
Nouveaux pauvres : « Des gens comme vous et moi ! »

Ana Delgado, 35 ans, a laissé le moteur de sa vieille voiture cabossée en marche dans le parking du St. Margaret's Center, un centre de distribution de nourriture de Lennox :
« Si j'éteins le moteur, c'est foutu. Il ne redémarrera plus. »
Non pas qu'Ana ait de l'argent à gaspiller en essence.
Pendant qu'elle parle, ravalant des larmes, les avions volent en rase-mottes. Adossée à l'aéroport de Lax, Lennox est l'une des banlieues les plus pauvres de Los Angeles : 34% de ses 23 000 résidents vivent sous le seuil de pauvreté et 10% d'entre eux sont du coup associés à l'un des deux gangs locaux, Tepa 13 et Lennox 13.
Ses maisons sont délabrées et son artère principale, Inglewood boulevard, bordée de magasins protégés par d'épais barreaux et d'appartements décrépis couverts de graffitis.
Depuis vingt ans, le Margaret's Center nourrit les plus démunis en leur remettant des sacs de vivres une fois par mois. Une famille de quatre personnes disposant de revenus de 2 400 dollars mensuels a ainsi droit à un kilo de riz, la même quantité de haricots en grains, un pot de confiture, une livre de flocons d'avoine, une bouteille d'huile, des carottes, de la sauce tomate, de la compote de pommes, quatre boîtes de thon, des poires en conserve et un paquet de pâtes.
Mais, comme le précise Ana :
« Ça nous aide beaucoup, mais ça n'est pas suffisant. Je ne dis pas ça pour me plaindre. »
De plus en plus de diplômés
Il y a six ans, Ana et son mari Ignacio sont venus chercher fortune aux Etats-Unis. Pas par plaisir. Parce qu'ils ont été chassés de leurs terres de l'Etat de Nayarit au Mexique par un ouragan dévastateur :
« Nous avons tout perdu. Notre maison et nos récoltes ont été détruites. »
A l'époque, le couple n'avait encore que trois enfants. Aujourd'hui, il en a cinq. Les trois premiers sont sans papiers tandis que les deux derniers sont Américains.
Jusqu'à la semaine dernière, Ignacio était employé par une entreprise de bâtiment. Il gagnait 1 600 dollars par mois. Avec un loyer de 1 100 dollars, joindre les deux bouts était déjà difficile. Depuis qu'il a été licencié, la situation est devenue désespérée.
Les Delgado sont l'une des deux cents familles à venir frapper à la porte du St. Margaret's Center. Chaque jour apporte son lot de nouveaux « clients », comme les appelle Mary Agnes Erlandson, la directrice du centre en montrant la feuille où sont consignés les rendez-vous. Car il faut téléphoner à l'avance afin que les bénévoles aient le temps de préparer les vivres, selon les besoins de chacun.
Visiblement perturbée par les conséquences de la crise, Mary Agnes Erlandson déclare :
« Depuis octobre, il y a une recrudescence très nette de nouveaux pauvres. Jusqu'à présent, nous distribuions 1 500 kilos de vivres par semaine. Mais là, les gens sont tellement désespérés que parfois, nous n'avons pas assez de nourriture. »
Les « clients » ont changé. Il y a, par exemple, de plus en plus de diplômés : infirmières, ingénieurs logiciels, assistantes sociales victimes des coupes sombres dans le budget de l'Etat.
Mary Agnes Erlandson continue :
« Lorsqu'ils arrivent pour la première fois, ils entrent en se cachant le visage et en évitant de nous regarder dans les yeux. Ils ont honte. Parfois, si la queue est longue, ils repartent. Nous courons après eux pour leur expliquer qu'ils n'ont pas à avoir honte, que nous pourrions aussi bien être à leur place. »
Quelques crackers pour les 48 heures à venir
Il arrive que des gens soient affamés. Ils n'ont jamais eu recours à ce genre d'assistance et n'auraient jamais imaginé se retrouver dans une telle situation. Il faut parfois faire des exceptions à la prise préalable de rendez-vous.
Car, comme l'explique Ginny, l'une des bénévoles du centre :
« L'autre jour, une infirmière d'environ 55 ans s'est présentée. Elle a perdu son emploi il y a quelques mois. Je lui ai demandé de revenir deux jours plus tard. Elle m'a alors confié en pleurant qu'il lui restait quelques crackers, qu'elle pouvait bien continuer à manger ça pendant encore 48 heures. Dans ces cas-là, on se débrouille pour leur donner quelque chose. »
Les meilleurs abris sont pleins et lorsque St. Margaret leur envoie de nouvelles « recrues », ces dernières sont maintenant souvent dirigées vers Skid Row, le quartier le plus insalubre de Los Angeles, celui où l'on trouve la plus grosse concentration de sans abris, de fous en liberté, mais aussi de drogués et donc de dealers. Le quartier de « Heroin Alley » (l'allée de l'héroïne).
Ginny s'interroge :
« Que vont devenir tous ces gens ? Vous n'avez pas idée du nombre de personnes qui nous racontent qu'ils vivent dans leur voiture après avoir perdu leur maison. Des gens comme vous et moi ! »
A lire aussi :
► Beverly Hills : « Ce sont les riches qui ont le plus perdu »
► Ruinés par la crise, les cowboys laissent mourir leurs chevaux
► Tous les articles de Rue89 sur la crise financière
Photo : en 2006, Patricia Johnson mange à la soupe populaire de New York pour pouvoir payer son loyer (Shannon Stapleton/Reuters).
- 11816 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque























47
(Pour réagir, connectez-vous)
De Chris.A
Ni pour,ni contre,bien au contraire | 18H10 | 15/01/2009 |
» Des gens comme vous et moi « …ça laisse songeur…
Heureusement qu'Obama arrive. Avec les milliards qu'ils (v)ont donner aux banques et pour la relance de l'économie, personne ne crèvera plus de faim. Il n'y aura plus de pauvres. Vous savez, cet autre qui est là pour nous rappeler ce qui nous arriverait si on n'est pas un parfait petit soldat du capitalisme triomphant.
ça laisse vraiment songeur…combien de temps va encore durer cette galère ?
à Chris.A
De PauLo anarcho-patriote
09H55 | 16/01/2009 |
Roulage et Bétonnage… rescapés de la dernière heure !
Roulage… l'automobile… vache à lait fiscale… du socialogaullisme ! .. Bétonnage… couler du béton… pour enrichir les groupes immobiliers… socialogaullistes ! ..
Auto et béton… piliers de l'activité ! …
Autrefois c'était « labourage et pâturage » les deux mamelles… Depuis le début de la Vème… c'est « roulage et bétonnage » les deux piliers de l'économie du pays…
Mais voilà ! aujourd'hui… ces 2 piliers bien abîmés… sinistrés… menacés d'écroulement…
Le régime vole… au secours… des constructeurs auto… au secours des constructeurs béton… Le socialogaullisme a déjà volé… au secours des assureurs… au secours des banquiers ! …
Depuis toujours… le socialogaullisme vole… au secours de… ses potes… de ses supporteurs…
Indéfectible amitié !
La faillite est là… annoncée ((leur 1er Ministre l'a déclaré publiquement… personne n'entend…))…
Les derniers sous de l'État… pour qui ?
Pour les nouveaux pauvres ? … pour les sans-abri ? …
Non ! .. pour les compagnies d'assurances… pour les banques…
« Sauve qui peut ! » Le socialogaullisme racle maintenant les fonds de tiroirs pour… l'auto… pour le béton…
Roulage… obligatoire ! .. Bétonnage… obligatoire ! .. Faut sauver les suppôts du socialogaullisme…
Après ça ? … fini ! .. plus un euro… les derniers sous publics « envolés »… plus rien dans les caisses… l'État en banqueroute… Françaises et Français, TOUTES & TOUS PAUVRES… ruinés par 50 ans de socialogaullisme…
Mais au moins… le régime aura sauvé… in extremis… les assurances… les banques… les constructeurs automobiles… les constructeurs immobiliers !
Les autres ? … N'auront qu'à se… « débrouiller » une fois… la bancarotta… officialisée…
Triste fin de régime… que de dégâts ! .. Des larmes pour le peuple français… mais… « trop tard mon ami… trop tard ! »
à PauLo anarcho-patriote
De the cat
étudiant | 13H15 | 17/01/2009 |
Même si je partage certains points de votre critique, le mot « socialogaullisme » me dérange.
Premièrement, le gaullisme est mort avec De Gaulle, tous ceux qui s'en réclament sont des usurpateurs.
Deuxièmement, le gouvernement actuel n'a rien de socialiste, excusez-moi. On peut penser bien sûr au traître Besson, mais il n'est plus socialiste. C'est un peu facile de tout confondre.
En effet, les socialistes et les pseudo-gaullistes se sont parfois rejoints sur certaines politiques, mais il faut quand même les distinguer.
à PauLo anarcho-patriote
De Yvon le Zébulon
Retraité | 16H52 | 19/01/2009 |
Pas de panique mon Paulo
Les gens qui nous gouvernent sont extrêmement intelligents.
- Nous en avons la preuve tous les jours.
…en tout cas, ça serait tout de même pas trop mal si le Social revenait un peu à l'esprit des lutins que certains ont invertis d'un pouvoir qui devient de plus en plus incontrôlable….
J'espère que pour vous, le mot SOCIAL n'est pas aussi péjoratif que :
° Plan Social - Foutre tout le monde à la porte
° Assistance Sociale - Comptabiliser les gêneurs
° Requête Sociale .- Faire la manche
° Sécurité Sociale - Trou dans votre poche
° Cotisation Sociale - Re'trou dans la tirelire
° Activité Sociale - Activité subalterne (pour vous donner la soupe)
De yoye-2000
se leve tard et travaille mou | 18H31 | 15/01/2009 |
Pas besoin d'aller si loin ! on aurait pu faire le même reportage en France !
tout au plus les Etats Unis sont ils (comme d'habitude) un poil en avance sur nous !
http://ma.vie.a.nantes.over-blog.com/
à yoye-2000
De SuperAlAmAs
homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 20H41 | 15/01/2009 |
en avance ? je dirais en retard, c'est plutot nous qui nous alignons. Mais je suis d'accord on connait tous des histoires similaires ou on est en pas loin, l'a t-on peut être déjà véccue ? En tout cas on est beaucoup plus à comprendre ces situations qu'on ne pourrait le penser, il n'y a que de rares nantis aveugles qui ne s'en rendent pas compte, parce que la plupart des « bourgeois », ne sont pas des barons voleurs, juste des gens qui comme les « ouvriers », ont peur, parce qu'on leur fait peur délibèrément, contre ce règne de la terreur j'ai une solution : Sourire et System D ! ! !
De ericj
18H43 | 15/01/2009 |
Je vis à peu près ça comme bénévole en France depuis une dizaine d'années. Toute cette misère…
Ici, les professions citées dans l'article ne sont pas parmi les plus représentatives des exclus mais pour combien de temps ?
Moi-même, j'ai moins de trois mois d'autonomie, et après ?
Il va y avoir un grand ménage dans les entreprises et les entreprises elles-mêmes vont se raréfier faute de clientèle…
Nous ne sommes qu'au début d'un cycle de paupérisation massive.
De solinvictus
Burgonde | 18H48 | 15/01/2009 |
« Une famille de quatre personnes disposant de revenus de 2 400 dollars mensuels a ainsi droit à (…) »
2 400 dollars/mois et on a droit à l'aide alimentaire ?
Faut pas déconner ! On va pas les plaindre !
à solinvictus
De pablico
19H20 | 15/01/2009 |
soit le chiffre est mauvais , soit le cout de la vie est cher… avec leur enfants sans allocations familiales ça doit être dur de comparer avec notre mode de vie..
à pablico
De Armelle Vincent
(auteur)
Journaliste | 23H42 | 15/01/2009 |
Le chiffre est correct. Il est déterminé par l'Emergency Food Assistance Program, un programme fédéral. Pour une famille de 5, le montant est de $3100. N'oubliez pas que les Américains ne bénéficient pas des mêmes aides sociales qu'en France. Les loyers à Los Angeles sont hors de prix, même dans les quartiers pauvres. Ajoutez à ça le fait que de nombreuses familles n'ont pas d'assurance médicale.
à solinvictus
De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 21H48 | 15/01/2009 |
c'est beau la solidarité…
2400$ c'est pas grand-chose !
t'enlève le prix du loyer, et ya même pas de quoi se payer une asssurance, sans oublier tous les crédits à rembourser (oui, je sais tu vas dire c'est leur faute c'est bien fait…)
à solinvictus
De Zibel
(inquiète depuis le 6 mai 2007) | 22H06 | 15/01/2009 |
1100 euros de loyer… j'ai du mal a imaginer le cout de la vie aux USA…
à Zibel
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 11H39 | 16/01/2009 |
Une précision de l'auteur serait utile pour nous permettre de comprendre le cout de la vie aux US. Quel est le cout d'un Kg de pâtes ? Le loyer d'un F2 ? D'une course en bus pour se rendre au centre ville ?
C'est sur que en Europe on peut vivre correctement avec 2400$ (1800€), mais quel est le cout de la vie réelle aux US ?
De fantome de la nuit
insomniaque | 18H58 | 15/01/2009 |
Tant que les gens ne seront pas capables de se révolter massivement, et pas seulement par de petites émeutes sporadiques, ils ne cesseront de glisser dans l'abîme par millions…
Que voulez-vous ? C'est ainsi !
De parousnik
19H30 | 15/01/2009 |
Il y a plusieurs millions de français qui vivent avec un revenu sous la barre du seuil de pauvreté…pourquoi encore aller aux Etats Unis d'Amérique du Nord ? et il y en a partout sur tout les 5 continents et combien sont ils ? 1 milliards 2 peut être ? … En tout cas bien plus que lorsque je suis né…c'est étrange non ? ? ?
à parousnik
De hedona
retraitée | 23H10 | 15/01/2009 |
Il y a de moins en moins de riches, mais de plus en plus riches et il y a de plus en plus de pauvres. Marianne avait titré un de ses magazines en 2006 : « Les nouveaus prolétaires ». Sous-titre : « Il y a de moins en moins d'ouvriers ; mais des millions de salariés sont moins bien payés et traités qu'il y a 50 ans.
En 2008, ça ne s'est pas arrangé pour la classe dite “moyenne”. En 2006, on comptait 7 millions de “nouveaux travailleurs pauvres” : employés du tertiaire, smicards à vie. On crée de plus en plus d'emplois précaires. Toujours selon Marianne, en 2006 (sept) : la somme des ouvriers et employés représentaient 60 % de la population active et ne gagnait pas plus de 15 000 € net/an.
Aujourd'hui, on continue à créer surtout des CDD, des missions d'intérim, payés au tarif minimum.
Oui, on suit toujours ce que se fait aux USA : néo-libéralisme. A croire qu'en France on n'est et on ne sera jamais capable de fonder une société spécifique. On a déjà raté le coche, selon moi, avec Mitterrand. J'espérais bien vivre un socialisme à la suédoise, avec transparence des deniers publics ; des mesures vraiment sociales. Mais je finis par penser que dans notre pays latin, on n'en sera jamais capable.
Si on relit notre Histoire, on a surtout fait des guerres, colonisé, mais côté économique ; on n'est pas trop doués. Le problème est que dans les pays où l'économie s'effondre et où la pauvreté s'installe, la maffia, elle se porte bien. Si c'est ce qui nous attend, on aura même du retard sur les Italiens, qui commencent enfin, doucement mais sûrement à vouloir se débarrasser de la “pieuvre”.
Quant aux USA, j'ai le souvenir de que les américains appellent avec élégance “the trash people” - les bag women et les hommes, qui n'ont que leur caddy comme “home sweet home” du moins à New York.
J'habite dans une commune de Tours, où il y a 60 % de Rmistes !
C'était quoi le slogan dans les années 70 ? “On n'a pas de pétrole,mais on a des idées”.
Et même avec des diplômes, on peut se retrouver en précarité.
AUjourd'hui, ce n'est plus “travailler” pour gagner de l'argent ; mais faire partie de la caste des “voyous à col blanc”, planquer son fric dans les paradis fiscaux ; c'est toujours être “fils de ‘, avoir la bonne carte de visite, mais jamais la compétence qui compte. Quand changera t'on cette mentalité ? Et si les medias avaient joué un rôle de contre-pouvoir au lieu de s'auto-censurer, on n'en serait peut-être pas là non plus. On n'a pas des journalistes, mais des paillassons.
L'ascenceur social est définitivement foutu.
On pourrait peut-être aussi demander à l'Irlande et à la Grande-Bretagne de nous aider, comme on l'a fait avecl'argent de la communauté européenne (donc notre fric) au moment où cela allait mal chez eux.
Je l'ai déjà écrit, il faut faire de la France un paradis fiscal, cela nous sauverait peut-être.
On ne fera non plus jamais revenir les riches’ qui se sont barrés dans les off-shores pour ne pas payer l'ISF. QUand un Fillon nous fait croire qu'il va faire quelque chose, c'est vraiment nous prendre pour des cons.
Quand je relis des articles comme ‘comment Vivendi a gagné 3,8 milliards d'euros’ et grâce à qui ? Sarko : une faveur fiscale en or. Et QUI a effacé 3 milliards de francs d'impôts sur des plus-values, lors de l'absorption de Pathé par Vivendi : Strauss-Kahn. et qui a accordé au même groupe une exemption fiscale de 5 milliards de francs : Fabius.
Il faudra s'en souvenir pour les prochaines élections.
Tant que des multi-nationales dirigeront notre pays, nous citoyens ne seront plus que ‘la France d'en bas’ . Il va falloir apprendre très vite à s'habituer à être pauvre. Mais est-ce que le consumérisme rend vraiment plus heureux ? A voir la gueule que font toujours les Français, et cela bien avant l'élection de Sarko, je n'en suis pas sûre.
Rappel encore d'un livre de JFK : ‘Les bullocrates’ : enfermés dans leur bulle, les décideurs coulent et ils disent que la France coule ! (paru en2006).
Nos enfants seront de futurs émigrés, j'en suis certaine.
à hedona
De richy
19H27 | 16/01/2009 |
mais non car la France a des traditions révolutionnaires, ca met un petit moment à se ranimer ! !
Mais quand ça vient ça pête !
Pour ce faire je nous conseille d'éviter les petites manifestations corporatistes et de démarrer quelque chose tous ensemble.
à hedona
De Yvon le Zébulon
Retraité | 17H07 | 19/01/2009 |
Je crois savoir (à vérifier) que c'est le ministre de l'Education Nationale lui même qui a dit… (ce n'est pas du mot à mot)
…qu'il nétait pas nécessaire de former à Bac + 5 des gens qui n'auront pour rôle que de changer les couches….etc…
° Référence aux seuls nouveaux postes désormais proposés en France, les « aides à la personne » et autres postes d'essuie tout.
° Ou bien aux puéricultices qui gardent les bébés en crêche,
° A moins que ça ne soient les personnels des maisons de retraites dont on a vu dans un récent reportage qu'elle ne peuvent plus rien assumer.
Peu importe ! - L'important c'est de savoir que les salaires ne sont pas prêts de baisser et que les multinationales (torées par leurs actionnaires) ont encore de très beaux jours devant elles.
…………………………………………………
C'est malheureux à dire, mais seule une véritable révolution avec désobeïssance civile totale pourrait les amener à plus de responsabilité vis à vis de l'ensemble de la société laborieuse.
. .++++++++++++++++
STOP FAYOTAGE > Mais pour ça, il ne faut pas être surchargé de dettes (ces crédits inconsidérés intentionnellement proposés aux plus faibles afin de mieux les tenir en laisse)
Au fait : n'avez vous pas constaté qu'il y a beaucoup moins d'offres de crédits inutiles dans vos boites à lettres ?
De marie 75 3563
19H50 | 15/01/2009 |
Ici !
A côté !
En France ! ! ! ! !
Cherchez … vous trouverez !
Allez donc faire un tour au secours catholique et autre ONG …..
De marie 75 3563
19H50 | 15/01/2009 |
Ici !
A côté !
En France ! ! ! ! !
Cherchez … vous trouverez !
Allez donc faire un tour au secours catholique et autre ONG …..
De marie 75 3563
19H50 | 15/01/2009 |
Ici !
A côté !
En France ! ! ! ! !
Cherchez … vous trouverez !
Allez donc faire un tour au secours catholique et autre ONG …..
De groscontre64
21H13 | 15/01/2009 |
Quel beau pays ! C'est en amérique du sud, non ?
De nemo3637
Déchoukeur | 21H25 | 15/01/2009 |
Tant que les pauvres resteront isolés, sans réaction, on continuera à les laisser crever simplement dans leur jus. La seule voie est celle de la révolte conduisant à une dignité retrouvée.
De vol19
awash | 21H57 | 15/01/2009 |
Des familles plus individualistes, des territoires plus étendus (donc des charges des transports), moins de filets de sécurité sociaux et plus d'addiction au crédit renforcent les turbulences sociales pour ceux qui les vivent.
Sans doute les personnes qui vivent ces situations se sont trouvés pendant déjà des mois voire des années sur le fil du rasoir (logement+charges) + (véhicules+ assurances+ essence) + agios, avec des « reste à vivre » très faibles, la moindre perturbation professionnelle ou santé est fatale. Pourtant par rapport à l'Afrique, ces familles ne sont pas « pauvres », mais se retrouvent dans le système plus miséreuses qu'en Afrique… culpabilisées, isolées, harcelées par les organismes de recouvrement (parfois délocalisés à l'étranger)… Le stress, la mauvaise nutrition, le manque de soins « bouzille » prématurément la santé et plus encore si s'ajoute l'alcool, le tabac… Effectivement, le moindre pépin supplémentaire perdre un boulot ou un problème familial professionnel, et c'est l'effondrement… psychique et social. Se retrouver sans logement avec des recouvrements au fesses, sans trésorerie, pousse dans une attitude de survie, vivre au jour le jour, sans projets, à gérer de la pénurie de bricoles auquelles on ne pense pas en temps normal, ce qui empêche de rebondir sur quoi que ce soit. En outre vivre avec pas grand chose nécessite, des compétences, des savoirs, des automatismes que quelqu'un n'aura pas lorsqu'il flambait (inutilement) à crédit car conditionné pour celà.
Dans les cas qui sont développés ici, ce qui est à noter c'est le poids relatif de la charge du logement…. qui a vraiment été la prise d'otage majeure du capitalisme de ces dernières années, plus les crédits révolving tuants et la bagnole… dans le contexte de la précarité du travail.
Il y a un temps de transition qui peut être long entre le moment ou les personnes décrochent et celui ou ils rentrent dans les dispositifs sociaux, réduisent leur charges courrantes et arrivent à se stabiliser. La lenteur du dispositif de soutient social et la violence psychique subie dans cette période peut s'avérer mortelle ou créer des dommages de santé irrémédiables surtout si elle s'accompagne de rejet social ou d'isolement…ce qui n'est pas difficile vu, la peur, le mépris, la haine que voue notre société à ce type de fragilité. Enfin, depuis quelques années, notre société a un petit peu évolué, mais ceux qui ont traversé ce type d'épreuves, il y a quelques années étaient vraiment traités comme des parias… « t'as qu'à t'adapter ! »
Le logement, le transport, les besoins de base à un coût acceptable sont vraiment des questions fondamentales qui sont posées… pour avoir été falsifiées par le capitalisme avec la complicité de nos pouvoirs et démocraties.
Enfin, des dispositifs sociaux d'accompagnement à grande échelle seront nécessaires pour éviter une catastrophe sociale. Deux mois sous une tente, complètement isolé de la société ou à traverser des expériences très violentes et les effets ont des probabilités fortes pour être quasiment irrémédiables psychiquement pour un retour à un citoyen dit « normal »… Le coût social en peut être vraiment… très très très élevé… C'est assez idiot d'envoyer des sondes interplanétaires, bricoler l'ADN et ne pas arriver à traiter ce type de questions…
à vol19
De nemo3637
Déchoukeur | 22H23 | 15/01/2009 |
« Pourtant par rapport à l'Afrique, ces familles ne sont pas “ pauvres ” ».
Faiblesse de l'argument liée à une absence de vécu ?
Cela me rappelle l'anecdote, rapportée par mon père, déporté en Allemagne, où l'interné du camp de concentration qui sortait les cadavres des chambres à gaz, était considéré comme un privilégié, en sursis plus long que les autres… Quelle chance !
Qui est « pauvre » ? Par rapport à quoi ? Un minimum de réflexion vous permettrait peu-être de comprendre que le principe de pauvreté est indivisible et qu'elle doit être condamnée dans quelque pays que ce soit.
Non à la politique du moindre mal !
à nemo3637
De vol19
awash | 23H48 | 15/01/2009 |
-> Le rapprochement que vous faites par rapport à mon post entre la situation des « sanderkommados » et des déportés dans les camps d'extermination en rapport à… une mise en perspective du degré de revenus économiques définissant un état de pauvreté pour certaines familles Nord-Américaines (2400 euros par mois, comme il est précisé dans l'article) et des familles en Afrique (50 euros par mois) m'interroge sur là ou vous voulez en venir… ?
-> « Un minimum de réflexion vous permettrait peu-être de comprendre que le principe de pauvreté est indivisible et qu'elle doit être condamnée dans quelque pays que ce soit.
Non à la politique du moindre mal ! » : Ou voyez dans ce post le contraire ? … Je développe précisement que le reste à vivre est très faible car siphoné d'emblé par certains types de charges…
->« Faiblesse de l'argument liée à une absence de vécu ? » : Qu'est-ce que vous en savez ?
->
à vol19
De hedona
retraitée | 23H20 | 15/01/2009 |
En ce qui concerne les loyers, c'est exact. Et je me souviens qu'en 81, j'avais une copine suédoise, qui pensait que le loyer en France était proportionnel au salaire. QUand je lui ai expliqué que ce n'était vraiment pas le cas, elle m'a dit que notre socialisme en Suède serait catégorié comme droite.
à hedona
De impertinent3
09H15 | 17/01/2009 |
Remarque, il y a une réciprocité : la droite suédoise serait considérée comme de gauche musclée en France !
De Lucien_de_Rubempré
Splendeur et misère des court-disan... | 06H55 | 16/01/2009 |
Comment « ils » nous font vivre : des salaires de misère, des logements hors de prix, et quand ils nous ont assez vu ils nous jettent. Et pendant ce temps là ils se goinfrent de confiture et en ont tout autour de la bouche….et nous on ne dit rien….Qu'on ne s'y trompe pas : cette histoire se déroule aux US mais la vague arrive chez nous. On a juste le temps de la voir arriver c'est tout.
De compte supprimé 22 janvier
09H53 | 16/01/2009 |
Cette description est moins reluisante que les discours de Schwarzennegger qui se présentait aussi comme un candidat du pouvoir d'achat avant son élection de gouverneur.