
En Arizona, un immigré irakien tue sa fille, trop occidentalisée
Noor Faleh Almaleki s'était trop occidentalisée au goût de son père, un immigré irakien arrivé aux USA dans les années 90. Les manières, la vie amoureuse, le choix de vie, les vêtements, la coupe de cheveux de cette belle jeune femme de 20 ans, allaient bien au delà de ce que ce musulman traditionnaliste pouvait supporter sans perdre la face.
Alors, après avoir ruminé son macabre projet pendant plusieurs jours, Faleh Hassan Almaleki est finalement passé à l'acte. Le 20 octobre dernier, il est allé attendre sa fille sur le parking d'un bureau de Peoria (Arizona). En l'apercevant, il a foncé sur elle au volant de sa Jeep Cherokee et l'a écrasée. Pour sauver l'honneur de la famille.
Noor est morte lundi des suites de ses blessures après un coma de deux semaines. A l'annonce de son décès, Faleh Hassan est resté de marbre. En tenue de prisonnier, il s'est présenté devant le tribunal supérieur de Maricopa County. Calmement, il a répondu aux questions du juge qui l'a inculpé d'homicide. Les autres chefs d'accusation ne sont pas encore connus. (Voir la vidéo)
Son meurtre commis, alors que sa fille git dans une mare de sang, Faleh Hassan prend immédiatement la fuite. Il passe au Mexique et abandonne sa voiture dans la ville frontière de Nogales. De là, il prend un bus en direction de Mexico d'où il s'envole pour Londres le 25 octobre.
Mais les douaniers britanniques lui refusent l'entrée de leur pays. Non parce qu'ils sont au courant du crime, mais parce que Faleh n'a que 400 dollars en poche et que son contact en Angleterre est actuellement au chômage. Il est donc renvoyé illico presto aux Etats-Unis, où il est accueilli par un couple de US Marshalls.
Faleh a été identifié par Amal Edan Khalaf. Cette femme de 43 ans, mère du compagnon de Noor, se trouvait avec elle le jour du drame. Elle aussi a été renversée par le véhicule et blessée. Les deux femmes et le jeune homme vivaient ensemble depuis le retour de Noor du Moyen-Orient, où Faleh l'avait envoyée se marier contre son gré.
Avant le décès de sa soeur, le frère de Noor, Peter-Ali, a accordé une interview à une chaîne de télévision locale. Voici ce qu'il a déclaré :
« Depuis qu'elle est rentrée il y a deux ans, ma soeur n'a eu de cesse de manquer de respect à mon père. Nous avons une culture et des valeurs différentes. Certaines d'entre elles n'ont aucun sens pour les Occidentaux. »
Le père et la fille se disputaient sans cesse. Elle voulait vivre sa vie à l'américaine. Pour Faleh, c'était une honte insupportable. D'après Peter-Ali, il avait menacé sa fille à plusieurs reprises. D'ailleurs, il a admis avoir prémédité son crime.
Cette tragédie insensée n'est pas la première aux Etats-Unis. En janvier 2008, Yaser Abdel Said, un Egyptien résidant au Texas, assassine ses deux filles de 17 et 18 ans dans son taxi avant de prendre la fuite. Il n'a jamais été appréhendé. Les deux lycéennes étaient elles aussi accusées par leur père d'être « trop modernes » : elles fréquentaient des garçons.
En juillet 2008, Sandeela Kanwal, 25 ans, est étranglée par son père, le Pakistanais Chaudhry Rashid, après avoir demandé le divorce d'un cousin que sa famille l'a forcée à épouser.
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à Makach
De Ce que Jacques a oublié de dire
| 00H47 | 06/11/2009 |
Je vais vous paraitre têtu (et je le suis très certainement, par contre je ne suis pas de mauvaise foi), mais le fait que cela ne soit pas pratiqué n'est un gage de rien. Les juifs ont la lapidation et ne l'a pratique plus pourtant elle est bien dans leur livre.
Le fait qu'il soit simplement débattu ne remet pas encore en cause les avis faisant actuellement autorités (quelqu'un les connait?), et quand bien même il serait faux, alors que fait-on des autres qui sont aussi chez Muslim et Boukhari et qui parlent aussi de la lapidation (soit comme prescrite, soit comme étant dans le Coran) ou bien ces hadiths qui citent des versets ou parlent du nombre de versets d'une sourate qui ne correspond pas à ce qu'il y a actuellement ? Qu'en pensent les savants ?
Si la lapidation ne fait pas du tout partie de la tradition chrétienne, c'est simplement qu'elle s'est basée sur des paroles de Jésus ayant pardonnée à une femme qui en était accusée. Et que le christianisme est surtout basé sur la contestation de la lettre pour laisser place à l'esprit (donc la loi, les rituels etc, prennent une place différente, voir secondaire et pour un certain nombres ont été délaissés, par rapport aux deux autres religions monothéistes pour qui la loi est importante). sinon je pense qu'elle aurait eu une place, tout au moins théorique, comme dans les deux autres religions. Car elles ont malgré tout beaucoup de points communs (et de divergences certes), toutes les trois.
Vous avez raison, nous nous éloignons du sujet et ça n'avance pas à grand chose. Bref alors je vous souhaite une bonne fin de soirée.
à Ce que Jacques a oublié de dire
De Makach
Walou | 00H54 | 06/11/2009 |
Là il va vous falloir me relire. Pardonnez-moi si je ne suis pas forcément très clair, mais, bien que n'étant pas théologien moi-même, j'ai honnêtement tâché de vous transmettre 2 informations de bases :
1) il n'y au aucun verset coranique parlant de la lapidation.
2) le hadith que vous citez (et qui est promu par les wahabites) est considéré comme trop faible par des écoles juridiques faisant autorité.
Mais pas par toutes, c'est le problème.
Enfin, si vous me permettez un tertio, les recueils de hadiths, s'ils ont aussi scrupuleux que possible (le zèle apporté aux discussions et les arguties minutieuses pourraient même être qualifiés de "proto-scientifiques" tant les juristes ont passé de temps à débattre en coupant les cheveux en quatre de la confiance à apporter à tel ou tel transmetteur, ou à tel ou tel texte), ne sont pas à lire comme les Évangiles, autres recueils canoniques, mais, censément validés par une autorité centrale.
Du moins, dans le catholicisme : dans le protestantisme, ça commence nettement à se compliquer, sans mentionner la question des apocryphes, ni celles des "gnostiques", pourchassés par Rome, réfugiés… en terre d'islam.
(Ces exemples pour rester dans le domaine religieux, non universitaire.)
à lifka
De Tyb
(par ici, par là) | 14H38 | 05/11/2009 |
"La lapidation n'avait rien à voir avec un crime d'honneur."
bien sur que si c'est exactement le même type de comportement.
à Tyb
De lifka
14H57 | 05/11/2009 |
NON absolument pas. La lapidation était un châtiment légal décidé par un tribunal pour sanctionner ce qui était vu comme une contravention à la loi et une atteinte à la société, pas une décision individuelle pour laver "l'honneur de la famille".
Elle avait même une fonction sociale: celle d'éviter d'avoir un bourreau qui deviendrait lui-même un criminel. Avec la lapidation, la responsabilité de chacun est dissoute dans la responsabilité collective et nul ne peut dire qui a porté le coup mortel.
Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, l'adultère était chez nous aussi considéré comme un crime et assorti de sanctions:
http://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/adultere-definition-sancti...
C'est dans le cadre de la définition des crimes et de leur sanction qu'il faut juger la lapidation.
Rien à voir avec le crime d'honneur qui se passe au sein de la famille et ne concerne d'ailleurs même pas forcément un adultère, mais juste un comportement qui pourrait porter atteinte à l'image de la famille.
à lifka
De La mouche du coche
diptère | 15H12 | 05/11/2009 |
.
.
Comme d'habitude, Lifka pense que sa religion est la bonne, et que donc les autres sont des sauvages. Lifka, quel âge avez-vous ?
.
.
à La mouche du coche
De lifka
16H17 | 06/11/2009 |
Pour penser que ma religion est la bonne, il faudrait que j'en pratique une ce qui n'est pas le cas. Quant à dire que les "autres sont des sauvages", expliquez-moi quelle phrase j'ai dit qui prendrait ce sens.
En l'occurrence, je parle en termes de registres de discours et d'actes et de sociologie (j'essaye juste de sérier les problèmes: ce qui est de l'ordre du juridique, du public ou du privé), certainement rien à voir avec la religion. Mais ça ne m'étonne pas que vous interprétiez mes propos de travers. Pour comprendre ce que je dis, il faut avoir un QI minimum.
à lifka
De Tyb
(par ici, par là) | 15H24 | 05/11/2009 |
Vous êtes profondément ridicule.
à Tyb
De Béatrice1
| 17H27 | 05/11/2009 |
Lifka vous a pourtant répondu avec une grande clarté - c'est sans doute pourquoi vous n'avez à lui rétorquer que l'insulte. Vous ne comprenez pas la différence entre un jugement rendu par un tribunal, au nom d'une société qui a élaboré des lois, et un acte individuel, décidé par un homme qui prétend se rendre "justice" lui-même - c'est-à-dire qui considère que le corps de sa fille lui appartient.
Par ailleurs, relativiser l'horreur relatée dans cet article en ressortant un texte vieux de plus de 5 000 ans, qui n'est plus appliqué depuis des lustres, voilà qui est profondément ridicule à mon avis.
à Béatrice1
De JV29640
19H02 | 05/11/2009 |
"la différence entre un jugement rendu par un tribunal, au nom d'une société qui a élaboré des lois"
Et vs pensez que ce tribunal était laïque bien sur, ça ne fait aucun doute la base des décisions de justice n'était pas prisent des livres religieux, nooonnnn!
à JV29640
De Béatrice1
| 23H40 | 05/11/2009 |
Mais bien sûr qu'il était religieux ! Ca n'enlève rien au fait que c'était il y a 5 000 ans, que c'était une justice rendue par un tribunal au nom de la société qui avait élaboré des lois, et qu'à l'époque c'était un progrès immense sur la vengence individuelle.
à Béatrice1
De JV29640
23H56 | 05/11/2009 |
"vengeance" s'il vous plait, ça fait vraiment mal aux yeux là.
à JV29640
De lifka
16H32 | 06/11/2009 |
A l'époque ou cette loi a été élaborée (quelques centaines d'années avant JC), il n'y avait guère de différence entre loi religieuse et loi civile, entre tribunaux religieux et civils. Exactement comme dans les pays qui aujourd'hui appliquent la Charia en guise de loi civile.
La question n'est pas de savoir qui avait édicté cette loi, mais si c'était une loi qui régissait officiellement la société en question. Et il s'agissait de fait d'une loi applicable dans la société en question, et pour laquelle ceux qui décidaient de l'appliquer n'étaient pas un quelconque pater familias dans son coin, mais un tribunal dont la compétence était reconnue.
à Tyb
De lifka
16H21 | 06/11/2009 |
Faire la différence entre ce qui est du registre du public et de la loi et ce qui est du domaine privé et des sentiments est la base de toute organisation sociale et de tout travail sociologique.
Que pour vous ce soit ridicule me va droit au coeur: De votre part, je prends ça comme un compliment.
à lifka
De JV29640
16H01 | 05/11/2009 |
Il y a qqch que je ne comprends pas :
vous dites :
"La lapidation n'avait rien à voir avec un crime d'honneur. C'était la punition réservée par la société (et pas individuelle) pour une femme infidèle."
puis :
"Mais la Mishna (la loi juive) qui en est la source allait autrement plus loin, puisque là, il n'est plus question "d'innocence", mais bien "d'Humanité" en général:
"C’est pourquoi l’homme a été créé unique, afin d’enseigner que celui qui détruit une vie, c’est comme s’il avait détruit le monde, et celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde.""
Soit qqch m'échappe soit ça se contredit, si je comprends bien qqn qui commet l'adultère est condamné à la lapidation selon les dires du livre saint juif, mais à côté qqn qui tue quiconque c'est comme s'il avait tué l'humanité.. ?
Alors pourquoi le livre saint juif recommande des situations où la peine de mort doit avoir lieu ??
à JV29640
De lifka
16H46 | 06/11/2009 |
C'est sur que si vous faites un mis de deux posts différents, vous avez des problèmes à comprendre.
Votre première citation est extraite d'une phrase où j'expliquais la différence entre ce qui est du registre public et du registre privé, la deuxième est extraite d'un autre paragraphe où j'expliquais qu'une sourate du Coran prenait sa source dans la loi juive, mais que alors que le Coran limitait l'interdiction de tuer aux "innocents", la Mishna (loi juive) ne faisait pas de différence entre "innocents" et "non-innocents", mais englobait toute vie dans cette interdiction.
Par ailleurs, vous avez sauté une autre phrase où j'expliquais que parce que la peine de mort est commettre un crime, la lapidation avait justement cette fonction sociale de noyer la responsabilité du crime derrière une responsabilité collective.
Mais là il faut aussi tenir compte de la différence entre les principes éthiques et leur application par les hommes dans la loi.
à lifka
De JV29640
19H04 | 06/11/2009 |
Je vous demande juste s'il n'y a pas une contradiction entre la loi juive et la torah, et je ne pense pas avoir eu ma réponse.
à lifka
De newsome
| 22H59 | 05/11/2009 |
"La lapidation était un châtiment légal..."
C'est vraiment n'importe quoi! Le fait que ce soit légal ne justifie rien du tout! La peine de mort (lapidation ou autre) pour sanctionner un adultère est de toute façon un crime contre l'humanité.
La seule différence: dans le cas de la lapidation illégale, c'est le lapidateur qui commet un crime (de droit commun), alors que
dans l'autre cas, c'est l'autorité (gouvernement, clergé ou autre) qui promulgue la loi qui est coupable (d'un crime contre l'humanité) et les exécutants ne sont que de simples complices de ce crime. Les religions, pas plus que les gouvernements, n'ont le droit de faire n'importe quoi en matière de loi!
Faut faire attention à ne pas prendre prétexte de l'islamisme pour dédouaner les autres religions.
à newsome
De Béatrice1
| 23H46 | 05/11/2009 |
Et 3 000 ans plus tard, en Palestine, c'est la crucifixion qui était le châtiment légal, puis vinrent la potence, le poteau d'exécution, la guillotine, la chaise électrique, l'injection létale...
On essaie de vous expliquer la différence entre un jugement prononcé par un tribunal et la vengence individuelle.
La lapidation n'existe plus dans les autres religions depuis des siècles - le Christ l'a interdite il y a 2000 ans.
La peine de mort a été abolie dans de nombreux pays - malheureusement minoritaires dans le monde. Dans ceux où elle existe encore, on a toujours recours à ces pratiques barbares.
à Béatrice1
De newsome
| 00H32 | 06/11/2009 |
Et j'essaie de vous faire comprendre qu'il n'y a pas vraiment de différence: crime contre l'humanité vs. crime de droit commun. Pourquoi l'un serait pire que l'autre?
Par ailleurs, le coup de la lapidation, c'est toujours dans la Bible: Deutéronome 22,2224; Lévitique 20,10. Alors que les textes qui
ont institué la potence et le reste n'ont plus cours.
C'est toute de même incroyable qu'un des textes les plus imprimés, lus, commentés de nos jours propage encore ce genre d'idiotie. Que les religions publient des errata! Ce serait assez rigolo: il y en aurait à toutes les pages. En particulier celui-ci qui me tient à coeur: les égyptiens n'étaient pas esclavagistes. Les ouvriers de Ramsès avaient le droit de grève! Continuer à affirmer le contraire, au rebours de tout ce qu'a découvert l'archéologie, c'est du révisionnisme!
P.S.: "La peine de mort a été abolie dans.." tous les pays (dignes de ce nom) quand il s'agit d'adultère.
à newsome
De Ce que Jacques a oublié de dire
| 01H22 | 06/11/2009 |
Oui c'est dans la Torah plus précisément.
Jésus à ce sujet justement a dit (et c'est sur cela que se base le point de vue chrétien) :
"Jésus se rendit à la montagne des oliviers. Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait. Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus:
- Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu?
Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit:
- Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.
Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.
Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit:
- Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a-t-il condamnée?
- Elle répondit: Non, Seigneur.
- Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus.
Jésus leur parla de nouveau, et dit:
- Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie."
Sinon concernant votre incompréhension à ce que des textes paraissent encore malgré divers facteurs, vous ne prenez pas en compte le point de vue des croyants. Pour chacun d'eux, leur livre respectif, contient la Parole des prophètes de Dieu, donc ce n'est surement pas à eux de retrancher ce qui ne plaît pas. Sinon chacun fait sa religion à la carte et donc la croyance en une tradition et un message révélé n'a plus lieu d'être.
Les juifs bien qu'ayant dans leur loi actuelle (encore actuelle car ils ont refusé Jésus et sa Nouvelle Alliance) ne pratiquent pas pour autant ce verset, mais ils ne l'enlèveront assurément pas non plus.
à Ce que Jacques a oublié de dire
De Béatrice1
| 17H30 | 06/11/2009 |
Jésus dans la Torah ? Non, c'est dans le Nouveau Testament.
EDIT : Mais si, mais si, j'vous assure... Si Jésus était dans la Torah, les juifs seraient chrétiens et ça se saurait.
à Ce que Jacques a oublié de dire
De newsome
| 03H32 | 06/11/2009 |
Je demande pas qu'on enlève quoi que ce soit, mais qu'on ajoute (un correctif). Pour Ramsès, ça a jamais été fait. (Pour la lapidation, j'imagine que si.)
Par ailleurs, je m'aperçois que j'ai été un peu rapide dans ma critique du message de lifka. N'empêche, ce que je continue à contester, c'est cette façon de présenter le choc des civilisations comme un choc de religions: la mauvaise, islam, et les bonnes, christianisme et judaïsme. Le choc, c'est entre l'islam et un ensemble qui a toujours largement dépassé le cadre du judéo-christianisme et le désavoue depuis une bonne paire de siècles. Rendons à César, aux latins, aux grecs, à Hammourabi, Ramsès, Voltaire et Rousseau ce qui leur appartient. C'est du seul point de vue d'une communauté, judeo-chrétienne, que la Bible est un progrès. Pour l'humanité, d'autres ont fait mieux ou avant, sans pathos et intervention divine. Au patrimoine mondial de l'humanité, j'inscrirais la Bible pour l'invention du monothéisme et... c'est à peu près tout. Vous voyez autre chose?
à newsome
De lifka
17H13 | 06/11/2009 |
Mais concernant le judaïsme, cet "additif" existe. Au cas où ça vous aurait échappé, la loi juive n'est pas directement reprise de la Thora. Elle est aussi faite des commentaires des Sages qui ont passé des centaines d'années à tenter de déduire des textes les modalités d'application de la loi et d'y faire entrer la modernité.
Que faites-vous donc du Talmud et de ses discussions sans fin?
Que faites vous de la Haskala (les Lumières juives)?
Le judaïsme a inventé la discussion et l'interprétation des textes. C'est pour ça qu'il faisait si peur et que certains philosophes y voient l'inventeur de la modernité.
à newsome
De Béatrice1
| 01H47 | 06/11/2009 |
"La peine de mort a été abolie dans.." tous les pays (dignes de ce nom) quand il s'agit d'adultère."
Très juste.
"Et j'essaie de vous faire comprendre qu'il n'y a pas vraiment de différence: crime contre l'humanité vs. crime de droit commun. Pourquoi l'un serait pire que l'autre?"
C'est tout le fondement du droit (international entre autre) que vous mettez en question. Et pourquoi s'encombrer avec des juges et des tribunaux, finalement ?
à Béatrice1
De newsome
| 03H28 | 06/11/2009 |
Effectivement, j'avais pas vu l'aspect historique de la chose. Mais envisager l'histoire du seul point de vue biblique comme a tendance à le faire lifka, je conteste.
à newsome
De lifka
17H16 | 06/11/2009 |
"Mais envisager l'histoire du seul point de vue biblique comme a tendance à le faire lifka, je conteste."
Quand ais-je envisagé l'histoire "du simple point de vue biblique" ??????????
là on nage dans le psychédélique!
à newsome
De lifka
17H03 | 06/11/2009 |
Je répète ce que j'ai déjà dit, mais il semble que ce soit difficile de se faire comprendre.
On ne réécrit pas un texte écrit (c'est aussi valable pour les textes de loi en France), par contre on peut l'amender par la suite par des "décrets d'application" ou par une nouvelle loi. C'est ce qu'a fait le judaïsme, d'abord en expliquant les circonstances dans lesquelles cette loi peut-être appliquée (ce qui donne une telle restriction qu'elle devient à peu près inapplicable), ensuite en affirmant la primauté de la loi civile sur la loi religieuse.
à newsome
De lifka
16H55 | 06/11/2009 |
Il est décidément difficile de se faire comprendre.
Je ne justifie à aucun moment la lapidation (surtout pour adultère!), ni la peine de mort: j'en suis un farouche adversaire. Je ne cherche à dédouaner personne.
Je faisais juste une distinction sociologique entre ce qui est de la sphère privée et ce qui est de la sphère publique en réponse à ceux qui affirment que crime d'honneur = lapidation.
Que l'un ne vaut pas mieux que l'autre, on est d'accord. Reste que sociologiquement et légalement il y a une différence entre une décision individuelle de meurtre - quelle qu'en soit la justification - et l'application d'une loi, aussi barbare cette loi nous paraît-elle selon nos critères éthiques actuels qui n'étaient pas ceux d'il y a quelques centaines d'années.
à lifka
De newsome
| 20H44 | 06/11/2009 |
Vous ne répondez pas sur Ramsès!?
Pourtant Ramsès, c'est tout a fait pertinent. Ses sujets ne lapidaient pas les auteurs d'adultère (pour eux, un simple délit). Dans ces conditions, votre histoire de progrès pour justifier la présence, encore aujourd'hui, de cette condamnation barbare dans la Bible, est particulièrement mal venue. Progrès, il y a sans doute, mais ça ne concerne qu'une petite communauté. Qui a peut-être un intérêt pour vous. Mais pas pour le restant de l'humanité, et en particulier pas pour les islamisants, dont il est justement question ici.
à newsome
De lifka
02H10 | 07/11/2009 |
Je ne sais pas comment les sujets de Ramses traitaient les auteurs d'adultère. La morale égyptienne n'était pas la morale judeo-chrétienne: chez les Egyptiens par exemple on trouvait normal qu'un pharaon épouse sa soeur. Alors que la plupart des autres civilisations prohibent l'inceste, même si pas toujours au même niveau. Ramsès II aurait eu des enfants avec au moins deux de ses filles et Cléopâtre a épousé successivement ses deux frères.
Cependant les spécialistes comme les contes semblent contredire vos affirmations selon lesquelles en Egypte l'adultère n'aurait pas été un crime. Et il semble que la sanction, même si elle était le plus souvent privée était au moins aussi cruelle : mangée par les chiens ou par les crocodiles....
http://mythesfondateurs.perso.cegetel.net/La%20femme%20adult%E8re%20(conte%20%E9gyptien).htm
http://www.touregypt.net/featurestories/sexuality.htm
ou encore:
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12236179
Mais qui parle de progrès à part vous? Il y a des tas de sociétés dans lesquelles l'adultère n'est pas condamné. Il y en a même où le comble de l'hospitalité est de prêter sa femme à son hôte (chez les Inuits). Il y en a aussi qui fonctionnent sur le modèle de la polyandrie. Levi-Strauss qui vient de mourir vous dirait qu'en matière d'ethnologie il n'y a pas de sociétés plus en avance que d'autres.
Je "justifie" la présence de ce texte dans la Bible exactement comme je "justifierait" (même si le mot n'est pas exact) la présence de propos antisémites ou racistes dans tel ou tel texte de la littérature classique: ce sont des témoins de leur temps.
Au risque de me répéter à nouveau, on ne réécrit pas la chose écrite pour en masquer ce qui dérange. Par contre on peut expliquer que ces textes sont datés. Et on peut les amender par de nouveaux textes ou les réinterpréter à la lumière des évolutions. C'est ce que fait le judaïsme.
Quant au progrès - si progrès il y a en matière d'éthique - il concerne tout de même toute la partie de l'humanité qui se réclame de la morale judeo-chrétienne. Et n'oubliez pas que l'islam - même si par ailleurs il prétend que les autres religions ont travesti la parole de Dieu - est héritier de cette morale et que la lapidation pour adultère dans cette religion vient directement d'une tradition juive qui était pourtant déjà largement amendée dans le judaïsme au moment de la naissance de l'islam.