de la France n'a pas fait la guerre à l'autre moitié pour libérer les Arabes…
C'est exactement le même racisme, où est la différence ?
à Béatrice1
De mongarsrikou
13H53 | 23/07/2008 |
je pourrais être d'accord… sauf qu'il faut être naïf pour croire que l'abolition de l'esclavage a été la cause de la guerre de sécession, elle n'en a été que le prétexte ; et le sort des noirs n'en a pas été tellement plus enviable ensuite.
De Thomas Tribout
Travailleur asocial | 21H05 | 22/07/2008 |
Désolé pour la redite cogitons, nous sommes d'accord sur la différence chronologique. Il faut encore attendre pour comparer les modèles anglo-saxons et français de manière effective.
De magaliesimon
célibataire | 21H14 | 22/07/2008 |
Il y avait bien Stéphane Pocrain, mais il a disparu de la scène publique depuis qu'il a été condamné pour avoir frappé sa femme.
Votre intérêt pour la couleur de peau est selon moi plus proche du racisme que de l'antiracisme. Les racistes s'intéressent à la couleur de peau, les antiracistes pas.
La condition sociale compte bien plus que la couleur de peau dans l'ascension sociale, et vous le savez très bien si vous êtes un professeur.
Tous les exemples que vous citez de personnes de couleur ayant réussi par le passé sont de grands bourgeois.
Vous êtes-vous demandé combien d'ouvriers comptait l'Assemblée nationale ? Combien d'agriculteurs ? Combien d'infirmiers ? Je pourrais allonger la liste indéfiniment…
Qu'est-ce que la couleur de peau vient faire dans ce débat ? Une personne a-t-elle plus de mérite si elle est noire ? C'est alors du racisme inversé.
La France n'a rien à démontrer : elle n'est pas raciste.
Sa constitution, ses lois, ses prestations sociales etc. sont toutes basées sur l'égalité en droit. Même les clandestins ont droit à des prestations sociales et médicales, appelées notamment AME, alors le coup de la France raciste oubliez tout de suite, ça ne marche pas.
Et la question noire aux Etats-Unis, qui semble être un modèle pour vous, se résumait il y a peu à la ségrégation raciale (Rosa Parks, Malcolm X, Martin Luther King, vous connaissez ? ), que nous n'avons jamais connu ici cher monsieur !
Alors vos bons sentiments, gardez-les pour le CRAN, mais moi je considère qu'un noir, un juif, un arabe ou un blanc est d'abord et avant tout un être humain, et ne doit pas être enfermé dans son apparence. Obama n'est pas un sénateur noir, tout comme Chirac n'était pas un président blanc.
http://www.jesuisencolere.com
à magaliesimon
De Guy Numa
(auteur)
Enseignant-chercheur à Paris-Dauphi... | 21H57 | 22/07/2008 |
Juste une question. Vous dites : « La France n'est pas raciste ». Peut-être, mais avez-vous posé la question au Cran ou à toutes les personnes qui subissent le racisme ou les discriminations pour savoir ce qu'elles en pensent ?
Bref, s'en tenir à l'angélisme, nier la réalité n'arrangent pas les choses.
à Guy Numa
De magaliesimon
célibataire | 22H24 | 22/07/2008 |
Comment ça « peut-être » ?
Si vous êtes professeur, apportez autre chose que des peut-être au débat. Des faits s'il vous plaît. J'en ai apporté de nombreux, soit vous tenez compte de cette réalité soit vous apportez d'autres faits qui les nient ou qui corroborent une autre réalité dont je n'aurais pas conscience.
En quoi la France est-elle raciste, dites-moi ? Je dis bien la France, et pas les Français. Les mots ont un sens.
Apparemment vous me parlez de certains Français, qui ont sans doute le tort d'être humains, et comme tous les humains d'être plus méfiants envers ce qui est différent d'eux.
Vous croyez peut-être que les noirs ne sont pas racistes ? Si oui c'est vous l'angélique cher monsieur le professeur à Dauphine.
J'attends vos faits qui démontrent que la France est un pays raciste. Quant au CRAN, ils ne représentent personne, ni les « noirs de France », car cela n'existe pas, ils ne sont élus par personne, et aucun élu ne les a désigné. C'est une association parmi les 750 000 que compte ce pays, ils n'ont aucune légitimité à ma connaissance pour parler des noirs, des blancs ou d'Obama.
à magaliesimon
De Béatrice1
| 00H16 | 23/07/2008 |
« Des faits s'il vous plaît. »
Au Etats-Unis les Noirs peuvent être balayeurs comme chez nous, mais aussi directeurs/trices de l'école de vos enfants, de votre agence banquaire, PDG d'une grande entreprise, entrer à Harvard et Yale - combien de Noirs et d'Arabes à Normal Sup », Polytechnique et Sciences Po ? Combien de maires et de PDG noirs ?
« En quoi la France est-elle raciste, dites-moi ? Je dis bien la France, et pas les Français. Les mots ont un sens. »
Ouh là ! Jolie pirouette ! C'est la même que quand on dit que la France de Vichy ce n'était pas la France !
« Quant au CRAN, ils ne représentent personne, ni les “ noirs de France ”, car cela n'existe pas, ils ne sont élus par personne, et aucun élu ne les a désigné. »
Les Noirs de France n'existent pas (sauf au bas de l'échelle sociale), c'est vrai et c'est tout à fait dommage. Le CRAN a autant d'intérêt, d'importance et de légitimité que la NAACP qui a fait énormément pour la cause des Noirs américains.
La France n'est ni plus ni moins raciste que n'importe quel autre pays peuplé d'êtres humains - le problème c'est que la France NIE son racisme (vous en êtes un exemple assez stupéfiant) et ne risque donc pas de se doter d'outils pour le combattre, contrairement à ce qu'ont fait les Etats-Unis depuis 50 ans.
à magaliesimon
De Guy Numa
(auteur)
Enseignant-chercheur à Paris-Dauphi... | 05H41 | 23/07/2008 |
Ca me fait penser au très bon documentaire de Canal plus « Dans la peau d'un noir ». Ca ne vous suffit pas comme faits ? Et puis, ce n'est pas parce que vous ne la voyez pas que la discrimination n'existe pas ! Par contre, il y a une très forte probabilité qu'en ne la voyant pas, vous n'y croyez pas. Mais cela ne veut pas dire qu'elle n'existe pas, encore une fois.
Et pour le reste, je ne décris pas un monde manichéen.
Quant au principe des associations, je vous rappelle qu'elles ne sont pas fondées sur le principe de l'élection, tout simplement. Mais lorsque que des personnes dans le besoin font appel à une association quelconque, elles sont bien contentes de trouver des membres qui l'aiguillent, la conseillent et la comprennent. Et tant mieux. C'est aussi ça la démocratie.
à Guy Numa
De magaliesimon
célibataire | 09H12 | 23/07/2008 |
Canal plus, parlons-en : combien de noirs à l'antenne ?
Thomas Njigol, et le reste du Djamel Comedy Club, Harry Roselmack qui a été longtemps présentateur à Canal, j'en passe et des meilleurs…
Par ailleurs Césaire et Senghor sont là pour prouver que dès les années 50, ce pays a accepté dans ses plus prestigieuses écoles des « noirs » comme vous dites.
Donc pas de discrimination de ce côté-là.
La discrimination d'Etat est-elle venue depuis ?
Claude Ribbe n'est-il pas noir ? N'est-il pas diplômé de l'Ecole Normale Supérieure ? (c'était il y a 20 ans). Les auteurs de l'appel des Indigènes de la République, dont certains sont noirs, ne sont-ils pas tous universitaires, ou chercheurs ? (ce qui est donc contradictoire avec leur « appel », et finalement vous abondez dans leur sens malgré votre étiquette d'enseignant-chercheur dans une université de réputation libérale)
Le patron de Airness n'est-il pas noir ? N'est-il pas une des plus belles réussites française ?
Combien de rappeurs « noirs » passent-ils à la télé, signent-ils des contrats musicaux ? Des dizaines ? Plutôt des centaines.
Dieudonné n'est-il pas noir ? N'a-t-il pas été le chouchou de la télé et de la France pendant une bonne dizaine d'années avec son compère Elie ?
Fred d'Omar et Fred n'est-il pas noir (je l'ai oublié quand j'ai cité Canal plus) ?
Pap N'diaye, universitaire connu et reconnu, invité à la télévision pour parler notamment de l'esclavage, n'est-il pas noir ?
Dois-je allonger la liste ?
Harry Roselmack, Audrey Pulvar, etc. ne sont-ils pas noirs et ne présentent-ils pas les JT les plus vus de France ?
Edouard Montoute n'est-il pas noir ? N'est-il pas un comédien que l'on voit souvent dans les téléfilms français ? De même que celui qui joue Fabien Cosma ?
Depuis combien de temps cet acteur tient-il la vedette de cette série ? 10 ans peut-être ?
Bon alors quand vous aurez fini de faire croire que les Noirs ne sont pas considérés comme égaux dans ce pays, et que seule la couleur de peau génère des discriminations, on pourra peut-être parler.
Parce que des discriminations, il y en a de toutes sortes, et on n'en parle pas : la beauté par exemple, vous y avez déjà pensé ? La taille, la grosseur, les tics, le handicap, etc. etc. etc. Savez-vous qu'une personne moche a infiniment moins de chance d'être embauché, à compétence égale, qu'une personne belle ?
Tout cela sont des discriminations : allez-vous pour autant prétendre que la France discrimine ses moches, ses handicapés, ses obèses etc ?
Non bien sûr, ce sont des Français qui entre eux voient des différences et réagissent différemment.
C'est souvent critiquable d'ailleurs, voire condamnable dans certains cas. Mais de là à condamner la France, il y a un pas que seul un extrémiste serait prêt à franchir.
C'est tout ce que je voulais dire.
à magaliesimon
De Guy Numa
(auteur)
Enseignant-chercheur à Paris-Dauphi... | 09H37 | 23/07/2008 |
Je ne partage pas votre avis mais je ne vois pas en vous une potentielle extrémiste pour autant.
On condamne lorsqu'il y a lieu de condamner, et on loue lorsqu'il y a lieu également.
Vous soulignez la grande quantité de discriminations, et bien, elles méritent TOUTES d'être dénoncées. Encore faut-il proposer des solutions et ne pas en rester à l'angélisme.
Au risque de me répéter, tant que vous ne vivez pas le racisme, les discriminations raciales, ou sociales, il y a peu de chance de savoir quel ressenti vous avez. Le mieux serait d'en parler avec des personnes qui le vivent quotidiennement. Et il y en a beaucoup, même si vous n'en connaissez pas ou peu.
Au surplus, toutes choses égales d'ailleurs, je ne sais dans quel sens prendre votre « condamner la France ». S'il s'agit de « cracher » sur elle, je ne m'y reconnais pas. A l'inverse, s'il s'agit de dire ce qui ne va pas, d'appeler certains faits passés et présents occultés ou minimisés, et bien, je suis fier d'être citoyen de ce pays. Et rien ne doit nous empêcher de prendre la parole, sans ostracisme, et dans une optique compréhensive et constructive, sans nier les faits, et je suis d'accord avec vous sur un point, tous les faits ; les bons comme les mauvais.
Bien à vous.
à Guy Numa
De magaliesimon
célibataire | 18H52 | 23/07/2008 |
Je vois, je vois, on vous apporte des faits qui contredisent radicalement votre analyse, la rendant au mieux erronnée au pire dangereuse, mais tel un chat agile vous retombez sur vos pattes, en invoquant les faits, mais sans en citer bien sûr.
Je préfère donc en rester là, la discussion me semble aller en sens unique. Ma conclusion est la suivante : selon vous, la discrimination liée à la couleur de peau détermine l'individu, selon moi nous sommes tous discriminés donc la notion même de discrimination perd tout sens. Ne reste que le mérite, le courage, et l'abnégation, des notions que vous contredisez par votre approche qui enferme l'individu dans son apparence. Libre à chacun de décider si vous êtes extrémiste ou pas, pour moi ceux qui considèrent, de bonne foi évidemment, que l'apparence détermine l'individu, sont des extrémistes et des communautaristes, qui cherchent la victimisation au lieu de l'ascenseur social.
à Guy Numa
De TARPON
23H16 | 22/07/2008 |
Etes vous noir ? Vous etes né en guadeloupe,je crois.
Nier la realite ,il y a du racisme partout dans notre vie quotidienne,racisme blanc envers noir et noir envers blanc.Allez donc faire vos courses chez Aldi ou LiDL .L'angelisme ,ce serait de croire qu'il y a de mauvais blancs et de gentils noirs,il y a des cons des deux cotes .
De Perjovem
Antiquus facturum à Divodorum | 21H15 | 22/07/2008 |
Que vous allez dans les sections politiques ou syndicales, faut reconnaître qu'il n'y a pratiquement pas de noirs, ou de « minorités ».
S'ils n'adhèrent pas aux partis, comme aux syndicats : difficile pour eux d'émerger, comme de les faire émerger.
Et les discours, comme le vôtre, en sont responsables. Puisque vous leur dites que les structures des Partis ne leur permetteraient pas d'émerger…
Ben désolé, les femmes y ont arrivé, lentement, mais elles y ont arrivé, les noirs et les « minorités » y arriveront, mais pour ça il faut qu'ils adhèrent, qu'ils discutent avec les autres militants, qu'ils se fassent entendre, qu'ils proposent, qu'ils vivent avec les militants…
Ce n'est pas en restant des alibis ou en étant imposé par des quotas que ça changera quelque chose.
C'est à eux de s'investir, c'est à eux d'y aller.
Perjo
De Alfary
Ronchon | 21H21 | 22/07/2008 |
Pourquoi n'existe-t-il pas d'Obama français ? Spontanément, la question est embarrassante, d'autant que l'auteur lui-même n'avance aucune piste de réponse.
Premier malaise : A la différence des USA, la République est composée de citoyens égaux ; religion, couleur, ethnie, genre ne sont pas des catégories discriminantes. C'est l'idéal universel. M. Monnerville ou M. Boigny ne représentaient pas des noirs, mais étaient Français d'abord. En fait, à ce stade, une question aurait été pertinente : Comment la France a-t-elle pu faire place à des dirigeants de haut niveau comme Messieurs G. Monnerville, H.Boigny, M. Keita ?
Parce qu'à l'époque, il n'y avait pas de Ministère de l'Identité Nationale. Ce raccourci a le mérite de symboliser toutes les mutations - dissonantes avec les principes constitutionnelles - en cours (quotas, communautarisation, imaginaires etc…).
Quoique discrètes, ces mutations ne produisent pas moins des pratiques politiques (Mmes Dati, Yade …) discutables. Certes. Mais dans une logique communautariste achevée, faire partie d'un groupe minoritaire vous condamne à un rôle mineur. Exit donc un Obama à la française, s'il ne devait qu'être noir.
Deuxième malaise : c'est la comparaison hâtive, l'anachronisme. Les Etatsuniens doutent-ils du sentiment patriotique (pour faire simple) de M. Obama et plus généralement des Afro-américains ? Non. En France les décolonisations ont provoqué pas mal d'effets sur les représentations, la perception : soi/autre, intérieur/extérieur. Les USA n'ont pas traversé une telle phase historique, avec le chamboulement qui va avec.
Pourtant ce pays avance ; il n'a toujours pas élu un président protestant ? D'accord. Encore pas de femme présidente ? D'accord. Et un juif hongrois ? C'est fait depuis 2007. En fait, c'est inexact, le pays a choisi un de ses fils, en 2007, sans se préoccuper réellement du roman de sa famille. Il aurait été mélanoderme, femme et protestant et ouvrier, le résultat eut été pareil. Je suppose. Le postulat selon lequel en France les postes au plus haut niveau sont réservés aux citoyens leucodermes est vraiment étrange, simplificateur.
Dernier malaise : Problématiser la « Question noire », comme naguère la « Question juive » dans l'Hongrie-Autriche, c'est envoyer au « ciel des idées », le questionnement sur les processus de (re)production des élites, d'une part, et l'impensé de l'empire colonial d'autre part.
PS : Les Afro-américains sont une minorité. Si M. Obama a décroché l'investiture démocrate, c'est bien qu'il symbolise d'avantage qu'une couleur de peau.
à Alfary
De zorbek
22H22 | 23/07/2008 |
Vous ne répondez pas à la question soulevée par l'article, à savoir qu'un Noir élu aux plus hautes fonction est impensable en France.
Ou bien indirectement alors : relever et écrire que Sarko est Juif (alors que lui-même ne se considère pas comme tel, et l'a affirmé publiquement) prouve que l'origine ethnique a une importance pour vous. Et c'est bien là le noeud de la question…
à zorbek
De Alfary
Ronchon | 12H05 | 28/07/2008 |
Je proposais de prendre en considération d'autres dimensions en jeu mais occultées dans le corps de la tribune. Notamment les processus et les cycles de production des élites dans la longue durée. Dans ce cadre-là, les barrières à l'entrée (origine, genre, csp…)ont une autre résonance critique.
A propos de nœud, pour se garder qu'il ne se transforme en nœud coulant, souvent il n'est pas inutile, sur certaines questions, de réintroduire un brin de complexité. ceci n'enlève rien à l'intérêt pour la discussion du prisme (ici la couleur de peau) de départ. Bien au contraire.
PS : le sujet depuis a prospéré. Allusion à la réponse du CRAN. Désolé donc pour ce post tardif. Je n'avais pas vu votre contribution.
De Hououji_Fuu
Racaille Syndicale (oh yeah !) | 21H22 | 22/07/2008 |
Avant de commenter, je cite : « Obama, noir, jeune et non roublard, est l'archétype de ce que ne produit jamais la classe politique française »
I beg to differ. Obama est certainement noir et jeune, mais il n'est absolument pas « non roublard », merci de ne pas continuer à propager les légendes de type Arthurien par rapport à Barack Obama. On finira par dire qu'il a trouvé le Graal, ou autre. Obama est un politicien doué pour les solgans qui marchent en ne voulant rien dire, et qui est aussi doué que d'autres, voire plus, en retournements de veste.
Au-delà de ça…euh, oui, il est noir. Certes. Il y a proportionnellement peu de gens de couleur dans la vie politique française. Certes. Barack Obama est aussi exceptionnel aux USA que Dati, ceci dit. Il ne faudrait pas s'imaginer que parce qu'une icone déboule dans le paysage médiatique américain, l'exception que cette icone représente est une généralité et un signe de plus grande ouverture de la part d'une société américaine « bien plus généreuse » que nos sociétés européennes. Bullshit, comme on dit si élégamment outre-atlantique.
Demandez à ceux qui y vivent, lisez les journaux, les éditorialistes de couleur, et vous verrez à quel point Obama est une anomalie aux USA, au-delà du charmant conte de fée pour gogos que certains essaient de vendre en resucée de l'éculé rêve américain.
Dans certains milieux aux USA, il est exact qu'il est « de bon ton », « politiquement correct » d'avoir des gens de couleur à des postes importants, mais je ne suis pas sûre que ce soit mieux que ce qui se fait ici.
Enfin, la réponse à la question est peut-être aussi simple que celle de savoir pourquoi il n'y a plus de personnalité de premier plan au PS : tout simplement parce que les gens au talent exceptionnel sont exceptionnels, donc rares, et qu'on n'en rencontre pas partout.
Ceci dit, on peut jouer à un autre jeu, qui a bien fait rire les démocrates récemment : parlons de la place des femmes (toutes couleurs de peau confondues) dans la société, aux postes de pouvoir, aux plus hautes fonctions. Car si l'on estime qu'il y a un problème de représentativité des personnes de couleur, alors que dire de la place des femmes ?
Je sens qu'on va rire…
à Hououji_Fuu
De Guy Numa
(auteur)
Enseignant-chercheur à Paris-Dauphi... | 21H50 | 22/07/2008 |
Je connais bien la scène politique et sociale US, que je suis régulièrement, où je m'y rends régulièrement également. Je maintiens ma position : Obama est beaucoup moins roublard que beaucoup de politiciens de son pays. Et que dire des politiciens chez nous….. Oui, il y a de quoi rire.
Tout comme il y a de quoi rire s'agissant des femmes. Vous avez raison.
à Guy Numa
De clausius
22H00 | 22/07/2008 |
Sans vouloir enfoncer le clou, vous êtes bien naïf. Vous vous imaginez qu'un type qui a de réelles chances d'obtenir en novembre la place d'homme le plus puissant du monde est moins roublard que les autres.
Obama est avant tout un formidable personnage médiatique, qui amène l'opinion publique à le considérer comme différent des autres, plus proche, plus à l'écoute, moins roublard…et ça marche ! mais il n'y a pas à lui en vouloir, c'est de bonne guerre, tous les politiques majeurs font ça.
Ne nous avançons pas. Ce sera peut être (si il est élu) un très grand président, mais méfions nous aussi d'une trop grande attente, car la grande déception peut survenir alors aussi.
à Guy Numa
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 00H16 | 23/07/2008 |
Juste une question là en passant, c'est mal d'être roublard ? Mon dico il dit : « Qui fait preuve d'astuce et de ruse dans la défense de ses intérêts. » « ses » peut-il s'appliquer à un parti ou un peuple ou des idées ?
Non, je demande juste parce que j'ai un peu de mal à comprendre …
Si on parle d'intérêts personnels, alors oui, d'accord avec vous, moins roublard que … McCain par exemple (juste au hasard, hein, mais aussi Dick, George, …).
Si on parle d'intérêts par rapport à l'avancement de sa conception et de l'avenir de la société US et mondiale, alors je le veux TRES TRES roublard Obama.
De Béatrice1
| 00H49 | 23/07/2008 |
« Demandez à ceux qui y vivent, lisez les journaux, les éditorialistes de couleur »
On aurait du mal à faire la même chose ici, car on se heurterait tout de suite à un problème : il n'y a pas d'éditorialiste « de couleur » en France ! Etonnant, non ?
Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour les goujats…
De Yaumegui_from_Paris
Sur mon fauteuil. | 21H23 | 22/07/2008 |
On devrait avoir un homosexuel en 2012, c'est bien aussi un homosexuel, non ? C'est une minorité aussi,tant qu'à aller dans le ridicule des minorités avant tout.
Vive la République et les IDEES politiques, ensuite que le meilleur les porte.
De Monk
Musicien | 21H29 | 22/07/2008 |
Cet article n'a à mon avis pas de sens.
Obama incarne le changement et le fait qu'il soit métis y est certes pour quelque chose. Pourtant, il y a dans la classe politique étasunienne une « maturité » qui n'est pas encore vraiment en place : c'est celle de la couleur, la couleur de peau mais aussi politique.
Remontez deux ans et quatre mois en arrière : Qui alors incarnait le changement ?
Sarkozy est (était) à la France ce qu'Obama est à l'Amérique. Un politicien de nouvelle génération porposant l'espoir à des votants désabusés.
Certes Sarko nous a roulés,mais à vrai dire, que savez vous d'Obama ?