
Un Salon du Livre 2008 sous très haute tension
Inauguration aujourd'hui du Salon du Livre, avec Israël en invité d'honneur, sur fond de boycott et de polémiques.

Au Salon du Livre qui sera inauguré ce soir, Israël est le pays invité d'honneur. Suite au boycott de certains éditeurs arabes, aux polémiques, et en pleine visite de Shimon Peres à Paris, cette vingt-huitième édition risque d'être la plus chaude. Malgré l'engagement des écrivains invités contre leur propre gouvernement. Un Salon aussi tendu qu'attendu.
Comme chaque année, en mars, se tient le Salon du Livre de Paris. Comme chaque année, le Salon met à l'honneur un pays. Cette année, ce pays s'appelle Israël, à l'occasion du soixantième anniversaire de la création de l'Etat hébreu.
Souvent, le pays invité pour cet événement culturel a engendré la polémique : l'Italie en 2002, la Chine en 2004, la Russie en 2005. Mais, à quelques heures de l'inauguration de l'édition 2008 -par Christine Albanel et Shimon Peres-, jamais les auteurs invités n'avaient bénéficié d'autant d'attentions. De toutes sortes, les attentions.
Des faits
C'est le poète qui alluma la mèche. En décembre dernier, Aaron Shabtaï, un des plus éminents poètes israéliens contemporains, adresse une lettre aux organisateurs du Salon du Livre de Paris. Il décline ainsi l'invitation :
» Je ne pense pas qu'un Etat qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d'être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anticulturel. » «
Dans la foulée, il refuse l'invitation pour la Foire du Livre de Turin (8-12 mai) qui a également eu l'idée d'inviter… Israël. Des quarante auteurs invités à Paris, Shabtaï sera le seul à refuser.
Son refus ouvre le match de la polémique. Qui prend en quelques jours des allures de typhon diplomatico-culturel. En janvier, le Liban, pièce capitale de la francophonie dans le monde arabe, annonce son boycott du Salon. Suivi par l'Egypte. Dans la foulée, le président de l'Union des écrivains palestiniens déclare :
“Il n'est pas digne de la France, le pays de la Révolution et des droits de l'homme, d'accueillir dans son Salon du livre un pays d'occupation raciste.”
Tunisie, Algérie, Maroc et Iran se rallient au boycott. Début février, la tension est à son comble. Le Quai d'Orsay intervient, trouvant le boycott » extrêmement regrettable » . Puis le Syndicat national de l'édition (SNE), organisateur du Salon, pour qui c'est » la littérature israélienne qui est invitée, et non l'Etat d'Israël en tant que tel » .
Le Salon du Livre devient aussi celui du paradoxe. Tariq Ramadan, qui s'est invité dans la polémique, annonce qu'il s'y rendra quand même, faisant la distinction entre l'Etat d'Israël et les romanciers israéliens. L'écrivain égyptien Alaa el-Aswani viendra, mais prévient qu'il distribuera » des photos d'enfants palestiniens ou libanais victimes de la politique israélienne » . L'Algérien Yasmina Khadra, auteur d'un » Attentat » (2005) pourtant au cœur de la question, et auteur prisé lors des dédicaces, a finalement choisi » le boycott à titre personnel » . L'écrivain et directeur du Centre culturel algérien de Paris expliquait hier :
» Inviter Israël n'est pas un acte culturel, c'est un acte politique. Or, je ne veux pas que les politiques se mêlent de la littérature, seul havre de paix qu'il nous reste. »
Peu après les récentes incursion de Tsahal à Gaza, le conflit israélo-palestinien sera de tous les débats.
Des chiffres
Résultat : les procédures de sécurité ont été très renforcées (portiques, contrôles et fouilles à tous les accès du Salon), pour les visiteurs, mais aussi pour les auteurs, les éditeurs, et les exposants. Même pendant le montage, ces procédures systématiques ont été appliquées. Du jamais vu.
Cette année, vous laisserez vos objets encombrants dans des consignes, comme à la gare. Et vous sortirez vos papiers d'identité autant que votre carnet de dédicaces. D'une centaine d'agents de sécurité les années précédentes, on passe cette année à deux cent ( » visibles, et non visibles » , ajoute le responsable de la question au Salon, qui admet n'avoir » voulu prendre absolument aucun risque » ). L'exemple fera-t-il jurisprudence pour les années à venir ? Des langues
Le cœur du problème, c'est la langue. Que le choix du pays invité ne soit pas totalement indépendant de questions politiques, c'est une hypothèse sérieuse. Mais c'est par sa décision de n'inviter que des auteurs israéliens écrivant en hébreu que le SNE s'est attiré les foudres. Ecartant ceux qui écrivent en arabe, en russe, en français. Ce faisant, le Salon ouvrait la porte au débat » culture nationale ou culture identitaire ? » . Le président du SNE, Serge Eyrolles, dénonçant » la politique de la chaise vide » des éditeurs qui boycottent, déclarait hier :
» Le choix du pays a été fait par le Quai d'Orsay, le ministère de la Culture, et l'ambassade israélienne à Paris. Quant au choix des auteurs et de la langue, il a été mûrement réfléchi. »
Jean Mattern, responsable des acquisitions de littérature étrangère chez Gallimard -et éditeur d'Amos Oz, entre autres auteurs invités-, invoque Cioran ( » Un écrivain n'habite pas un pays, il habite une langue » ) pour fustiger une » non-question » :
» Quand les Pays-Bas et la Belgique étaient les pays invités (en 2002, NDLR), seuls les auteurs néerlandophones étaient invités, et ça n'a pas crée de problème ! »
Un écho complété par Liana Levi, fondatrice des éditions du même nom, maison en pointe sur la question israélo-palestinienne :
» Il y a des auteurs Arabes israéliens invités (un seul en fait : Sayed Kashua, Arabe israélien qui écrit en hébreu, et qui s'est lui aussi demandé s'il devait venir, NDLR). Ils écrivent en hébreu, et c'est leur choix. Pourquoi ne pas se réjouir, au contraire, que les auteurs arabes se sentent à l'aise dans la langue du pays dans lequel ils vivent ? N'est-ce pas là l'amorce d'existence d'une communauté pluriculturelle, seule porte de sortie de ce conflit ? »
Olivier Cohen, patron des éditions de L'Olivier (éditeur d'Appelfeld et Kashua) conclut :
» L'absence presque totale d'écrivains arabes israéliens s'explique par le nombre infime de publications dues à ces auteurs et à l'absence (regrettable) de traductions de leurs ouvrages en France. »
Des lettres
Amos Oz avait, au début, menacé de boycotter le Salon si aucun auteur palestinien et arabe israélien n'y était invité. Il sera finalement présent. Avec les grands noms (Grossman, Appelfeld, Yehoshua), avec la jeune génération (Leshem, Hilu, Keret, Zaidman…), avec Zeruya Shalelv, Alona Kimhi, et tous les autres. Soit, au total, une quarantaine de noms très fermement opposés à la politique du gouvernement israélien. Et qui ne s'en cachent pas. Traductrice et directrice de la collection » Lettres hébraïques » chez Actes Sud, Rosie Pinhas-Delpuech tonne ainsi :
» On ne peut boycotter des auteurs qui se sont engagés de façon si radicale ! Songez que Grossman a perdu son fils au Liban deux jours après avoir été porter à Olmert une lettre exigeant la fin des combats (au début favorable à l'intervention de Tsahal au Liban, l'écrivain s'était ensuite rangé dans les opposants à l'invasion ; en août 2006, son fils cadet, sergent dans l'armée, trouve la mort au Sud-Liban quand son tank est touché par un missile du Hezbollah, NDLR). Les gens qui boycottent ne savent pas ce qu'ils boycottent. »
Il est, certes, important de souligner le manque de vision globale dont témoigne cette » affaire israélienne » . Pour autant, n'est-ce pas le rôle d'une manifestation culturelle d'inviter des pays qui sont, à cause de certains de leurs dirigeants, » à risques » ? Dans un clin d'œil politique autant que culturel, Olivier Cohen conclut :
» On ne voit pas pourquoi Israël serait la seule nation à ne pas bénéficier de la légitimité à laquelle elle a droit, alors que nous accordons généreusement cette légitimité à un certain nombre de régimes non démocratiques, qu'ils soient militaires, islamiques ou ex-communistes. »
Les écrivains sont les premiers critiques de la société israélienne, et les opposants les plus fidèles au pouvoir. 2008, c'est, peut-être, au Salon du Livre, l'année où la notion d'universalité de la littérature sera poussée à son plus haut degré de réflexion et de mise à l'épreuve. Le Cabinet de lecture vous proposera des entretiens avec de nombreux auteurs israéliens invités à Paris (Amos Oz dès ce week-end). Et pourra ainsi vous donner la température d'un Salon du Livre bien spécial. Où la littérature aura plus que jamais son rôle.
► Boualem Sansal : « Je fais de la littérature, pas la guerre. »
► Retrouvez le Cabinet de lecture au Salon du Livre
► Pour tout renseignement sur le Salon du Livre (dédicaces, rencontres, accès, etc) : www.salondulivreparis.com
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à déluge
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H46 | 13/03/2008 |
Tout juste, monsieur Déluge, le Guide itself !
Et grâce à qui, je vous le demande ? Grâce au most famous cucumber into the whole galaxy, qui nous a lâché dernièrement un 42 de derrière les fagots.
J'avais lu ça il y a… oh, ouais, au moins. Eh bien, vous pouvez y retourner, c'est toujors aussi bon.
MERCI CONCOMBRE !
à thierry reboud
De déluge
menuisier | 22H51 | 13/03/2008 |
Si votre concombre est masqué, et que vous êtes à la recherche du Broutchlague mordoré, toutes mes félicités.
à déluge
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H53 | 13/03/2008 |
Ben décidément, entre gens de bonne compagnie ! …
à thierry reboud
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 12H02 | 14/03/2008 |
Ah, Thierry,
je me sens évidemment extrêmement flattée et partir en tsatsiki par tes louanges cucurbitacéephiles, bien qu'il faut admettre que ça n'avait pas moin de classe quand John Keats entonnait son « Ode to a Nightingale ».
Mais console-toi, tu n'est pas seul :
http://petronillememphis.blogspot.com/2007/02/le-concombre-fugitif-octav…
Pour revenir à la fiction de la notion de « peuple » tout se resume dans cette parabole, non :
Le 17 mars 1853 monsieur Machinchose perdit son chien à 1.753 kilometres de chez lui. Quelle ne fût sa surprise, quand 13 ans plus tard un chien gratta à sa porte. Ce fût presque le même …
Je te laisse tirer tes conclusions.
à parousnik
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 21H25 | 13/03/2008 |
Ô cher sublime, délicieux, inimitable et honorable Parousnik…
A la question « Quelles sottises », je répondrais que, lorsque vous paraissez vous offusquer que Segev ne soit pas invité au Salon du Livre, il est naturel qu'il ne le soit pas puisque ne sont invités que des auteurs de fiction. Sauf à ce que vous souteniez que Segev est un auteur de fiction, je vous vois (sur ce coup-là au moins) assez mal emmanché.
Pour ce qui concerne votre hypothétique assiduité sur le site du dénommé Soral, je n'ai fait que vous poser la question (à laquelle, du reste, vous n'avez pas répondu). C'est parfaitement votre droit de fréquenter des sites que je tiens pour peu recommandables.
Néanmoins, et comme vous le faites remarquer, l'article de Segev est disponible sur de nombreux sites. Le joli de l'histoire est précisément que vous ayez précisément choisi celui de Soral pour nous faire partager vos lectures et méditations. Je trouve cela… comment dire ? Instructif.
à thierry reboud
De parousnik
00H30 | 14/03/2008 |
Vous sous-entendez mal…et je vous croyez un adepte de la provoc…comme quoi.
à parousnik
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 07H41 | 14/03/2008 |
« je vous croyez un adepte de la provoc »
Eh bien, Parousnik, vous croyez décidément beaucoup de choses ! Si j'osais, je vous suggérerais bien de croire aussi au discernement.
à thierry reboud
De parousnik
12H14 | 14/03/2008 |
Seulement si vous appliquiez à vous même vos conseils… vous dénonceriez aussi les crimes contre l'humanité que subissent les Afghans les Irakiens et les Palestiniens…
à parousnik
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H27 | 14/03/2008 |
Ah, mon très cher Parousnik, vos messages sont toujours un régal pour l'intelligence !
Si je comprends bien votre première phrase (« Seulement si vous appliquiez à vous même vos conseils… »), vous assumez le faire de ne pas faire preuve de discernement ? Je dois dire que ça vaut un paquet de cadeaux-Bonux, votre message !
(J'entends bien que vous n'assumez cela qu'au seul motif que vous n'en trouvez pas chez moi, mais, outre que c'est me donner beaucoup d'importance, ça ne retire rien au fait que vous reconnaissez raconter n'importe quoi. Balèze, Parousnik, très balèze…)
Sur ce que subissent les Afghans, les Irakiens et les Palestiniens, je ne suis pas moins sévère que vous. Je tiens, tout comme vous, les interventions étasuniennes en Afghanistan et en Irak pour des invasions pures et simples. Je tiens, tout comme vous, la politique israélienne pour l'expression d'un colonialisme occidental au Moyen-Orient. Il se trouve simplement que, faute d'un discernement suffisant sans doute, je considère que les mots ont un sens.
Pour le moment, et compte tenu des informations (je les préfère tout de même un peu fiables) dont nous disposons, ce qu'ils subissent peut sans aucun doute s'apparenter à des traitements indignes, voire à des crimes de guerre, mais en aucun cas à des crimes contre l'humanité.
Pour des crimes contre l'humanité, je rechercherais plutôt du côté des troupes russes en Tchétchénie (que vous oubliez étrangement, ai-je trouvé).
J'ajoute que, selon moi, vos délires ne rendent certainement pas service aux causes que vous prétendez servir.
à thierry reboud
De parousnik
22H06 | 15/03/2008 |
Il faudrait peut être définir ce qu'est l'intelligence
en tout cas je doute que l'auto-satisfaction en soit…
Aujourd'hui, le crime contre l'humanité est devenu un chef d'inculpation beaucoup plus large et mieux défini grâce à l'article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, mais il demeure sujet à controverses. Un crime contre l'humanité est une infraction criminelle comprenant l'assassinat,l'extermination, la réduction en esclavage,la deportation et tout acte inhumain commis contre une population civile.
Article 7 : CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ
1. Aux fins du présent Statut, on entend par crime contre l'humanité l'un des actes ci-après commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile et en connaissance de cette attaque :
a) Meurtre ;
b) Extermination ;
c) Réduction en esclavage ;
d) Déportation ou transfert forcé de population ;
e) Emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;
f) Torture ;
g) Viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée et toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;
Allez je vous laisse à votre miroir .
à parousnik
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 23H30 | 15/03/2008 |
« Il faudrait peut être définir ce qu'est l'intelligence ».
La definition par la contraire est elle admise ?
Alors, Parousnik, grâce à votre exemple lumineux la tâche est accomplie.
à parousnik
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H50 | 16/03/2008 |
Bien, Parousnik, on va peut-être pouvoir commencer à avancer (à tous petits pas, mais c'est un début).
Selon la liste indiquée par l'article 7 que vous citez, il semble (en particulier, il ME semble) que les pratiques israéliennes tombent sous le coup des points a, d, e et f.
Il semble (en particulier, il ME semble) que les pratiques étasuniennes en Afghanistan et en Irak tombent sous le coup des points a, e et f.
Toutefois, comme vous le remarquez très justement, les dispositions du Statut de Rome de la CPI (et la CPI elle-même, à vrai dire) demeurent très controversés., et en particulier la définition du crime contre l'humanité.
Mais voilà, et ce n'est pas qu'un détail, pour qu'il y ait crime contre l'humanité, il faut qu'il y ait eu jugement. En absence de jugement, ce ne peut être qu'une appréciation, éventuellement fondée, avec tout ce qu'elle peut comporter de subjectivité, de parti-pris ou de choix respectables mais néanmoins contestables.
Ce doit être une simple inattention de ma part, mais pouvez-vous me rappeler à quel moment ce jugement a été prononcé ?
Dois-je vous laisser à vos certitudes bien bétonnées derrière les oreilles ?
à parousnik
De Gevrey
18H24 | 13/03/2008 |
Parousnik s'interessant davantage à la vérité historique plutôt qu'à la propagande ? ? ?
Je suppose quil exclue l'anti américanisme primaire de cette raisonnable position…
à Hubert Artus
De Anthropia
12H02 | 14/03/2008 |
Dans Non-fiction, Benny ZIefer d'Haarets indique qu'il a aussi refusé au titre d'écrivain.
Mais en fait il y va quand-même pour couvrir l'événement.
http://anthropia.blogg.org
à parousnik
De déluge
menuisier | 15H57 | 13/03/2008 |
Je suis également allé voir le second, le Soral dont il est question, c'est bien le même qui soutenait Lepen, non ?
à déluge
De andriouchka
23H56 | 13/03/2008 |
oui, il soutient également tous les va-t-en-guerre du Hezbollah et de l'iranien Ahmadinejab. Il a fait partie en grandes pompes d'un voyage au Liban avec Dieudo, Meyssan (réseau voltaire) et le responsable du site « la banlieue s'exprime »
à andriouchka
De parousnik
12H26 | 14/03/2008 |
Ce ne sont ni les Palestiniens ni les Iraniens les va t-en guerre mais des occidentaux qui pillent l » Afghanistan et l'Irak en irradiant au passage a l'UA, les populations civiles… quand a la résistance Palestinienne on nous apprend dans nos écoles des l'enfance qu'il faut être fier de ceux qui résistent… aux envahisseurs…
De Le Yéti
yetiblog.org | 15H07 | 13/03/2008 |
RENCONTRES EN MARGE
Ce Salon du livre a commencé de la pire des façons : par une visite officielle de Shimon Pérès venu se livrer à une défense en règle de la politique israélienne au Proche-Orient avec allégeance évidemment appuyée du président français, consacrant bien l'utilisation du littéraire par le politique.
En l'occurrence, je me garderai bien de boycotter tous les écrivains israéliens présents, mais je trouverais plus judicieux de les rencontrer en dehors du cadre officiel inauguré par deux chefs d'États à qui il me déplairait de serrer la main.
Pas question donc, dans les conditions présentes, de mettre les pieds à la Porte de Versailles.
Le Yéti (ancien éditeur)
à Le Yéti
De Le Yéti
yetiblog.org | 15H12 | 13/03/2008 |
SÉLECTION DISCUTABLE
À l'heure où j'écris ces lignes (15h10), et sous réserve de son évolution,, la sélection de commentaires effectuée par Rue 89, me paraît plus consacrée à la défense d'un seul point de vue, plutôt qu'à illustrer la variété des différentes prises de position.
à Le Yéti
De Yawn
Chomiste | 04H05 | 14/03/2008 |
Vous avez le droit de ne pas vouloir serrer la main de Sarkozy, mais attention ! Il a l'injure facile ! ; -)
Vous avez également le droit de ne pas vouloir serrer la main de Peres. Mais là, c'est bien dommage vu son combat permanent pour la paix au Moyen-Orient. Heureusement que Arafat n'a pas raisonné comme ça en 1993.
à Yawn
De Le Yéti
yetiblog.org | 07H43 | 14/03/2008 |
@ Yawn
Ce n'est pas à Shimon Pérès que je ne serrerais pas la main, mais au président actuel de la république de l'État d'Israël qui mène aujourd'hui au Proche-Orient une politique meurtrière et colonialiste totalement injustifiée.
à Le Yéti
De Yawn
Chomiste | 15H36 | 14/03/2008 |
Mais alors à quel Chef d'Etat seriez-vous prêt à serrer la main ? A supposer qu'il y ait un quelconque intérêt à serrer la main d'un Chef d'Etat bien entendu.
De Gevrey
15H16 | 13/03/2008 |
@ Hubert Artus ; parousnik est, par principe, violemment contre tout ce qui a un lien (y compris lointain) avec les USA (je me rappelle des écris comme « Heil Bush »…)…
Il préfère envisager de vivre à Pékin plutôt qu'à San Francisco, à Damas plutôt qu'à Tel Aviv, à Grozny plutôt qu'à Londres… Et bien entendu pour lui Chavez est un immense démocrate et les FARC sont le dernier rempart contre la barbarie des USA…
L'anti américanisme primaire et viscéral lui tient lieu de corpus idéologique..
Je suis d'ailleurs surpris qu'il utilise de la technologie (Ordinateur) originaire des USA (Mais je ne doute pas qu'il réponde ànce message enj mettant une dizaine de liens qui démontreront de façon définitive et incontestable - stalinienne - que l'informatique ne doit rien aux USA…
Finalement pour lui mieux vaut des soirées alter bière/clope à Oberkampf que la mise en perspective historique, l'analyse, la réflexion et le difficile exercice d'objectivité.
Résistant virtuel, il est, tel Bouvard et Pécuchet, ces deux fonctionnaires en quête de savoir, pleinement et avec un bel enthousiasme et plein d'une sagesse trotskiste, tout entier tourné vers l'élevage des huîtres perlières de la bêtise…
à Gevrey
De Imbert
17H24 | 13/03/2008 |
Superbe Gevrey,
je viens moi-même de répondre à Parousnik suite à l'un de ces commentaires pitoyables sur l'interview du procureur international.
Rien à ajouter à votre descritpion, elle est parfaite !
à Gevrey
De parousnik
18H49 | 13/03/2008 |
Je ne suis pas anti-américains…J'accuse la ploutocratie des états-unis d'être les commanditaires de événements du 11 septembre 2001…et puis ce n'est tout de même pas moi qui est écrit « le peuple juif une invention » mais le professeur Zand de Tel Aviv relié par Tom Segev… Alors plutôt que de gaspiller vos arguments dans un humour infantile…pourquoi ne pas nous dire ou se trompe Mr Zand dans son analyse ainsi que les archéologues Israeliens qui valident sa thése…
à parousnik
De ecor1
sur le fil | 19H47 | 13/03/2008 |
Au moins chez vous c'est clair net et assumé. Un beau spécimen en somme.
De ecor1
sur le fil | 15H54 | 13/03/2008 |
Encore une fois ca illustre bien les difficultés de cette partie du monde. Il ne faut pas tout mélanger, ce n'est pas Israel et ses chars qui sont mis à l'honneur, mais les écrivains qui vivent dans ce pays et qui en font la littérature. Entre un livre et un fusil la différence est si flagrante que je pensais pas qu'un tel amalgame soit possible.
De plus cela eut été une occasion en or de rapprocher tous ces intellectuels, qui auraient a coup sur su parler autrement, de ce qui les divise mais aussi de ce qui les unis. La question que je me pose maintenant est, comme certains pays boycottent le salon, est ce que certains de leurs écrivains ne viennent pas seulement de peur d'etre montré du doigt (dit poliment) voir menacé (ce que je pense) si d'aventure ils se risquaient à venir.
Bref c'est encore un beau bordel, meme les écrivains qui d'habitude par le regard différent qu'ils portent sur les choses tendent à échapper aux pièges classiques de la haine ordinaire en sont aujourd'hui réduit a se balencer des pavés (de 400 pages) à la gueule comme leur concitoyens.
On est donc pas sorti de l'auberge, il n'y vraiment plus personne de bonne volonté pour discuter calmement.
De Sylvain7
16H05 | 13/03/2008 |
Apparemment le boycott et le non-boycott vont servir les intérêts des Palestiniens occupés et déshumanisés jour et nuit.
Et c'est bien l'essentiel aux yeux de pas mal de pro-palestiniens.
Si ça ouvre les yeux de ceux qui prennent pour pain béni les propos sionistes des réagissants (ou réactionnaires ? ) et autres forumeurs ici et ailleurs, c'est tout ça de gagner
La Paix pour une Palestine réduite à quelques bantoustans non viables avec une classe dirigeante de profiteurs, non merci.
Un futur visiteur
De Voyageur
18H09 | 13/03/2008 |
Les 60 ans de l'Etat d'Israel correspondent aussi au choix par les dirigeants de l'epoque notamment David
Ben gourion de l'Hebreu comme langue usuelle et officielle consacrant ainsi la renaissance d'une langue « morte ».
L'Hebreu est aussi le creuset de l'etat, l'etape indispensable a tout nouvel immigrant qui s'installe en Israel et par lequel s'exprime toute la diversite du peuple juif.Dans la literrature Israelienne on retrouve toute les sensibilites d'un peuple venu d'horizon divers ou chacun peut retrouver des accents qui le concerne et dans lesquels il peut se retrouver.
Le Boycotte par quelques ecrivains Israeliens qui rejettent la mainmise du politique sur cet evenement peut se comprendre,il participe d'une reflexion intellectuelle sur la place de l'ecrivain dans la societe Israelienne d'aujourdhui, reflexion qui n'est pas assimilable aux raisons politiques de pays qui n'ont toujours pas admis 60 ans apres, la creation d'un etat qu'ils considerent comme une verrue sur ce qu'ils pensent etre leur possession et qui se servent encore une fois de « l'excuse » Palestinienne comme d'un pretexte pour se reconstruire une virginite a bon compte sur leurs propres administrés
Jean Michel
à Voyageur
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H33 | 13/03/2008 |
Vous faites erreur : le renouveau de l'hébreu est dû à Yehouda Ben Eliezer dont on célèbre cette année le (je crois) cent-cinquantième anniversaire. Son premier dictionnaire de l'hébreu moderne date de la fin du dix-neuvième siècle.
Dès le yishouv, l'hébreu est considéré comme la future langue nationale par les dirigeants issus de ce qu'on appelle la « seconde alya ».
Il existe par ailleurs une littérature en hébreu très antérieure à 1948. (Je me suis laissé dire qu'elle n'est pas fameuse, mais je n'en sais à peu près rien par moi-même.)