
"Terreur et psychose" à Culiacán, chez les seigneurs de la drogue

(De Los Angeles) Edgar Guzman, le fils du parrain le plus puissant du Mexique, est mort. Descendu par une volée de balles alors qu’il sortait de sa voiture, une camionnette noire blindée aux vitres polarisées, de celles qu’affectionnent les narcotrafiquants.
Il venait de garer le véhicule sur le parking du Forum, le centre commercial ultra ostentatoire de Culiacán, la capitale de l’Etat du Sinaloa, terre natale et ancestrale des seigneurs de la drogue les plus légendaires et terrifiants du Mexique.
J’écris aujourd’hui ce blog de Redondo Beach [un quartier de Los Angeles, ndlr]. La dernière fois que j’ai parlé de Tijuana et de la violence, un lecteur m’a reproché de le faire d’ici plutôt que de là-bas. Mais je connais Culiacán (et encore mieux Tijuana). J’y ai passé dix jours en juillet. Parfois de psychose. Je peux donc décrire.
J’ai déjeuné, puis fait du shopping au Forum parce qu’un écrivain local spécialiste du narcotrafic, Elmer Mendoza, m’avait la veille conseillé d’aller visiter ce monument érigé à la gloire du luxe tapageur, ce veau d’or qui en dit des tonnes sur les profits générés par le trafic au Sinaloa et le pouvoir immense des narcos.
Les femmes de trafiquants se déplacent avec un air d’invulnérabilité
Je n’avais pas été déçue. C’est là que les « narcas » (femmes de narcos) tuent le temps et les fortunes dont elles ne savent que faire. Des Sinaloans avisés m’ont appris à reconnaître les narcas. Ce n’est pas très difficile. Elles sont couvertes de bijoux et d’accessoires de marque, trop maquillées, pas assez vêtues, en général très belles.
Elles se déplacent avec un air de puissance et d’invulnérabilité qui a l’air de dire « ne me cherchez surtout pas de noises, mon homme est un dangereux narco, il peut vous descendre si ça me fait plaisir ». Au Sinaloa, et dans le reste du Mexique d’ailleurs, il en faut de moins en moins pour passer de vie à trépas.
Dans l’un de ses multiples repaires, Joaquin « El Chapo » (« le petit ») Guzman Loera, doit pleurer son fils. Ces hommes-là ont beau être capables d’une cruauté inouïe, ils sont très attachés à leur famille. (Et aussi, d’ailleurs, à l’église. Ils vont à la messe, baptisent leurs enfants, suivent tous les rituels.)
Nul ne sait quand et comment il enterrera son fils. C’est peut-être déjà fait. L’un des hommes les plus traqués de la planète (enfin, c’est ce qu’on dit, mais il est aperçu régulièrement dans les endroits publics) change de portable après chaque conversation et de lit chaque nuit.
Ce qui ne l’a pas empêché, en juillet, de se marier dans un village isolé de l’état de Durango et d’inviter à ses noces délirantes (les troisièmes) hommes d’église, hommes de lois et notables du Sinaloa, qui ont tous nié avoir été présents. Tout ce beau monde est arrivé en avions privés, qui se sont posés les uns après les autres sur une piste clandestine.
L’offensive de l’Etat contre le trafic a provoqué une flambée de violence
El Chapo est engagé dans une guerre sans merci avec le gouvernement de Felipe Calderon, qui depuis sa prise de pouvoir il y a seize mois, a envoyé plus de 25 000 soldats dans les points chauds du Mexique pour combattre le narcotrafic.
Depuis, les cartels sont enragés. Calderon a beau claironner que la réponse ultra violente des narcotrafiquants prouve l’efficacité de sa politique, les Mexicains, eux, ne voient qu’une chose: un paroxysme insupportable de tueries.
De plus, les cartels s’entretuent pour le contrôle des routes vers le nord, où les drogues sont consommées. La fédération, créée l’an dernier au cours de sept réunions clandestines des plus importants parrains pour un partage pacifique du territoire, a fait long feu. Les bains de sang ne sont pas bons pour les affaires, avaient-ils pourtant décidé.
« Agents fédéraux de paille, vous êtes sur le territoire d’Arturo Beltran. »
Aujourd’hui, la guerre est totale. La semaine dernière, le chef de la police féderale, Edgar Millan, était assassiné chez lui par un tueur embusqué dans son appartement de Mexico (dont il avait les clés).
Quelques jours plus tard, c’était au tour de Juan Antonio Roman Garcia, le chef de la police municipale de Cuidad Juarez, d’être criblé de balles devant sa maison. La liste des victimes est bien trop longue pour être donnée ici.
Pendant ce temps, Felipe Calderon continue d’envoyer des troupes. Plusieurs milliers de soldats viennent d’arriver à Culiacán. Ils ont été accueillis par des bannières menaçantes: « Soldats de plomb, agents fédéraux de paille, vous êtes sur le territoire d’Arturo Beltran. »
Arturo Beltran Leyva est l’un des dirigeants du cartel de Sinaloa. Avant l’arrivée des troupes, le quotidien El Universal titrait en Une la semaine dernière: « Terreur et psychose au Sinaloa. » J’ai beau être à Redondo Beach, je comprends si bien de quoi il parle!
Photo: un bijou en forme de feuille de cannabis dans une boutique de Culiacán (Tomas Bravo/Reuters).
(Prochain épisode: l’état de la route reliant Tijuana à Ensenada, en Baja California.)
- 16647 visites





En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
quelle belle ambiance, je n’ai pas envie d’y être.
@ Publico. Vous avez tort. Pays formidable. Y suis allé une douzain de fois, mais surtout deux hivers complets, pas sur les plages; à y voyager. Partout. Deux principes pour survivre: 1) ne vous faites pas remarquer inutilement, et 2) mêlez vous de vos affaires.
http://nouvellesociete.org/0207Bajacalifornia.html
Pierre JC Allard
c’est fou comme j’ai envie de pleurer la mort d’edgar guzman,le flot lacrymal est trop intense…mais finalement,je crois que je vais manger deux fois des nouilles.
« La Mafia a tué un parrain, deux par deux ça irait plus vite, non ? » (Coluche)
la terreur regne effectivement au Mexique, et non, ce n’est pas connu de votre cote de l’Atlantique. Je vous conseille de jeter un oeil sur la presse mexicaine, si vous doutez.
Ah et au fait, ce n’est pas Guillemette, c’est Armelle…
Armelle,
non, je ne reside pas non plus au Mexique, mais oui, j’ai aussi vecu en Californie, et suis souvent descendu dans le far south de « Baja ». J’ai par contre vecu longtemps en Colombie, et ne suis donc pas tout à fait étranger à la situation latino-américaine.
En modérant le propos, et ironie à part, il reste que le ton de l’article - dès l’introduction très « première personne », et dans son développement au moins un peu « sensassionaliste » (cf. commentaire d’un autre lecteur ci-après) - peut irriter. Que la situation dans certaines régions mexicaines soit tendue, c’est un fait, que la lutte entre les trafficants et l’état fasse rage, on ne le conteste pas.
Reste que la peur, celle qui apparement vous a saisi, lorsque vous avez franchi la frontiere, provient non pas de faits, de vu, de vécu (en l’occurence des femmes peu vetues dans un supermarché), mais déjà d’une « excroissance médiatique » - in fine s’autoalimentant (cf. le présent article). La peur alimentant la peur.
En m’excusant pour la méprise sur votre prénom,
Cyril
Bah voyons, allez-donc en faire un de reportage dans le Nord du Mexique! En ville SVP, pas dans le sud. Juste pour vous donner un peu l’idée: même les surfeurs hésitent à aller dans ce sud dont vous parlez, à Baja, tellement c’est devenu chaud la route pour y aller, Tijuana, Ensenada. Et si vous avez du mal à comprendre la peur qu’Armelle décrit, renseignez-vous un peu quel sort on réserve aux femmes journalistes ou activistes qui mettent leur nez un peu trop partout. Il y a beaucoup de femmes qui ont disparu vous savez? Et il n’y a pas besoin de vu, de vécu pour pouvoir s’imaginer ce qu’elles ont du endurer avant de mourir. Mais bon, pour ça il faudrait un peu sortir de la pauvre critique de forme que vous nous offrez, et un peu se renseigner, grâce à des reportages comme celui-ci par exemple ;-)
Merci beaucoup Armelle, je suis impatient de lire le prochain épisode.
Cyril,
La basse Californie que vous avez connue lorsque vous viviez en Californie n’existe plus, malheureusement.
J’écris à la 1ère personne car mon petit coin de Rue89 est un blog. Et l’avantage, c’est qu’il donne cette liberté, que je suis trop contente de saisir. Si vous voulez lire des articles plus conventionnels, tournez-vous vers d’autres organes de presse, pour lesquels j’écris aussi (jamais à la 1ere personne).
Quant a la peur, je n’en parle pas pour me faire mousser, mais pour essayer de rendre une ambiance incroyablement tendue. Je n’étais d’ailleurs pas particulièrement fière d’avoir peur à Culiacan. Bien au contraire. En plus, comparée aux journalistes mexicains, je me sentais vraiment ridicule et inutile. Pour peu qu’ils fassent vraiment leur métier, et nombreux le font, ces gens-là sont en danger permanent. Alors que je prenais mes jambes à mon cou pour retrouver ma sécurité, ils restaient sur place…
L’excroissance médiatique…. lorsque j’ai rendu visite aux courageux journalistes de Riodoce, l’hebdomadaire de Culiacan, qui sont barricadés dans leurs bureaux et risquent leur vie chaque jour en menant des enquêtes minutieuses et tellement dangereuses sur le narcotrafic, c’était du vécu. Idem lorsque j’ai interviewé Jesus Blancornelas, le directeur de l’hebdomadaire Zeta de Tijuana, qui a miraculeusement échappé à la mort lorsque des tueurs l’ont embusqué et blessé grièvement. Il se déplaçait avec une escorte de 17 soldats d’une unité d’élite de l’armée. Dans les colonnes de son journal, il dénonçait la corruption, la violence, les narcos. Deux de ses rédacteurs en chef ont été descendus. Du vécu, quoi. C’est marrant. Vous êtes plusieurs à croire que c’est du sensationnalisme. Ca ne l’est pas du tout. C’est la réalité des Mexicains en ce moment.
Votre article est très bien. D’une tonalité originale, très personnelle. Je ne sais pas exactement ce qui se passe au Mexique, je ne sais pas comment il faut raconter ce qui se passe au Mexique, quels risques il faut prendre ou non, etc… Ce que je sais, c’est que votre article me fait m’intéresser à ce qui se passe au Mexique et que je sais un peu qui l’a écrit. C’est le but, non ? alors négligez les ronchons.
Il y a des zones encore relativement épargnées. J’habite l’état de Guanajuato où les cartels n’ont encore tout à fait établi leurs quartiers. Néanmoins, dans plusieurs villes de l’état, les comissariats on été mitraillés, et la presse locale fait état de démissions massives dans la police. Toutes les zones cotieres et frontalieres avec les Etats Unis semblent quant à elles promises à un futur sombre.
Par ailleurs, pour vous faire prendre conscience de la terreur dont parle Armelle, on a appris hier que trois haut gradés de la police ont demandé l’asile politique aux Etats Unis. Vraisemblablement ils sont sur la liste noire des narcos, que les autorités ont annoncé avoir trouvé la semaine dernière. Je me demande bien, apres le dézingage de Millan, jusqu’ou peut aller le bras des narcos. Tout en haut?
Au passage, comme vous le mentionnez dans l’article, les narcos peuvent être aussi pieux. Ils font construire des chapelles à Jesus Malverde, leur saint protecteur, un robin des bois du début du XXème siècle qui écumait la région de Culiacan.
Enfin, il y a un point qui mériterait l’attention de tous: le rôle trouble des Etats Unis eux mêmes dans l’armement des cartels. Certes j’imagine qu’une bonne partie de la quincaillerie des zetas et autres proviennent des aresenaux mexicains, mais il semble qu’une grosse partie vient aussi de chez l’oncle Sam.
Voir par exemple:
http://www.eluniversal.com.mx/notas/505299.html
Le rôle trouble des USA… pas seulement dans la vente d’armes.
La « guerre contre la drogue » engagée depuis les années 70 n’a pas qu’un objectif moral, mais aussi géopolitique: alimenter la tension et ces conflits de « basse intensité » leur permet d’intervenir dans la politique de ces pays. Le problème étant que les narcos, au Mexique ou en Colombie, c’est comme les taliban: ils sont dotés de volonté propre et amassent un pouvoir tel qu’ils parviennent à corrompre non seulement l’administration de leur pays (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_de_la_parapolitique) mais aussi des responsables US.
La démocratie états-unienne se désagrège en menant cette autre « Croisade » qui se retourne contre elle-même, et elle a beau offrir l’asile à des policiers mexicains (c’est un comble que des flics aient besoin de fuir leur pays!) ou réclamer l’extradition de quelques narcos, le drame ne cessera pas tant qu’on aura pas remis en cause sérieusement la « guerre contre la drogue ».
Que te vayas bien, Armela
ahhhhhhhhh… le rêve américain !!
T’es un peu dur Sunchaz, il y a quelques maladresses mais ça ne mérite pas ce cynisme aigri, tous les angles de vue sont les bienvenus sur la situation au Mexique et en Amérique Latine en général…
Mais au-delà de la mort d’un parrain, la situation est effectivement critique, la politique de Calderon et du PAN n’est pas loin de transformer le Mexique en Etat militaire et ce, avec le soutien financier de la DEA (Drug Enforcement Administration), Le peuple craint tout autant les narco-trafiquants que les bras armés qui frappent à l’aveugle (voir les actions des para-militaires en Colombie)
En menant des opérations de manière indiscriminée dans la rue, l’armée a aussi provoqué des heurts avec la population. Les plaintes sur ses abus sont en augmentation. On n’a jamais éclairci, par exemple, ce qui s’est passé en juin 2007 à Sinaloa, quand une femme et quatre mineurs ont été tués par balles à un barrage de l’armée.
Certains ont témoigné qu’avant d’arriver au barrage le véhicule dans lequel ils voyageaient avait été reçu par des coups de feu. Le parti gouvernemental – la Parti Action Nationale (PAN) - a minimisé les événements en alléguant que dans la guerre contre le crime il y avait des « effets collatéraux ».
Plusieurs jours plus tard, une mineure de 13 ans a été transpercée d’une balle dans l’État du Guerrero par l’armée et la secrétaire [ministre] à la Défense a tenté de justifier l’agression.
L’organisme national de défense des droits de l’homme a confirmé qu’en mai plusieurs militaires avaient violé plusieurs filles à Michoacán. Et trois ans après la plainte, les militaires accusés du viol de 14 femmes à Coahuila n’ont pas encore été punis…là, c’est Edgar Guzman qui est mort mais ça aurait pu être n’importe qui d’autre!
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
Merci de m’avoir défendue contre le cynisme de ce monsieur Sunchaz qui exprime une opinion sans connaître le contexte. Le très triste événement que vous évoquez au Sinaloa a en fait été éclairci. Les soldats étaient ivres et sous l’effet de la marijuana. L’histoire a été racontée en détails par l’excellent magazine d’informations « Proceso » (c’est même l’article le plus poignant que j’aie jamais lu, il a d’ailleurs obtenu un prix) et par la presse locale du Sinaloa. Le Mexique est en guerre. Il suffit d’y prendre la route pour comprendre. Ce n’est pas pour rien que le groupe immensément populaire, Los Tigres del Norte, natif du Sinaloa mais installé en Californie, a récemment décidé d’annuler sa tournée dans sa terre natale.
Votre article est très intéressant. Le malaise qu’il suscite aussi.
Certains ne préfèreraient-ils croire qu’à l’ombre de la douce feuille de marijuana pousse une douce mafia qui gère pacifiquement son ‘doux petit marché » ?
Anyway Le cynisme est une drogue dure très répandue à l’intérieur de nos frontières.
Mais heureusement,contrairement aux balles des narco trafiquants,les mots ne sont que virtuellement mortels.
Sauf que ce ne sont pas les fumeurs de maria qui alimentent la mafia, mais bien la Prohibition.
Désolé network 23, mais ce sont bien les toxicomanes qui alimentent les caisses des narcos.
Si la drogue était en vente libre, autant supprimer la démocratie et procéder à une distribution générale de poison à tous ceux qui veulent devenir des esclaves.
Fumeurs d’herbes = toxicomanes ?
Ouaaaaaah…
La drogue pour laquelle les narcos se font la guerre, est la cocaïne, pas la marijuana triple buse.
En fait c’est pour les routes de la cocaïne que les narcos se font la guerre, du Venezuela et de la Colombie, la puro remonte vers les états-unis via le Mexique, puisque la d.e.a. et la douane française ont bloqués la route des caraïbes (provoquant au passage la stagnation de la marchandise dans les antilles française avec une explosion de la consommation de crack [dérivé de cocaïne, ainsi que la « base »]).
« Si la drogue était en vente libre, autant supprimer la démocratie et procéder à une distribution générale de poison à tous ceux qui veulent devenir des esclaves. »
T’as lu ça dans Minute et il fallait que tu le ressortes sur la rue ?
Déjà très grosse différence entre la fumette et la coca mais ça il ne te l’ont peut être pas dit sur tf1…
Ensuite, comment expliquer que le rare état au monde ayant légalisé la consommation de drogues naturelles (la Hollande) soit une démocratie bien plus représentative que notre belle france ?
Pour revenir à l’article, Mlle. Armelle, nous sortir que « y avoir passé dix jours » n’est pas un argument…
Vous savez n’importe quelle grand mère française peut avoir passé dix jours en Chine…
Et le style « affolant » a peut être prise aux états-unis, mais l’approche que nous attendons (nous lecteurs français) n’est surement pas celle-ci…
Cette guerre n’est-elle pas à l’image du reste du monde où sévit la même guerre économique ?
…?
la terreur existe au Mexique et quelques grandes multinationales s’en donnent à coeur joie…
Ciudad Juarez… ne pas oublier.
Une réflexion profonde en 3 feuillets, ce n’est malheureusement pas possible… de quoi voulez-vous parler d’ailleurs ? Du soutien économique qu’apportent les narcos à la population de pauvres paysans ? Des écoles et des hôpitaux qu’ils construisent, se substituant ainsi au gouvernement ? Des sommes énormes qu’ils versent à l’église catholique ? De l’histoire du Mexique ? De sa culture ? Du pouvoir que donne l’argent, la puissance ? Eclairez ma lanterne, s’il vous plait. Pardonnez-moi, mais ce sujet me tient particulièrement à coeur.
Si seulement votre article pouvait jeter un froid chez les consommateurs. Je me demande même si des voyages organisés ne devraient pas se développer, en guise de cures de désintox!!!!!!
Plus sérieusement, le pouvoir de l’argent est la seule raison pour que les puissants narcos soient encore en vie.
Il leur arrive des « accidents »…. Mais si les grands pays voulaient vraiment s’en donner la peine …
La guérilla motivée par une idéologie, de par son côté abstrait, est très difficile à combattre.
Mais ici ce n’est pas le cas.
Une production, un commerce, c’est du concret, du visible.
Aujourd’hui, par satellite, il est possible de localiser, et réduire en poussière, une voiture circulant au Mexique ou ailleurs.
Un missile envoyé, en guise de feux d’artifice, au milieu d’une des réjouissances dont vous nous parler,
auraient pour effet de nous libérer des fournisseurs, mais aussi de leurs protecteurs.
Techniquement, c’est réalisable. Alors pourquoi pas?
Si seulement vous étiez le seul à penser ainsi, je ne me donnerais pas la peine de vous répondre. Mais il reste encore beaucoup d’adeptes du renforcement de la manière forte en gaspillant encore plus de milliards des contribuables y compris français et en sacrifiant plus de vies sans résultat. Aucune politique n’a coûté aussi chère pour rien sans être abandonnée. Mais JC est un tenace sévèrement burné et bien borné comme bon nombre de nos concitoyens sur la guerre à la drogue.
La plupart des guérillas se financent avec les drogues et la plupart des services anti-guérillas financent la contre-guérilla avec les drogues. Les protecteurs des narcos sont justement ceux qui ont la technologie pour les transformer en martyr du Hamas. Et même si par opportunisme ils usaient de la méthode, les mêmes causes produiront les mêmes effets, les narcos sont populaires, la population se rebellera contre les militaires et un Irak de plus sur les bras des maîtres du monde. Alors, quelques Iraks font partis leur stratégie mais trop d’Irak et c’est la théorie des dominos du Che. L’équilibre est subtil, bien trop pour vous Jean-Claude, heureusement que vous n’êtes pas en charge du problème, vous seriez capable de nous foutre un bordel incroyable.
Ah????
Donc d’après vous il vaut mieux ne pas faire de vagues,
et laisser gentiment les narcos trafiquants s’entre tuer!!!!!
La politique de baisser les bras quoi?????
Vous ne traineriez pas derrière leurs bottes, des fois qu’il tomberait un petit billet???
Donc, d’après vous les policiers méxicains qui s’expatrient parce qu’ils craignent grave pour leur vie, ne sont , en fait, que des narcos…..
Vous devriez aller leur dire ….Mais pensez à protèger les votres de burnes, avant!!!
Décidément, vous êtes bloqué au stade : « j’en ai une plus grosse que toi et si tu ne me crois pas, je te casse la gueule à la récré ». Aucun argument, juste des certitudes et de la vindicte, c’est un peu lamentable. Des gros bourrins comme vous sclérose le débat sur les drogues depuis des décennies.
Vous avez raison d’affirmer que cette violence est insupportable et que les gouvernements doivent agir. Je suis hostile au statu-quo qui domine cette politique depuis 10 ans. Il est urgent d’intégrer le marché des drogues à l’économie officielle, de réglementer la production et contrôler la qualité et la distribution des produits, il est indispensable de développer une éducation sanitaire objective sur le bon usage des drogues, une prévention ciblée sur le mésusage et un systèmes de détection et d’assistance médico-sociale pour les abuseurs.
Cela permettra d’affecter les milliards consacrés à la guerre à la drogue pour lutter contre la faim, le paludisme, le SIDA… de réduire considérablement l’influence des mafias sur nos sociétés et de diminuer la pression sécuritaire qui menace gravement nos libertés. Sans parler d’arrêter le massacre. Mais vous aimez bien cela les massacres, n’est-ce pas JC, Faut être sévèrement burné pour massacrer… Le crétinisme est une maladie souvent provoquée par l’alcoolisme héréditaire et la consanguinité. Deux phénomènes fréquents chez les peuplades isolées où domine la peur de l’autre et de ses démons intérieurs. L’avantage de la mondialisation et des campagnes de prévention, c’est la disparition de gens comme vous.
PS : niveau corruption, je suis intraitable, je ne me baisse jamais pour des broutilles.
« J’en ai une plus grosseque toi »
« Je te casse la gueule à la récré »
« De gros boudins comme vous sclérose.n.t… le débat »
Bofffffffff. Désolé mais je ne dicute qu’avec les gens qui ont un minimum de respect pour ceux qui ne sont pas du même avis qu’eux.
Si tu crois pouvoir imposer ton opinion en insultant…. Alors tu es vraiment un idiot !!!!
« Niveau corruption, je suis intraitable, je ne me baisse jamais pour des broutilles »
??????? Ben voyons, il en faut un peu plus !!!!!!
Je comprends un peu mieux pourquoi tu essayes de nous faire avaler que les drogues dures devraient être bénéfique dans « l’économie officielle ».
Tu vois ça comment ???
Les manequins pour leurs cures d’amaigrissement…
Le dopping des managers……
Les gamins qui ont un petit coup de pompe en fin d’année scolaire ….
Le type qui vient de se faire virer de sa boite…
Effectivement ….Il y a un gros marché à prendre…
Et la dedans ???? Tu ne te vois pas importateur exclusif pour les labos pharmaceutiques ?????
Il faut vraiment être atteint grave pour sortir de conneries pareilles ou espérer le super promotion!!!!
Une balle….Une!!!!!
Non mais tu vas te calmer?
L’apologie de la drogue est un crime contre l’humanité….
Et ceux qui la pratique devraient être radicalement éliminés, au même titre que les narcos devraient l’être……Avec le plus grand calme ….Mais aussi, avec la plus grande fermeté!!!!!!!
La guerre à la drogue est un crime contre l’humanité….
Et ceux qui la pratique devraient être radicalement éliminés, au même titre que les narcos devraient l’être……Avec le plus grand calme ….Mais aussi, avec la plus grande fermeté!!!!!!! Et sans carnage…
L’industrie pharmaceutique ne m’a pas attendu pour vendre des drogues dures dans toutes les pharmacies. Les cartels du monde entier n’ont aucun intérêt à une réglementation de la production et du commerce qui ne leur laisseraient plus que le racket comme part dans ce juteux marché. Mon PS était une boutade. Quoiqu’il n’y ait que les idéalistes et les imbéciles qui n’ont pas de prix. Je ne suis ni l’un, ni l’autre, juste un passionné de la politique des dopes qui perd son temps avec vous parce que vous êtes représentatif d’une certaine France encore trop influente et nuisible.
Non, JC, je n’ai pas beaucoup de respect pour vous, de la compassion les jours où il m’en reste. Un gros bourrin fonce tête baissée, comme le taureau sur la muleta. Votre démonstration ci-dessus est exemplaire.
Vous êtes bien un résistant de la 25ème heure, un lécheur de guillotine, un lyncheur d’arbitre, de ceux qui acclament un maréchal en mai et un général en août. La quintessence de la franchouillardise rance que j’abhorre depuis toujours.
PS : Depuis Gaston Defferre, le code de déontologie des journalistes réprouve les duels d’honneur. Quel dommage ! J’aime tellement découper le cochon en rondelles bien fines…
Vous l’avez dit : « l’équilibre est subtil ».
si l’on considère que les narcos permettent, via quelques miettes laissées de ci de là, à l’ensemble de la population de vivre ; alors effectivement, le pouvoir n’en viendra que très difficilement à bout.
Si vous legalisez la culture, la consommation et la vente de toutes les drogues, il n’y a plus de trafic. Pourquoi ne le fait-on pas ? 700-800 milliards de profit pas année. Si quelqu’un en autorité proposait SERIEUSEMENT de legaliser les drogues, il ne vivrait pas une semaine.
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/5144.html
pour être sincére je m’attendais à un article percutant et donc bien différent d’une simple description de meurtre de traficants et policiers. Et franchement on s’en fiche royalement de comment reconnait-on une femme de narco ! si c’est pour ça je regarde Goodfellas de Scorcese.
si c’est pour écrire sur les narco ok, très bien mais pas du blabla il faut assumer le choix et allé au fond des choses, et c’est encore mieux si c’est fait en espagnol. Si vous souhaitez écrire en francais je vous invite à traiter des sujets plus positifs cela vous distinguera de la majorité de vos confrères, il y a tellement de choses positives en amérique latine dont on parle jamais surtout en français…..
cordialement
Impressionnant - et quoiqu’en disent les grincheux la situation est trop peu couverte en France (un article dans le Monde il y a quelque temps, si je me souviens bien). Merci de cet article qui donne du relief a des informations abstraites.
N’en déplaise à certains, cet article est concis et percutant, il permet de rendre compte de faits dont on se garde bien de parler de ce côté de l’Atlantique. L’évocation du centre commercial de bon goût, à l’image des poules de visqueux qui y traînent, donne bien l’idée d’un quotidien pourri par des battants de la came.
Rien à redire.
Delenda Carthago
Je suis triste de lire un deuxièmes article comme cela sur le Mexique, je trouve qu’il n’y a pas que les narcos au Mexique et il est bien dommage de faire que des articles dans se sens. Cela me rappelle énormément la télé sud américaine, qui adore le sensationnalisme.
Pour y avoir vécu et pour y aller 5 à 7 fois par ans, je peux vous assurez que dans un pays qui fait 5 fois la France et qui compte prêt de 107 millions d’habitant il y a bien plus de choses à développer et a faire découvrir que les narcos et les militaires du nord du Mexique.
Que vous fassiez un article, je dis pas, mais plusieurs article , je trouve cela triste.
Je me bas depuis maintenant 7 ans pour faire comprendre au gens que le mexique (autres pays du continent) n’est pas juste un coupe gorge et hop je tombe sur vos articles, je ne dis pas qu’il faut occulté, loin de là mais je pense qu’un peu de diversité dans vos articles, ne ferais pas de mal.
Surtout qu’apparament vous êtes sur place et que vous pouvez aller découvrir les villes dynamique et créatives que peuvent être le DF, Guadalajara, Puebla, et toute une tripoté de villes, villages et autres.
Vous pourriez aussi alterné entre positif et négatif, c’est un peu comme si, j’étais en Espagne et je ne fessais que des articles sur les meurtres et attentas de l’ETA, je pense que l’Espagne est loin d’être juste cela.
Gonzalo
Cœur Chilien - Mentalité française et âme mexicaine
PS : désolé pour les fautes d’orthographes
Merci de rappeler que le Mexique ce n’est pas que les narcos, néanmoins en ce moment, c’est réellement d’actualité, et sans mesure comparé à l’ETA.
J’espère que vous saurez apporter une contribution positive, en publiant un article par vous-même, car comme Armelle, si vous êtes passionné par le sujet, cela ne pourra être qu’extrêmement intéressant!
D’accord avec wam: la vague d’assassinats est vraiment là, on ne peut pas y échapper, que l’on soit au DF, à Puebla ou au Jalisco. Des parents de ma moitié avaient des amis éleveurs de bétail dans le Guerrero qui ont été sauvagement assassinés, cela tout récemment. La dynamique de ce mouvement ces derniers mois est vraiment spectaculaire, je pense que vous allez vous en rendre compte sur place.
Par ailleurs, vous avez entièrement raison sur le fait que le Mexique et les Mexicains sont fantastiques, et que l’on peut très bien venir ici sans tomber dans la paranoia securitaire et vraiment profiter d’une riche vie culturelle, d’une cuisine exceptionnelle et d’une grande chaleur de ses habitants. On devrait en effet en parler plus.
Je vous comprends car je vis a Mexico DF, mais un article sur la beauté des villes coloniales mexicaines susciterait sans doute moins d’intérêt :-) L’actualité du monde est ainsi faite… peu de place pour le beau, le doux et le réconfortant ! Ceci dit je salue le boulot d’Armelle, ça casse un peu la caricature du mariachi bedonnant ! Et même si comme vous j’aime le Mexique, il faut être juste, c’est quand même, par rapport à nos critères occidentaux, un pays ultra violent.
Mais moi aussi j’aimerai lire autre chose… pourquoi pas sur les ovnis de Mexico qui sont revenus la semaine dernière, plein de petites boules lumineuses dans le ciel de la colonia Roma… On a pas fini d’avoir peur au Mexique !!
Que te vaya muy bien !
J’aime le Mexique, sa culture, ses villes, ses gens, sa musique, depuis que j’y ai posé le pied pour la première fois en 1985, et je suis inconsolable de ce qui lui arrive. L’arrière grand-père de mes enfants était un compagnon/lieutenant de Pancho Villa. Leur grand oncle était un général, chargé de la lutte contre le narcotrafic dans l’état de Baja California dans les années 70. Après, il a vécu dans un palace de Mexico, sûrement pas de ses émoluements de général.
Il y a bien-sûr d’autres sujets à aborder, mais c’est celui-là dont je choisis de parler.
Soupconneriez vous votre grand-oncle ?
Dans le monde, la guerre à la drogue tue presque chaque minute, les fronts sont innombrables mais la France profonde l’ignore superbement, les intellos de droite comme de gauche focalisent sur le clash de civilisation sans voir cette guerre civile ronger nos sociétés.
Vous êtes en plein Far South, la zone de contact entre le plus gros centre de consommation et le plus gros centre de production. Mais le Far North canadien connaît une guerre sans fin entre Hell’s, Viets et slaves pour le contrôle de la production de cannabis. L’Amérique centrale a la Mala Salvatrucha ou le MS 13, Les paramilitaires et les guérillas en Colombie, les Comandos au Brésil, Les Yardies en Jamaïque. Vous êtes cernée par la War on Drugs, car la situation n’est pas meilleure de l’autre coté du pacifique en extrême Orient ou en Asie médiane.
En 1998, à l’assemblée de l’ONU sur les drogues, Pino Arlachi avait obtenu un effort financier, juridique, policier et militaire gigantesque pour mener la dernière phase de la guerre à la drogue lancée par Richard Nixon. «Un monde sans drogue dans dix ans, c’est possible !» Nous «fêtons» les dix ans de mariage avec cette politique planétaire. Des noces de sang.
Merci de continuer ce travail périlleux. Je me sens un peu nul bien planqué en Suisse à agiter sur ce sujet depuis des années. Quoique. Ce n’est pas si tranquille sur la question des drogues et des mafias. Votre article aidera peut-être certains riverains à enfin comprendre les enjeux. Pour les y aider, Rue 89 pourrait utiliser son partenariat avec l’INA pour retrouver « A qui profite la cocaïne 1 et 2 » un et le rendre enfin disponible en qualité correcte. Ou alors dealer un prix sympa avec Kapa, il a 15 ans mais pas une ride. http://video.google.fr/videoplay?docid=5546980267198419756
P.S : J’adooore le petit pendentif pas ostentatoire du tout, très chic pour chercher les enfants à l’école et très pratique pour passer les douanes. Un cadeau de votre mari ?
Juste deux petites corrections. Le MS 13 est maintenant aux Etats Unis, bien installé dans plusieurs grand centres urbains. Quant aux Hell’s Angels au Canada, ils travaillent pour la Mafia. Au fil des ans, ayant un reseau de distribution très bien établi à travers leur club ( aux USA, au Canada, et aussi en Europe) ils furent placés sous protection de la Mafia qui est aussi très bien installée à Montréal, depuis l’entre deux guerre. Presque toute l’heroine qui rentrait aux USA, passait par Montréal. Maintenant c’est la cocaine, le hash et les reseaux de productions locales de mari.
Pour revenir a l’article, moi ce qui me fascine toujours dans ces gens la, c’est qu’ils sont tous croyants. Je ne le suis pas, mais je connais un peu les bases de la chretienté….je ne comprends pas comment ils font pour allier ces deux modes de vies. Ils s’entretuent pour un chargement de poudre, et aussitot fait, ils vont a confession ? Et après ils passent au bistrot ?
Et quant on pense qu’il y a a peine cent cinquante ans, le plus grand des dealers que la terre a connu, c’était l’Angleterre, qui avait , durant une courte periode, tout le commerce mondial de l’opium. Dans le deal, ils ont même piqués Hong Kong aux Chinois.
Le nombre de mort est aussi effarant. La drogue en a tué beaucoup moins que les fusils.
Ce que la religion catholique ne pardonne pas, ce n’est pas le péché, mais le refus de se confesser.
Les mafias profitent des réseaux financiers mondiaux et de la passivité de la communauté internationale face au blanchiment d’argent.
Voir le travail de Lucy Komisar, http://thekomisarscoop.com/category/offshore/drugs/
Et comment on est passé de l’évasion fiscale en France avant-guerre vers les comptes anonymes en Suisse à l’état actuel; comme le dit Komisar, « le système parallèle fait partie de l’establishment »:
http://www.youtube.com/watch?v=J3dVsvt7Vmk
Espérons que HSBC cité dans ce document ne paie pas sa pub sur RUE89 avec des Francs suisses ^^. Merci pour ce document. Intéressant de voir que, apparemment, dans les années 1930 les fortunes françaises ont été leader dans la dissimulation d’argent en Suisse. On n’a pas de pétrole mais on a des idées^^…