L'assurance maladie aux Etats-Unis, un cauchemar

Une patiente américaine hospitalisée à Washington en mai 2009 (Hyungwon Kang/Reuters).

Le 1er août prochain, l'assurance maladie qui couvre ma famille depuis environ dix-sept ans expire. J'ai donc entamé les démarches nécessaires pour garder la même organisation de soins, Kaiser Permanente, mais cette fois en tant que personne privée. Car jusqu'à présent, j'avais la chance de bénéficier d'un « group coverage », c'est-à-dire d'une couverture collective fournie par l'employeur de mon ex-mari. Tout ça est assez compliqué mais je vais tenter d'expliquer, le plus clairement possible et par la lorgnette de ma propre expérience, comment fonctionne le système de santé américain et à quel point et quelle vitesse il peut devenir effrayant.

Pendant des années donc, j'ai été membre de Kaiser Permanente, compagnie d'assurance/organisation de soins à but non lucratif, via l'entreprise pour laquelle travaillait mon mari. Perdre un jour mon assurance médicale ne faisait pas partie de mes préoccupations. En effet, il est illégal pour une compagnie d'assurance santé de rejeter un individu dont la « candidature » est soumise par un employeur, quels que soient son état de santé et ses antécédents médicaux. La raison pour laquelle des millions d'Américains choisissent un job plutôt qu'un autre est d'ailleurs malheureusement souvent liée au type d'assurance maladie offerte par l'entreprise, pas à l'intérêt intrinsèque de l'emploi.

En cas de divorce ou de licenciement, on peut garder la même assurance pour une durée variant entre 18 et 36 mois, via un régime de santé appelé Cobra, à condition toutefois de prendre en charge la totalité du coût mensuel, généralement plutôt élevé.

Bref, en août 2006, je me suis retrouvée dans la situation de souscrire à Cobra. J'ai eu la chance d'avoir un rab de trois ans de sécurité, enfin si l'on veut, vu le montant de la facture (une femme avec trois enfants égale 531 dollars/mois, soit 377 euros, auxquels il convient d'ajouter 15 dollars par visite médicale, 100 dollars pour un passage aux urgences, 10 dollars par médicament, etc). Mais au moins, j'étais tranquille car tant que j'avais Cobra, Kaiser ne pouvait pas se débarasser de nous. Alors qu'à partir du 1er août, je serai livrée à moi-même. C'est là que les choses se compliquent.

Le cauchemar commence lorsqu'on essaie de souscrire à une assurance maladie individuelle sans le soutien d'une entreprise ou d'un syndicat.

Piéger les candidats pour ne pas les assurer

Ça fait dix-sept ans environ que je suis assurée par Kaiser Permanente, pourtant, j'ai dû remplir un long questionnaire sur l'historique de mon état de santé, comme si Kaiser n'en connaissait pas déjà tous les détails. Au bout de quelques pages, je m'arrachais les cheveux et je fulminais. Les mêmes questions revenaient sous différentes formes.

L'astuce est connue : elles sont formulées ainsi pour vous induire en erreur et vous inciter à répondre une chose, puis son contraire avec les meilleures intentions. Si vous êtes un jour frappé par une grave maladie bien coûteuse, votre compagnie d'assurance peut reprendre votre dossier, l'examiner à la loupe et vous accuser d'avoir menti. Elle a alors la parfaite excuse pour vous expulser.

Les cas de ce genre sont nombreux. Vous avez oublié de déclarer une candidose ou une mauvaise grippe pendant votre adolescence ? A dégager. Vous buvez trop de vin, avez subi une intervention chirurgicale, avez un peu de diabète ou de cholestérol, oubliez. Si vous n'avez pas la chance d'avoir un employeur, vous risquez fort de ne plus jamais pouvoir être couvert. Je connais un homme dont le fils de 19 ans a récemment été opéré d'un truc bénin. Il vient d'être informé que son fils ne sera plus jamais assuré individuellement.

Passons maintenant aux primes. Scandaleuses ! Il y a quelques années, Kaiser était l'une des dernières HMO (Health Maintenance Organization) à offrir, en gros, une seule option pour tous les individus. Moyennant une mensualité fluctuant selon le nombre de membres de votre famille, vous aviez droit à une couverture santé très complète et satisfaisante. Ce n'est plus le cas. Kaiser offre désormais une dizaine d'options entre lesquelles il est extrêmement difficile de naviguer.

Après m'être décidée pour l'option à 616 dollars par mois, à première vue la plus intéressante pour ma famille, je me suis finalement rendu compte que pour ce tarif, j'avais une clause de franchise de 7000 dollars/an (c'est-à-dire que je devrais débourser cette somme chaque année avant de commencer à être couverte), et qu'après ça, les hospitalisations me coûteraient 500 dollars par jour, que les médicaments ne seraient pas couverts du tout et que je devrais payer 50 dollars par visite chez le médecin. Autant dire qu'à moins d'un événement catastrophique, les 616 dollars mensuels ne serviraient strictement à rien. Je vous passe les détails des autres plans. Il n'y en a pas un pour relever l'autre.

Aux Etats-Unis, les problèmes de santé ont contribué à 62,1% des banqueroutes individuelles

J'en suis arrivée à la conclusion qu'il serait peut-être plus économique de ne pas souscrire à une assurance maladie, sauf qu'il est toujours possible d'avoir un accident et de se retrouver complètement sur la paille. Mais là encore, être assuré ne garantit rien. D'après un article récent du American Journal of Medecine, en 2007, les problèmes de santé ont contribué à 62,1% des banqueroutes individuelles. 77,9% de ces victimes étaient au départ assurées ! Les assureurs ne couvrent en effet presque jamais la totalité des dépenses de soins. Et dans certains cas, devoir payer 10% du coût d'un traitement peut vous précipiter dans un abîme financier.

De toutes les HMO que j'ai considérés, Kaiser Permanente est, de loin, la meilleure. Je n'ai jamais eu à m'en plaindre. C'est pour ça que je voulais la garder.

Il y a deux systèmes de santé aux Etats-Unis : les HMO et les PPO (Preferred Provider Organization). Avec les premières, vous payez moins, mais vous ne pouvez consulter que les professionnels de la santé affiliés à votre HMO. Le choix est donc réduit. Avec les secondes, il est plus étendu : vous consultez qui vous voulez, mais votre facture mensuelle est bien plus salée.

C'est ce système effarant qu'Obama veut réformer. Afin que tout le monde, sans exception, puisse bénéficier d'une assurance maladie. Actuellement, près de 48 millions d'Américains en sont dénués. Mais les Républicains crient au socialisme. Quelle horreur ! Si la réforme du système présentée par Obama était votée par le Congrès, nous courrions le risque d'être couverts par l'Etat, ce qui serait évidemment pire que de ne pas être couverts du tout, comme chacun sait.

Les Républicains argumentent également qu'avec un système de santé publique, les Américains n'auraient plus la possibilité de choisir leurs médecins et leurs soins, comme s'ils l'avaient déjà ! De plus, la réforme prévoit la cohabitation des deux systèmes, public et privé. Mais comme le premier sera beaucoup moins coûteux que le second, ce dernier craint de perdre sa clientèle. Qu'il est en train de perdre de toutes manières. De moins en moins d'Américains peuvent se permettre d'acheter leur propre assurance maladie. D'autres font le calcul que ça ne sert à rien.

Photo : une patiente américaine hospitalisée à Washington en mai 2009 (Hyungwon Kang/Reuters).

161 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Albedo

De Albedo

11H59 | 24/06/2009 | Permalien

Avez-vous vu une étude sur l'opinion des Américains sur cette réforme ? Je me demande jusqu'à quel point les mensonges républicains (qui d'ici apparaissent grotesques) ont imprégnés les consciences.

Portrait de ricasse

à Albedo Portrait de Albedo De ricasse

Etudiant | 14H36 | 24/06/2009 | Permalien

Ma belle-famille, américaine et banlieusarde dans le midwest, considère le système à la Française comme un « système socialiste », comprenez « soviétique ». Pourtant, ils ne sont ni riches, ni débiles. Quand je leur dis que pourtant, le système français ne marche pas si mal, ils me répondent « oui, mais en France, vous n'avez pas de minorités éthniques comme ici »

Portrait de pablico

à ricasse Portrait de ricasse De pablico

15H18 | 24/06/2009 | Permalien

ce qui veut dire ?
qu'on ne devrait soigner que les blancs ?

que les minorités ethniques sont plus malades que la majorité ethnique ?

 : -D

mais vaut-il être bien soigné dans un système soit disant socialiste, que de crever, vendre ses biens (si l'on en a) dans une système libéral ?

se projeter dans le temps…cela peut aider, car l'on vieillit mine de rien, on tombe malade aussi…

Portrait de alabergerie

à ricasse Portrait de ricasse De alabergerie

alabergerie.blogspot.com | 16H43 | 24/06/2009 | Permalien

« Quand je leur dis que pourtant, le système français ne marche pas si mal, ils me répondent “ oui, mais en France, vous n'avez pas de minorités éthniques comme ici ” »

Hahahahahaha ! elle est grandiose, celle-là…
Merci d'avoir partagé cette réplique, on rit jaune mais on rit quand même.

Portrait de Tokani

à ricasse Portrait de ricasse De Tokani

Oldmole | 17H48 | 24/06/2009 | Permalien

La Santé a un coût ! Le système Français mixte Public/Libéral est confortable a vivre pour le malade (et surtout pour certains praticiens libéraux ) mais très onéreux . Le système Britannique dont il est de bon ton de se gausser est aussi performant en terme d'efficacité sanitaire , gratuit , et deux fois moins cher à financer par les salariés … Le système US est a la fois cher et inégalitaire ?

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à Tokani Portrait de Tokani De Jacques06

étudiant | 21H01 | 24/06/2009 | Permalien

C'est marrant ce que vous dites sur le système anglais parce que j'en discutais justement avec une Anglaise qui me racontait un anecdote assez ahurissante. Son père, plutôt âgé, s'était brisé le fémur. Incident douloureux, certes mais pas insurmontable. Elle l'a donc amené aux urgences où il lui a fallu attendre des heures avant que son père ne soit examiné et puisse enfin s'allonger sur. Pendant toute cette attente, elle s'est relayée avec sa soeur pour porter son père puisqu'il ne pouvait ni s'asseoir ni se tenir debout, et encore moins s'allonger faute de brancard disponible.

Je ne sais pas si une telle situation est possible en France, mais elle montre en tout cas que le modèle anglais est loin d'être parfait.

Portrait de clio6667

à Jacques06 Portrait de Jacques06 De clio6667

dico | 22H35 | 24/06/2009 | Permalien

j'adore les gens qui citent des pays en exemple et qu'ils ne connaissent pas : si vous saviez à quel point la-bas les soins de santé publiques sont inefficaces, vous éviteriez de sortir des âneries pareilles.

en Angleterre, si vous ne vous ne pouvez vous payer des soins privés (très très cher), autant vous armez de patience pour décrocher un rendez vous pour être soigné (ou opéré encore pire) d'une façon correct…

lamentable les réflexions des je-sais-tout qui ne dépasse jamais le paillasson de leur confortable maison…

Portrait de eudemon

à Jacques06 Portrait de Jacques06 De eudemon

intello-précaire | 15H18 | 25/06/2009 | Permalien

C'est évident, pendant des années les conservateurs ont refusé de financer le système de santé en espérant qu'il serait tellement inefficace qu'il justifierait l'instauration d'un système privé à l'américaine. C'est ce que l'on appelle du cynisme. Notre gouvernement mène actuellement la même politique en creusant les déficits volontairement pour justifier ensuite des réformes conservatrices drastiques.

La méthode conservatrice est bien connu elle fonctionne sur l'acculturation des masses et leur instinct café du commerce.

Portrait de C. Creseveur

à Tokani Portrait de Tokani De C. Creseveur

D'actualité | 08H56 | 25/06/2009 | Permalien

Faites vous soigner une fois, une seule, en Angleterre et vous vous ferez votre opinion. J'y ai testé l'hôpital, je ne vous le souhaite pas. Les anglais non plus d'ailleurs, qui viennent maintenant faire du tourisme médical en France.
Malheureusement il semble qu'au lieu de garder notre avantage, nous sommes de plus en plus en train d'égaler la performance britannique. Dans certains hôpitaux français les conditions d'accueil y sont désormais très comparables, simplement parce qu'on veut rentabiliser un secteur qui n'a pas vocation à l'être.

Portrait de eudemon

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De eudemon

intello-précaire | 15H23 | 25/06/2009 | Permalien

Oui l'objectif est de privatiser les hôpitaux (avec l'instauration de la T2A)
Sachez que dans les 10 prochaines années au plus tard vous serez refusé à l'entrée d'un hôpital (y compris de grande ville) si la maladie ne rentre pas dans les maladies traitées par l'hôpital. Autrement dit, il ne vous restera plus qu'à partir à Paris pour vous faire soigner si il y a de la place…

Bon courage et soutenez ceux qui veulent s'enrichir sur votre santé.

Portrait de tooms4444

à Tokani Portrait de Tokani De tooms4444

p'tit con | 09H46 | 25/06/2009 | Permalien

La mortalité infantile est de 50% supérieure en GB.
Ne dites pas n'importe quoi !

cf. Le mythe du « trou de la Sécu » de Julien Duval.

Portrait de Albedo

à Tokani Portrait de Tokani De Albedo

16H24 | 25/06/2009 | Permalien

D'où sortez-vous ça ? Le système anglais est catastrophique…

Portrait de Avril

à ricasse Portrait de ricasse De Avril

01H29 | 25/06/2009 | Permalien

peut on suggérer que le capitalisme boursier est une idéologie au lieu de tourner autour du pot ?

Portrait de jersey_boy

à Albedo Portrait de Albedo De jersey_boy

expat | 18H35 | 24/06/2009 | Permalien

C'est effectivement grotesque mais, d'un autre côté, cette rhétorique marche de moins en moins (le portefeuille a ses raisons que l'idéologie ignore).

Il n'en reste pas moins qu'une partie substantielle de la population américaine est très conservatrice et férocement attachée aux libertés individuelles.

C'est sur ce tableau que jouent les Républicains en criant au « socialisme » (mot qui provoque chez beaucoup d'Américains les même réactions hystériques et irrationnelles que le mot « capitalisme » chez leurs homologues français).

Les États-Unis ont une longue tradition d'individualisme.
Bien comprise, cette tradition fait leur force et propulse leur extraordinaire dynamisme.
Mal comprise, elle fait du gouvernement la source de tous les maux.

Cette méfiance, voire cette haine du gouvernement, est au cœur même de l'idéologie des Républicains et ils en usent pour effrayer la population.

Normalement, c'est une tactique qui marche, mais vu les conditions de plus en plus intolérables d'un système de santé médiéval que tout le monde (de droite comme de gauche) doit subir, la coupe est désormais pleine et les sondages révèlent qu'une majorité substantielle d'Américains est favorable à une intervention de l'État.

Les Républicains sont aux abois… au point qu'ils tentent de remplacer le terme de « socialized medicine » (éculé et de moins en moins convaincant) en évoquant le caractère « fasciste » des réformes proposées par Obama.

Portrait de Ech-picard

à jersey_boy Portrait de jersey_boy De Ech-picard

21H35 | 24/06/2009 | Permalien

Si j'écris sur un blog que je suis « socialiste » que je vote « socialiste » aux européennes, j'ai de forte chance de me faire « nazer » par d'autre riverains qui trouverons mille prétextes pour tirer sur l'ambulance PS
Ici vive le socialisme et la sociale démocratie qui a créée et fait vivre la sécu.

Michael Moore n'avait pas t il fait un film comparatifs entre le système américain et le système français ? en démontrant que le système US était couteux ET inefficace.
La mise en avant du système français était parait-il un peu trop idéalisée.

Pas vu le film (Euje su à la campagne mi ! )

Portrait de jersey_boy

à Ech-picard Portrait de Ech-picard De jersey_boy

expat | 02H43 | 25/06/2009 | Permalien

Je n'ai pas vu le film non plus mais je sais qu'aux States il a fait un tabac et qu'il a donné à réfléchir (la preuve qu'il a touché un nerf, c'est que les médias conservateurs étaient quasi apoplectiques).

Moore a peut-être idéalisé d'autres systèmes (français, cubain) mais comparé à la réalité US, n'importe quel autre système de santé est vastement supérieur.
Il suffit de passer la frontière canadienne pour s'en convaincre.

Un système comme en France ou au Canada n'est pas possible aux States mais cette fois au moins tout le monde est d'accord pour dire qu'on ne peut pas continuer comme ça et il y aura forcément du changement.

Le gros problème ce sont les compagnies d'assurances qui risquent de perdre gros si, comme Obama le propose, leur système est mis en compétition avec un système public en option.

Je précise que je vis aux States et que ces questions me concernent directement.

Portrait de Foggia

à jersey_boy Portrait de jersey_boy De Foggia

Salaryman | 06H55 | 25/06/2009 | Permalien

Le film de Michael Moore s'appelle Sicko.
Il glorifie entres autres les systèmes cubains, anglais, français et canadiens.

Pour l'avoir vu, j'ai trouvé que la méthode tuait le sujet pourtant valide, car cela tourne très vite à la propagande contre le système de santé américain actuel.

Il a tendance à tirer sur de grosses ficelles, ce qui baisse vraiment la qualité de ses documentaires… sur la forme.

Mais bon, sur le fond, il a vraiment pas tort.

Portrait de eudemon

à Foggia Portrait de Foggia De eudemon

intello-précaire | 15H24 | 25/06/2009 | Permalien

Le film est adapté au niveau culturel du public qui le regarde…

Portrait de jersey_boy

à eudemon Portrait de eudemon De jersey_boy

expat | 18H21 | 25/06/2009 | Permalien

Bonjour l'arrogance !

Portrait de Albedo

à jersey_boy Portrait de jersey_boy De Albedo

16H29 | 25/06/2009 | Permalien

Je ne suis pas aussi optimiste que vous… Je me souviens d'une émission qui suivait une ONG américaine type MSF. Ca faisait quelques temps qu'ils avaient arrêté d'aller à l'étranger et, à la place, installaient des hopitaux de campagne provisoires et gratuits. On voyait des gens qui n'avaient plus aucune dent, rongés par les maladies, des enfants non vaccinés… c'était épouvantable. Et bien, quand le journaliste les interrogeait ils votaient tous républicains et disaient avoir peur de ne plus pouvoir choisir leur médecin (alors qu'ils n'en voyaient jamais faute de pouvoir payer, c'était tout à fait absurde).

Portrait de jersey_boy

à Albedo Portrait de Albedo De jersey_boy

expat | 18H39 | 25/06/2009 | Permalien

Oui, j'ai vu le même documentaire (aux States) ou en tout cas quelque chose de très similaire. C'était il y a 2 ou 3 ans je crois.

Ça confirme ce que je disais plus haut à propos de l'emprise idéologique des Républicains sur une bonne moitié de la population.

Les choses se sont aggravées depuis.

Un sondage récent (quelques jours) montre que plus de 60% des Américains (démocrates ET républicains) sont favorables à un système géré par le gouvernement. Du jamais vu !

De leur côté, les républicains et démocrates conservateurs essaient de saborder le projet en proposant des solutions tellement diluées qu'elles ne changeraient quasiment rien.

Manque de pot, ils ont en face d'eux un adversaire de taille en la personne d'Obama.

Même les très grosses entreprises sont de la partie, car les coûts qu'ils doivent supporter les placent à un désavantage face à la concurrence étrangère.

Par exemple, les coûts d'assurance maladie rajoutent 1 500 dollars au prix d'une voiture fabriquée aux États-Unis.

Portrait de optimum

à Albedo Portrait de Albedo De optimum

assuré | 11H16 | 25/06/2009 | Permalien

Bonjour,

Il est clair que la situation actuelle de l'assurance en France est beaucoup plus favorable que celle que l'on observe aux états-unis.. notre pays est totalement conservateur en matière d'assurance et la plupart des assurances ici prennent véritablement en charge leur patients.

Je m'occupe d'un site d'assurance http://www.assurprox.com et je peux vous dire que les demandes que l'on a en ligne concerne a 70% l'assurance santé… d'ou un réel besoin pour les français.

Portrait de spleenlancien

De spleenlancien

manant, de passage sous le soleil. | 12H02 | 24/06/2009 | Permalien

Sympa comme modèle de société ! Dire que ça en fait rêver certains ici …

Portrait de la champenoise

à spleenlancien Portrait de spleenlancien De la champenoise

12H23 | 24/06/2009 | Permalien

Eh oui, Toupty 1er est le réveur en chef de la société à l'américaine … pour nous autres mais pas pour lui bien sûr.

Portrait de noftal

De noftal

12H06 | 24/06/2009 | Permalien

« J'en suis arrivée à la conclusion qu'il serait peut-être plus économique de ne pas souscrire à une assurance maladie, sauf qu'il est toujours possible d'avoir un accident et de se retrouver complètement sur la paille. »

Conclusion : ne vaut-il pas mieux choisir une couverture minimale qui ne couvre que les événements susceptibles de vous mettre sur la paille (les grosses hospitalisation en fait) ?

Portrait de Pseudo

à noftal Portrait de noftal De Pseudo

Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 13H51 | 24/06/2009 | Permalien

« je me suis finalement rendu compte que pour ce tarif, j'avais une clause de franchise de 7000 dollars/an »

Vous voulez dire les hospitalisations supérieures à 7000 dollars ?

Portrait de Armelle Vincent

à Pseudo Portrait de Pseudo De Armelle Vincent (auteur)

Journaliste | 17H16 | 24/06/2009 | Permalien

Je veux dire qu'on doit dépenser 7000 dollars avant que l'assurance prenne en charge quoi que ce soit. Je ne pense pas avoir jamais dépensé cette somme en visites chez les médecin et même examens en 1 an. Ce qui revient à dire qu'il faudrait débourser 616 dollars/mois plus, 7000 dollars, le cas échéant.

Portrait de Pseudo

à Armelle Vincent Portrait de Armelle Vincent De Pseudo

Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 17H37 | 24/06/2009 | Permalien

Oui, c'est ce que j'avais compris. Ma question était une réponse à Noftal : « ne vaut-il pas mieux choisir une couverture minimale qui ne couvre que les événements susceptibles de vous mettre sur la paille (les grosses hospitalisation en fait) ? »

Mais en fait, vous avez raison, j'avais omis de compter les frais de mutuelle. Il faudrait donc une opération supérieure à : (616 dollars x12) + 7000 dollars pour que ça commence à devenir rentable. Ce qui n'est pas si fréquent.

Portrait de noftal

à Pseudo Portrait de Pseudo De noftal

20H33 | 24/06/2009 | Permalien

Si pour commencer à devenir financièrement intéressante, l'assurance doit couvrir plus de 7616 $ par an c'est que l'on a affaire à des pathologies graves ou à un (ou des) accidents. D'où mon propos.

J'applique personnellement le même raisonnement pour le choix de mon assurance auto (au tiers ou tout risque) toute proportion gardée bien sûr

Portrait de haiker

à noftal Portrait de noftal De haiker

10H51 | 25/06/2009 | Permalien

Correction : c'est 14392 $ par an avant de bénéficier du moindre dollar de l'assurance.

Ces chiffres issus du monde de l'assurance en disent un peu plus long qu'on le croit souvent. En (très) gros, on peut probablement en déduire que :

- le risque d'hospitalisation par an est en moyenne de 1, tout profil d'assuré confondu
- le coût moyen d'une hospitalisation est d'environ 15000 $.
- que leur rentabilité n'est assurée que lorsqu'elles vous font payer, dans la pratique, le coût moyen de vos soins.

Les moins malades payant donc beaucoup pour couvrir un risque minime, finançant ainsi la couverture des risques maximum absolument hors de budget personnel des plus malades. Jusque là, aucun scandale, c'est le principe même de la mutualisation des risques et des coûts.

Là où cela devient un véritable scandale, c'est justement quand tout est fait pour ne garder *que* l'assuré au risque minime, celui qui paye beaucoup mais coute très peu. On sort là très clairement du but non lucratif, voire même de l'éthique de l'assurance.

Et le système de santé américain, là encore, est l'exemple même des dérives extrêmes d'un pareil système.
60% des faillites personnelles suite à couverture maladie défaillante alors que pour près de 80% ils *avaient* une assurance maladie, on est très TRES loin du mythe de la famille américaine ruinée parce qu'elle aurait acheté une maison au dessus de ces moyens…

A croire que les républicains pensent que leur sacro-sainte liberté individuelle devrait s'exprimer ultimement lorsque chaque américain décédera sans jamais avoir osé être malade. En gros, travailler toujours plus pour ne jamais couter un seul dollar en trop.

Hum, quel beau projet de société. On comprends pourquoi il fait l'admiration du MEDEF - et donc de ses marionnettes, première en tête.

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